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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les blogs du site: Septembre 2024]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
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	<pubDate>Sun, 29 Sep 2024 18:44:42 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Aux origines de la pensée de M. Nétanyahou, par Dominique Vidal (Le Monde diplomatique, novembre 1996)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L’intransigeance de M. Benyamin Nétanyahou a surpris certains. De ce premier ministre mal élu, théoriquement ficelé par la signature de ses prédécesseurs au bas des accords d’Oslo et en principe soumis à la volonté de l’Europe comme des Etats-Unis de voir avancer les négociations, ils attendaient un minimum de réalisme. Il n’en a rien été. En quatre mois, les décisions du dirigeant du Likoud ont provoqué parmi les Palestiniens une explosion de colère sans précédent depuis l’Intifada. « Chassez le naturel, il revient au galop. » Le proverbe s’applique ici on ne peut mieux. Car, si son entrée en politique remonte à moins de quinze ans, le chef du gouvernement israélien est un pur produit du sérail « révisionniste », mâtiné il est vrai d’ultralibéralisme américain.</p><p>On a présenté son père, Ben-Zion, comme un professeur d’histoire juive, spécialiste de l’Inquisition en Espagne. Information exacte, mais incomplète : il fut surtout, dans les années 30, le secrétaire particulier de Vladimir (Zeev) Jabotinsky, le fondateur du courant sioniste le plus réactionnaire, dit révisionniste. Homme de conviction, Ben-Zion Nétanyahou décida même, en 1962, de fuir le « socialisme » israélien en s’exilant, avec sa famille, aux Etats-Unis où il éleva ses fils dans la fidélité aux idées de Jabotinsky. Un retour en arrière, aux sources de l’extrême droite juive, s’impose donc.</p><p>Vladimir Jabotinsky se fait connaître durant la première guerre mondiale en créant la Légion juive, qui contribuera — tardivement — à la « libération » de la Palestine par les troupes du général Allenby en 1918. Intégré en 1921 dans l’Exécutif sioniste, il en dénonce les compromissions avec la puissance mandataire britannique et le quitte pour fonder, en 1923, le Betar (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb1" rel="appendix" title="Acronyme de Brit (alliance) Trumpeldor, du nom d’un officier juif de l’armée (...)" id="nh1">1</a>), puis, en 1925, l’Alliance des sionistes révisionnistes. Entre-temps, par antibolchevisme, il s’est compromis avec les hommes de l’ataman Simon Petlioura, pourtant responsables, dans son Ukraine natale, d’épouvantables pogroms où périssent quelque 40 000 juifs (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb2" rel="appendix" title="Sur ce point, voir l’excellente Histoire de la droite israélienne, de Marius (...)" id="nh2">2</a>)…</p><p>En quoi les révisionnistes s’opposent-ils à la majorité des sionistes, au point de quitter, en août 1935, l’Organisation mondiale, au sein de laquelle ils ont rassemblé jusqu’à 21 % des suffrages ? Au socialisme dans lequel le parti Mapaï dissimule son nationalisme, Jabotinsky préfère un modèle occidental à la fois politiquement autoritaire (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb3" rel="appendix" title="Les révisionnistes extrémistes, dits birionim (brigands), préconisent même (...)" id="nh3">3</a>) et économiquement libéral, qui plaît à la bourgeoisie et aux classes moyennes affluant alors en Palestine. Pour le reste, les sionistes révisionnistes disent tout haut ce que les sionistes socialistes et libéraux pensent sans doute tout bas, mais estiment nécessaire de dissimuler.</p><p>Mieux vaut, considèrent David Ben Gourion comme Haïm Weizmann, s’abriter derrière la présence britannique pour conquérir la Palestine hectare après hectare, plutôt que de prétendre former, sans attendre et par la force, un Etat. Vladimir Jabotinsky, lui, ne veut pas de ce vague commonwealth national au statut et aux frontières mal définis. « Le but du sionisme, explique-t-il en 1924, est de créer un Etat juif. Son territoire : les deux rives du Jourdain. Le système : la colonisation de masse. La solution du problème financier : un emprunt national. Ces quatre principes ne peuvent être appliqués sans une approbation internationale. D’où le mot d’ordre de l’heure : une nouvelle campagne politique et la militarisation de la jeunesse juive d’Eretz Israël et de la diaspora (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb4" rel="appendix" title="Cité par Walter Laqueur, Histoire du sionisme. Calmann-Lévy, Paris, 1973, p.  (...)" id="nh4">4</a>). »</p>
<p>Un « mur d’acier » contre les Arabes</p>
<p>Voilà le fameux « mur d’acier ». Marqué par les premières émeutes antijuives de 1921 et 1922, Vladimir Jabotinsky livre sous ce titre, dans l’hebdomadaire sioniste russe Rasswyet, le 4 novembre 1923, le fond de sa stratégie : « Tous les peuples indigènes — qu’ils soient civilisés ou sauvages — considèrent leur pays comme leur foyer national, dans lequel ils seront toujours les seuls maîtres. Ils n’accepteront pas volontairement non seulement un nouveau maître, mais même un nouveau partenaire. Ainsi les Arabes.  (…) La colonisation sioniste, même la plus limitée, doit soit s’arrêter, soit s’accomplir au mépris de la volonté de la population indigène. C’est pourquoi cette colonisation ne peut se poursuivre et se développer que sous la protection d’une force indépendante de la population locale — un mur d’acier que la population indigène ne puisse percer.  (…) Le mur d’acier, c’est le renforcement en Palestine d’un gouvernement sur lequel les Arabes n’auraient aucune influence, autrement dit un gouvernement contre lequel les Arabes se battront (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb5" rel="appendix" title="Cité par Lenni Brenner, The Iron Wall. Zed Books, Londres, 1984, pp. 74 et (...)" id="nh5">5</a>). »</p><p>Entre le sionisme révisionniste et les fascismes alors en pleine ascension, il y a plus que des ressemblances : une parenté. D’autant que les militants du mouvement portent volontiers la chemise brune, célèbrent le culte du chef et se comportent en armée disciplinée. Chez eux, la violence est une seconde nature : contre les grévistes ou les meetings juifs de gauche, ils font le coup de poing ; contre les militants nationalistes arabes, ils tirent des coups de fusil. Et lorsque les Palestiniens déclenchent leur grande révolte, en 1936, les révisionnistes, avec leur milice, la Haganah-B, aident les troupes britanniques à la réprimer dans le sang. Même le racisme n’est pas absent de la pensée de Jabotinsky : il affleure notamment dans sa nouvelle, Samson, qui rejette toute « mixité » entre juifs et non-juifs. Tant et si bien que David Ben Gourion surnommera Jabotinsky « Vladimir Hitler » — et les nazis des « révisionnistes allemands ». Le futur premier ministre d’Israël commentera même publiquement un article du Führer en affirmant : « Je pensais lire Jabotinsky — les mêmes mots, le même style, le même esprit (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb6" rel="appendix" title="Cité par Michel Bar-Zohar, Ben Gourion. Fayard, Paris, 1986, pp. 112 à (...)" id="nh6">6</a>). »</p><p>Idéologique et politique, le rapprochement se matérialise sur le terrain. Si Jabotinsky se défend d’admirer le Duce, Mussolini, lui, ne tarit pas d’éloges à son sujet. « Pour que le sionisme réussisse, il vous faut un Etat juif, avec un drapeau juif et une langue juive. La personne qui comprend vraiment cela, c’est votre fasciste, Jabotinsky », confiera-t-il en 1935 à David Prato, futur grand rabbin de Rome (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb7" rel="appendix" title="Cité par Lenni Brenner, Zionism in the Age of the Dictators. Croom Helm, (...)" id="nh7">7</a>). Généreux, le maître de l’Italie accepte d’accueillir une école navale du Betar à Civitavecchia, au nord de Rome. Lors de son inauguration, les étudiants révisionnistes entonnent Giovinezza, l’hymne fasciste, et crient : « Vive l’Italie ! Vive le roi ! Vive le duce ! (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb8" rel="appendix" title="Idem, p. 119." id="nh8">8</a>) »…</p><p>A la mort de Jabotinsky, en 1940, ses héritiers se divisent pour un temps. La seconde guerre mondiale voit les tenants de l’Irgoun respecter la trêve dans le combat contre les Britanniques, qui sont en revanche la cible de nombreuses actions armées du groupe Stern, puis Lehi — ce dernier se déshonorera en proposant une alliance au Troisième Reich (<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nb9" rel="appendix" title="Même M. Itzhak Shamir le reconnaît, tout en rejetant la responsabilité sur (...)" id="nh9">9</a>)… Tous se retrouveront néanmoins pour recourir au terrorisme dans leur « lutte de libération » : de l’attentat de l’Hôtel King David, qui fit 200 morts et blessés le 22 juillet 1946, au massacre du village palestinien de Deir Yassine (9 avril 1945), où tombèrent 250 civils, les pages les plus noires de la naissance de l’Etat d’Israël et de l’expulsion de 800 000 Palestiniens sont signées par les hommes de Menahem Begin et de M. Itzhak Shamir, dont on sait le rôle qu’ils joueront, trente ans plus tard, à la tête du Likoud et de l’Etat juif.</p><p>M. Benyamin Nétanyahou a de qui tenir.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh1" title="Notes 1" rev="appendix">1</a>) Acronyme de Brit (alliance) Trumpeldor, du nom d’un officier juif de l’armée tsariste, héros de la guerre russo-japonaise, mort en défendant la colonie juive de Tel Hai, en Haute-Galilée, contre les Bédouins du voisinage. L’hymne du Betar commence par ces mots : « Betar,De la fosse, pourriture et poussière,Naîtra une racePar le sang et la sueur,Fière, généreuse, dure. »</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh2" title="Notes 2" rev="appendix">2</a>) Sur ce point, voir l’excellente Histoire de la droite israélienne, de Marius Schattner, coll. « Questions au XXe siècle », Complexe, Bruxelles, 1991.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh3" title="Notes 3" rev="appendix">3</a>) Les révisionnistes extrémistes, dits birionim (brigands), préconisent même ouvertement la dictature. Dans ses « Chroniques d’un fasciste » (sic), publiées par le journal Doar Hayam, leur chef, Aba Ahimeir, écrit en 1928 : « Je ne suis pas un démocrate et je suis fermement convaincu que la seule forme de gouvernement possible est celle d’une minorité active sur une majorité passive » (Cité par Yaacov Shalit, Jabotinsky and the Revisionist Movement. 1925-1948, Frank Cass, Londres, 1988, p. 365). A peine les nazis arrivés au pouvoir, Ahimeir suggérera à ses amis de prendre « la pulpe antimarxiste » et de rejeter « l’écorce antisémite ». « Hitler, assure-t-il, ne nous a pas fait plus de mal que Staline. » (Cité par Marius Schattner, ibid, p. 110.)</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh4" title="Notes 4" rev="appendix">4</a>) Cité par Walter Laqueur, Histoire du sionisme. Calmann-Lévy, Paris, 1973, p. 386.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh5" title="Notes 5" rev="appendix">5</a>) Cité par Lenni Brenner, The Iron Wall. Zed Books, Londres, 1984, pp. 74 et 75.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh6" title="Notes 6" rev="appendix">6</a>) Cité par Michel Bar-Zohar, Ben Gourion. Fayard, Paris, 1986, pp. 112 à 115.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh7" title="Notes 7" rev="appendix">7</a>) Cité par Lenni Brenner, Zionism in the Age of the Dictators. Croom Helm, Londres et Canberra, 1983, p. 117.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh8" title="Notes 8" rev="appendix">8</a>) Idem, p. 119.</p><p>(<a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1996/11/VIDAL/5873#nh9" title="Notes 9" rev="appendix">9</a>) Même M. Itzhak Shamir le reconnaît, tout en rejetant la responsabilité sur Abraham Stern. Ce qui ne l’empêche pas de commenter ainsi ces démarches : « Elles n’étaient pas de mon goût et pourtant, du point de vue moral et national, j’estimais qu’elles n’étaient pas interdites. » (Voir Charles Enderlin, Shamir, Olivier Orban, Paris, 1991, pp. 80 à 82.)</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
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	<pubDate>Sun, 22 Sep 2024 14:11:08 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Propriété privée des moyens de production et d’échange contre droit à l’existence]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Christine Cuny − 1er juillet 2024</p>
<p>A la fin  de l’année 1788, quelques mois avant que n’éclate la Révolution, Maximilien Robespierre, alors candidat aux Etats Généraux, faisait ce constat édifiant : </p>

<p>La  plus grande partie de nos concitoyens est réduite par l’indigence à ce suprême degré d’abaissement où l’Homme, uniquement occupé de survivre, est incapable de réfléchir aux causes de sa misère et aux droits que la nature lui a donnés.</p>

<p>Les choses auraient-elles changé ?…</p>

<p>Non, bien sûr, puisque la précarisation et l’aggravation des conditions de travail des salariés – statut qui concerne désormais la majorité des travailleurs en France -, ont un impact direct sur leur vie et sur les moyens sociaux de la sauvegarder. C’est la protection sociale de la majorité de la population qui est mise en péril dans la mesure où le financement des institutions chargées de la promouvoir est assuré par l’intermédiaire de cotisations impactées sur la masse salariale. Le chômage ou encore l’allongement de la durée de la vie ne sont cependant pas les seuls responsables d’une situation dont la gravité nécessiterait peut-être de par son ampleur, un sursaut salutaire.<br />Car, il faut dire que les salaires, non revalorisés par rapport au coût de la vie, ne suffisent plus à financer les institutions censées protéger l’ensemble des travailleurs  – mais aussi l’ensemble de la population – contre les accidents de la vie qui restent d’ailleurs étroitement liés au travail…<br />Rappelons qu’à partir de 1983 les différents gouvernements, de droite comme de gauche, ont libéré certains prix concernés par une ordonnance de 1945 – laquelle donnait au gouvernement le pouvoir d’interdire les hausses, de fixer leur montant ou encore, de contrôler celles décidées par le secteur privé. Une ordonnance qui finira par être abrogée par le Parlement en 1986…<br />Quels devaient être les bénéficiaires de ces grandes manœuvres, dont l’heureuse conséquence devait être une rémunération du travail intérieur bloquée à son minimum pour permettre à l’extérieur des ventes grassement rétribuées ? Cette mesure de libération des prix, comme bien d’autres mesures “libérales”, n’était destinée, sous couvert d’une nécessaire résistance à la concurrence internationale, qu’à servir les intérêts des propriétaires du grand capital en laissant désormais les mains libres aux entreprises exportatrices dans leurs visées de profit maximum : c’est ainsi que de 1992 à 1999 le commerce extérieur de la France aura dégagé de confortables excédents… tandis que les salaires devaient courir misérablement après le coût de la vie, et l’ensemble des travailleurs après la vie tout court… Reste à savoir combien de temps encore sera supportable cette situation indigne.<br />Faisons maintenant un petit bond en arrière, vers ce passé commun que les dominants s’évertuent à nous faire oublier. Devant l’Assemblée nationale constituante (élue en octobre 1945), Pierre Cot, le grand ami de Jean Moulin, avait été le rapporteur – après qu’il ait participé à son élaboration au sein de la commission compétente -, du projet d’une nouvelle Constitution pour la France. Dans ce projet figurait une Déclaration des Droits de l’Homme dont l’article 36 déclarait que…</p>

<p>le droit de propriété ne saurait être exercé contrairement à l’utilité sociale ou de manière à porter préjudice à la sûreté, à la liberté, à l’existence ou à la propriété d’autrui.</p>

<p>Or ce projet de Constitution de 1946 qui renfermait, pour la France, de même que pour les pays qui avaient été jusque-là sous sa domination, les promesses d’un renouveau social et politique, sera – tout comme l’avait été en son temps le projet de Constitution de juin 1793 qui mettait en exergue, sous l’impulsion de l’Incorruptible, le même droit à l’existence -, repoussé par… le peuple de France.<br />Rechercherait-il donc son propre malheur ?… La question reste, plus que jamais, ouverte.<br />Christine Cuny</p>

<p>Quel est le premier objet de la société ? C’est de maintenir les droits imprescriptibles de l’homme. Quel est le premier de ces droits ? Celui d’exister. La première loi sociale est donc celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d’exister ; toutes les autres sont subordonnées à celle-là ; la propriété n’a été instituée ou garantie que pour la cimenter ; c’est pour vivre d’abord que l’on a des propriétés. Il n’est pas vrai que la propriété puisse jamais être en opposition avec la subsistance des hommes. Les aliments nécessaires à l’homme sont aussi sacrés que la vie elle-même. Tout ce qui est indispensable pour la conserver est une propriété commune à la société entière.</p>

<p>Maximilien Robespierre<br />Extraits de “Discours et rapports à la Convention” Christian Bourgois Editeur 1965</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
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	<pubDate>Sun, 22 Sep 2024 14:08:56 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Des chercheurs en IA s’inquiètent de l’effondrement des modèles]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Evan Gorelick – Le 6 août 2024 – Bloomberg</p><p></p><p>Dans certains secteurs de l’industrie technologique, on croit fermement que l’entraînement des systèmes d’intelligence artificielle sur de plus grandes quantités de données en ligne permettra à ces outils de s’améliorer au fil du temps, au point de surpasser les humains dans l’exécution de certaines tâches.</p><p>Mais <a href="https://www.nature.com/articles/s41586-024-07566-y">un nouvel article de recherche</a> jette un doute sur cette approche et tire la sonnette d’alarme sur ce qui pourrait être une faille fatale dans la manière dont les systèmes d’intelligence artificielle sont développés. Dans cet article, publié par la revue Nature en juillet, les chercheurs constatent que lorsque les modèles d’IA sont entraînés sur des données comprenant du contenu généré par l’IA – ce qui sera probablement de plus en plus fréquent – ils finissent par voir leurs performances se dégrader, un phénomène appelé “effondrement du modèle“.</p><p>Ces conclusions s’ajoutent <a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2024-07-24/ai-fever-cools-sending-nasdaq-100-into-1-trillion-tailspin">au scepticisme croissant</a> quant à la trajectoire à long terme de l’IA et interviennent à un moment où Wall Street se demande déjà si <a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2024-04-30/why-artificial-intelligence-is-so-expensive">les investissements massifs</a> des grandes entreprises technologiques dans le développement de l’IA finiront par porter leurs fruits.</p><p>Les chatbots d’IA tels que ChatGPT sont alimentés par <a href="https://www.bloomberg.com/features/2023-chatbot-ai-training-quicktake/">de grands modèles de langage</a> formés sur une quantité presque inconcevable de données (<a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2020-06-11/trillions-of-words-analyzed-openai-sets-loose-ai-language-colossus">des milliers de milliards de mots</a>, dans certains cas) tirées de pages web, d’articles, de sections de commentaires et plus encore. Grâce à ces vastes ensembles de données, les entreprises spécialisées dans l’IA ont pu créer des produits capables de fournir des réponses étonnamment pertinentes aux requêtes des utilisateurs.</p><p>Toutefois, certains observateurs de l’IA craignent que ces modèles finissent par perdre en précision et par s’effondrer s’ils sont entraînés sur des contenus générés par l’IA plutôt que par des êtres humains. <a href="https://arxiv.org/abs/2311.12202">Un article publié en 2023</a> sur l’effondrement des modèles a montré que les images d’humains produites par l’IA se déformaient de plus en plus après que le modèle ait été entraîné à nouveau sur “même de petites quantités de leur propre création“. Les chercheurs ont comparé ce phénomène à un système d’IA “empoisonné” par son propre travail.</p><p>Dans le nouvel article de Nature, des chercheurs d’Oxford, de Cambridge et d’autres universités ont constaté que les modèles d’IA formés à partir de contenus générés par l’IA produisent des résultats non désirés et potentiellement absurdes. <a href="https://www.nature.com/articles/d41586-024-02420-7">Comme l’expliquent les chercheurs</a>, les erreurs d’un modèle sont exacerbées par le modèle suivant, ce qui éloigne l’IA de la réalité jusqu’à ce que les résultats deviennent essentiellement du charabia.</p><p>Dans un exemple, les auteurs ont montré qu’une recherche sur l’architecture historique britannique se transformait en une discussion incompréhensible sur les lièvres lorsqu’elle était introduite dans un grand modèle de langage qui avait été entraîné plusieurs fois avec du contenu généré par l’IA.</p><p>“Nous démontrons que [l’effondrement du modèle] doit être pris au sérieux si nous voulons conserver les avantages de la formation à partir de données à grande échelle extraites du web“, écrivent les chercheurs dans l’étude.</p><p>Bien que l’effondrement des modèles reste largement une préoccupation théorique, l’article de Nature note que les futurs modèles d’IA “s’entraîneront inévitablement à partir de données produites par leurs prédécesseurs“, à mesure que les écrits et les images générés par l’IA se répandent sur le web et s’infiltrent dans les ensembles de données en ligne.</p><p>Des entreprises technologiques, dont Meta, Google et Anthropic, ont également expérimenté l’entraînement de modèles sur des données dites “synthétiques“, qu’elles créent à l’aide de l’IA générative. En théorie, l’option synthétique permet aux entreprises d’IA de répondre à leur besoin incessant de données tout en évitant les problèmes juridiques, éthiques et de protection de la vie privée liés à la collecte d’informations sur divers sites web. Mais la perspective de l’effondrement du modèle pourrait mettre à mal ces projets.</p><p>Les conclusions de l’article ne font que renforcer l’urgence pour les entreprises d’IA d’obtenir l’accès à des données de haute qualité générées par des êtres humains, mais cela peut s’avérer coûteux. OpenAI, le fabricant de ChatGPT, <a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2023-12-13/openai-axel-springer-ink-deal-to-use-news-content-in-chatgpt">a dépensé des millions de dollars</a> pour conclure des partenariats avec des éditeurs tels que News Corp. et Axel Springer SE afin d’obtenir la licence de leur contenu pour entraîner ses modèles. Il n’est pas certain non plus que ces données suffisent à répondre aux besoins des entreprises technologiques.</p><p>Selon les chercheurs, il est vital pour les développeurs d’IA de préserver l’accès à des données d’entraînement originales qui n’ont pas été polluées par du contenu d’IA. Mais il n’existe pas de moyen facile de suivre le contenu généré par l’IA à grande échelle. À cette fin, les chercheurs suggèrent que ceux qui élaborent des modèles d’IA travaillent à une “coordination à l’échelle de la communauté” afin de comprendre la provenance des données qu’ils explorent en ligne.</p><p>Evan Gorelick</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/974/ce-jour-ou-ukraine-et-russie-sont-devenues-ennemies</guid>
	<pubDate>Sat, 21 Sep 2024 20:53:28 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/974/ce-jour-ou-ukraine-et-russie-sont-devenues-ennemies</link>
	<title><![CDATA[Ce Jour ou Ukraine et Russie sont devenues ennemies]]></title>
	<description><![CDATA[<p>D’année en année, en Occident, les 24 février courent le risque d’être rappelés comme jour où l’Ukraine aura été envahie par la Russie qui, pour sa part, s’en tiendra aux termes d’opération spéciale. </p><p>En réalité, le 24 février 2022 a été le jour où la tension entre Ukraine et Russie se sera radicalisée. </p><p>Il sera le jour où des familles auront commencé à se déchirer avant de se désunir. Il sera ce jour où, aux treize mille victimes tombées dans le Donbass depuis 2014, auront commencé à s’en ajouter d’autres par centaines de milliers. </p><p>Dans les chancelleries et dans les rédactions occidentales, le narratif de rigueur fixera et jusqu’à nouvel avis figera la Fédération de Russie dans son rôle de coupable et de responsable des hostilités. </p><p>Alors que l’application des accords de Minsk I et II aurait ouvert une autre voie que celle d’un conflit d’ampleur, négliger l’échec de la diplomatie a toutes les chances de s’imposer si l’essentiel est de rendre fautive, « la Russie de Poutine ».</p><p>Certes, l’Occident ne se résume pas aux porte-voix qui, urbi et orbi vouent aux gémonies un pays si souvent résumé à son seul dirigeant alors que sa population avoisine les 144 millions d’habitants. Mais la place accordée à qui voudrait nuancer ce discours dominant est réduite à peau de chagrin.</p><p>Et quand existe la possibilité de livrer un autre éclairage que celui sensé illuminer les esprits, c’est souvent pour le disqualifier et le dénoncer comme provenant du Kremlin, avec toute la déconsidération convenue.</p><p>Alors oui, dans nos contrées, la liberté de s’exprimer demeure mais au prix du discrédit jeté sur toute parole qui s’écarte de la ligne suivie par les médias dits « mainstream ». Or ce sont eux qui façonnent l’opinion publique.</p><p>Et celle-ci, forte de ce qu’elle assimile, affirme. Que l’Ukraine est une démocratie et la Russie, une dictature. Que l’Ukraine est victime de l’agression russe. Le ton est ainsi donné. Pour combien de temps, l’avenir le dira.</p><p>Mais il sera de toutes façons trop long et ne ressuscitera plus les morts ni ne guérira les plaies ouvertes il y a dix ans déjà sur un champ de bataille fratricide. </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
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