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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les blogs du site: Septembre 2026]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
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	<pubDate>Sat, 26 Sep 2026 19:03:43 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Le Rouge et le Blanc d&#039;Eugénie BASTIÉ est une réussite. ]]></title>
	<description><![CDATA[<p>&nbsp;</p><figure class="image"><img style="aspect-ratio:600/878;" src="https://silo.ememiom.fr/serve-file/e0/l1790449316/di/c0/d3daKeiZgwH5P1dSF4HOZME373-YVJDaKyY8g2_3mxI/editor_images/1/36/6ab816a4bf069.jpg" alt="" width="600" height="878"></figure><p>J’ai lu avec grand intérêt ce livre d’Eugénie Bastié, qui est une réussite. Il était improbable qu’une catholique conservatrice s’intéressât au « compagnon du Che » (surtout de Castro d’ailleurs), ancienne icône de l’extrême gauche de la fin des années 60 et d’une bonne partie des années 70, avant de devenir proche et conseiller de François Mitterrand, puis de rompre, bien sûr, avec lui... Et vice versa, puisque Debray lui a accordé nombre d’entretiens pour ce livre, qui parsèment ses chapitres - sans en faire une « biographie autorisée », puisque les critiques ne manquent pas, qui sonnent juste, souvent.</p><p>&nbsp;Comme aussi les hommages qu’elle rend à son talent et à un certain nombre d idées forces que cet écrivain prolifique a développées - sur les appartenances , les frontières, le sacré et les médiations, entre autres.&nbsp;</p><p><br />Il y a tant de Debray dans la vie et l’œuvre de Debray, et tant de variations dans leurs cours, qu’il est difficile de condenser. Ce livre décontenancera ceux qui voient en Debray un « essayiste » &nbsp;ayant viré réac : Eugénie Bastié montre bien sa fidélité au tiers mondisme , qu’il n’a jamais renié, y compris dans les aveuglements, et qui imprègne nombre de ses positions politiques. « gaulliste d extrême gauche » est une fausse boutade de Debray pour se définir avec dandysme : c’est &nbsp;je crois la réalité de ses convictions. Et elle souligne aussi, à raison, avec une pointe de regret, son détachement - qui frise la condescendance - &nbsp;à l’égard de notre époque et de ses acteurs, époque pourtant devenue si décisive - on le voit et le vit chaque jour. Alors que nombre des concepts debrayiens - elle le montre aussi - sont très opératoires pour comprendre notre époque, à commencer par le numérique. Mais les médiologues - dont j’ai été - ont renoncé à continuer d’analyser et à transmettre…&nbsp;</p><p><br />Reste l’écrivain formidable, un des meilleurs de notre époque, qui excelle dans le récit des vies et l’analyse des tendances profondes , des trajectoires et des institutions, par sa façon de toujours décentrer l’angle de vue. Elle le souligne mais Eugénie Bastié a choisi de raconter le militant - avec des informations fort utiles et précises - et le penseur. Avec Debray, on est bien obligé choisir .&nbsp;</p><p><br />À lire !</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1392/la-russie-reconnait-officiellement-le-defi-strategique-pose-par-la-pologne</guid>
	<pubDate>Sat, 26 Sep 2026 11:59:59 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La Russie reconnaît officiellement le défi stratégique posé par la Pologne]]></title>
	<description><![CDATA[<p><img src="https://substackcdn.com/image/fetch/%24s_!XHqF!,w_1456,c_limit,f_webp,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F5368c68e-c182-4399-8b0e-144c0c5960ad_800x600.jpeg" alt="" width="800" height="600"></p><p>Le principal assistant présidentiel de Poutine, Nikolai Patrushev, a été interrogé sur la r<a href="https://korybko.substack.com/p/sikorskis-prediction-of-a-quick-nato">écente déclaration</a> du ministre polonais des Affaires étrangères, Radek Sikorski, selon laquelle l’OTAN européenne “vaincrait la Russie assez rapidement” si elle entrait en guerre, ce <a href="https://t.me/MariaVladimirovnaZakharova/13831">qui a été déformé par la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères,</a> Maria Zakharova, disant que la Pologne voulait battre la Russie. La partie la plus importante de <a href="https://aif.ru/politics/world/nikolay-patrushev-polskaya-gosudarstvennost-ischeznet-za-dva-tri-dnya">la réponse de Patrushev</a> ne fut pas sa boutade très médiatisée selon laquelle “l’État polonais cesserait d’exister en deux ou trois jours”, mais ce qu’il a dit à propos de sa grande stratégie.</p><p>Selon ses mots, « Sikorski et d’autres membres de l’élite polonaise prétendent restaurer la grandeur polonaise. En réalité, ils ravivent des ambitions malsaines, annoncent des plans pour reconstruire la « Pologne d’un océan à l’autre », veulent créer un <a href="https://thealtworld.com/andrew_korybko/whats-the-likelihood-of-a-nato-russian-clash-around-2030">« cordon sanitaire »</a> contre la Russie et protéger l’Europe d’une mythique « menace russe » ». Ceci fait référence au leadership envisagé par la Pologne dans <a href="https://korybko.substack.com/p/the-three-seas-initiative-has-special">« l’Initiative des Trois Mers »</a> (3SI), « l’Intermarium », et à la renaissance de son rôle historique auto-identifié en tant qu’“antemurale” (rempart) contre les menaces orientales.</p><p>Le 3SI fait référence à la série de projets de connectivité nord-sud à double usage dont la Pologne est pionnière avec ses partenaires d’Europe centrale et orientale, <a href="https://thealtworld.com/andrew_korybko/my-vision-of-the-polish-led-intermarium">l’Intermarium</a> est la forme militaro-politique du 3SI, et <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Antemurale_myth#Poland">l’antemurale </a>fait référence dans ce contexte au rôle de l’Intermarium dirigé par la Pologne dans la maîtrise de la Russie. Ces concepts interconnectés constituent la base de la grande stratégie polonaise contemporaine, qui est poursuivie par les deux parties du duopole dirigeant du pays, bien qu’avec une différence significative entre elles.</p><p>Les libéraux au pouvoir envisagent la Pologne comme <a href="https://korybko.substack.com/p/korybko-to-zakharova-tusk-isnt-anti">le principal partenaire junior</a> de l’Allemagne pour contenir la Russie dans <a href="https://korybko.substack.com/p/the-us-demanded-that-the-europeans">l’OTAN 3.0</a>, tandis que l’opposition conservatrice envisage qu’elle agisse comme <a href="https://korybko.substack.com/p/nawrocki-had-three-reasons-for-presenting">les États-Unis le veulent</a>. Les deux partis d’opposition libertariens-nationalistes (“populistes” dans le langage politique américain) <a href="https://thealtworld.com/andrew_korybko/poland-really-only-has-three-possible-foreign-policy-strategies">ne veulent pas</a> que la Pologne soit subordonnée à qui que ce soit, et ils pourraient devenir les faiseurs de rois après les prochaines élections au Sejm de l’automne 2027. Ils pourraient alors poursuivre cette grande stratégie, mais pas en tant que partenaire junior de qui que ce soit. La Russie devrait donc s’attendre à ce que la Pologne maintienne son cap.</p><p>En tout cas, la réponse de Patrushev est qu’il ne fait désormais plus aucun doute que la Russie est au courant de ces projets, ce qui suit le conseil précédent selon lequel <a href="https://thealtworld.com/andrew_korybko/russia-needs-to-rethink-its-understanding-of-poland">“la Russie doit repenser sa compréhension de la Pologne”</a> après une série de faux pas qui ont laissé entrevoir de graves malentendus. De même, sa référence au « cordon sanitaire » montre que ce concept n’est pas perdu pour lui non plus, il reconnaît donc probablement aussi le rôle central de la Pologne dans le lien entre le <a href="https://korybko.substack.com/p/the-historical-russian-swedish-rivalry">« Bloc viking »</a> suédois et le <a href="https://korybko.substack.com/p/korybko-to-ibragimov-turkiye-geostrategically">« Néo-Empire ottoman »</a> de la Turquie.</p><p>En conséquence, puisque la Russie ne peut pas rompre le flanc européen centré sur la Pologne du « cordon sanitaire » puisqu’il se trouve entièrement au sein de l’OTAN et déclencherait ainsi la Troisième Guerre mondiale si Moscou essayait, elle devra soit se préparer à des tensions prolongées avec Varsovie, soit essayer de conclure un accord avec elle <a href="https://korybko.substack.com/p/korybko-to-fabrichnikov-any-hypothetical">comme proposé ici</a>. Le premier scénario est beaucoup plus probable, ce qui consoliderait la renaissance de la rivalité historique russo-polonaise à l’époque contemporaine avec tout ce que cela implique, comme de graves tensions militaires et <a href="https://korybko.substack.com/p/why-do-more-russians-perceive-poland">une intense guerre de l’information</a>.</p><p>La Pologne était déjà considérée par certains comme le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Heart_of_Europe">« Cœur de l’Europe »</a> pour des raisons géopolitiques, mais elle est désormais également le cœur du flanc ouest du nouveau “cordon sanitaire”, que la Russie reconnaît désormais officiellement. Ce n’est donc pas une hyperbole d’affirmer que la Pologne est en passe de devenir l’une des menaces à long terme les plus importantes de la Russie, non seulement parce qu’elle commande <a href="https://notesfrompoland.com/2024/07/16/poland-has-natos-third-largest-military-new-figures-show/">la plus grande armée européenne de l’OTAN</a> qui <a href="https://tvpworld.com/91080137/poland-sets-goal-of-500000-soldier-army">devrait atteindre</a> un demi-million d’hommes d’ici 2039, mais surtout en raison de son rôle central dans l’organisation du confinement de la Russie par l’OTAN 3.0.</p><p><a href="https://substack.com/@korybko">Andrew KORYBKO</a><br />Le 23 septembre 2026<br /><br /><a href="https://korybko.substack.com/p/russia-officially-recognizes-the">Source Blog de l’auteur</a> : Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.<br /><br />Source : https://lesakerfrancophone.fr/la-russie-reconnait-officiellement-le-defi-strategique-pose-par-la-pologne</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
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	<pubDate>Sat, 26 Sep 2026 11:26:02 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[&quot;La victoire de l’AfD : la revanche de ceux qu’on ne voulait pas entendre&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<div class="x14z9mp xat24cr x1lziwak x1vvkbs xtlvy1s x126k92a" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);color:rgb(5, 5, 5);font-family:Helvetica, Arial, sans-serif;font-size:15px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;margin-bottom:0px;margin-inline:0px;margin-top:0.5em;orphans:2;overflow-wrap:break-word;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;white-space:pre-wrap;widows:2;word-spacing:0px;"><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Je connais la Saxe. Je ne la connais pas par les sondages, par les éditoriaux des grands journaux allemands ni par les reportages qui viennent périodiquement expliquer aux Allemands de l’Ouest ce qui se passe dans la tête de ces étranges compatriotes orientaux qui persistent à mal voter. Je la connais pour y avoir travaillé depuis 2016, à Dresde notamment, au moment où les conséquences de la grande crise migratoire de 2015 avaient porté à son comble une fracture déjà ancienne entre deux Allemagne qui, plus d’un quart de siècle après la réunification, ne s’étaient peut-être jamais complètement réunies.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">J’y ai rencontré beaucoup de ceux que l’on appelle aujourd’hui les électeurs de l’AfD. Et je dois dire que je reconnais assez peu, dans le portrait qui en est régulièrement donné, les hommes et les femmes que j’ai connus.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">J’ai rencontré des gens ordinaires, des employés, des artisans, des retraités, des mères et des pères de famille, des personnes attachées à leur ville, à leur région, à leur pays, souvent hospitalières dans leur vie privée, nullement obsédées par la race et encore moins habitées par quelque nostalgie du nazisme, mais profondément en colère contre un système politique et médiatique dont elles avaient acquis la conviction qu’il ne voulait plus les entendre. Cette colère pouvait naturellement produire des excès, des simplifications, quelquefois des propos que je ne partageais pas ; mais ce qui m’a frappé n’était pas leur supposée monstruosité. C’était au contraire leur normalité.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Voilà pourquoi le résultat considérable obtenu par l’AfD en Saxe-Anhalt ne me surprend pas autant qu’il semble surprendre une partie des commentateurs allemands. Ce qui devrait surprendre, ce n’est pas que tant d’électeurs aient fini par voter pour ce parti ; c’est qu’après dix années d’avertissements, de protestations et de colères, les responsables politiques et une grande partie des médias continuent à se demander comment une chose pareille a pu arriver.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Car ces gens parlaient. Simplement, on ne les écoutait pas.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Ou plutôt, on les écoutait pour les classer.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Ils parlaient d’immigration, on leur répondait xénophobie. Ils parlaient de l’insécurité culturelle qu’ils ressentaient devant des transformations extrêmement rapides, on leur répondait ouverture au monde. Ils parlaient de la difficulté de faire entendre certaines réalités concernant l’intégration, on leur expliquait les dangers de la stigmatisation. Ils parlaient de leur pays, de ses frontières, de leur désir de conserver une certaine continuité historique et culturelle, on leur répondait nationalisme. Et lorsqu’ils protestaient contre cette manière de ne jamais répondre à ce qu’ils disaient, leur protestation elle-même devenait une preuve supplémentaire de leur dérive.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">C’est cette mécanique que j’ai vue fonctionner.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Le problème n’est donc pas seulement celui de l’immigration, même si celle-ci a joué un rôle considérable. Il est celui du rapport au réel. Une partie de la population allemande a progressivement acquis la conviction que certaines réalités ne pouvaient plus être nommées parce qu’elles entraient en contradiction avec le récit que les élites politiques et médiatiques avaient construit sur leur propre société.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Or les citoyens voient ce qu’ils voient.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">On peut leur expliquer qu’un problème n’existe pas, mais s’ils le rencontrent dans leur vie quotidienne, ils finiront par croire davantage leur expérience que les statistiques qu’on leur oppose. On peut leur expliquer qu’une inquiétude est moralement suspecte, mais on ne supprime pas une inquiétude en la condamnant. On peut modifier le vocabulaire autorisé, mais on ne modifie pas pour autant la réalité à laquelle ce vocabulaire se rapporte.</div></div><div class="x14z9mp xat24cr x1lziwak x1vvkbs xtlvy1s x126k92a" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);color:rgb(5, 5, 5);font-family:Helvetica, Arial, sans-serif;font-size:15px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;margin-bottom:0px;margin-inline:0px;margin-top:0.5em;orphans:2;overflow-wrap:break-word;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;white-space:pre-wrap;widows:2;word-spacing:0px;"><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">C’est ici que la question médiatique devient centrale.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Je ne crois pas que les électeurs de l’AfD que j’ai rencontrés détestent les médias parce qu’ils seraient hostiles à l’information ou incapables de supporter la contradiction. Beaucoup ont cessé de leur faire confiance parce qu’ils ont le sentiment que les grands médias ne décrivent plus seulement le monde mais sélectionnent, hiérarchisent et parfois interprètent les faits en fonction d’une vision préalable de ce que la société devrait être.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">La défiance qui en résulte est catastrophique pour la démocratie.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Car lorsqu’un citoyen ne croit plus ceux qui sont chargés de l’informer, lorsqu’il soupçonne derrière chaque silence une volonté de dissimulation et derrière chaque choix de vocabulaire une intention idéologique, ce n’est pas seulement la confiance dans les journalistes qui disparaît : c’est l’existence même d’un monde commun. Les uns vivent alors dans la réalité décrite par les médias institutionnels, les autres dans celle qu’ils découvrent sur les réseaux sociaux ou dans des médias alternatifs, et chacun finit par considérer l’autre non comme quelqu’un qui interprète différemment les mêmes événements, mais comme quelqu’un qui ment.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">La démocratie devient alors presque impossible.</div></div><div class="x14z9mp xat24cr x1lziwak x1vvkbs xtlvy1s x126k92a" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);color:rgb(5, 5, 5);font-family:Helvetica, Arial, sans-serif;font-size:15px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;margin-bottom:0px;margin-inline:0px;margin-top:0.5em;orphans:2;overflow-wrap:break-word;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;white-space:pre-wrap;widows:2;word-spacing:0px;"><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Mais il existe une blessure plus profonde encore, que j’ai souvent rencontrée en Saxe : le mépris.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">On ne mesure pas suffisamment la violence du mépris social et culturel. Il ne laisse pas de traces visibles, il ne brûle pas les voitures, il ne casse pas les vitrines, mais il s’accumule pendant des années jusqu’au moment où le bulletin de vote devient le moyen de rendre l’humiliation à ceux dont on pense l’avoir reçue.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Beaucoup d’Allemands de l’Est ont eu le sentiment d’être considérés comme des citoyens en retard sur l’histoire, insuffisamment cosmopolites, insuffisamment modernes, trop attachés à leur identité, trop méfiants envers l’immigration, trop sensibles à la souveraineté nationale. On ne discutait plus avec eux ; on leur expliquait ce qu’ils auraient dû penser.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Il faut ajouter à cela l’expérience historique singulière de l’Allemagne orientale. Ces hommes et ces femmes ont vécu pendant quarante ans dans un régime qui leur expliquait déjà quelle était la bonne manière de penser, quels mots étaient convenables et quelles opinions témoignaient d’une conscience politiquement insuffisante. Il serait absurde d'assimiler la démocratie allemande contemporaine à la dictature communiste, mais il serait tout aussi absurde de ne pas comprendre combien cette expérience historique a développé chez certains habitants de l’Est une sensibilité particulière à tout ce qui ressemble, même de très loin, à une police morale du langage.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Ils reconnaissent immédiatement le ton de celui qui prétend savoir mieux qu’eux ce qu’ils devraient penser.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Et ils le supportent de moins en moins.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">C’est pourquoi la stratégie de diabolisation de l’AfD risque d’obtenir exactement l’effet inverse de celui qu’elle recherche. Plus on explique à ses électeurs qu’ils ont franchi les limites du raisonnable, plus certains d’entre eux éprouvent la confirmation de ce qu’ils pensaient déjà : les élites ne les méprisent pas seulement lorsqu’ils protestent, elles les méprisent jusque dans l’isoloir.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Il existe pourtant une différence fondamentale entre refuser cette diabolisation et devenir soi-même propagandiste de l’AfD. Je ne prétends nullement que tout ce qui se dit dans ce parti soit acceptable, raisonnable ou souhaitable. Un parti politique doit être jugé sur ses dirigeants, son programme, ses actes et les conséquences possibles de son arrivée au pouvoir. Mais ses électeurs doivent être regardés pour ce qu’ils sont, et non transformés en personnages imaginaires destinés à confirmer les certitudes morales de leurs adversaires.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">C’est précisément ce que mon travail en Saxe m’a appris.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">La Thérapie Sociale repose sur une conviction qui vaut autant pour les sociétés que pour les petits groupes humains : lorsque le conflit n’est plus possible, la violence augmente. Et le conflit devient impossible dès lors que l’un des protagonistes considère qu’il possède à lui seul la raison, la morale et la légitimité, tandis que l’autre ne serait plus qu’un problème à traiter.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">La démocratie n’exige pas que nous soyons d’accord. Elle exige que nous acceptions que celui avec lequel nous sommes profondément en désaccord puisse avoir vu quelque chose que nous n’avons pas vu.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">C’est précisément cette hypothèse qui semble avoir disparu d’une partie de la vie publique européenne.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Et si les électeurs de l’AfD avaient vu certaines choses avant ceux qui les méprisaient ?</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Et s’ils avaient perçu plus tôt les conséquences politiques d’une immigration massive, les difficultés de l’intégration, l’éloignement croissant entre les gouvernants et les gouvernés, l’uniformisation idéologique d’une partie des classes diplômées, la fragilité d’un modèle économique allemand que l’on croyait éternel, ou simplement la disparition progressive de leur capacité à décider du monde dans lequel ils voulaient vivre ?</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Poser ces questions ne signifie pas que toutes leurs réponses soient justes. Cela signifie que leurs questions étaient peut-être moins absurdes qu’on ne voulait le croire.</div></div><div class="x14z9mp xat24cr x1lziwak x1vvkbs xtlvy1s x126k92a" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);color:rgb(5, 5, 5);font-family:Helvetica, Arial, sans-serif;font-size:15px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;margin-bottom:0px;margin-inline:0px;margin-top:0.5em;orphans:2;overflow-wrap:break-word;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;white-space:pre-wrap;widows:2;word-spacing:0px;"><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">La victoire de l’AfD devrait donc être considérée non comme l’irruption inexplicable d’une maladie dans une démocratie jusque-là parfaitement saine, mais comme le symptôme d’une crise dont le système politique allemand porte lui-même une part de responsabilité.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">On pourra continuer à organiser des manifestations contre l’extrême droite. On pourra multiplier les déclarations solennelles, renforcer le cordon sanitaire, rappeler à juste titre ce que fut le nazisme et proclamer une nouvelle fois que certaines valeurs ne sont pas négociables. Mais aucune de ces proclamations ne répondra à la question que pose le bulletin glissé dans l’urne par des millions d’Allemands : pourquoi ne nous avez-vous pas écoutés ?</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">C’est la question que j’entends derrière ce vote.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Je l’entends d’autant mieux que je l’ai entendue, sous des formes différentes, pendant mes années de travail en Saxe.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">La démocratie allemande ne se sauvera pas en expliquant aux électeurs de l’AfD qu’ils sont indignes d’elle. Elle se sauvera peut-être lorsqu’elle recommencera à les considérer comme des citoyens adultes, capables de voir, de juger, de se tromper aussi, mais dont l’expérience du réel mérite autant d’être entendue que celle des journalistes, des universitaires, des responsables politiques et des experts qui prétendent leur expliquer le monde.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Il faudra alors accepter quelque chose qui est devenu extraordinairement difficile dans nos sociétés : écouter sans approuver, contredire sans humilier, reconnaître une part de vérité chez l’adversaire sans renoncer à la sienne et surtout admettre que personne, aucun parti, aucun média, aucune classe sociale, aucun camp idéologique, ne possède à lui seul le monopole du réel.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">C’est cela que nous avons essayé de faire à Dresde.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Non pas réconcilier artificiellement les gens, encore moins les obliger à s’aimer, mais leur permettre de sortir des caricatures réciproques et de retrouver derrière l’ennemi politique un être humain avec lequel il faudrait malgré tout continuer à habiter le même pays.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">La leçon de cette élection dépasse donc largement l’AfD et l’Allemagne orientale. Elle concerne toutes les démocraties européennes dans lesquelles s’élargit le fossé entre ceux qui gouvernent et ceux qui ont le sentiment de ne plus être représentés, entre ceux qui disposent du pouvoir de nommer la réalité et ceux qui pensent la subir.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">On peut mépriser longtemps une colère.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">On peut la déclarer populiste, réactionnaire, xénophobe ou extrémiste.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Mais arrive toujours un jour où ceux que l’on croyait avoir réduits au silence découvrent qu’ils possèdent encore une voix.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Au sens propre.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Et ce jour-là, ils votent.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div></div><div class="x14z9mp xat24cr x1lziwak x1vvkbs xtlvy1s x126k92a" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);color:rgb(5, 5, 5);font-family:Helvetica, Arial, sans-serif;font-size:15px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;margin-bottom:0px;margin-inline:0px;margin-top:0.5em;orphans:2;overflow-wrap:break-word;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;white-space:pre-wrap;widows:2;word-spacing:0px;"><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto"><a href="https://www.facebook.com/charles.rojzman">Charles ROJZMAN</a><br /><br />Source : https://www.facebook.com/723209378/posts/10165011714554379/</div></div>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
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	<pubDate>Sat, 26 Sep 2026 11:08:52 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« Sur l’unité historique des Russes et des Ukrainiens » selon Vladimir POUTINE]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Évoquant récemment, au cours de la séance de questions-réponses, les relations russo-ukrainiennes, j’ai dit que les Russes et les Ukrainiens formaient un seul peuple, un tout. Ces paroles n’ont pas été prononcées dans le contexte d’une conjoncture ou de circonstances politiques actuelles. Je l'ai déclaré plus d'une fois et c'est ma conviction. Par conséquent, j’estime nécessaire d'exposer ma position et de faire part de mes évaluations de la situation actuelle.</p><p>Je veux le souligner tout de suite: le mur qui s’est dressé ces dernières années entre la Russie et l'Ukraine, entre les parties d'un espace historique et spirituel de fait partagé, je le perçois comme un grand malheur commun, comme une tragédie. Ce sont avant tout les retombées de nos propres erreurs commises à différentes périodes. Mais aussi le résultat d’ activités ciblées des forces qui ont toujours cherché à saper notre unité. La formule appliquée est connue depuis des siècles: diviser pour régner. Rien de nouveau. D'où les tentatives de manipuler la question nationale, de semer la discorde entre les populations. Avec, pour objectif fondamental, de diviser, puis faire s’entrechoquer les parties d'un seul peuple.</p><p>Pour mieux comprendre le présent et jeter un coup d’œil dans l'avenir, nous devons nous tourner vers l'histoire. Il est évident que, dans le cadre d’un seul article, il est impossible de couvrir tous les événements survenus en plus mille ans. Je m’arrêterai tout de même sur des points clés dont nous devons – nous, en Russie et en Ukraine – nous souvenir.</p><p>Les Russes, les Ukrainiens et les Biélorusses sont les héritiers de l’ancienne Rus’ qui a été le plus grand pays d'Europe. Sur un immense espace – du lac Ladoga, Novgorod, Pskov jusqu’à Kiev et Tchernigov – les tribus slaves et autres étaient unies par la même langue (nous l’appelons aujourd’hui le vieux russe), des liens économiques et le pouvoir des Princes des Riourikides. Et puis, par le baptême de la Russie, unie par la foi orthodoxe. Le choix spirituel de saint Vladimir, qui était à la fois prince de Novgorod et grand prince de Kiev, détermine aujourd'hui encore dans une grande mesure notre parenté.</p><p>Le trône de Kiev bénéficiait d’une position dominante dans l'ancien État russe depuis la fin du IXe siècle. La Chronique des temps passés a conservé pour les générations futures les paroles du prince Oleg le Sage au sujet de Kiev: «Qu’elle soit mère aux villes russes».</p><p>Plus tard, comme les autres États européens de l'époque, l'ancienne Rus’ a été confrontée à l'affaiblissement du pouvoir central et à la fragmentation. Pourtant la noblesse comme les gens du peuple considéraient la Russie comme un espace commun, comme leur Patrie.</p><p>Après l'invasion dévastatrice de Batu Khan, lorsque de nombreuses villes dont Kiev ont été réduites en ruines, le morcellement s'est intensifié. La Rus’ du nord-est est tombée sous la domination de la Horde tout en conservant une souveraineté limitée. Les terres russes du sud et de l’ouest sont essentiellement entrées dans la composition du Grand-Duché de Lituanie, qui – je tiens à attirer l'attention sur ce fait – figurait dans les documents historiques comme le Grand-Duché de Lituanie et de Russie.</p><p>Les représentants des familles princières et de boyards passaient d'un prince à l'autre dans leur service, se querellaient entre eux, mais signaient également des alliances et entretenaient des liens d’amitié. Dans la Plaine de Koulikovo, le grand prince Dimitri de Moscou a combattu aux côtés du voïvode [chef militaire, ndlr] Bobrok de Volynie et des fils du grand-duc de Lituanie Olgierd, André de Polotsk et Dmitri de Briansk. En même temps, le grand-duc de Lituanie Jagellon, fils d’une princesse de Tver, menait ses troupes en aide au Mamaï. Ce sont là les pages de notre histoire commune, le reflet de sa complexité et de sa multidimensionnalité.</p><p>Il est important de rappeler que la population des terres russes occidentales et orientales parlait la même langue. La foi était orthodoxe et jusqu'au milieu du XVe siècle l’administration ecclésiastique était unique.</p><p>Lors d’un nouveau tour du développement historique, les points d'attraction et de consolidation des territoires de l'ancienne Rus auraient pu se situer tant dans la Rus de Lituanie que dans la Rus de Moscou qui se renforçait. L'histoire a décidé que le centre de la réunification, qui a poursuivi la tradition de l'ancien État russe, devienne Moscou. Les princes de Moscou – descendants du prince Alexandre Nevski – se sont libérés du joug extérieur et ont commencé à rassembler les terres russes historiques.</p><p>Le Grand-Duché de Lituanie vivait d'autres processus. Au XIVe siècle, l'élite dirigeante de la Lituanie s’est convertie au catholicisme. Au XVIe siècle, il a signé l'union de Lublin avec le royaume de Pologne pour former la République des Deux Nations (de fait, polonaise et lituanienne). La noblesse catholique polonaise s’est vu accorder d'importants biens fonciers et privilèges sur le territoire de l’ancienne Rus. Aux termes de l'union de Brest de 1596, une partie du clergé orthodoxe russe occidental s’est soumise à l'autorité du pape. Les mœurs polonaises et romaines étaient imposées et l'orthodoxie était supplantée.</p><p>En réaction, les XVIe et XVIIe siècles virent monter le mouvement de libération des orthodoxes du bassin du Dniepr. Les événements de l'époque de l'hetman Bogdan Khmelnitski ont marqué un jalon&nbsp;: ses partisans ont tenté d'obtenir l'autonomie de la République des Deux Nations.</p><p>Dans sa demande au roi de la République des Deux Unions, en 1649, l’Armée zaporogue évoquait le respect des droits de la population orthodoxe russe et demandait que «le voïvode de Kiev soit du peuple russe et de loi grecque afin qu’il ne persécute pas les églises de Dieu». Mais la demande n’a pas été entendue.</p><p>Bogdan Khmelnitski a donc lancé des appels à Moscou qui ont été examinés par les Zemski Sobor [Congrès de la terre russe, ndlr]. Le 1er octobre 1653, cette structure représentative supérieure de l'État russe a décidé de soutenir les coreligionnaires et de les accepter sous protection. En janvier 1654, le Conseil de Pèreïaslav a confirmé cette décision. Par la suite, les ambassadeurs de Bogdan Khmelnitski et de Moscou se sont rendus dans des dizaines de villes, y compris Kiev, dont les habitants ont prêté serment au tsar russe. Rien de tel, d'ailleurs, ne s’était produit lors de la signature de l'union de Lublin.</p><p>Dans une lettre adressée à Moscou en 1654, Bogdan Khmelnitski a remercié le tsar Alexeï Mikhaïlovitch pour avoir «accepté toute l'armée zaporogue et le monde orthodoxe russe sous sa main royale, forte et haute». C'est-à-dire que dans leurs messages au roi polonais et au tsar russe, les Zaporogues se qualifiaient d’orthodoxes russes.</p><p>Au cours de la longue guerre de l'État russe avec la République des Deux Unions, certains hetmans, héritiers de Bogdan Khmelnitski, cherchaient à s’éloigner de Moscou ou d’obtenir le soutien de la Suède, de la Pologne ou de la Turquie. Mais, je le répète, cette guerre était, par essence, libératrice pour le peuple. Elle se termina en 1667 par le Traité d'Androussovo. Les résultats définitifs furent fixés dans le traité de Paix éternelle de 1686 en vertu duquel l’Etat russe obtint la ville de Kiev et les territoires couvrant la rive gauche du Dniepr, y compris Poltava et Tchernigov, ainsi que la Zaporoguie. Leurs habitants se sont alors réunis avec la partie principale du peuple orthodoxe russe et la région reçut le nom de Malaya Rus’ ou Malorossia [Petite Russie, ndlr].</p><p>L’appellation Ukraine était alors plus souvent utilisée dans le sens où l'ancien mot russe «okraïna» [périphérie, ndlr] se retrouve dans les sources écrites depuis le XIIe siècle, lorsqu’il était question de territoires situés à la frontière du pays. Tandis que le mot «ukrainien», à en juger d’après les documents d'archives, désignait à l'origine ceux dont le service était d’assurer la protection des frontières extérieures.</p><p>La rive droite du Dniepr, restée dans la République des Deux Nations, vit les anciens ordres restaurés et l'oppression sociale et religieuse se renforcer. La rive gauche, ces terres placées sous la protection d'un État uni, connut au contraire un développement intense. Les habitants de l’autre rive du Dniepr venaient d’ailleurs s’y installer en masse. Ils cherchaient le soutien de ceux qui parlaient la même langue et avaient la même foi.</p><p>Lors de la grande guerre du Nord contre la Suède, les habitants de la Petite Russie ne se posaient pas la question du parti à prendre. Seule une petite partie des cosaques soutint la révolte de Mazepa. Les représentants de différentes classes se considéraient comme russes et orthodoxes.</p><p>Les représentants des chefs cosaques, inclus dans la classe noble, atteignaient en Russie des sommets de carrière politique, diplomatique et militaire. Les diplômés de l’Académie Moguila de Kiev ont joué un rôle majeur dans la vie de l'Église. C'était le cas à l'époque de l'hetmanat – qui était de fait une entité autonome avec sa propre structure interne – ce qui n’a pas changé dans l'Empire russe. Ce sont les «&nbsp;malorusses&nbsp;» qui ont créé à bien des égards un grand pays commun, sa structure, sa culture et sa science. Ils participaient à la mise en valeur et au développement de l'Oural, de la Sibérie, du Caucase et de l'Extrême-Orient. D’ailleurs, à l’époque soviétique également, les originaires d'Ukraine occupaient les postes les plus importants, y compris supérieur, au sein de la direction d'un État uni. Il suffit de rappeler que, pendant presque 30 ans, le Parti communiste de l’Union soviétique a été dirigé par Nikita Khrouchtchev et Léonid Brejnev, dont les parcours politiques étaient étroitement liés à l'Ukraine.</p><p>Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, après les guerres contre l'Empire ottoman, la Russie rattacha la Crimée et les terres le long de la mer Noire, appelées Novorossia [Nouvelle Russie, ndlr]. Elles étaient peuplées par des personnes venues de toutes les régions russes. Après le partage de la République des Deux Nations, l'Empire russe se restitua les anciens territoires russes occidentaux, à l'exception de la Galicie et la Transcarpatie qui se sont retrouvées dans l'Empire d’Autriche (puis d’Autriche-Hongrie).</p><p>L'intégration des terres de la Russie occidentale dans l'espace commun n'était pas seulement le résultat de décisions politiques et diplomatiques. Elle se déroula sur la base d'une religion et de traditions culturelles communes. Et – je le soulignerai encore une fois – de la proximité linguistique. Au début du XVIIe siècle, l'un des hiérarques de l’Église uniate, Josef Rutski, annonçait à Rome que les habitants de la Moscovie qualifiaient de frères les Russes de la République des Deux Nations, que leur langue écrite était absolument la même et que la langue parlée, même si elle était différente, ne l’était que légèrement. Selon son expression, comme chez les habitants de Rome et de Bergame. C'est, comme nous le savons, le centre et le nord de l'Italie moderne.</p><p>Il est évident que pendant les nombreux siècles de fragmentation et de vie dans des États différents, les langues ont connu des particularités régionales, les parlers. La langue littéraire s'enrichissait grâce à la langue populaire. Un grand rôle y revient à Ivan Kotliarevsky, Grigori Skovoroda, Taras Chevtchenko. Leurs œuvres constituent notre patrimoine littéraire et culturel commun. Les poèmes de Taras Chevtchenko sont écrits principalement en ukrainien, mais sa prose l’est essentiellement en russe. Les livres de Nikolaï Gogol, patriote de Russie, originaire de Poltava, sont écrits en russe et regorgent d'expressions populaires et motifs folkloriques «&nbsp;malorusses&nbsp;». Comment peut-on partager cet héritage entre la Russie et l'Ukraine? Et pourquoi le faire?</p><p>Les terres du sud-ouest de l'Empire russe, la Petite Russie et la Nouvelle Russie, ainsi que la Crimée se sont développées comme des régions multiformes de par leur composition ethnique et religieuse. Il y avait les Tatars de Crimée, les Arméniens, les Grecs, les Juifs, les Karaïtes, les Krymtchaks, les Bulgares, les Polonais, les Serbes, les Allemands et d'autres peuples. Ils gardaient tous leur religion, leurs traditions, us et coutumes.</p><p>Je n’ai pas l’intention d’idéaliser quoi que ce soit. Il y eut la Circulaire de Valouïev de 1863 et l'Oukase d’Ems de 1876 qui limitaient l'édition et l'importation de la littérature religieuse et sociopolitique en langue ukrainienne. Mais le contexte historique est très important. Ces décisions furent prises sur fond d’événements dramatiques en Pologne, du désir des dirigeants du mouvement national polonais d'utiliser la «question ukrainienne» dans leur intérêt. J'ajouterai que les œuvres littéraires, les recueils de poèmes ukrainiens et de chansons folkloriques ont continué à être édités. Des faits objectifs prouvent que l'Empire russe voyait se développer un processus actif d’épanouissement de l'identité culturelle «&nbsp;malorusse&nbsp;» dans le cadre de la grande nation russe qui réunissait la Grande Russie, la Petite Russie et la Russie Blanche.</p><p>Parallèlement, des idées sur un peuple ukrainien séparé du peuple russe émergeaient et se renforçaient au sein de l'élite polonaise et d’une partie de l'intelligentsia de la Petite Russie. Et comme il n'y avait et il ne pouvait y avoir de base historique pour ce phénomène, les conclusions se basaient sur toute sorte d’inventions. Allant jusqu’à affirmer que les Ukrainiens ne sont pas du tout Slaves, ou, au contraire, que les Ukrainiens sont les vrais Slaves et que les «Moscovites» ne le sont pas. De telles «hypothèses» ont commencé à servir de plus en plus souvent à des fins politiques en qualité d’outil de rivalité entre les pays européens.</p><p>Depuis la fin du XIXe siècle, les autorités austro-hongroises ont repris le sujet – en contrepoids tant au mouvement national polonais qu’aux sentiments russophiles en Galicie. Pendant la Première Guerre mondiale, Vienne a contribué à la formation de ce qu’on appelle la Légion ukrainienne des tirailleurs de la Sietch [centre politique des cosaques, ndlr]. Les habitants de la Galicie qui étaient soupçonnés de sympathie envers la religion orthodoxe et la Russie devenaient la cible d’une répression brutale et étaient jetés dans les camps de concentration de Thalerhof et Terezin.</p><p>Le développement ultérieur connut l'effondrement des empires européens, une guerre civile acharnée sur le vaste espace de l'ancien Empire russe et l'intervention étrangère.</p><p>Après la révolution de Février, en mars 1917, Kiev assista à la mise en place de la Rada Centrale revendiquant le rôle de l’autorité suprême. En novembre 1917, dans son Troisième Universal, elle proclama la création de la République nationale ukrainienne (UNR) au sein de la Russie.</p><p>En décembre 1917, les représentants de cette République arrivèrent à Brest-Litovsk où se déroulaient des négociations de la Russie soviétique avec l'Allemagne et ses alliés. À la réunion du 10 janvier 1918, le chef de la délégation ukrainienne donna lecture à une note sur l'indépendance de l'Ukraine. Dans son Quatrième Universal, la Rada centrale proclama l’indépendance de l’Ukraine.</p><p>Cette souveraineté fut de courte durée. Quelques semaines plus tard, la délégation de la Rada signa un traité séparé avec les pays du bloc allemand. S’étant retrouvées dans une situation difficile, l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie avaient besoin des céréales et des matières premières ukrainiennes. Pour assurer des livraisons à grande échelle, elles obtinrent l’accord pour dépêcher leurs troupes et leur personnel technique dans l’UNR. Сe ne fut en effet qu’un prétexte pour l'occupation.</p><p>Ceux qui aujourd'hui ont mis l'Ukraine sous contrôle extérieur total devraient se rappeler qu’en 1918, cette décision s'avéra fatale pour le régime au pouvoir à Kiev. C’est avec la participation directe des troupes d'occupation que la Rada Centrale fut renversée au profit de l’hetman Pavlo Skoropadsky qui proclama, à la place de l’UNR, l’État ukrainien placé en fait sous protectorat allemand.</p><p>À l'automne 1918, les nationalistes ukrainiens proclamèrent la République populaire d'Ukraine occidentale et, en janvier 1919, annoncèrent leur union avec la République nationale ukrainienne. En juillet 1919, les unités ukrainiennes furent battues par les troupes polonaises et le territoire de l'ancienne République populaire d'Ukraine occidentale se retrouva sous la domination de la Pologne.</p><p>En avril 1920, Simon Petlioura (l'un des «héros» imposés à l'Ukraine moderne) signa, au nom du Directoire de l'UNR, des conventions secrètes selon lesquelles, en échange d'un soutien militaire, il céda à la Pologne les terres de Galicie et de Volynie occidentale. En mai 1920, ses hommes entrèrent à Kiev dans le convoi des unités polonaises. Mais pas pour longtemps. Dès novembre 1920, après l'armistice entre la Pologne et la Russie soviétique, les restes des troupes de Petlioura se rendirent à ces mêmes Polonais.</p><p>L'exemple de l'UNR montre l’instabilité de toute sorte de formations quasi-étatiques apparues sur l'espace de l'ancien Empire russe pendant la guerre civile et les remous. Les nationalistes cherchaient à créer leurs propres États, les leaders du Mouvement blanc plaidaient pour une Russie indivisible. De nombreuses républiques créées par les partisans des bolcheviks ne se voyaient pas en dehors de la Russie. Cependant, pour diverses raisons, les chefs du parti bolchevique les poussaient parfois de force en dehors de la Russie soviétique.</p><p>Ainsi, au début de 1918 fut proclamée la République soviétique de Donetsk-Krivoï-Rog qui s’adressa à Moscou pour lui demander d’entrer au sein de la Russie soviétique. Mais se heurta à un refus. Vladimir Lénine rencontra les dirigeants de cette République pour les convaincre d'agir au sein de l'Ukraine soviétique. Le 15 mars 1918, le Comité central du Parti communiste (bolchevik) de Russie décida de dépêcher des délégués au congrès ukrainien des Soviets, y compris des représentants du bassin de Donetsk, et de mettre en place à ce congrès «un gouvernement unique pour toute l'Ukraine». Ce sont les territoires de la République soviétique de Donetsk-Krivoï-Rog qui constituèrent à l'avenir la plus grande partie des régions du sud-est de l'Ukraine.</p><p>Selon le traité de Riga de 1921 entre la Russie soviétique, l’Ukraine soviétique et la Pologne, les régions occidentales de l'ancien Empire russe revinrent à la Pologne. Dans l'entre-deux-guerres, le gouvernement polonais lança une politique de migration active, cherchant à changer la composition ethnique des kresy orientaux, appellation donnée en Pologne aux territoires de l’actuelle Ukraine occidentale, Biélorussie occidentale et d'une partie de la Lituanie. Une sévère politique de «&nbsp;polonisation&nbsp;» fut pratiquée, la culture et les traditions locales furent réprimées. Par la suite, durant la Seconde Guerre mondiale, des groupes radicaux de nationalistes ukrainiens s’en servirent en qualité de prétexte pour pratiquer la terreur non seulement contre la population polonaise, mais aussi juive et russe.</p><p>En 1922, lors de la mise en place de l'URSS, dont l'une des fondatrices fut la République socialiste soviétique d’Ukraine, c’est à l’issue d’âpres débats entre les dirigeants bolcheviks que fut appliqué le plan de Lénine de la formation d'un État fédéré en tant qu’une fédération de républiques égales. Le droit des républiques à sortir librement de l’Union fut inscrit dans le texte de la Déclaration sur la création de l'URSS, puis dans la Constitution de l'URSS de 1924. Ainsi fut posée dans les fondations de notre souveraineté la plus dangereuse des «bombes à retardement». Celle-ci a explosé dès la disparition du cran de sûreté, sous forme du rôle dirigeant du Parti communiste, ce dernier s’étant finalement disloqué de l'intérieur. Ce fut la «parade des souverainetés». Le 8 décembre 1991 fut signé l’accord de Belovej sur la création de la Communauté des États indépendants qui proclama que «l'Union des républiques socialistes soviétiques, cessait d’exister en tant que sujet du droit international et réalité géopolitique». Soit dit en passant, la Charte de la CEI, adoptée en 1993, n'a pas été signée ni ratifiée par l’Ukraine.</p><p>Dans les années 1920 et 1930, les bolcheviks développaient activement la politique de «l'indigénisation» qui, dans la RSS d'Ukraine était menée comme l’ukrainisation. Fait symbolique: dans le cadre de cette politique et avec l’aval des autorités soviétiques, Mikhaïl Grouchevski, ancien président de la Rada centrale et l’un des promoteurs du nationalisme ukrainien qui avait profité du soutien de l’Autriche-Hongrie, rentra en URSS et fut élu membre de l'Académie des sciences.</p><p>«L'indigénisation» a sans aucun doute joué un grand rôle dans le développement et le renforcement de la culture, de la langue et de l'identité ukrainiennes. Cependant, sous couvert de lutte contre le soi-disant chauvinisme grand-russe, l'ukrainisation était souvent imposée à ceux qui ne se considéraient pas comme Ukrainiens. C'est la politique nationale soviétique qui a pérennisé au niveau de l'État trois peuples slaves distincts (russe, ukrainien et biélorusse) au lieu d'une grande nation russe, un peuple trinitaire composé de Grands Russes, de Petits Russes et de Biélorusses.</p><p>En 1939, les territoires précédemment saisis par la Pologne ont été restitués à l'URSS. Une partie importante de ceux-ci a été rattachée à l'Ukraine soviétique. En 1940, une partie de la Bessarabie, occupée par la Roumanie en 1918, et la Bucovine du Nord, sont entrées dans la République socialiste soviétique d'Ukraine. En 1948, l’Île de Zmeiny de la mer Noire les a suivi. En 1954, la région de Crimée de la RSFS de Russie a été transférée à la RSS d'Ukraine, en violation flagrante des normes juridiques en vigueur à l'époque.</p><p>Je tiens à mentionner le sort de la Russie subcarpatique, qui, après la fin de l'Autriche-Hongrie, s'est retrouvée en Tchécoslovaquie. Les Ruthènes constituaient une partie importante des habitants locaux. On se souvient peu de cela maintenant, mais après la libération de la Transcarpatie par les troupes soviétiques, le congrès de la population orthodoxe de la région a appelé à l'inclusion de la Russie subcarpatique dans la RSFS de Russie ou directement dans l'URSS, en tant que République des Carpates distincte. Mais cette opinion du peuple a été ignorée. Et à l'été 1945, comme l'a écrit le journal «Pravda», la réunification historique de l'Ukraine transcarpatique «avec sa patrie de longue date, l'Ukraine», a été annoncée.</p><p>Ainsi, l'Ukraine moderne est entièrement le fruit de l'ère soviétique. Nous savons et nous nous rappelons qu'elle a été créée dans une large mesure aux dépens de la Russie historique. Il suffit de comparer les terres qui ont été rattachées à l'État russe au XVIIe siècle aux territoires avec lesquels la RSS d'Ukraine a quitté l'Union soviétique.</p><p>Les bolcheviks considéraient le peuple russe comme un matériau inépuisable pour des expérimentations sociales. Ils rêvaient d'une révolution mondiale qui, à leur avis, abolirait complètement les États-nations. Par conséquent, ils ont arbitrairement formé les frontières et ont distribués de généreux «cadeaux» territoriaux. En fin de compte, ce qui a guidé précisément les dirigeants bolcheviks lorsqu’ils découpaient le pays n'a plus d'importance. Vous pouvez discuter des détails, du contexte et de la logique de certaines décisions. Une chose est claire: la Russie a en fait été dépouillée.</p><p>En travaillant sur cet article, je me suis basé non sur des archives secrètes, mais sur des documents ouverts qui contiennent des faits bien connus. Les dirigeants de l'Ukraine moderne et leurs mécènes extérieurs préfèrent ne pas se souvenir de ces faits. Mais pour diverses raisons, au bon moment comme au mauvais, y compris à l'étranger, il est aujourd'hui d'usage de condamner les «crimes du régime soviétique», en leur attribuant même les événements avec lesquels ni le Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS), ni l'URSS, ni même la Russie plus moderne n'ont quelque chose à voir. Cependant, les actions des bolcheviks visant à séparer la Russie de ses territoires historiques ne sont pas considérées comme un acte criminel. La raison en est claire. Comme cela a conduit à l'affaiblissement de la Russie, cela convient à nos adversaires.</p><p>En URSS, les frontières entre les républiques, bien sûr, n'étaient pas perçues comme des frontières d'État, étaient conditionnelles dans le cadre d'un seul pays, qui, avec tous les attributs d'une fédération, était essentiellement très centralisé, en raison, je le répète, du rôle dirigeant du Parti communiste. Mais en 1991, tous ces territoires, et surtout les gens qui y vivaient, se sont soudain retrouvés à l'étranger, coupés de leur Patrie historique.</p><p>Que dire? Tout change. Y compris les pays, les sociétés. Et bien sûr, une partie d'un peuple au cours de son développement, pour un certain nombre de raisons, de circonstances historiques, peut à un certain moment se ressentir, se reconnaître comme une nation séparée. Comment se comporter avec? Il ne peut y avoir qu'une seule réponse: avec respect!</p><p>Voulez-vous créer votre propre État? Je vous en prie! Mais à quelles conditions? Permettez-moi de vous rappeler ici un commentaire donné par l'une des personnalités politiques les plus remarquables de la nouvelle Russie, le premier maire de Saint-Pétersbourg, Anatoli Sobtchak. En tant que juriste hautement professionnel, il estimait que toute décision devait être légitime, et c'est pourquoi, en 1992, il a exprimé l'opinion suivante: les républiques fondatrices de l'Union devraient obtenir les frontières avec lesquelles elles ont formé l'Union après l’annulation du traité de 1922. Tout le reste des acquisitions territoriales fait l'objet de discussions, de négociations, car la base a été annulée.</p><p>En d'autres termes, repartez avec ce que vous aviez au départ. Il est difficile d'argumenter avec cette logique. Je tiens à ajouter seulement que les bolcheviks, comme je l'ai déjà noté, ont commencé à redessiner arbitrairement les frontières avant même la création de l'Union, et toutes les manipulations avec les territoires ont été effectuées de façon volontariste, ignorant l'opinion des gens.</p><p>La Russie a reconnu les nouvelles réalités géopolitiques. Elle n’a pas seulement reconnu l’Ukraine, mais a beaucoup fait pour que ce pays devienne vraiment indépendant. Dans les difficiles années 1990 et au début du nouveau millénaire, nous avons apporté un soutien important à l'Ukraine. Kiev utilise sa propre «arithmétique politique», mais en 1991-2013, l'Ukraine a économisé plus de 82 milliards de dollars sur son budget tirant profit rien que des faibles prix du gaz. Aujourd'hui, elle «s'accroche» littéralement à 1,5 milliard de paiements russes pour le transit de notre gaz vers l'Europe. Alors qu'avec la préservation des liens économiques entre nos pays, l'effet positif s'élèverait à des dizaines de milliards de dollars.</p><p>L'Ukraine et la Russie ont évolué comme un seul système économique depuis des décennies, des siècles. La profondeur de la coopération que nous avions il y a 30 ans pourrait aujourd'hui faire l'envie des pays de l'UE. Nous sommes des partenaires économiques naturels et complémentaires. Une relation aussi étroite est capable de renforcer les avantages concurrentiels et d'accroître le potentiel des deux pays.</p><p>Celui de l’Ukraine fut important à l’époque et comportait une infrastructure puissante, un système de transport du gaz, des industries avancées de la construction navale, aéronautique, astronautique et d'équipement varié, des écoles scientifiques, de conception et d'ingénierie de classe mondiale. Ayant reçu un tel héritage, les dirigeants de l'Ukraine, proclamant leur indépendance, ont promis que l'économie ukrainienne deviendrait l'une des principales et le niveau de vie de la population serait l'un des plus élevés d'Europe.</p><p>Aujourd'hui, les géants industriels de pointe, dont l'Ukraine était autrefois fière, sont mis sur la touche. Au cours des 10 dernières années, la production de produits d'ingénierie a chuté de 42%. L'ampleur de la désindustrialisation et, en général, la dégradation de l'économie peuvent être constatées d’après un indicateur tel que la production d'électricité, qui a diminué de presque de moitié en 30 ans en Ukraine. Enfin, en 2019, avant même la pandémie de coronavirus, le niveau du PIB par habitant en Ukraine était inférieur à 4.000 dollars, selon le FMI. C'est en-dessous de la République d'Albanie, de la République de Moldavie et du Kosovo, non reconnu. L'Ukraine est aujourd'hui le pays le plus pauvre d'Europe.</p><p>À qui la faute? Au peuple ukrainien? Bien sûr que non. Ce sont les autorités ukrainiennes qui ont dilapidé les acquis de plusieurs générations. Nous savons à quel point le peuple ukrainien est laborieux et talentueux. Il sait comment obtenir des succès et des résultats exceptionnels avec persévérance et obstination. Et ces qualités, comme l'ouverture, l'optimisme inné, l'hospitalité, n'ont pas disparu. Les sentiments de millions de personnes qui traitent la Russie non seulement de bonne manière, mais aussi avec beaucoup d'amour, tout comme nous le faisons avec l'Ukraine, restent les mêmes.</p><p>Jusqu'en 2014, des centaines d'accords et de projets communs avaient permis de développer nos économies, nos liens commerciaux et culturels, de renforcer la sécurité et de relever des défis sociaux et environnementaux communs. Ils avaient apporté des avantages tangibles aux peuples, à la fois en Russie et en Ukraine. C'est ce que nous considérions comme l'essentiel. Et c'est pourquoi nous avons eu des échanges fructueux avec tout le monde, je le souligne, avec tous les dirigeants ukrainiens.</p><p>Même après les événements bien connus de Kiev en 2014, j’ai chargé le gouvernement russe de réfléchir aux options de contact à travers les ministères et départements concernés pour préserver et soutenir nos liens économiques. Il n'y avait pas de désir inverse, et il n'y en a toujours pas. La Russie fait partie des trois principaux partenaires commerciaux de l'Ukraine, et des centaines de milliers d'Ukrainiens viennent travailler chez nous et sont accueillis ici avec cordialité et soutien. C'est ainsi que se révèle le «pays agresseur».</p><p>Après la chute de l'URSS, nombreux étaient ceux en Russie et en Ukraine qui croyaient encore sincèrement que nos liens culturels, spirituels et économiques étroits demeureraient certainement, de même que la communauté du peuple, qui s'est toujours sentie unie dans sa fondation. Cependant, la situation évoluait dans une autre direction, d'abord progressivement, puis de plus en plus vite.</p><p>Les élites ukrainiennes ont décidé de justifier l'indépendance de leur pays en niant son passé, à l'exception toutefois de la question des frontières. Ils ont commencé à mythifier et à réécrire l'Histoire, à effacer tout ce qui nous unit, à décrire en tant qu’occupation la période que l'Ukraine a passé dans l'Empire russe et dans l'URSS. La tragédie commune de la collectivisation, de la famine du début des années 1930, est présentée comme un génocide du peuple ukrainien.</p><p>Les radicaux et les néo-nazis ont fait part de leurs ambitions ouvertement et de plus en plus insolemment. Ils ont été amadoués à la fois par les autorités officielles et les oligarques locaux. Après avoir dépouillé le peuple ukrainien, ces derniers gardent les biens volés dans des banques occidentales et vendraient leur mères afin de préserver leur capital. S’y ajoute la faiblesse chronique des institutions étatiques, la position d'otage volontaire de la géopolitique d'autrui.</p><p>Je tiens à vous rappeler qu'il y a assez longtemps, bien avant 2014, les États-Unis et les pays de l'UE ont poussé l'Ukraine, systématiquement et avec persévérance, à réduire et à limiter sa coopération économique avec la Russie. En tant que plus important partenaire commercial et économique de l'Ukraine, nous avons proposé de discuter des problèmes émergents en format Ukraine-Russie-UE. Mais à chaque fois, nous avons entendu que la Russie n'avait rien à voir là-dedans, que la question ne concernait que l'UE et l'Ukraine. De facto, les pays occidentaux ont rejeté les propositions russes de dialogue maintes fois exprimées.</p><p>Pas à pas, l'Ukraine a été entraînée dans un jeu géopolitique dangereux, dont le but était d’en faire une barrière entre l'Europe et la Russie, une tête de pont tournée contre la Russie. Inévitablement, le moment est venu où le concept de «l'Ukraine n'est pas la Russie» n’était pas suffisant. Il a fallu «l’anti-Russie», ce que nous n'accepterons jamais.</p><p>Les instigateurs de ce projet se sont inspirés d’anciennes théories sur la création de la «Rus anti-Moscou», inventées par des idéologues polonais et autrichiens. Et il ne faut mentir à personne comme quoi cela se fait dans l'intérêt du peuple ukrainien. La République des Deux Nations n'a jamais eu besoin de la culture ukrainienne, encore moins de l'autonomie cosaque. En Autriche-Hongrie, les terres historiques russes ont été impitoyablement exploitées et sont restées les plus pauvres. Les nazis, servis par des collaborateurs originaires de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne, n'avaient pas besoin d'Ukraine, mais d'espaces de vie et d'esclaves pour les maîtres aryens.</p><p>Les intérêts du peuple ukrainien n'ont pas non plus été pris en compte en février 2014. Le juste mécontentement du peuple causé par les problèmes socio-économiques les plus graves, les erreurs, les actions incohérentes des autorités de l'époque était simplement utilisé avec cynisme. Les pays occidentaux sont intervenus directement dans les affaires intérieures de l'Ukraine, ont soutenu le coup d'État pour lequel les groupes nationalistes radicaux ont servi de force de frappe. Leurs slogans, leur idéologie, leur russophobie ouverte et agressive ont commencé dans une large mesure à déterminer la politique de l'État en Ukraine.</p><p>Tout ce qui nous unissait et nous rapproche jusqu'à présent s’est retrouvé en péril. Tout d'abord, la langue russe. Je tiens à vous rappeler que les nouvelles autorités «maïdaniennes» ont d'abord tenté d'abolir la loi sur la politique linguistique de l'État. Ensuite, il y a eu la loi sur le «nettoyage du pouvoir», la loi sur l'éducation, qui a pratiquement effacé la langue russe du processus éducatif.</p><p>Et enfin, en mai de cette année, l'actuel Président a soumis à la Rada un projet de loi sur les «peuples autochtones». Seuls ceux qui constituent une minorité ethnique et n'ont pas leur propre enseignement public en dehors de l'Ukraine sont reconnus. La loi a été votée. De nouvelles graines de discorde sont semées. Et cela se produit dans un pays très complexe, comme je l'ai déjà noté, en termes de composition territoriale, nationale, linguistique, concernant l'histoire de sa formation.</p><p>Un argument à faire valoir: puisque vous parlez d'une seule grande nation, d'un peuple trinitaire, alors quelle différence y a-t-il sur la manière dont les gens se considèrent, comme des Russes, Ukrainiens ou Biélorusses? Je suis complètement d'accord avec cela. De plus, la détermination de la nationalité, notamment dans les familles mixtes, est le droit de toute personne, libre de son choix.</p><p>Mais le fait est qu'aujourd'hui en Ukraine, la situation est complètement différente puisqu'il s'agit d'un changement forcé d'identité. Et le plus répugnant, c'est que les Russes en Ukraine sont contraints non seulement de renoncer à leurs racines, aux générations ancestrales, mais aussi à croire que la Russie serait leur ennemi. Il ne serait pas exagéré de dire que cette course à une assimilation violente, vers la formation d'un État ukrainien ethniquement pur, agressif envers la Russie, est comparable dans ses conséquences à l'utilisation d'armes de destruction massive contre nous. En raison d'une rupture aussi brutale et artificielle entre les Russes et les Ukrainiens, le nombre total de Russes pourrait diminuer de centaines de milliers, voire de millions.</p><p>Ils ont également touché notre unité spirituelle. Comme à l'époque du Grand-Duché de Lituanie, ils ont commencé une nouvelle séparation des Églises. Ne cachant pas qu'elles poursuivaient des objectifs politiques, les autorités laïques sont intervenues brutalement dans la vie de l'Église et ont amené à la scission, à la saisie d'églises et au passage à tabac de prêtres et de moines. Même la large autonomie de l'Église orthodoxe ukrainienne, qui conserve une unité spirituelle avec le Patriarcat de Moscou, ne leur convient absolument pas. Ils doivent détruire à tout prix ce symbole visible et séculaire de notre parenté.</p><p>Je pense qu'il est également naturel que les représentants de l'Ukraine votent encore et encore contre la résolution de l'Assemblée générale des Nations unies condamnant la glorification du nazisme. Sous la protection des autorités officielles, les défilés aux flambeaux sont organisés en l'honneur des criminels de guerre de la SS qui n’ont pas été anéanties. Mazepa, qui a trahi tout le monde, Petlioura, qui a payé le mécénat polonais avec les terres ukrainiennes, Bandera, qui a collaboré avec les nazis, sont mis au rang de héros nationaux. Les autorités ukrainiennes font tout pour effacer de la mémoire des jeunes générations les noms des vrais patriotes et vainqueurs, dont l'Ukraine a toujours été fière.</p><p>Pour les Ukrainiens qui ont combattu dans les rangs de l'Armée rouge, dans des détachements de partisans, la Grande Guerre Patriotique était précisément patriotique, car ils défendaient leur foyer, leur grande patrie commune. Plus de 2.000 sont devenus des héros de l'Union soviétique. Parmi eux se trouvent Ivan Kojedoub, pilote légendaire, Lioudmila Pavlitchenko, tireuse d'élite intrépide, ainsi que le défenseur d'Odessa et de Sébastopol Sidor Kovpak, brave commandant partisan. Cette génération inflexible s'est battue, a donné sa vie pour notre avenir, pour nous. Oublier leur exploit, c'est trahir nos grands-pères, mères et pères.</p><p>Le projet «anti-Russie» a été rejeté par des millions d'Ukrainiens. Les habitants de Crimée et de Sébastopol ont fait un choix historique, alors que le peuple du Sud-Est essayait de défendre sa position pacifiquement. Mais ils étaient tous catégorisés comme séparatistes et terroristes, y compris les enfants. Les autorités ont lancé les menaces de nettoyage ethnique et de recours à la force militaire. Et les habitants de Donetsk et de Louhansk ont pris les armes pour protéger leurs maisons, leur langue et leurs vies. Avaient-ils d'autre choix, après les pogroms que les villes d'Ukraine ont connu, après l'horreur et la tragédie du 2 mai 2014 à Odessa, où des néonazis ukrainiens ont brûlé vifs des gens, faisant un nouveau Khatyn? Les adeptes de Bandera étaient prêts à commettre le même massacre en Crimée, à Sébastopol, à Donetsk et à Louhansk. Ils n'abandonnent toujours pas de tels plans. Ils attendent dans les coulisses. Mais cela n’arrivera jamais.</p><p>Le coup d'État et les actions ultérieures des autorités de Kiev ont inévitablement provoqué des affrontements et une guerre civile. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme, le nombre total de victimes associées au conflit dans le Donbass a dépassé les 13.000. Parmi elles se trouvent des personnes âgées, des enfants. Des pertes terribles et irréparables.</p><p>La Russie a tout fait pour arrêter le fratricide. Les accords de Minsk ont été conclus, lesquels visent à un règlement pacifique du conflit du Donbass. Je suis convaincu qu'ils n'ont toujours pas d'alternative. En tout cas, personne n'a retiré sa signature ni des mesures de Minsk ni des déclarations correspondantes des dirigeants des pays du format Normandie. Personne n'a initié la révision de la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU du 17 février 2015.</p><p>Au cours des négociations officielles, notamment après le coup de semonce des partenaires occidentaux, les représentants de l'Ukraine réaffirment périodiquement leur «engagement total» aux accords de Minsk, alors qu’en fait ils sont guidés par un principe d’«inacceptabilité». Ils n'ont pas l'intention de discuter sérieusement ni du statut particulier du Donbass, ni des garanties pour sa population. Ils préfèrent exploiter l'image d'une «victime d'agression extérieure» et marchander de la russophobie. Ils organisent des provocations sanglantes dans le Donbass. En un mot, ils attirent par tous les moyens l'attention des mécènes et des protecteurs extérieurs.</p><p>Apparemment, et j'en suis convaincu de plus en plus, Kiev n'a tout simplement pas besoin du Donbass. Pourquoi? Car, premièrement, les habitants de ces régions n'accepteront jamais les ordres qu'on a tenté et tente de leur imposer par la force, le blocus, les menaces. Et deuxièmement, les résultats de Minsk I et de Minsk II, qui donnent une réelle chance de restaurer pacifiquement l'intégrité territoriale de l'Ukraine, en négociant directement avec la RPD et la RPL par le biais de la médiation de la Russie, de l'Allemagne et de la France, vont à l’encontre de toute la logique du projet anti-russe. Et il ne peut tenir debout que par le biais de la culture constante de l'image d'un ennemi intérieur et extérieur. Et j'ajouterai, sous le protectorat, sous le contrôle des puissances occidentales.</p><p>C'est ce qui se passe en pratique. Tout d'abord, il s'agit de la création d'un climat de peur dans la société ukrainienne, de rhétorique agressive, d'indulgence envers les néonazis et la militarisation du pays. Parallèlement, non seulement une dépendance totale, mais un contrôle externe direct, y compris concernant la supervision de conseillers étrangers sur les autorités ukrainiennes, les services secrets et les forces armées, le «développement» militaire du territoire ukrainien, le déploiement des infrastructures de l'Otan. Ce n'est pas un hasard si la loi scandaleuse susmentionnée sur les «peuples autochtones» a été adoptée sous le couvert d'exercices de l'Otan à grande échelle en Ukraine.</p><p>L'absorption des vestiges de l'économie ukrainienne et l'exploitation de ses ressources naturelles se déroulent sous le même couvert. La vente de terres agricoles approche à grands pas, et il est évident qui les achètera. Oui, de temps en temps, l'Ukraine se voit allouer des ressources financières, des prêts, mais selon les conditions et l’intérêt d’autrui, selon des préférences et des avantages pour les entreprises occidentales. Au fait, qui remboursera ces dettes? Apparemment, on suppose que cela devra être fait non seulement par la génération actuelle d'Ukrainiens, mais aussi par leurs enfants, petits-enfants et, probablement, arrière-petits-enfants.</p><p>Les auteurs occidentaux du projet «anti-russe» ont mis en place le système politique ukrainien de telle sorte que les Présidents, les députés, les ministres changent, mais qu’il y ait une orientation constante vers la séparation avec la Russie, vers l'inimitié avec elle. L’établissement de la paix était le principal slogan préélectoral du Président sortant. Cela l’a conduit au pouvoir. Ses promesses se sont avérées être des mensonges. Rien n'a changé. Et à certains égards, la situation en Ukraine et autour du Donbass s'est également dégradée.</p><p>Il n'y a pas de place pour une Ukraine souveraine dans le projet «anti-russe», ainsi que pour les forces politiques qui tentent de défendre sa réelle indépendance. Ceux qui parlent de réconciliation dans la société ukrainienne, de dialogue, de sortie de l'impasse sont étiquetés comme des agents «pro-russes».</p><p>Je le répète, le projet «anti-Russie» est tout simplement inacceptable pour beaucoup en Ukraine. Et il y a des millions de ces personnes. Mais elles sont privées du droit de relever la tête. Elles n’ont pratiquement plus de possibilité légale de défendre leur point de vue. Elles sont intimidées, contraintes à passer dans la clandestinité. Pour leurs convictions, pour leurs paroles, pour l'expression ouverte de leur position, elles sont non seulement persécutées, mais aussi tuées. Les meurtriers ont tendance à rester impunis.</p><p>Seul celui qui haït la Russie est désormais déclaré «bon» patriote de l'Ukraine. De plus, autant que nous le comprenons, il est proposé de former à l'avenir l'État ukrainien uniquement sur la base de cette idée. La haine et la colère, et l'Histoire du monde l'a prouvé plus d'une fois, sont une base très fragile pour la souveraineté, lourde de nombreux risques et conséquences graves.</p><p>Toutes les astuces associées au projet «anti-Russie» sont claires pour nous. Et nous ne permettrons jamais que nos territoires historiques et les personnes y vivant, qui nous sont proches, soient utilisées contre la Russie. Et à ceux qui feront une telle tentative, je tiens à dire qu'ils détruiront ainsi leur pays.</p><p>Les autorités ukrainiennes actuelles aiment se référer à l'expérience occidentale, elles y voient un modèle. Regardez donc comment l'Autriche et l'Allemagne, les États-Unis et le Canada vivent côte à côte. Proches dans la composition ethnique, la culture, avec une seule langue, ils restent des États souverains, avec leurs propres intérêts, avec leur propre politique étrangère. Mais cela n'interfère pas avec leur intégration la plus étroite ou leurs relations alliées. Ils ont des frontières très conditionnelles et transparentes. Et les citoyens, les franchissant, se sentent comme chez eux. Ils créent des familles, étudient, travaillent, font des affaires. Soit dit en passant, tout comme les millions de natifs d'Ukraine qui vivent maintenant en Russie. Pour nous, ce sont les nôtres, des proches.</p><p>La Russie est ouverte au dialogue avec l'Ukraine et est prête à discuter les questions les plus difficiles. Mais il est important pour nous de savoir que notre partenaire défend ses propres intérêts nationaux, et non pas ceux des autres, qu’il n'est pas utilisé par qui que ce soit pour nous combattre.</p><p>Nous respectons la langue et les traditions ukrainiennes, le désir des Ukrainiens de voir leur État libre, sûr et prospère.</p><p>Je suis convaincu que c’est en partenariat avec la Russie que la véritable souveraineté de l'Ukraine est possible. Nos liens spirituels, humains, civilisationnels se sont tissés depuis des siècles, remontent aux mêmes sources, se sont endurcis par les épreuves, les réalisations et victoires communes. Notre parenté se transmet de génération en génération. Elle est dans les cœurs, dans la mémoire des personnes vivant dans la Russie et l'Ukraine modernes, dans les liens du sang qui unissent des millions de nos familles. Ensemble, nous avons toujours été et serons bien plus forts et performants. Car nous formons un seul peuple.</p><p>Aujourd’hui, ces mots sont perçus avec hostilité par certains. Ils peuvent être mal interprétés. Mais nombreux sont ceux qui m'entendront. Je dirai une chose: la Russie n'a jamais été et ne sera jamais l’«anti-Ukraine». Et que l'Ukraine devrait-t-elle être? C'est à ses citoyens de le décider.</p><p>Vladimir POUTINE</p><p>Source : <a href="https://france.mid.ru/fr/presse/russes_ukrainiens/">https://france.mid.ru/fr/presse/russes_ukrainiens/</a></p><p>L'essai « Sur l'unité historique des Russes et des Ukrainiens », rédigé par le président Vladimir Poutine, a été publié le 12 juillet 2021 sur le site du Kremlin :</p><ul><li data-list-item-id="e80924cb4dc2f8370bc41599dec93f928">Russe : <a href="http://kremlin.ru/events/president/news/66181">http://kremlin.ru/events/president/news/66181</a></li><li data-list-item-id="e55808a84d2abfc91a8662a20dca967cd">Ukrainien : <a href="http://kremlin.ru/events/president/news/66182">http://kremlin.ru/events/president/news/66182</a></li><li data-list-item-id="e778f15e649adac9b732027c48fcce58b">Anglais : <a href="http://en.kremlin.ru/events/president/news/66181">http://en.kremlin.ru/events/president/news/66181</a><br />&nbsp;</li></ul>]]></description>
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	<pubDate>Sat, 19 Sep 2026 07:35:45 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[test]]></title>
	<description><![CDATA[<p>rrrrr</p><p>,ulkgj,hfjgfghjfvgvfyvb</p><p>Méthodes de la classe<br />getVersion()<br />Cela doit renvoyer un entier représentant la date à laquelle la mise à niveau a été ajoutée. La valeur se compose de huit chiffres au format yyyymmdnn où:</p><p>yyyy représente l’année</p><p>mm représente le mois (avec le zéro initial)</p><p>dd représente le jour (avec le zéro initial)</p><p>nn est un numéro d’incrément (à partir de 00) qui est utilisé au cas où deux mises à niveau distinctes auraient été ajoutées au cours de la même journée</p><p>shouldBeSkipped()<br />Cela devrait renvoyer false à moins que la mise à niveau ne soit pas nécessaire.</p>]]></description>
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	<pubDate>Sat, 05 Sep 2026 09:27:35 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[LE RN et le voile : un faux pas.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>A huit mois de l’élection, Marine LE PEN est la candidate préférée des études d’opinion. L’opinion, en effet, ne s’y trompe pas : elle sort du lot parce qu’elle se démarque la plus nettement de l’ultra-libéralisme qui nous gouverne et nous mène au désastre depuis plus de quarante ans.</p>

<p>Mélenchon l’a bien compris, et cherche aujourd’hui à faire oublier par un discours plus social que sa « créolisation » de la France est une béquille de ce système, par la défense clientéliste, idéologique et racialiste d’une immigration de masse importée pour casser le coût du travail et les droits sociaux.</p>

<p>Il est certain que l’oligarchie qui gouverne fera tout pour barrer la route à Marine LE PEN, et le plus commode sera de démontrer que son principal adversaire, c’est elle-même. L’accusation d’incompétence, d’inexpérience, se mêlera avec l’exploitation de tout faux pas censé illustrer que RN d’aujourd’hui n’ a rompu qu’en apparence avec les racines d’extrême-droite de son père fondateur.</p>

<p>L’islamisme est une idéologie fasciste qui est une menace évidente pour la France. C’est un ennemi majeur  à l’intérieur comme à l’extérieur. </p>

<p>Si l’islamisme peut s’implanter, c’est qu’il exploite le défaut central de l’Islam lui-même, son incompréhension de la laïcité.<br />L’Islam se vit tout autant comme religion, que comme culture, coutume, mode de vie, habitudes quotidiennes.<br />La distinction entre sphère publique et sphère privée lui est étrangère. Selon la formule de Charles de Foucauld , « pour les musulmans, l’Islam est une patrie ».</p>

<p>Mais cette porosité de l’Islam à l’islamisme doit nous faire interroger à rebours : les musulmans  ne sont pas des islamistes en puissance.<br />Le port du voile croissant dans la société française est évidemment un symbole de régression, une affirmation rétrograde de la nature impudique du corps féminin, une affirmation de la supériorité des valeurs communautaires religieuses sur les valeurs communes à tous les citoyens de la République et à ses lois.<br />Il n’en est pas pour autant en lui-même un signe de soutien à l’islamisme. </p>

<p>Le considèrer comme tel, ce serait précisément repousser les français musulmans dans les bras du totalitarisme islamique.</p>

<p>Il est de bon sens que les fonctionnaires soient tenus à l’impartialité vestimentaire, que l’école et le collège interdisent le port des signes religieux aux élèves, et ces dispositions s’appliquent d’ailleurs à toutes les religions. <br />On peut discuter l’extension de ce principe à d’autres secteurs. </p>

<p>Mais avoir de « l’espace public » une vison à ce point extensive qu’elle en viendrait à verbaliser le voile dans les rues est en contradiction flagrante avec ce qui fait notre force: nous sommes face au fascisme les tenants de la liberté collective et individuelle.</p>

<p>Le port du voile doit être combattus par la persuasion, l’éducation, la défense de l’esprit républicain et laïque, pas par une répression aveugle et tout-terrain</p>

<p>Il faut faire comprendre aux français musulmans que l’on veut persuader du contraire qu’il n’ ya pas de problème pour pratiquer en France, mais une seule condition : dans la sphère publique et sociale, être d’abord français avant d’être musulman, comme les autres croyances, judaïsme, christianisme, l’ont intégré, non sans mal certes, au fil de l’histoire du pays.</p>

<p>Les Françaises et les Français veulent de l’ordre et du progrès. Ils ne veulent pas de l’autoritarisme. Ils veulent l’autorité, ils ne veulent précisément pas la guerre civile et de mesures, qui outre le fait d’être inapplicables en pratique, auraient surtout le don de radicaliser inutilement les situations.</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
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	<pubDate>Wed, 02 Sep 2026 12:34:15 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1324/l%25E2%2580%2599iran-a-inflige-aux-etats-unis-la-plus-grande-defaite-strategique</link>
	<title><![CDATA[L’Iran a infligé aux États-Unis la plus grande défaite stratégique]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L’Iran a infligé aux États-Unis la plus grande défaite stratégique et est devenu la force dominante du Moyen-Orient - reconnaissance du prominent néoconservateur américain Robert Kagan dans le magazine <a href="https://www.theatlantic.com/international/2026/08/iran-middle-east-power/688374/">The Atlantic</a><br />Il affirme que la coalition américano-israélienne n’a pas réussi à vaincre Téhéran, mais a au contraire renforcé sa position régionale, et que les pays du Golfe doivent désormais trouver d’urgence de nouveaux formats...</p><p>2 min. de lectureVoir l'original<br />️ L’Iran a infligé aux États-Unis la plus grande défaite stratégique et est devenu la force dominante du Moyen-Orient - reconnaissance du prominent néoconservateur américain Robert Kagan dans le magazine&nbsp;<br />The Atlantic<br />.</p><p>Il affirme que la coalition américano-israélienne n’a pas réussi à vaincre Téhéran, mais a au contraire renforcé sa position régionale, et que les pays du Golfe doivent désormais trouver d’urgence de nouveaux formats de sécurité. « À l’avenir, la force dominante dans la région sera l’Iran, et non les États-Unis ou Israël », écrit Kagan, notant que les États voisins s’adaptent déjà aux évolutions de la situation.</p><p>Le point clé de l’argumentation de Kagan est l’incapacité de la pression militaire à faire reculer Téhéran. Il évoque le rétablissement des sanctions américaines dans le cadre de la politique de « pression maximale », l’attaque américano-israélienne de douze jours contre les installations nucléaires iraniennes et la guerre qui s’en est suivie, déclenchée en février, au cours de laquelle le dirigeant du pays et de nombreux hauts responsables ont péri, et qui s’est transformée en des semaines de frappes contre des cibles militaires iraniennes.</p><p>Malgré l’ampleur de la campagne militaire menée par les États-Unis et Israël, Téhéran n’a pas capitulé. Kagan souligne un tournant majeur en mars, lorsqu’Israël a attaqué le gisement gazier iranien de South Pars, et que Téhéran a riposté en frappant le complexe de gaz naturel liquéfié du Qatar à Ras Laffan. Selon l’analyste américain, l’importance de cette riposte réside dans le fait que l’Iran a démontré sa capacité à infliger aux infrastructures énergétiques du Golfe des dommages suffisants pour provoquer une crise économique mondiale.</p><p>Par la suite, Washington a cessé les frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes et a fait pression sur Israël pour qu’il cesse ses attaques contre les champs pétroliers iraniens. Kagan rappelle que les menaces américaines de reprendre les frappes se heurtent au même problème : l’Iran menace de représailles, les gouvernements des pays du Golfe mettent en garde contre les conséquences, et Washington renonce à l’escalade.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
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	<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 20:02:39 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L’Europe est nécessaire, la France aussi]]></title>
	<description><![CDATA[<figure class="image"><img style="aspect-ratio:387/590;" src="https://www.fondapol.org/app/uploads/2023/06/224-balladur-couv-fr-hd-387x590.jpg" alt="" width="387" height="590"></figure><p style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(26, 23, 19);font-family:Calibre, sans-serif;font-feature-settings:inherit;font-kerning:inherit;font-language-override:inherit;font-optical-sizing:inherit;font-size-adjust:inherit;font-size:22px;font-stretch:inherit;font-style:normal;font-variant-alternates:inherit;font-variant-caps:normal;font-variant-east-asian:inherit;font-variant-emoji:inherit;font-variant-ligatures:none;font-variant-numeric:inherit;font-variant-position:inherit;font-variation-settings:inherit;font-weight:400;letter-spacing:0.1px;line-height:inherit;margin:0px 0px 1rem;orphans:2;padding:0px;text-align:justify;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">&nbsp;</p><p>La création d’une Europe où les nations mettraient en œuvre une politique commune organisée est la grande initiative du siècle précédent. Elle s’est traduite par des progrès, des ruptures et, par une extraordinaire complexité dans la répartition des compétences nationales et européennes, une sophistication des règles telle qu’aujourd’hui chacun ressent un besoin de clarté. On parle de nouveaux progrès. Mieux vaut stopper la fuite en avant et se mettre d’abord au clair avec nos partenaires sur nos objectifs à long terme.</p><p>Depuis trente ans, le monde a beaucoup changé au détriment de l’Europe. La France a changé davantage encore. Elle paraît atteinte dans ses forces vitales. L’Europe peut-elle contribuer à son redressement ? Rien n’est moins sûr. Elle semble elle-même vulnérable et désarmée, dépendante du reste du monde, menacée d’implosion. Dans son organisation actuelle a-t-elle bâti des réponses crédibles à nos besoins dans tous les domaines où ce serait nécessaire ? La réponse est non. En tout cas les solutions qui consisteraient à accroître encore les pouvoirs des différents organes de l’Union au détriment des États-nations dont la dépendance envers ceux-ci serait encore renforcée doivent être exclues.</p><p>Après des élargissements successifs, l’Union compte aujourd’hui 27 membres. Dès l’origine, l’attribution des voix à chaque nation au sein du Conseil et du Parlement tenait peu de compte de l’importance réelle des États, favorisant ceux qui étaient le moins peuplés. Sur ce plan, les choses sont allées en s’aggravant.</p><p>Dès l’origine aussi, la répartition des compétences entre la Communauté puis l’Union et les nations qui la composaient portait la marque de la confusion, certaines compétences étant exclusives et d’autres partagées.</p><p>Des progrès ont été recherchés, mais dans un désordre qui a permis à la technostructure européenne d’accroître encore son pouvoir, les déclarations souvent excessives et maladroites de l’actuelle présidente de la Commission en sont la manifestation ; celle-ci outrepasse ses compétences aux dépens de celles du Conseil européen, composé des États, et qui est l’instance suprême de l’Union européenne.</p><p>Premier ministre de 1993 à 1995, je fus amené à prendre deux initiatives. Hostile à une augmentation importante et rapide du nombre des membres de l’Union européenne, je redoutais qu’elle n’y perdît sa cohérence et son dynamisme. Je proposai un pacte de stabilité qui fut adopté en 1995 et dans lequel les États issus de l’effondrement de l’Union soviétique et candidats à l’adhésion devaient au préalable s’engager à respecter leurs frontières telles qu’elles existaient à l’époque et les droits des minorités les composant.</p><p>Par ailleurs, la répartition souvent confuse des compétences entre les États et l’Union européenne ne faisant qu’accroître le désordre, je suggérai que l’Europe fût désormais clairement organisée en cercles de compositions variables et de compétences différentes. D’une certaine façon, c’était déjà le cas, mais la majorité des États membres de l’Union n’étaient pas décidés à en faire un principe, si bien que la confusion a persisté.</p><p>En 2008, le traité de Lisbonne a accentué les travers de la construction européenne. L’indépendance du président de la Commission européenne à l’égard des États membres est renforcée, puisqu’il n’est plus désigné à l’unanimité mais à la majorité et investi par le Parlement européen ; la Commission, qui dispose du monopole de l’initiative législative, est responsable devant le Parlement qui peut la censurer ; sa composition est réduite, chaque État membre ne désignant qu’un commissaire alors qu’auparavant les plus importants et les plus peuplés en désignaient deux. Quant au rôle du Conseil européen, il est réduit le plus souvent à une approbation a posteriori des décisions prises par d’autres.</p><p>En ce qui concerne la répartition des compétences la confusion n’a fait que s’aggraver et les compétences strictement nationales ont pris une valeur résiduelle.</p><p>Depuis, la France a pris l’initiative de proposer un nouvel élargissement et fait des propositions regroupées sous le vocable de la souveraineté de l’Europe, excluant par définition même la souveraineté de la France dans ces domaines. Désormais il existe au sein de l’Europe élargie, plusieurs catégories : les pays membres de l’Union mettant en commun toutes les compétences prévues par les traités ; ceux qui, à leur demande, en excluent la monnaie et la libre circulation des personnes prévues par Schengen ; ceux dont la candidature est acceptée et avec lesquels les discussions se poursuivent ; ceux dont la candidature est en attente ; ceux restés extérieurs mais ayant conclu avec l’Union des accords d’association ; enfin ceux devant éventuellement adhérer à la Communauté politique européenne (CPE). Qui s’y retrouve ?</p><p>Il est temps de sortir du désordre, de proposer quelques principes simples, de clarification, de simplification et de maintien de la souveraineté nationale dans des domaines essentiels. Aussi longtemps que ces réformes ne seront pas adoptées, il faut exclure toute admission de nouveau membre dans l’Union. Les préalables sont nombreux :</p><p>1/ S’il n’y a pas d’Europe sans souveraineté dans certains domaines, il n’y a plus de nation sans souveraineté dans d’autres domaines. Il faut sortir de l’ambiguïté, la France doit demeurer souveraine dans certains domaines essentiels, elle ne peut à la fois se vouloir puissance d’équilibre, libre de sa politique étrangère, et participer en tous points à une politique étrangère et de sécurité commune à toute l’Europe et décidée par celle-ci. Le projet de souveraineté européenne et d’autonomie stratégique n’est pas compatible avec une politique indépendante de la France en matière diplomatique et militaire. Soyons réalistes : l’Union européenne est composée de 27 peuples qui parlent 24 langues. Chacun veut préserver son identité, ce qui n’exclut pas d’exercer certaines compétences en commun. L’Union n’est pas une organisation fédérale et ne doit pas le devenir.</p><p>2/ Il est indispensable que soit rédigé, pour préciser les compétences de chacun, un code européen s’imposant à tous afin de mettre fin aux équivoques dont est coutumière la Commission européenne, sans parler du Parlement. La tâche ne sera pas facile, elle exigera temps, patience et volonté d’aboutir, mais elle est indispensable si l’on veut éviter l’explosion de l’Union européenne qui ne résistera pas éternellement à la confusion et au désordre. L’un des pires défauts de l’Union européenne, c’est le caractère étouffant de la bureaucratie aux mains d’une technostructure qui impose ses choix au mépris d’un fonctionnement démocratique, en facilitant l’interventionnisme autoritaire de la Commission.</p><p>Aussi le code devrait-il être très précis sur la définition des compétences de l’Union, sur les procédures d’examen devant la Commission, plus précis aussi sur les prérogatives respectives du président du Conseil européen, élu pour plusieurs années et sur celles du président du Conseil de l’Union européenne, changeant tous les six mois. Ainsi pourrait-on espérer que ne soient pas rajoutées sans cesse des complications nouvelles aux règles déjà en vigueur.</p><p>Il devra être possible aux États membres de saisir un organisme d’arbitrage intergouvernemental habilité à annuler les décisions prises par l’Union en violation de ce code, ce ne pourra être la Cour de justice de l’Union, dont la partialité ne fait aucun doute.</p><p>3/ Il importe de revoir dans un sens plus équitable, tenant mieux compte des réalités, la répartition entre les membres de l’Union des postes à la Commission, au Parlement, ainsi que les voix attribuées à chacun au sein du Conseil européen. Le réalisme le commande.</p><p>Par exemple, les 3 pays baltes comptent 6 millions d’habitants et disposent de 3 commissaires, alors que les 3 pays européens les plus peuplés, l’Allemagne, la France et l’Italie, représentant plus de 210 millions d’habitants, ont également en tout 3 commissaires. Si l’Albanie, la Bosnie et le Kosovo, qui représentent ensemble 8 millions d’habitants, adhéraient à l’Union, ils auraient à leur tour 3 commissaires, si bien que, joints aux pays baltes, un groupe de 6 pays représentant une quinzaine de millions d’habitants disposeraient de 6 commissaires, tandis que les pays les plus peuplés de l’Union, avec 210 millions d’habitants, disposeraient de 3 commissaires ! Le même déséquilibre existe pour le Parlement européen, où l’Allemagne a 96 députés, la France 79 et l’Italie 76, soit 251 députés pour 210 millions d’habitants, alors que la Lituanie a 11 députés, la Lettonie 8 et l’Estonie 7, soit 26 députés pour 6 millions d’habitants.</p><p>Quant au Conseil européen, et depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, chaque État membre dispose de 1 voix et la minorité de blocage nécessite 4 États membres au moins représentant 35 % de la population européenne, si bien que la France et l’Allemagne doivent s’adjoindre le concours de 2 autres États pour bloquer un texte. Il est indispensable de revoir cette répartition inégalitaire avant de modifier quoi que ce soit dans les compétences et les modes de votation au sein de l’Union européenne.</p><p>4/ Cette modification faite, il faudra veiller à ce que chacun des organes de l’Union respecte ses compétences. On présente parfois le passage de la décision à l’unanimité à la décision à la majorité qualifiée comme un progrès. Cela doit être exclu tant que la répartition des postes restera aussi inégalitaire au détriment des nations les plus importantes. En tout cas, la France doit, dans les domaines diplomatique et militaire, conserver son indépendance s’agissant de son rôle au Conseil de sécurité, de l’exercice de la dissuasion nucléaire dont elle dispose. En outre, elle ne saurait être soumise aux directives européennes pour des problèmes de société tels que la bioéthique, la filiation, la fin de vie.</p><p>5/ Il y a lieu de préciser également la compétence et le rôle des juges nationaux et supranationaux au regard du pouvoir politique et gouvernemental. Actuellement, on assiste à une émulation entre ces juridictions pour enfermer les politiques dans un carcan dont elles définissent seules le domaine et la portée, allant parfois jusqu’à refuser d’appliquer la loi. Quant au rôle et à la place de la Cour européenne des droits de l’homme, émanation des 46 membres du Conseil de l’Europe, il n’y aurait que des avantages à les redéfinir par les voies appropriées, sauf à nous résigner à ce que des juges issus parfois de pays figurant naguère dans l’orbite soviétique se piquent de nous donner des leçons de démocratie libérale.</p><p>6/ Avant tout élargissement, il sera impératif de définir clairement la construction de l’Europe en cercles à compétences et à compositions variables, en faire un principe de base. Il n’y a aucune autre manière d’organiser l’avenir de l’Union européenne et de ses relations avec les pays qui souhaitent se rapprocher d’elle. D’ores et déjà on voit se dessiner de profondes différences entre l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est, aux structures politiques et aux traditions souvent différentes ; il serait souhaitable d’interroger chacun des États membres sur ses intentions. L’Europe par cercles ne doit pas signifier l’éclatement de l’Union.</p><p>7/ Aussi longtemps que toutes ces conditions préalables pour une meilleure organisation de l’avenir n’auront pas été remplies, il faudra suspendre tout élargissement de l’Europe. On exclura d’y procéder dans la confusion et le désordre, toute fuite en avant ne ferait qu’accroître la paralysie de l’Union européenne et favoriser à terme son éclatement. Or, les tâches qui attendent l’Union sont capitales pour son avenir et pour le nôtre.</p><p>Il n’est pas question de sous-estimer son rôle. Les sujets dont elle devrait dans l’avenir se préoccuper davantage sont multiples : lutte contre l’immigration irrégulière aux frontières communes, relations économiques avec ses voisins proches à l’Est et au Sud afin de favoriser leur développement et leur coopération, réponse commune aux concours sollicités pour favoriser la stabilité politique et lutter contre l’extrémisme. L’Union compte 450 millions de consommateurs, son économie est encore robuste, sa monnaie encore solide, elle peut envisager aussi de favoriser une politique étrangère commune à tous ses membres même si, en la matière, elle est une organisation intergouvernementale, pas fédérale. Il ne s’agit pas que l’Europe se crispe sur elle-même dans l’indifférence, elle ne peut pas se le permettre.</p><p>Dans le même temps la France doit sortir du déclin qui la menace, être plus forte afin d’être mieux entendue. La lutte contre les déficits, l’endettement, l’insécurité, pour l’amélioration de la compétitivité, du système éducatif, hospitalier, la régulation effective de l’immigration, demeurent des compétences nationales.</p><p>8/ Il faut assurer la supériorité de la Constitution française sur toute autre règle de droit, nationale ou internationale.</p><p>Actuellement, comme le relève Jean-Éric Schoettl, la notion européenne d’État de droit est extensive à l’infini et la Cour de justice de l’Union européenne joue un rôle important dans ce processus, tandis qu’en Allemagne la Cour de Karlsruhe a maintenu la primauté de la Constitution allemande sur la règle européenne. Sous couvert d’État de droit, l’Union européenne s’empare de la « compétence de sa compétence » qu’elle estime devoir définir elle-même en toute indépendance. Jusqu’à présent les trois Cours suprêmes françaises, Conseil constitutionnel, Cour de cassation et Conseil d’État ont peu ou prou laissé faire, si bien que l’Union européenne bride les souverainetés nationales. Le Conseil d’État s’est même interdit par avance d’opposer à la Cour de justice européenne un veto en affirmant en 2021 qu’il n’appartenait pas aux juges administratifs de s’assurer du respect de la répartition des compétences entre l’Union européenne et les États membres.</p><p>On peut se demander si le Conseil d’État n’a pas oublié ce qui justifie son existence même. À la suite de la Cour de cassation, il juge, depuis 1989, que le droit européen, même dérivé, l’emporte, en vertu de l’article 55 de la Constitution, sur la loi, même postérieure. Pour faire échec aux dispositions d’un texte européen de nature législative, il faut, selon la jurisprudence du Conseil constitutionnel et du Conseil d’État, que soit mis en cause un principe constitutionnel inhérent à « l’identité constitutionnelle » de notre pays. Notion vague, d’application variable et n’offrant pas de garantie véritable.</p><p>Doit-on adopter le principe selon lequel le peuple est le seul titulaire d’une souveraineté suprême, dont la volonté, exprimée dans la Constitution adoptée par référendum, l’emporte sur toutes les normes nationales, européennes ou internationales ? La conséquence serait que la France pourrait déclarer ne plus appliquer un traité conclu avec l’Union européenne étendant la compétence de celle-ci et qu’elle aurait ratifié.</p><p>Pour redonner aux Français confiance dans leur avenir au sein d’une Europe qui respecte leurs intérêts fondamentaux, ils devraient être appelés à approuver par référendum cette politique européenne rénovée. Mais ce serait, déclare-t-on, contraire à la Constitution française ; il serait impossible de consulter les Français sur la réforme de l’Europe en raison du champ limité que, s’agissant du référendum, prévoit la Constitution.</p><p>C’est exact. Aussi faudrait-il au préalable modifier la Constitution pour étendre le champ du référendum, qu’il soit d’initiative présidentielle ou d’initiative populaire. Dans un deuxième temps, l’organisation nouvelle de l’Europe pourrait à son tour être alors soumise à l’approbation du peuple français. Ainsi serait-elle aussi démocratique qu’il est souhaitable.</p><p>La première étape, l’élargissement du champ du référendum, pourrait être franchie rapidement et ne devrait pas soulever d’opposition majeure. Chacun s’en va proclamant que la possibilité pour les citoyens d’influencer les décisions politiques doit être facilitée, et cet élargissement en serait le moyen. On ne peut à la fois s’opposer à l’extension du champ du référendum et regretter que le peuple ne soit pas suffisamment impliqué dans la vie publique.</p><p>En revanche, la deuxième étape serait le référendum modifiant la Constitution pour affirmer sa suprématie et permettre à la France de remettre en cause un traité qu’elle aurait précédemment approuvé ; cela soulèverait à coup sûr des contestations qu’il appartiendrait au pouvoir en place de trancher, ce qui risquerait de durer longtemps. Est-ce à dire qu’il faudrait dès lors différer toutes les réformes envisagées ? En aucun cas, la plupart pourraient être appliquées sans attendre la modification de la Constitution ; en revanche, celle-ci serait indispensable pour que la France puisse, par exemple, fixer elle-même, souverainement, le niveau d’immigration en provenance des pays tiers qu’elle accepte sur son sol, notamment pour le réduire comme c’est la volonté profonde du peuple français et l’intérêt de la France, sans plus être entravée par la Convention européenne des droits de l’Homme ou des directives communautaires. Les juridictions nationales seraient alors tenues d’en tirer toutes les conséquences, sans pouvoir s’opposer aux décisions du législateur et de l’administration ramenant l’immigration à un niveau acceptable.</p><p>La France pourrait saisir alors l’Union européenne d’une demande de renégociation qui ne pourrait lui être refusée sans que soit déclenchée une crise grave. On peut même se demander si, sans attendre cette seconde modification de la Constitution, elle ne pourrait pas saisir l’Union européenne d’une demande de renégociation du traité.</p><p>Tout ceci serait-il trop dangereux pour la sérénité de notre vie publique ? Citons de Gaulle « Je crois qu’en France la meilleure Cour Suprême, c’est le peuple ! »1.</p><p>On nous prédit qu’en 2100, par la richesse produite, la France serait la 25e puissance au monde, toujours derrière l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Quel serait le poids d’une France aussi affaiblie, pourrait-elle prétendre maintenir son indépendance militaire et diplomatique ?</p><p>J’ignore quelle est la qualité de cette prévision et si le prochain siècle sera celui d’un désarmement nucléaire général, ce dont je doute. Mais si la France se résignait, abandonnant toutes ses responsabilités militaires à l’Europe sous prétexte qu’elle serait trop faible, qui déciderait à sa place lorsque ses intérêts essentiels, sa vie même seraient en jeu ? Si elle confiait son pouvoir de dissuasion nucléaire à un organisme européen, qui déciderait à sa place de sa survie ? Comment serait composé cet organisme ? Serait-il collectif ou exercé par un homme seul ? Quel serait-il ? Il est inconcevable que la France s’en remette à quiconque d’autre qu’à elle-même.</p><p>Il n’y a pas d’alternative. Si la France veut survivre, l’Europe doit être réorganisée et la France doit demeurer responsable de son propre destin. Ce sera long, difficile, il faut commencer sans tarder.</p><p>&nbsp;</p><p><strong>Édouard BALLADUR</strong><br />Ancien Premier ministre.</p><p class="author__job" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(26, 23, 19);font-family:Calibre, sans-serif;font-feature-settings:inherit;font-kerning:inherit;font-language-override:inherit;font-optical-sizing:inherit;font-size-adjust:inherit;font-size:18px;font-stretch:inherit;font-style:normal;font-variant-alternates:inherit;font-variant-caps:normal;font-variant-east-asian:inherit;font-variant-emoji:inherit;font-variant-ligatures:none;font-variant-numeric:inherit;font-variant-position:inherit;font-variation-settings:inherit;font-weight:400;letter-spacing:0.1px;line-height:inherit;margin:0px 0px 15px;orphans:2;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">&nbsp;</p><p>Rapport disponible au format PDF à cette adresse :&nbsp;<br /><a href="https://silo.ememiom.fr/serve-file/e1791675084/l1791667713/da/c1/hQQa1THMH_7sTdPc_sgUB6BFgpVaKFQAUr2712myiyc/:MS8xMzk3L2ZpbGUvMTc5MTY2NzcxMzIyNC1iYWxsYWR1ci1mci0yMDIzLTA2LTIwLXcucGRm">https://www.fondapol.org/app/uploads/2023/06/224-balladur-fr-2023-06-20-w.pdf</a></p><p class="author__job" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(26, 23, 19);font-family:Calibre, sans-serif;font-feature-settings:inherit;font-kerning:inherit;font-language-override:inherit;font-optical-sizing:inherit;font-size-adjust:inherit;font-size:18px;font-stretch:inherit;font-style:normal;font-variant-alternates:inherit;font-variant-caps:normal;font-variant-east-asian:inherit;font-variant-emoji:inherit;font-variant-ligatures:none;font-variant-numeric:inherit;font-variant-position:inherit;font-variation-settings:inherit;font-weight:400;letter-spacing:0.1px;line-height:inherit;margin:0px 0px 15px;orphans:2;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">&nbsp;</p>]]></description>
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