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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Fri, 07 Feb 2025 08:40:42 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Chronique d’un budget funèbre – Telegraph]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Prologue : L’hémicycle en ébullition</p><p>L’Assemblée Nationale, ce miroir brisé de la République, a offert hier un spectacle digne des tragédies antiques. Sous les ors fatigués du Palais Bourbon, les présidents de groupes politiques ou leurs émissaires ont défilé à la tribune, portant tour à tour les masques de la vertu, de la compromission ou de l’aveuglement volontaire. Deux motions de censure, déposées par La France Insoumise (LFI) contre le budget 2025, servaient de prétexte à cette mascarade. Mais derrière les joutes verbales, une vérité plus sombre se dessine : l’usage répété du 49.3 par François Bayrou, tel un metteur en scène épuisé, révèle moins la force d’un gouvernement que la déliquescence d’un système, le tout dans un hémicycle quasi vide, les députés devaient tous avoir piscine. </p><p>Acte I : Les incantations de la révolte </p><p>Les Insoumis, arque boutés dans leur rôle de tribuns, ont brandi l’étendard de l’austérité. « Le budget le plus sévère depuis vingt-cinq ans ! », clament-ils, accusant Emmanuel Macron et Bayrou de précipiter la France dans les ténèbres. Leur rhétorique, martelée avec la régularité d’un tocsin, se nourrit d’une colère légitime — celle d’un peuple étranglé par l’impôt — mais se perd dans les sables mouvants de l’opportunisme. Car leur véritable projet, moins économique que messianique, se résume à une litanie : « Macron doit partir », Mélenchon le sauveur doit le remplacer ! Las ! Leurs propositions, aussi creuses que bruyantes, évoquent moins un programme qu’un exorcisme. Leur vision sécuritaire, teintée d’angélisme autoritaire, promet non la concorde mais la fracture, allumant les braises d’une guerre civile dont ils feignent d’ignorer le souffle. Quant à leurs propositions de budget, c’est open bar pour tout le monde, une catastrophe.</p><p>Acte II : Les chuchotements des pragmatiques </p><p>Viennent ensuite les Socialistes, fantômes d’un passé, souvent peu glorieux, qui psalmodient leur refus de la censure « pour la stabilité ». Leur discours, enveloppé dans le linceul du réalisme, dissimule mal les tractations souterraines. Bayrou, ce Janus moderne, a su leur offrir — dans l’ombre des couloirs — les miettes nécessaires à sa survie. Le « Hell’s Kitchen » de la politique française, comme l’appelle avec délice l’auteur de ces lignes, mijote ici ses ragoûts les plus fades : des promesses échangées contre des silences, des postes contre des votes. Le Parti Socialiste, jadis porteur d’espérances pour certains dont je ne me reconnais pas, n’est plus qu’un notaire de l’immobilisme. </p><p>Les Républicains (LR), quant à eux, jouent la partition de la « responsabilité ». Le budget est mauvais ? Sans doute. Suicidaire ? Assurément. Mais voter la censure reviendrait à « jeter l’ancre en pleine tempête », argumentent-ils, préférant le naufrage programmé au chaos immédiat. Derrière cette posture se cache une guerre dynastique : Retailleau contre Wauquiez, deux prétendants au trône de 2027, qui calculent chaque geste à l’aune de leurs ambitions. La France, dans ce jeu d’échecs, n’est qu’un pion. </p><p>Acte III : Le Prophète et les Aveugles </p><p>Parmi ces voix discordantes, une seule résonne avec la clarté du cristal : celle de Charles de Courson. Le député centriste, tel Cassandre, dénonce sans relâche les dangers du budget — augmentation des dépenses publiques de 40 milliards, croissance fantôme à 0,9 %, dette abyssale. Ses mots, précis et tranchants, font écho aux analyses de Marc Touati, cet économiste persécuté pour avoir déchiré le voile des chiffres officiels. Ensemble, ils révèlent l’imposture : sous couvert d’austérité, l’État s’engouffre dans un délire dépensier, finançant chaque euro d’économie par neuf euros de dette. Le vrai visage de ce budget ? Un suicide à crédit, où les classes moyennes paieront l’addition tandis que les plus riches fuiront vers des cieux fiscaux plus cléments, tout comme nos plus grosses entreprises, dont on ne saurait que trop leur conseiller d’agir de la sorte. Quant aux petites, celles qui ne peuvent se le permettre, souvent pour des raisons légitimes, s’appliquera alors cette bonne vieille maxime romaine : « Vae victis », malheur aux vaincus !  </p><p>Acte IV : Le silence des complices </p><p>Et les autres ? Les Verts, « plus catholiques que le pape », brandissent l’étendard du Pacte Vert Européen, autre mirage coûteux, financé par la commission européennes des lobbies opaques, en charge de faire voter au parlement européen ce fameux pacte, qui aujourd’hui encore ne cesse de précipiter la France dans un abîme économique dont elle ne eut que perdre le combat face à des américains menés tambour battant par un président qui, lui, ne travaille que pour son pays, abstraction faite des dégâts que cela causera aux autres, là encore malheur aux vaincus. Le Rassemblement National, lui, grogne en chœur contre le budget mais se garde bien d’agir, préférant cultiver son statut d’opposant perpétuel responsable en vue de 2027. Quant à la majorité présidentielle, elle navigue en eaux troubles, entre psychopathie avérée d’un chef d’État, se rêvant un jour en Napoléon, l’autre en Jupiter, et, bassesses d’un Premier Ministre prêt à toutes les capitulations pour satisfaire son égo de rester le plus longtemps possible sur son trône, l’aboutissement de sa carrière dont la gestion de sa ville est à l’image de ce qu’il réserve à la France. </p><p>Épilogue : La comédie des masques</p><p>Alors, pourquoi ce refus général de censurer un budget mortifère ? La réponse se niche dans l’ADN même de cette classe politique, devenue une caste. Les députés ne travaillent plus pour le peuple, mais pour leur carrière, leurs prébendes, leur survie dans l’arène médiatique. La « stabilité » invoquée n’est qu’un leurre : elle sert à masquer la peur panique de perdre des privilèges, des postes, des réseaux. </p><p>L’exemple du gouvernement Barnier, censuré pour un budget similaire, en dit long sur l’hypocrisie du système. Hier comme aujourd’hui, les mêmes erreurs sont commises, mais les coupables changent de costume. Bayrou, stratège machiavélique, a compris que l’Assemblée dissoute en 2024 était une coquille vide, manipulable à souhait. Macron, en psychopathe froid, joue avec les institutions comme un enfant avec des allumettes. </p><p>Le Naufrage et les « Moujons » </p><p>La France sombre, lentement, irrémédiablement. Ses dirigeants, arc-boutés sur leurs certitudes, préfèrent les mensonges rassurants aux vérités douloureuses. Le peuple, transformé en « moujons » — moutons-pigeons —, regarde, impuissant, le navire prendre l’eau, pendant que le couple 14-39 continue de jouer sa partition sur le pont. Ce n’est pourtant pas le France qui coula, mais bien le Titanic, à moins que dans la réalité parallèle qui semble habiter cette caste, cela ne soit le France, qui sait ?</p><p>Mais dans les profondeurs de cette crise, une lueur persiste : celle de l’éveil citoyen. Car si les politiques ont renoncé à leur rôle, il revient aux Français d’exiger des comptes, de refuser la fatalité. Peut-être alors, dans la tourmente, renaîtra-t-il une démocratie digne de ce nom — une démocratie où les responsables assumeront leurs actes, où les budgets ne seront plus des actes de foi aveugle, mais des projets de vie. </p><p>En attendant, le rideau tombe sur un acte de plus de cette tragi-comédie. Et la question demeure : quand le public, enfin, sifflera la fin de la représentation ?</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 02 Feb 2025 15:38:16 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La loupe d&#039;Emmanuel TODD pour comprendre le monde.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><iframe width="420" height="345" src="https://www.youtube.com/embed/jG_WZcBarIg"><br /></iframe></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1014/le-monde-selon-todd-la-huit-production</guid>
	<pubDate>Sun, 02 Feb 2025 15:28:34 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Le Monde selon Todd | La Huit Production]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Emmanuel Todd est un redoutable polémiste régulièrement invité dans les médias pour commenter l’actualité. Grand pourfendeur de la pensée unique, n’hésitant jamais à asséner analyses et prédictions à un public largement ébahi ou agacé, ce démographe historien s’est forgé en une trentaine d’années une armée d’admirateurs mais aussi de détracteurs. Il faut dire que l’homme s’est rarement trompé, annonçant entre autres la chute de l’URSS, la crise financière américaine, ou les révolutions du monde arabe dans des ouvrages de prospectives s’appuyant sur toute une batterie de statistiques démographiques, sociologiques etc. Plongée dans une oeuvre foisonnante bâtie en grande partie sur une intuition singulière de jeunesse que 40 années de travail de rat de bibliothèque a transformé en modèle structuré expliquant notre monde.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 02 Feb 2025 15:10:17 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Le Monde selon Todd : Épisode 1]]></title>
	<description><![CDATA[<p style="box-sizing: border-box; font-weight: 400; font-style: normal; font-size: 14.4px; font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;, Helvetica, &quot;Lucida Grande&quot;, Arial, sans-serif;"><a href="https://www.youtube.com/@FPopMedia" style="box-sizing: border-box; color: rgb(85, 85, 85); text-decoration-line: underline; background-color: transparent; font-size: 14.4px; outline: none !important;">Fr&eacute;quence Populaire M&eacute;dia</a></p><p style="box-sizing: border-box; margin-bottom: 15px; font-weight: 400; font-style: normal; font-size: 14.4px; font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;, Helvetica, &quot;Lucida Grande&quot;, Arial, sans-serif;"><a href="https://ememiom.fr/iom/blog/view/1024/emmanuel-todd-episode-2-allemagne-de-la-puissance-a-limpuissance" style="box-sizing: border-box; background-color: transparent; font-size: 14.4px; outline: none !important;">Le Monde selon Todd - Episode 2</a></p><p>Dans cette nouvelle &eacute;mission, Emmanuel Todd d&eacute;cortique le monde et son devenir avec sa m&eacute;thodologie singuli&egrave;re et dont l&#39;efficacit&eacute; a &eacute;t&eacute; prouv&eacute;e &agrave; de multiples reprises. Emmanuel Todd est interrog&eacute;e par Diane Lagrange, citoyenne engag&eacute;e et contributrice de Fr&eacute;quence Populaire Ce sera la premi&egrave;re d&#39;une s&eacute;rie d&#39;&eacute;missions o&ugrave; Emmanuel Todd viendra de mani&egrave;re r&eacute;currente livrer une analyse globale de l&#39;&eacute;volution tant g&eacute;opolitique du monde que de nos soci&eacute;t&eacute;s. La premi&egrave;re portera sur les &Eacute;tats-Unis en g&eacute;n&eacute;ral et Donald Trump en particulier. Ce sera franc, sans langue de bois, tranchant comme la r&eacute;alit&eacute; d&#39;un matin glac&eacute; d&#39;hiver. Bas du front, conformistes &agrave; la petite semaine, abonn&eacute;s aux id&eacute;es re&ccedil;ues et drogu&eacute;s aux m&eacute;dias mainstream, il est chaudement recommand&eacute; de vous abstenir, ce sera trop dur &agrave; supporter pour vous. Pour les autres, ce sera un beau moment.<iframe height="345" src="https://www.youtube.com/embed/ViwLhYOrfaU" width="420"></iframe></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 02 Feb 2025 14:08:13 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Florian Philippot : Dislocation de l&#039;Europe : qui partira le premier ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><img src="https://media.marianne.net/assets/asmwDOyZo8CJn9AlA.jpg?w=1540&h=924&r=fill" alt="Thinkerview" width="50%" height="50%"><br />Thinkerview a pour objectifs</p>

<p>– Mettre à l’épreuve les idées/discours en décelant leurs failles, leurs limites.– Écouter les points de vue peu médiatisés afin d’élargir nos prismes de lecture.– Appréhender toute la complexité des enjeux actuels...</p>

<p><iframe width="420" height="345" src="https://www.youtube.com/embed/32OJhh95FZU"><br /></iframe></p>

<p><a href="https://x.com/f_philippot?t=4HL9pjkxhn-4MuqpNp5kfw&s=09"><br />Florian Philippot</a>, Président du parti politique souverainiste <a href="https://les-patriotes.fr/">Les<br />Patriotes</a>.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1011/la-guerre-dukraine-france-culture-pierre-lellouche</guid>
	<pubDate>Sun, 02 Feb 2025 13:57:51 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1011/la-guerre-dukraine-france-culture-pierre-lellouche</link>
	<title><![CDATA[La guerre d&#039;Ukraine / France culture / Pierre Lellouche]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L'opération militaire spéciale lancée par Vladimir Poutine le 24 février 2022 devait durer trois jours, elle avait pour objectif de renverser le régime nazi de Kiev et de ramener l'Ukraine dans le giron de la grande Russie. Les choses ont tourné autrement. La guerre éclair est devenue une guerre sans fin meurtrière, et comme le constatent, chacun à sa manière, nos invités, elle a changé la face du monde.<br />Comment penser ce basculement ? Quels sont les nouveaux rapports de force ? Où en sommes-nous maintenant que se dissipe la douce chimère de la fin de l'histoire ? Quelle paix est souhaitable ? Quelle paix est possible ? Que doit faire l'Europe ?<br />Alain Finkielkraut reçoit pour en parler, Pierre Lellouche, spécialiste en géopolitique des conflits, auteur de <a href="https://www.odilejacob.fr/catalogue/histoire-et-geopolitique/geopolitique-et-strategie/engrenages_9782415010461.php" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Engrenages : La guerre d'Ukraine et le basculement du monde</a>, et Nicolas Tenzer, philosophe politique, essayiste, qui fait paraître, <a href="https://editions-observatoire.com/livre/Notre%20guerre/502" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Notre guerre, Le crime et l'oubli, pour une pensée stratégique</a>.</p>
<p>"Entre l'empire américain surpuissant et l'empire russe déclinant, mais qu' à partir de 1999, Poutine a voulu faire renaître, au fil des ans, l'affaire ukrainienne s'est trouvée prise en tenaille" (P .Lellouche)</p>
<p>"Ce à quoi on assiste, c'est en fait le troisième épisode de la Guerre de sécession d'Ukraine au cours du siècle écoulé. A chaque fois, ça a correspondu soit à l'effondrement du pouvoir en Russie, soit à une guerre mondiale. Il y a eu trois tentatives, 1917, 1920. Et là, ni les vainqueurs, ni les vaincus, ni les Russes rouges, ni les Bolcheviques, ni les blancs ne voulaient d'Ukraine. Il y a eu 1941, l'arrivée des nazis, avec la complicité de <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-quatre-questions-sur-stepan-bandera-figure-historique-presentee-par-la-propagande-russe-comme-le-symbole-de-la-nazification-du-pays_5683016.html" target="_blank" rel="noopener">Bandera</a> pour l'extermination des Juifs en Ukraine. Et là encore, le nationalisme ukrainien a raté. Staline a repris le contrôle, élargi les frontières et tracé les frontières de l'Ukraine de 1991, et puis il y a eu 1991. Le divorce entre la Russie, la Biélorussie et l'Ukraine, suivi une semaine plus tard par la dissolution de l'Union soviétique. Et là, l'Ukraine est apparue à nouveau, pour la première fois, après avoir été longtemps le fantôme de l'Europe. Et la question s'est posée de savoir ce qu'on allait en faire.</p><p>La position initiale des Américains et des Français, à l'époque Georges Bush père et François Mitterrand, rappelle Pierre Lellouche, était de laisser l'Ukraine aux Russes pour avoir la paix. Encore mieux ; en 1994, les Américains ont puissamment aidé les Russes à dénucléariser l'Ukraine et à rendre aux Russes les quelques 5000 armes nucléaires héritées de l'Union soviétique qui étaient sur le sol ukrainien. "Donc, ni la France, ni l'Amérique n'étaient chauds pour voir l'Ukraine changer de camp. Ensuite, le sort de l'Ukraine s'est trouvé pris en tenaille dans l'évolution des relations entre les deux empires, l'empire américain qui était surpuissant et l'empire russe qui était déclinant, mais que, à partir de 1999, Poutine a voulu faire renaître. Et c'est là qu'au fil des années, l'affaire ukrainienne s'est trouvée prise en tenaille entre les deux. Il y a eu des divergences assez vite." Pierre Lellouche</p><p>"J''ai une lecture pour parties différentes", reprend Nicolas Tenzer. "Dans la mesure où je crois que ce qui s'est passé à partir de 1989-1991, c'est tout simplement l'émergence et la libération des nations ou de ce que Milan Kundera appelait les Petites nations - même si l'Ukraine est une moyenne nation plutôt qu'une petite nation. C'est-à-dire que pour la première fois, ces peuples emprisonnés derrière le rideau de fer se sont mis à rêver Et heureusement, c'est un progrès considérable dans l'histoire de l'humanité à la liberté et à l'indépendance et à l'affirmation d'eux-mêmes. Et ils ont redécouvert toutes ces nations, d'ailleurs - pas seulement l'Ukraine, mais l'Ukraine aussi. Ils ont découvert leur passé. Ils ont compris qu'ils avaient été soumis à une forme de domination coloniale ou impériale, en quelque sorte, par l'URSS jadis, et qu'il n'était absolument pas question qu'ils retombent dans le joug de la Russie parce que c'était tout simplement la privation de ce pour quoi ils s'étaient battus et de leurs idéaux mais aussi des idéaux que l'Europe avait fait sien." Nicolas Tenzer.</p>
<p>"Quand on lit tous les écrits de Poutine depuis 2000, on s'aperçoit que pour lui, tout simplement, les autres nations, en tout cas celles de l'ancien empire soviétique, n'ont pas le droit à l'existence" (N. Tenzer)</p>
<p>"Et à partir de ce moment-là évidemment, lorsque Poutine en particulier est arrivé au pouvoir, il a considéré une seule chose c'était qu'il fallait retourner en quelque sorte à une forme de domination impériale que le droit des peuples la liberté la liberté d'abord individuelle des personnes mais aussi la liberté des nations, n'avait strictement aucun sens. Et  quand on voit effectivement tous les écrits de Poutine depuis 2000, on s'aperçoit que pour lui, tout simplement, les autres nations, en tout cas celles de l'ancien empire soviétique, n'ont pas le droit à l'existence. Et du côté des Occidentaux, et alors peut-être qu'il y a sur un petit point, je pourrais rejoindre Pierre Lellouche, nous n'avons pas pris les décisions qui s'imposaient. C'est-à-dire que nous sommes restés dans l'entre-deux. D'abord, nous avons tous aidé la Russie. (...)"  Nicolas Tenzer</p>
<p><iframe src="https://embed.radiofrance.fr/franceculture/diffusion/5a8a0f6e-6c68-463a-acc6-acd7fff57586" frameborder="0" width="100%" height="auto"></iframe></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1010/entre-empire-et-nations</guid>
	<pubDate>Sun, 02 Feb 2025 13:48:02 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1010/entre-empire-et-nations</link>
	<title><![CDATA[&quot;Entre empire et nations&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>J'approfondis la lecture d'"Entre empire et nations" (publié en 2004) du regretté ambassadeur Gabriel Robin, qui fut notamment représentant permanent de la France au Conseil de l'OTAN. Je partage l'essentiel de ses observations et de sa grille de lecture. Quelques perles : "Quand l’aigle européen se sera doté d’un bec acéré et de serres puissantes, qui osera se souvenir qu’il n’a qu’une cervelle d’oiseau ? (...)  De défensive qu’elle était, l’alliance (atlantique) est devenue interventionniste. Faites pour préserver le statu quo, elle n’aspire désormais qu’à le bouleverser. Sa mission était circonscrite à des lieux et à un temps déterminé, ses prétentions n’ont plus de limites. Elle servait de bouclier à des nations, et la voici devenue fer de lance d’un empire. La mutation ne s’est pas faite d’un coup ni sans tâtonnements, mais elle est aujourd’hui plus qu’aux trois quarts accomplie. (...) Car, si l'empire n'a pas encore son empereur, il a déjà ses sujets. Il n’y a qu’à voir avec quelle hauteur l’Europe traite ses voisins et comment, au mépris de leur souveraineté fraîchement recouvrée, elle les range à sa porte, en longues files d’attente, pour solliciter humblement une adhésion dont elle fixe, seule, toutes les conditions. Et si l’une ou l’autre, la petite Suisse ou la petite Norvège, se permet de rester à l’écart, il ne perd rien pour attendre."                                               Car, si l'empire n'a pas encore son empereur, il a déjà ses sujets. Il n’y a qu’à voir avec quelle hauteur l’Europe traite ses voisins et comment, au mépris de leur souveraineté fraîchement recouvrée, elle les range à sa porte, en longues files d’attente, pour solliciter humblement une adhésion dont elle fixe, seule, toutes les conditions. Et si l’une ou l’autre, la petite Suisse ou la petite Norvège, se permet de rester à l’écart, il ne perd rien pour attendre. »Car, si l'empire n'a pas encore son empereur, il a déjà ses sujets. Il n’y a qu’à voir avec quelle hauteur l’Europe traite ses voisins et comment, au mépris de leur souveraineté fraîchement recouvrée, elle les range à sa porte, en longues files d’attente, pour solliciter humblement une adhésion dont elle fixe, seule, toutes les conditions. Et si l’une ou l’autre, la petite Suisse ou la petite Norvège, se permet de rester à l’écart, il ne perd rien pour attendre. »</p>

<p><img src="https://s1.odilejacob.fr/couvertures/9782738115195.jpg" alt="image"></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1007/%C2%AB-la-france-a-scolarise-10-des-enfants-algeriens-en-130-ans-%C2%BB-sindigne-jean-michel-aphatie</guid>
	<pubDate>Sat, 01 Feb 2025 09:46:31 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1007/%C2%AB-la-france-a-scolarise-10-des-enfants-algeriens-en-130-ans-%C2%BB-sindigne-jean-michel-aphatie</link>
	<title><![CDATA[« La France a scolarisé 10% des enfants algériens en 130 ans », s&#039;indigne Jean-Michel Aphatie.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Par<br /><a href="https://x.com/FerghaneA?t=0jTDsM8d0bwTXwFdWSEBGw&amp;s=09"><br /> Fergane Azihari<br /></a></p>

<p>La faiblesse de l'oeuvre scolaire dans les colonies est en effet un lieu commun de la littérature anti-coloniale. Bilan d'autant plus accablant que la colonisation, ses atrocités incontestables, ses crimes, ses discriminations, ses spoliations étaient motivés par la nécessité de « civiliser les races inférieures », pour reprendre l'expression alors en vogue. </p>

<p>Or, si même sur l'école, les puissances européennes n'ont pas rempli leurs objectifs, c'est bien que « la mission civilisatrice » n'était que le faux-nez du despotisme menteur, n'est-ce pas ?</p>

<p>Mais comme la plupart des discours tiers-mondistes, ce lieu commun pèche par une lecture très paternaliste et partiale de l'histoire, avec de nombreux mensonges par omission.</p>

<p>Paternaliste, car s'il incrimine exclusivement une France, qui aurait sans doute pu mieux faire dans ce domaine comme ailleurs, il se garde bien d'interroger l'attitude des indigènes à l'égard des savoirs apportés par le colonisateur.</p>

<p>Ici, en effet, et comme toujours, l'indigène est relégué au rang de vulgaire spectateur à la remorque de l'histoire qui n'aurait pas la moindre emprise sur son destin, ce qui reproduit précisément un certain nombre de clichés coloniaux.</p>

<p>Ainsi, sur l'oeuvre scolaire dans les colonies, un journaliste objectif officiant dans pendant une heure de grande écoute aurait pu rappeler que les indigènes musulmans étaient particulièrement réfractaires au fait d'envoyer leurs enfants à l'école du mécréant. </p>

<p>En Algérie, « les chefs arabes se font toujours prier pour envoyer leurs enfants, notait le recteur Delacroix au début de 1860, et il en est sur lesquels les généraux sont obligés d’exercer une certaine pression pour leur faire accepter la concession d’une bourse ». </p>

<p>À l'inverse, le baron Jean-Jacques Baude note ceci à propos des juifs d'Algérie : « Leurs enfants fréquentent nos écoles, parlent notre langue, prennent notre costume : sans perdre leur esprit de caste, ils deviennent clercs d’avoués, notaires, employés d’administrations ; ils sont déjà initiés à notre législation »</p>

<p>A la fin des années 1850, le nombre d’élèves juifs scolarisés à Alger seulement est de 1700 ; 80 d’entre eux étudient dans le lycée de la ville, en 1854, alors que le nombre d’élèves musulmans n’y dépasse pas 12.</p>

<p>De fait, « Les « écoles Jules-Ferry », censées civiliser les indigènes en les sécularisant, étaient celles du colonisateur et c’est à ces deux titres (programmes d’enseignement laïcisés et rapport colonial) qu’elles seront boudées par les musulmans », rappelle l'historien Pierre-Jean Luizard.</p>

<p>Ainsi, en 1955 , 60 à 90 % des enfants juifs de Tunisie et du Maroc sont scolarisés (100 % en Algérie), contre 14 % à peine des enfants musulmans, qui demeurent sous le joug de ces lieux d'abrutissement qu'on appelle les écoles coraniques. </p>

<p>Dans son roman autobiographique, l'écrivaine marocaine Leïla Houari se remémore ceci : « Le premier jour de classe, manque de chance, je rencontre mon père, il devint rouge de colère, me prit par les oreilles et me ramena à la maison en criant que, lui vivant, aucun de ses enfants, encore moins une fille, n’irait étudier chez ces koufars (incroyants) de Français, cela suffisait qu’ils nous prennent notre pays, voilà qu’ils se mettaient aussi à détourner les jeunes de la religion par leur savoir ». </p>

<p>Il est remarquable de constater que l'on retrouve ce schéma dans tous les pays musulmans où pénètre l'influence occidentale.</p>

<p>Au Levant et en Egypte, les écoles administrées par les missions chrétiennes - qui joueront un rôle considérable dans l’émergence d’une bourgeoisie locale et occidentalisée - peinent à attirer des musulmans. Ces derniers demeurent sous-représentés dans les établissements européens. </p>

<p>En 1914, dans les provinces ottomanes de grande syrie, les missions catholiques françaises, ouvertes à toutes les confessions, scolarisent près de 50 000 élèves, mais ne comptent que 8,7% de musulmans sur un territoire où ils forment plus de 80% de la population. En Egypte, les Syro-Libanais, catholiques, juifs et étrangers dominent, suivis par les coptes et les musulmans.</p>

<p>Même configuration dans l'Inde britannique. </p>

<p>En Inde, « alors que les musulmans boudaient les écoles créées par les Anglais, les hindous avaient rapidement compris tout le parti qu’ils pouvaient tirer d’une éducation de type occidental (...). D’après les divers rapports officiels anglais de la fin du XIXe siècle, la fréquentation musulmane des écoles anglaises était négligeable (...) Un journal bengalî, note que, de 1858 à 1875, seuls cinquante-sept musulmans avaient obtenu le B.A. (diplôme anglais de « Bachelor of Arts » équivalant à notre baccalauréat), contre trois mille cent cinquante-cinq hindous (...) Malgré les efforts faits par les Anglais pour remédier à cet état de choses, tout d’abord par Lord Mayo en 1871, puis deux ans plus tard par Lord Northbrook, enfin par la commission pour l’Éducation créée en 1882 et 1884, qui tendait à encourager les musulmans à s’éduquer en créant pour eux des bourses spéciales et en favorisant les associations pour le développement de l’éducation parmi les musulmans, ceux-ci firent peu de progrès. (...) Si une partie des classes aisées commença timidement à envoyer ses enfants dans les écoles publiques et les collèges, la majorité des musulmans des classes moyennes et pauvres demeurait attachée à l’enseignement coranique traditionnel », note l'indianiste Louis Frédéric.</p>

<p>Toujours en Inde, dans les années 1930, si les femmes musulmanes fréquentaient relativement assidûment les classes primaires, elles se trouvaient pratiquement absentes des universités. Dans la même année 1935, on ne comptait que trois cents jeunes filles musulmanes dans les institutions de haut niveau, contre cinq mille cinq cents hindoues.</p>

<p>Passons sur le rôle des merdesas, des écoles coraniques, confrériques, des zaouïas qui maillaient les pays musulmans...Alors que les structures ecclésiastiques européennes ont joué un rôle clef dans l'appropriation et la traduction du savoir gréco-arabe au moyen-âge, on ne trouve aucune initiative d'ampleur similaire dans les centres d'enseignement musulmans : « La curiosité a été atténuée, émoussée par la volonté de fidélité à l’Islam (...) qui a primé en quelque sorte sur la recherche de l’altérité », note l'historien Gérard Leclerc.</p>

<p>Du Maroc à l'Inde, en passant par le Levant, pourquoi certaines communautés se sont montrées plus réfractaires que d'autres à s'approprier les philosophies et les savoirs occidentaux, avec les conséquences que l'on sait sur l'état actuel du monde musulman  ? </p>

<p>Voilà la question que Monsieur Aphatie ne posera jamais sur Quotidien, tant ce dernier ne cherche pas à informer son public, pas plus qu'il ne s'intéresse aux dynamiques endogènes à l'oeuvre dans les cultures musulmanes. </p>

<p>Il ne s'agit que de perpétuer le sanglot de l'homme blanc et de se regarder le nombril au terme de de ce que Finkielkraut a très justement appelé le « narcissisme pénitentiel ».</p>

<p>Sources : <br />- Charles-Robert Ageron, Les Algériens musulmans et la France<br />- La France en terre d'islam, Pierre Vermeren<br />- L'inde de l'islam, Louis Frédéric<br />- La mondialisation culturelle, Gérard Leclerc<br />- Le choc colonial et l'islam, Pierre-Jean Luizard<br />- Les consistoires israélites d'Algérie au XIXe siècle, Valérie Hassan<br />- Histoire des Arabes, Eugen Rogan<br />- Leïla Houari, Zeida de nulle part<br />- Georges Bensoussan, L'Alliance israélite universelle (1860-2020) : Juifs d Orient Lumières d Occident</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1006/que-faire-face-a-trump</guid>
	<pubDate>Tue, 28 Jan 2025 19:33:25 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1006/que-faire-face-a-trump</link>
	<title><![CDATA[Que faire face à Trump?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Je me place du point de vue des intérêts français. <br />En 1864, Bismarck a lancé une guerre contre le Danemark pour lui voler le Schleswig-Holstein; sept ans plus tard, il avait déclaré la guerre à la France et annexé l'Alsace et une partie de la Lorraine. </p>

<p>Je transpose dans le monde actuel. Donald Trump menace le Danemark qui ne veut pas lui vendre le Groenland. Laisserons-nous faire, comme en 1864? Ou bien monterons-nous une coalition diplomatique européenne pour faire barrage à la nouvelle forme d'impérialisme américain que déploie Trump? </p>

<p>Je vois venir en effet la suite: Trump ou l'un de ses successeurs voudra mettre la main sur nos territoires d'outre-mer, à commencer par les Antilles et la Guyane. Les ganaches qui sont censées nous gouverner ont totalement négligé ces territoires (l'incompétence actuelle dans les secours portés à Mayotte est caricaturale), qui seront une proie facile pour un président américain.  </p>

<p>Qu'on me comprenne bien: je détestais autant le comportement de l'administration Biden. Je ne me suis jamais caché de désapprouver le soutien de Macron &amp; Cie à la guerre d'Ukraine et aux sanctions anti-russes. Je ne comprends pas la lâcheté du gouvernement allemand devant la destruction américaine de NordStream. </p>

<p>Mais là nous parlons du nouveau président américain. Il va traiter, sans consulter l'Europe, avec Poutine. Et il entend compenser la défaite humiliante de l'OTAN en Ukraine par une prédation qui remplace les ressources sur lesquelles l'Occident ne mettra pas la main en Ukraine: après tout, le sous-sol du Groenland et les céréales canadiennes, ça fait l'affaire quand on perd l'Ukraine... </p>

<p>Je n'ai aucune confiance dans la plupart des dirigeants européens. Ils sont soit nostalgiques de l'impérialisme version Biden, soit regardent Trump avec des yeux enamourés. </p>

<p>Comme souvent dans son histoire, la France va se retrouver seule, sans amis. Et en plus nous sommes surendettés, donc vulnérables. </p>

<p>Pourtant, je suis sûr que les choses ne vont pas être aussi faciles que Trump l'imagine: la négociation avec la Russie sera dure et longue; la prédation du Groenland, du Canada, du canal de Panama, si elles se réalisent, vont avoir un coût politique supérieur aux gains économiques, pour l'instant hypothétiques, qu'en attend le président américain. </p>

<p>Je sais bien que beaucoup, sincèrement, en France, attendent une grande libération de Trump. Ils sont convaincus qu'il va nous aider à nous débarrasser de la caste centriste qui paralyse la France. Mais c'est une illusion. </p>

<p>D'une part, Trump est un patriote, et même un nationaliste américain, qui est obsédé par le fait de sauver son pays; il nous fera d'autant moins de cadeaux qu'il a 78 ans et doit économiser ses forces, se concentrer sur l'essentiel. </p>

<p>Plus important, c'est une illusion de croire, d'autre part, que nous puissions être libérés par une puissance extérieure. En 1944, c'est de Gaulle qui nous a libérés. S'il n'avait pas été là, Roosevelt nous aurait soumis (monnaie d'occupation, cession prévue  de territoires français à l'Italie et à la Belgique). Trump ressemble beaucoup plus à Roosevelt que ce qu'on croit et il n'hésitera pas à piétiner la France si cela sert les Etats-Unis.  </p>

<p>Pourtant, l'instabilité créée par Trump est notre chance. C'est la première fois depuis longtemps que nous pouvons envisager de nous libérer de la caste qui nous entrave et des contraintes extérieures qui nous ligotent. En réalité, tout va dépendre de notre volonté, comme citoyens. Je suis convaincu que c'est possible. Mais il y a des impératifs à remplir: </p>

<p>1. Trump est un danger politique aussi nocif que le macronisme. C'est la tendance à diviser les Français au lieu de les unir face à la caste au pouvoir. Aujourd'hui, deux blocs se font face, qui flanquent le macronisme à droite et à gauche. L'un porte la révolte de la France périphérique; l'autre celle du peuple des métropoles. La prééminence donnée au débat "ethno-culturel" a dressé ces deux France l'une contre l'autre, en particulier avec le débat sur l'immigration et celui sur l'islam. Il faut revenir au génie français. Nous sommes des héritiers de Rome. Nous savons faire une nation civique à partir de toutes les origines, de toutes les religions. </p>

<p>Voilà pourquoi il faut repousser de toutes nos forces l'ingérence d'un Musk dans la politique française et européenne! Son tropisme anglo-saxon le pousse à encourager chez nous des forces de droite qui s'ingénieront à entretenir la division du peuple français, empêchant notre libération et le redressement du pays. Alors qu'il faut une convergence de toutes les révoltes sociales de la période Macron, de toutes les luttes, celles de la France des campagnes et des petites villes et celles de la France des grandes villes.  Aucune grande politique ne pourra être menée si les Français n'ont pas d'abord été réconciliés. </p>

<p>2. Trump va susciter un durcissement de tous les Etats. Il nous va falloir nous endurcir comme les autres. Je m'attends en particulier à un raidissement de l'Allemagne, quel que soit le prochain chancelier. Deux tendances contradictoires vont s'affronter. D'une part, une aspiration à renforcer la solidarité européenne, contre Trump; d'autre part un autoritarisme allemand pouvant aller jusqu'au chantage de quitter l'Union Européenne, si Berlin n'obtient pas satisfaction. </p>

<p>Il y a là une occasion extraordinaire à jouer pour la France, consistant à créer des coalitions européennes solides pour renforcer la solidarité européenne, au besoin en mettant l'Allemagne en minorité dans les instances européennes. Evidemment, Paris devra en profiter pour négocier une refonte totale des politiques énergétiques de l'UE et un nouveau marché de l'électricité. Nous avons urgemment besoin de retrouver des marges de manœuvre financières et le prix de l'énergie, grâce à une relance du nucléaire, est notre meilleur atout. </p>

<p>3. Ne nous faisons pas d'illusions. Ce que nous dit l'élection de Trump, c'est que l'époque de la gouvernance supranationale et du multilatéralisme est passée. Nous allons vers un monde polycentrique. Et l'Europe ne saura s'affirmer comme un centre du monde multipolaire que si elle retrouve elle-même le secret de sa force passée: son propre polycentrisme. La force des nations européennes, voilà ce qu'il faut retrouver. Priorité doit être donnée aux intérêts français de long terme, dans toutes les décisions que nous prenons, y compris dans le cadre des concertations européennes.</p>

<p>Prenons Trump à son propre piège: il demande aux Européens une augmentation de leur effort de défense? Bien entendu, la France va le faire, mais pas dans le cadre d'une défense européenne que l'Allemagne a toujours inféodée aux Etats-Unis! <br />Nous devons revenir  à l'esprit des années gaulliennes: moderniser notre force de dissuasion, développer par nous-mêmes l'arme hypersonique, investir massivement dans les drones, etc... Nous devons aussi innover: de Gaulle, c'était la Guerre Froide. Le grand défi de notre époque, c'est la défense et la mise en valeur du domaine maritime français, notre "outre-mer". </p>

<p>4. Les grandes périodes françaises sont celles où nous trouvons un équilibre entre notre engagement en Europe et notre engagement maritime. Actuellement, nos gouvernants sans imagination sont absorbés à 90% par l'Europe. Il va falloir rééquilibrer! </p>

<p>5. Et puis ce serait l'occasion de devenir un peu sérieux sur le sujet de l'immigration. Vous pouvez toujours maudire les quarante dernières années et leur immigration nombreuse. Vous pouvez aller, comme certains jusqu'à fantasmer: les "déportations" à la Trump, voilà le modèle.  <br />Ou bien vous pouvez vous rappeler que l'état de droit, n'en déplaise à Bruno Retailleau, c'est une réalité objective. Et que la France est profondément "romaine" dans sa capacité à faire une seule nation de personnes d'origines diverses.</p>

<p>Et vous pouvez vous dire aussi qu'au moment où nous devons nous rouvrir au vaste monde, au moment où les BRICS défient tranquillement l'Occident, des Français qui n'ont pas oublié l'origine de leurs parents ou de leurs grands parents peuvent devenir d'extraordinaires ambassadeurs du génie français partout dans le monde.  </p>

<p>La poursuite du macronisme, quel que soit le zombie qui sert de Premier ministre, c'est l'extinction lente de notre pays. Mais il n'y aura pas, contrairement à ce que certains imaginent, de "trumpisme à la française". Cela déboucherait sur une sujétion qui ne vaudrait guère mieux que l'actuelle. En revanche, il peut y avoir un "anti-trumpisme" intelligent, à la française. Nous avons une occasion unique (1) de mettre fin au débat ethno-culturel qui nous paralyse depuis les années 1980; (2) de reprendre la maîtrise de notre destin au sein de l'UE, en profitant de l'affaiblissement et du raidissement de l'Allemagne; (3) d'inventer notre place dans le monde de demain qui sera beaucoup plus façonné par les BRICS que par les Etats-Unis d'Amérique. </p>

<p>Si nous comprenons ce qui se passe, le désordre à la fois brutal et loufoque, que va causer la politique de Trump en Europe est une gigantesque occasion à saisir pour réussir la prochaine révolution française.</p>

<p><a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Husson_(historien)"><br />Édouard HUSSON<br /></a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Mon, 27 Jan 2025 22:57:25 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1005/projet-icebreaker-brise-glace-le-debut-d%E2%80%99un-systeme-mondial-unique-de-monnaie-numerique</link>
	<title><![CDATA[Projet Icebreaker / Brise-glace: Le début d’un système mondial unique de monnaie numérique ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Brandon Smith − Le 10 avril 2023 − Source <a href="https://alt-market.us/project-icebreaker-the-beginning-of-a-one-world-digital-currency-system/">Alt-Market</a></p><p></p><p>Au cours des deux dernières années, les médias alternatifs ont beaucoup discuté des dangers des monnaies numériques des banques centrales (CBDC), un cadre monétaire très similaire aux produits basés sur la blockchain comme le bitcoin, mais directement contrôlé par les banquiers centraux. Il s’agit d’une menace sur laquelle certains analystes, dont je fais partie, écrivent depuis plus d’une décennie, et il est donc bon de voir que la question est enfin abordée dans les médias grand public.</p><p>On ne saurait trop insister sur le caractère orwellien des CBDC. Dans une société sans argent liquide, la plupart des gens dépendraient des produits numériques pour l’échange de biens et de travail, ce qui signifierait bien sûr la fin de toute confidentialité dans les échanges. Tout ce que vous achetez, vendez ou travaillez dans votre vie serait enregistré, et cette absence d’anonymat pourrait être utilisée pour étouffer vos libertés à l’avenir.</p><p>Supposons par exemple que vous aimiez manger régulièrement du steak, mais que le gouvernement, de plus en plus autoritaire, décide d’inscrire la viande rouge sur la liste des risques pour la santé et des « risques liés au changement climatique » en raison des émissions de carbone produites par les vaches. Il détermine, sur la base de l’historique de vos achats (auquel il a pleinement accès), que vous avez contribué davantage à la pollution par le carbone que la plupart des gens en mangeant souvent de la viande rouge. Ils déclarent que vous devez payer une taxe carbone rétroactive sur vos achats passés de viande rouge. De plus, votre compagnie d’assurance vous envoie une lettre indiquant que vous présentez un risque médical et vous prive de votre couverture médicale.</p><p>Les produits que vous consommez et les services que vous utilisez peuvent être suivis pour créer un profil psychologique sur vous, qui pourrait ensuite devenir un facteur dans la détermination de votre score de crédit social, tout comme les autorités du PCC le font en Chine aujourd’hui. Peut-être refusez-vous d’acheter une injection annuelle d’ARNm, et l’algorithme de suivi en prend note. Vous êtes maintenant soupçonné d’être « anti-vax » et votre cote de crédit social s’effondre, ce qui vous exclut de divers lieux publics. Il se peut même que vous soyez licencié.</p><p>Dans le pire des cas, cependant, l’accès économique est le plus grand outil d’oppression. Avec les CBDC en place et l’absence d’argent liquide, vos économies ne vous appartiendront jamais vraiment et vous ne pourrez jamais détenir votre pouvoir d’achat entre vos mains. Les moyens d’échange seraient bloqués par les banques et les gouvernements auraient la possibilité de geler votre capacité à effectuer des transactions. Si un jour vous vous mettez en colère contre une politique gouvernementale particulière et que vous qualifiez ouvertement le système de corrompu sur les médias sociaux, ils pourront simplement vous interdire de transférer votre argent numérique à d’autres personnes jusqu’à ce que vous vous soumettiez, ou que vous mouriez.</p><p>Les CBDC permettent aux responsables de l’establishment d’affamer leurs opposants politiques avec une précision algorithmique. Ce serait un nouveau monde d’oppression technocratique.</p><p>Il est important de comprendre que les banquiers centraux développent et introduisent des monnaies numériques à une vitesse fulgurante. Il ne s’agit pas d’une question d’expérimentation, ils ont déjà ces systèmes prêts à être mis en œuvre. Le programme de transfert instantané de la Réserve fédérale « FedNow » devrait être lancé en juillet. Il ne s’agit pas d’une CBDC, mais d’une étape intermédiaire vers l’instauration de CBDC à court terme.</p><p>Dans le cadre de mes recherches sur les différents programmes de CBDC et sur la rapidité avec laquelle ils progressent, je suis tombé sur un programme intéressant appelé « Project Icebreaker », géré par la Banque des règlements internationaux (BRI). Pour ceux qui ne le savent pas, la BRI est une institution globaliste au passé clandestin connue sous le nom de « banque centrale des banques centrales ». Elle est le centre de décision de la plupart des banques centrales du monde. Si vous vous êtes déjà demandé comment il était possible qu’autant de banques centrales nationales opèrent en tandem au lieu d’agir dans l’intérêt des pays dans lesquels elles résident, la BRI est la réponse. En d’autres termes, des organisations comme la Réserve fédérale ne sont pas nécessairement loyales envers les Américains ou les responsables américains, elles sont loyales envers les diktats de la BRI.</p><p>La BRI est à l’avant-garde du mouvement en faveur de l’adoption des CBDC. Elle a financé un grand nombre de projets visant à tester et à affiner la technologie des CBDC et, depuis cette année, elle estime qu’au moins 81 banques centrales dans le monde sont en train d’introduire des systèmes de monnaie numérique.</p><p>Le projet Icebreaker a particulièrement attiré mon attention pour plusieurs raisons. La BRI décrit le projet comme une chambre de compensation des changes pour les CBDC de détail (les CBDC de détail sont des monnaies numériques utilisées par le grand public et les entreprises), permettant à ces monnaies d’être échangées d’un pays à l’autre de manière rapide et efficace. Pour ce faire, elle utilise le « Icebreaker Hub », un mécanisme contrôlé par la BRI qui facilite les transferts de données pour toute une série de transactions en connectant les banques à d’autres banques.</p><p>[embedded content]</p><p>En enquêtant davantage, je me suis rendu compte que le Icebreaker Hub fonctionnait en théorie presque exactement comme le système de paiement SWIFT utilisé actuellement par les gouvernements et les banques internationales. Plus de 10 000 institutions financières dans 212 pays différents utilisent le réseau SWIFT pour transférer des fonds à l’étranger pour leurs clients ; il s’agit d’un incroyable goulot d’étranglement centralisé qui confère à ses actionnaires un pouvoir considérable.</p><p>À titre de référence, après le début de la guerre entre l’Ukraine et la Russie, l’expulsion de la Russie du réseau SWIFT a été utilisée comme une arme pour tenter de faire s’effondrer l’économie russe. La Russie a trouvé des moyens de contourner l’utilisation de SWIFT en raison de ses relations commerciales avec des économies majeures comme la Chine et l’Inde, mais des dommages ont tout de même été causés à sa structure financière.</p><p>Et si toutes les transactions monétaires étaient centralisées par l’intermédiaire des CBDC et que la BRI contrôlait la <a href="https://www.bis.org/publ/othp61.pdf">plaque tournante</a> dans laquelle toutes les CBDC de détail sont échangées à l’échelle mondiale ? Voilà ce qu’est le brise-glace.</p><p>Imaginez maintenant que vous exploitiez une entreprise qui repose sur des transactions à l’étranger ; disons que vous devez payer des fabricants au Viêt Nam ou à Taïwan pour fabriquer vos produits. Avec les CBDC en place, vous serez très probablement complètement dépendant d’un système similaire à Icebreaker Hub pour transférer de l’argent numérique vers les banques vietnamiennes et sur les comptes de vos fabricants. Supposons que les fonctionnaires de la BRI, pour une raison ou une autre, décident qu’ils ne vous aiment pas et qu’ils prennent des sanctions à la russe en vous refusant l’accès au hub. Votre entreprise n’a plus de raison d’être.</p><p>Que se passerait-il si vous deviez respecter certaines normes pour être autorisé à utiliser la plate-forme, et si la BRI imposait ces normes ? Que se passerait-il si la BRI décidait que votre entreprise doit répondre à des catégories ESG avant d’obtenir l’autorisation d’effectuer des transactions sur le brise-glace ? La BRI a désormais la capacité de manipuler les tendances sociales et culturelles en utilisant votre entreprise et des millions d’autres entreprises comme messagers forcés.</p><p>Pour le consommateur moyen qui effectue la plupart de ses transactions dans son pays d’origine, cela ne semble pas être une grosse affaire. Mais pour le monde des affaires, une plateforme de type SWIFT pour les CBDC de détail pourrait être utilisée pour dominer l’ensemble du commerce international. Diriger une organisation ou une entreprise de plus grande envergure reviendrait à se plier aux caprices de la BRI.</p><p>Mais il y a pire…</p><p>Une partie du processus de la méthode d’échange « rayons et roues » utilisée par le Icebreaker Hub comprend l’exploitation d’une « monnaie de transition » pour combler les lacunes en matière de taux de change et de liquidité. À première vue, il s’agit d’un moyen astucieux d’accélérer les transactions en évitant les pénuries de devises dans les banques. Cela dit, je voudrais que les lecteurs réfléchissent à la trajectoire à long terme que ce type de « pont » met en branle dans le domaine des CBDC.</p><p>Supposons qu’une crise économique d’envergure mondiale provoque des fluctuations considérables de nombreuses devises. Supposons, par exemple, que le dollar américain perde son statut de réserve mondiale et son statut pétrolier, ce qui affole les marchés des changes. L’inflation des prix devient rampante et les institutions bancaires vacillent sous la pression des liquidités. Supposons que les banquiers centraux introduisent les CBDC comme solution au problème, et le Icebreaker Hub de la BRI comme intermédiaire pour le commerce international. La population serait tellement effrayée par le krach économique qu’elle adopterait le cadre numérique. Supposons maintenant que la BRI affirme qu’elle n’a toujours pas trouvé de monnaie qu’elle considère comme suffisamment stable pour servir d’intermédiaire dans la plupart des transactions mondiales. Que se passe-t-il alors ?</p><p><a href="https://www.imf.org/en/Publications/fandd/issues/2019/12/future-of-the-IMF-special-drawing-right-SDR-ocampo">Heureusement</a> pour nous tous, la BRI et le FMI ont travaillé sur leur propre CBDC mondiale. Dans le cas du FMI, cette monnaie mondiale unique serait basée sur le système de panier des droits de tirage spéciaux qu’il utilise depuis des décennies pour négocier les transferts de devises entre les gouvernements nationaux. La BRI utiliserait ensuite cette monnaie mondiale unique comme passerelle pour l’IceBreaker.</p><p>La BRI, le FMI et les différentes banques centrales finiront par poser au public l’inévitable question : « Pourquoi s’embarrasser de ces échanges de monnaies nationales alors que nous disposons d’une monnaie-relais parfaitement efficace sous la forme de cette CBDC mondiale ? Pourquoi ne pas se débarrasser de toutes ces CBDC nationales superflues et n’avoir qu’une seule monnaie pour tout le monde ? »</p><p>C’est ainsi que l’on parviendrait à une centralisation financière mondiale totale. Et une fois que vous avez une monnaie mondiale unique, une économie mondiale complètement centralisée et micro-gérée et les systèmes commerciaux les plus vitaux du monde contrôlés par une minuscule poignée de bureaucraties non élues et sans visage, pourquoi alors avoir des nations ? Un gouvernement mondial serait la prochaine et dernière étape.</p><p>Je vois ce cauchemar se dessiner lorsque je regarde des projets comme Icebreaker. Ils sont apparemment inoffensifs, mais ils agissent comme l’ADN qui donne naissance à la tyrannie économique.</p><p>Brandon Smith</p><p>Traduit par Hervé pour le Saker Francophone</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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