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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sun, 20 Aug 2023 20:20:52 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La disparition de la gauche laisse place à des humeurs tristes]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L'écrivain Nicolas Mathieu prétend que le monde le passionne trop pour qu'il puisse imaginer le transformer. Mais son regard aide à saisir les humeurs qui traversent la société française. Interview.</p><p>Nicolas Mathieu a reçu le prix Goncourt 2018 pour Leurs enfants après eux, qui explorait la vie d’adolescents dans l’est de la France des années 1990. La force de ses romans chorals naît de sa capacité à croquer des strates très différentes de la société française, aux regards, aux aspirations et aux intérêts divergents, illustrant le principe énoncé par Jean Renoir : « Le problème, dans la vie, c’est que chacun a ses raisons. » Il avait publié en 2014 Aux animaux la guerre, un polar (adapté en série télé avec Olivia Bonamy et Roschdy Zem) dans lequel une inspectrice du travail faisait office de détective privée dessalée à l’américaine, et un délégué du personnel, de bad boy.</p><p>Son troisième roman, Connemara, caracole en tête des ventes. Une histoire d’amour, toujours dans l’est de la France… Entre une consultante, qui est partie faire une école de commerce, a vécu à Paris, avant de revenir s’établir à Nancy, et son béguin de jeunesse, star de l’équipe de hockey sur glace d’Épinal, qui lui, est resté – tous deux subissant le déclassement d’une région en crise. Le titre du roman évoque « Les Lacs du Connemara » de Michel Sardou, cette rengaine que « tout le monde connaît mais qui ne dit pas la même chose quand elle est diffusée dans un bal populaire que quand on la passe dans une soirée HEC ».</p>
<p>Le personnage féminin de Connemara, Hélène, est ce qu’on appelle un transfuge de classe. Et on a aujourd’hui l’impression que moins il y a de transfuges de classe dans cette société… </p>
<p>Nicolas Mathieu :... Plus on en parle… Je m’interroge également là-dessus, c’est assez mystérieux. Autrefois, un transfuge de classe, c’était quelqu’un qui, grâce à l’école républicaine, changeait de milieu. Aristide Briand, fils de bistrotier qui devient le maître de la diplomatie française pendant vingt ans en est le meilleur exemple. Ils entraient dans les livres d’histoire. Aujourd’hui, ça existe toujours, mais s’il y avait dix places dans l’ascenseur social, il n’y en a plus que deux. Est donc née une espèce de passion pour les histoires de transfuges sociaux, auxquels pas mal de lecteurs s’identifient. Mais une société se raconte toujours beaucoup de mensonges sur elle-même pour se rendre supportable à ses propres yeux. Ce goût pour les parcours de transfuges est le dernier mensonge en date avec lequel notre société profondément reproductrice des inégalités s’automystifie. Ça lui permet de continuer à parler de liberté et de méritocratie. J’ai d’ailleurs parfois eu l’impression que mes romans intéressaient moins que le récit de ma vie. L’impression de subir des interviews douanières, où l’on me demandait mes papiers d’identité, où l’on me ramenait à ce que je peux représenter, à ce que mon parcours signifie. J’essaie d’esquiver, de ne pas devenir le transfuge de classe de service.</p>
<p>On vous présente souvent comme le romancier des classes populaires, alors que dans vos romans vous évoquez des milieux sociaux très différents. Pourquoi, à votre avis ?</p>
<p>N. M. : On me dit tout le temps que je parle de la France d’en bas, des couches les plus modestes de la société, d’une sorte de lumpenprolétariat. Plusieurs journalistes m’ont parlé des chômeurs que je mets en scène dans Leurs enfants après eux… alors que tous les personnages travaillent ! Ils n’ont peut-être pas des vies très éclatantes, mais ce sont celles de gens qui ne s’en sortent pas si mal. Les mondes que j’essaie de constituer marchent par strates, les écarts de classe sont subtils, il y a des frontières, certes, mais également des circulations, des passages souterrains. </p>
<p>Comment faites-vous pour construire ces mondes ?</p>
<p>N. M. : Je pars du réel que j’observe, pas des livres de sociologie que je lis ou d’une idée de la société que je me ferais. Il y a de moi un peu partout, des souvenirs de potes, des gens que j’observe. Et je me lance de plus en plus dans des dispositifs d’enquête. Je ne suis pas Florence Aubenas, je ne fais pas des immersions de six mois… Pourtant, pour Connemara, j’ai rencontré des consultants, lu des bouquins sur le sujet, passé du temps avec l’équipe de hockey à Épinal, dans les vestiaires, à faire des entretiens. C’est documenté pour produire un effet de justesse. Pas avec l’ambition d’épuiser un sujet, comme certaines biographies américaines, mais pour planter les bons pitons dans le mur avant de tendre ma toile.</p>
<p>Annie Ernaux, l’autrice de l’Événement et de Passion Simple, adaptés au cinéma en 2021, présentée elle aussi comme un transfuge de classe emblématique, fait exactement l’inverse : elle parle d’elle en se mettant à distance, en se regardant comme une sorte d’objet sociologique.</p>
<p>N. M. : Cela correspond à un moment de la littérature française. Dans les années 1970-80, la fiction, c’était trahir, fasciner les foules à peu de frais. On n’avait plus le droit d’écrire comme Balzac. Pour ma part, à chaque fois que je recommence à écrire en disant « je », ça retombe à plat. Donc, je ne dis pas qu’il ne faut pas le faire, mais que ce n’est pas mon truc ; je creuse mon sillon.</p>
<p>Dans Connemara, comme dans Leurs enfants après eux, la rencontre, le brassage social, naît du désir, du sexe. Comme dans Feu de Maria Pourchet, succès de la rentrée littéraire 2021, ou dans beaucoup de romans de Houellebecq…</p>
<p>N. M. : On peut très bien avoir envie de quelqu’un qui n’est pas de notre monde, et s’il est d’accord, ça produit des effets. Le désir a une puissance révolutionnaire ! C’est une transgression des frontières sociales qui échappe au politique, à toutes les règles. Mes personnages sont des corps avant tout. Nous ne sommes que des corps, jusqu’au bout. Et, quand on n’a plus rien, on a encore un corps. Donc je pars de là, j’essaie de rendre ce que leurs corps éprouvent. Les affects par lesquels ils sont traversés, leurs perceptions : le sexe, la sueur, l’odeur du pain grillé, etc. Je ne suis pas très intellectuel, en fait (rire). Mais, même si je ne suis pas Céline, la question de l’écriture, du style, ne m’est pas indifférente du tout. Produire des affects avec la langue, c’est peut-être même ce qui m’intéresse le plus.</p>
<p>Invité à l’émission de France 5 « C’est politique », vous opposiez une « gauche hypokhâgne » à une « gauche bac pro ». Que vouliez-vous dire par là ?</p>
<p>N. M. : Faire de la politique, ce n’est pas seulement trouver des solutions, gérer. C’est aussi représenter dans l’arène les différentes manières d’être qui existent dans le pays. Et il y a une manière d’être populaire. La gauche doit renouer avec une de ses missions historiques qui est de représenter les intérêts de ces classes populaires. Jusqu’aux années 1980, le Parti communiste les structurait culturellement et intellectuellement. Il n’a jamais vraiment eu de chance d’accéder au pouvoir, mais ses 30 % aux élections et la puissance de la CGT donnaient un cadre. Depuis, le PC est mort, et le PS a emprunté une autre trajectoire… En conséquence, les classes populaires sont à l’extrême droite ou abstentionnistes.</p>
<p>C’est donc le Rassemblement national qui représente aujourd’hui cette manière d’être ?</p>
<p>N. M. : La disparition du PC et d’une certaine gauche a laissé la place à des passions dangereuses, à un profond sentiment d’abandon et à des humeurs tristes. La gauche avait un souci profond d’égalité qu’il n’y a pas chez Marine Le Pen, qui au contraire ne cesse d’établir des hiérarchies. </p>
<p>Existe-t-il encore un tissu associatif qui pallierait la disparition des structurations politiques ?</p>
<p>N. M. : Dans les petites villes, des gens comme le maire de Connemara, il y en a encore plein. Dans les municipalités, les associations, on voit se développer des solidarités interpersonnelles, intergénérationnelles. J’ai des parents âgés, par exemple, et autour d’eux il y a tout un dispositif départemental, amical, familial, formant une nébuleuse qui fait que ça tient. La défiance que l’on constate actuellement va du bas vers le haut. Elle ne s’exprime pas entre les gens, qui eux se tiennent les coudes en permanence. Les Gilets jaunes, c’était un peu ça, des catégories sociales dominées qui ont joui à un moment d’éprouver leur force. D’être ensemble.</p>
<p>Les gens comme Hélène, branchés sur la capitale, la mondialisation, ne peuvent-ils pas eux aussi apporter quelque chose à la province ?</p>
<p>N. M. : Hélène a tenté de s’arracher à sa région d’origine, avec laquelle elle a un rapport ambivalent… Et puis elle a fait un burn out, elle est revenue, et finalement elle ne trouve pas ça si mal, même si elle a des difficultés à renouer avec ce monde. Quand j’effectuais des travaux alimentaires, j’ai écrit des procès-verbaux de comités d’entreprise, puis des comptes rendus liés à la fusion des régions. J’ai vu les gens du conseil débarquer avec leurs enquêtes, leurs slides, leurs organigrammes… D’une certaine manière, ce sont eux – ces gens qui ressemblent à Hélène, burn out en moins – qui sont devenus les députés macronistes de 2017. Ils sont emblématiques d’un phénomène plus ancien. La chose publique est contaminée par les logiques de l’entreprise. Et Macron, c’est simplement le Comex suprême… Ses outils de pensée sont les outils de management et de gestion des ressources humaines. Le cours d’éco a remplacé le cours d’histoire ou de droit comme école du pouvoir. C’est une idéologie transparente à elle-même, c’est-à-dire que les gens qui la pratiquent considèrent que ce n’est pas une idéologie mais une forme de pragmatisme. Pour eux, l’économie est un fait de nature. Il y a l’économie comme il y a de la pluie. Alors que ce sont des constructions humaines qui pourraient être changées politiquement. Mais ils préfèrent accompagner le monde, parce que dans le fond ce monde leur convient. </p>
<p>Tout cela vous donne-t-il envie de vous engager ?</p>
<p>N. M. : Non, et ce n’est pas qu’une question intellectuelle, c’est une question de métabolisme : je ne suis pas fait pour ça. Convaincre, ça ne m’intéresse pas, la chicane, encore moins. Fondamentalement, je suis très peu acteur. Je suis un voyeur depuis toujours. Et puis je n’ai pas d’idée très précise de ce que serait un monde meilleur. Le critique de cinéma Serge Daney disait en substance : « Je suis de gauche, mais je manque un peu d’imagination pour être révolutionnaire. » Disons que le monde me passionne trop pour que je pense à ce qu’il devrait être. Je me roule dedans. J’appartiens en fait à une gauche mélancolique qui ne se fait pas tellement d’illusions sur la nature humaine et les possibilités de progrès, qui sont toujours assez ténues. Même si cette lutte doit être menée, constamment. </p>
<p>La littérature est-elle capable de donner les clés pour dépasser les différences sociales ?</p>
<p>N. M. : Elle ne soigne pas, et ce n’est pas le but. Mais elle permet de comprendre ce qui nous meut et nous traverse. Pourquoi là, on est mal à l’aise ? Pourquoi, quand on se retrouve à une table avec des gens qui ne sont pas de notre monde, on a peur de commettre des impaires ? La littérature permet de démystifier les choses. De voir que ce n’est pas notre médiocrité qui s’exprime, que c’est le résultat d’un rapport de force, d’un système. Donc elle ne soigne pas, mais elle nous rend moins bêtes, moins aliénés, moins esclaves de certaines illusions.</p><p>Dans Connemara, Hélène adolescente admirait Christophe parce qu’il était beau mec, que c’était un champion de hockey. Et puis la vie a rééquilibré les choses. Quand on accomplit un parcours de transfuge, on se dit : « Si j’avais su ce que je sais aujourd’hui… » On aimerait rejouer sa jeunesse avec les armes de l’âge adulte. Un fantasme qui s’exprime de manière très éclairante dans la saga Retour vers le futur. </p><p>Retrouvez l'interview complète de Nicolas Mathieu dans <a href="https://boutique.ladn.eu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le numéro 30 de la revue L'ADN – que vous pouvez vous procurer ici</a>.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 20 Aug 2023 06:38:24 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Les Romains avaient plus chaud que nous en été]]></title>
	<description><![CDATA[<p>La densité du bois au sein des anneaux de croissance des pins scandinaves fournit de nouvelles informations sur notre climat passé. Les Romains pourraient, par exemple, avoir eu plus chaud que nous durant les mois d'été. La Terre se serait également refroidie durant 2.000 ans, jusqu’à ce que l’Homme commence à libérer massivement des gaz à effet de serre. </p><p>Cela vous intéressera aussi</p><p>Les anneaux de croissance observables dans des coupes de <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/botanique/d/le-bois-formation-et-structure_475/c3/221/p3/" title="Dossier bois : structure d'un tronc d'arbre" target="_blank">troncs d’arbre</a> (ou de grosses branches) fournissent de précieuses informations sur les différents <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/terre-3/d/lire-le-passe-dans-du-charbon_2876/" title="Lire le passé dans du charbon" target="_blank">climats du passé</a>. En effet, leurs tailles dépendent fortement des variations saisonnières de températures, les étés chauds sont par exemple marqués par des <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/question-reponse/t/nature-1/d/quel-est-le-plus-vieil-arbre-du-monde_1120/" title="Q/R Quel est le plus vieil arbre du monde ?" target="_blank">cernes</a> plus larges. Grâce à des <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/climatologie-1/d/etude-du-climat-les-anneaux-de-croissance-des-arbres-sont-peu-fiables_36558/" title="Étude du climat : les anneaux de croissance des arbres sont peu fiables" target="_blank">analyses dendrochronologiques</a> réalisées il y a quelques années, des chercheurs avaient démontré que notre <a href="https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/climatologie-climat-13771/">climat</a>climat avait peu changé au cours des deux derniers millénaires, avant la révolution industrielle.</p><p>Une nouvelle étude, toujours basée sur l'analyse des cernes de <a href="https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/botanique-bois-4042/">bois</a>bois, remet maintenant ce résultat en cause. Selon <a href="http://www.geo.uni-mainz.de/1246.php" title="Présentation du laboratoire de Jan Esper (en anglais)" target="_blank">Jan Esper</a> de la <a href="http://www.uni-mainz.de/eng/" title="Johannes Gutenberg University" target="_blank">Johannes Gutenberg University</a> (Allemagne), l'<a href="https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/geographie-hemisphere-nord-12782/">hémisphère nord</a>hémisphère nord aurait subi un long refroidissement durant près de 2.000 ans, approximativement à partir de l'époque romaine. Ses travaux, présentés dans la revue <a href="http://www.nature.com/nclimate/journal/vaop/ncurrent/full/nclimate1589.html" title="Nature Climate Change : Orbital forcing of tree-ring data" target="_blank">Nature Climate Change</a>, ont tenu compte de la densité du bois à l'intérieur des anneaux de croissance. Par rapport aux précédentes estimations, l'Angleterre aurait pu profiter d'un <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/climatologie-1/d/marques-du-rechauffement-climatique-dans-les-lacs-de-larctique_1948/" title="Marques du réchauffement climatique dans les lacs de l'Arctique" target="_blank">climat plus chaud</a> que prévu en été au début de notre ère, ce qui justifierait le succès de la culture des <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/geologie/d/vins-vignes-vignoble-francais_1342/c3/221/p9/" title="Dossier Les secrets du vin : géologie du vignoble français" target="_blank">vignes</a> au nord de ce territoire par les Romains.</p>
<p>Le climat passé révélé par des carottages de pins</p>
<p>Des <a href="https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/climatologie-carottage-6165/">carottages</a>carottages ont été réalisés par l'équipe de Jan Esper sur 537 pins sylvestres <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/botanique/d/coniferes_774/c3/221/p1/" title="Dossier : Tout savoir sur les conifères" target="_blank">Pinus sylvestris</a> vivants, ou sur des troncs immergés (parfois depuis plus de 1.500 ans), en Finlande et en Suède. La <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/homme/d/le-miracle-des-stradivarius-devrait-beaucoup-au-climat_16152/" title="Le miracle des Stradivarius devrait beaucoup... au climat" target="_blank">densité du bois</a> au sein des cernes a ensuite été mesurée grâce à des techniques radiographiques utilisant les <a href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-rayon-x-1002/">rayons X</a>rayons X.</p><p>La reconstitution des températures d'été (entre juin et août) a mis en évidence une succession de périodes chaudes (époques romaine et médiévale) et froides (aux VIe et XIVe siècle). Le <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/climatologie/d/les-secrets-de-notre-climat-actuel_837/c3/221/p1/" title="Dossier : Les secrets de notre climat actuel" target="_blank">climat</a> aurait donc davantage varié dans le passé par rapport aux prédictions, établies notamment par Michael Mann de la <a href="http://www.psu.edu/" title="Pennsylvania State University" target="_blank">Pennsylvania State University</a> qui a produit le célèbre graphique de la <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/terre-3/d/hockey-stick-reconstruction-des-temperatures-et-controverse-scientifique_9238/" title="Hockey Stick : reconstruction des températures et controverse scientifique" target="_blank">crosse de hockey</a>. Entre les années 21 et 50 après J.-C., la température d'été moyenne de la Scandinavie devait être supérieure de 1,05 °C par rapport à celle mesurée entre 1951 et 1980. Cette différence s'élèverait même à 2 °C si l'on compare l'<a href="http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/homme/d/une-superbe-statue-romaine-en-bronze-decouverte-en-allemagne_20313/" title="Une superbe statue romaine en bronze découverte en Allemagne" target="_blank">époque romaine</a>, la plus chaude au cours de ces deux derniers millénaires, avec les années 1451 à 1480.</p>
<p>L’Homme aurait bien retardé la prochaine glaciation</p>
<p>Une tendance au refroidissement de la planète depuis le début de notre ère avait déjà été soulignée par des chercheurs, essentiellement par Darrell Kaufman, en 2009, qui a analysé l'<a href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/chimie-air-4452/">air</a>air emprisonné au cours du temps dans les <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/climatologie/d/au-coeur-de-la-glace-le-secret-du-climat_497/c3/221/p1/" title="Dossier : Au coeur de la glace, le secret du climat" target="_blank">glaces de l’Arctique</a>. Selon lui, la température de la <a href="https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/structure-terre-terre-4725/">Terre</a>Terre diminuait de 0,21 °C par millénaire depuis 2.000 ans avant que la révolution industrielle ne survienne. Jan Esper a confirmé cette tendance, mais le chiffre qu'il avance est beaucoup plus important : 0,31 °C par millénaire. Ce refroidissement général serait attribué à des modifications du taux d'ensoleillement de l'hémisphère nord (environ -6 W/m² depuis le début de notre ère) et donc à des modifications connues de différents paramètres astronomiques, dits de <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/terre-3/d/quand-la-terre-zigzague-la-vie-trinque_9795/" title="Quand la Terre zigzague, la vie trinque" target="_blank">Milankovitch</a>, de notre planète (son <a href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/univers-obliquite-949/">obliquité</a>obliquité, son <a href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/univers-excentricite-930/">excentricité</a>excentricité et sa <a href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/univers-precession-875/">précession</a>précession). Selon l'auteur, les autres facteurs de forçage ne peuvent en effet pas expliquer l'amplitude des variations observées.</p><p>Cette étude conforte également une autre hypothèse. Les <a href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-emission-389/">émissions</a>émissions de <a href="https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/climatologie-gaz-effet-serre-5381/">gaz à effet de serre</a>gaz à effet de serre d'origine anthropique, massives depuis le début de l'ère industrielle, pourraient avoir interrompu l'arrivée de la prochaine ère glaciaire en mettant fin au refroidissement de la moitié nord de la planète. L'Homme aurait donc bien retardé la <a href="http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/geologie-1/d/rechauffement-lhomme-retarde-la-prochaine-glaciation_35905/" title="Réchauffement : l’Homme retarde la prochaine glaciation" target="_blank">prochaine glaciation</a>. Cette interprétation serait cependant remise en cause par plusieurs scientifiques qui rappellent que les mesures ont été prises à de hautes <a href="https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/geographie-latitude-720/">latitudes</a>latitudes et qu'elles ne concernent que les températures estivales. Certaines interprétations auraient pu, selon eux, être exagérées. </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 01 Aug 2023 08:03:02 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[LE RACISME DES Français]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>La grande majorité des français n'ont pas "peur" des musulmans qui aiment la France, et respectent ses moeurs et ses traditions (sans d'ailleurs oublier ni renier leur culture d'origine). Ils n'ont pas peur des musulmans qui, quand ils sont croyants, pratiquent leur religion tranquillement, en oubliant ce qui évoque  dans le texte coranique et les hadiths le  refus de l'altérité, la  haine des juifs, des chrétiens et des incroyants et  la prédominance de la charia sur les lois de la République.   Ils ont peur des délinquants de la vie quotidienne et des terroristes qui se trouvent être aujourd'hui très majoritairement musulmans. Ils ont peur des musulmans qui veulent les provoquer en leur imposant des façons de vivre en commun qui les choquent et leur donnent le sentiment qu'ils ne sont plus chez eux dans leur pays. Faire croire que les français sont racistes et qu'ils ont la fameuse "peur de l'Autre", c'est commettre une mauvaise action qui a des conséquences graves, car c'est renforcer la victimisation des musulmans  qui est toujours la justification de la violence.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/918/la-rebellion-de-prigojine-ne-serait-elle-pas-une-psyop-russe%C2%A0</guid>
	<pubDate>Sun, 02 Jul 2023 21:52:35 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La rébellion de Prigojine ne serait-elle pas une psyop russe ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Wayan – Le 26 juin 2023 – Le Saker Francophone</p><p>La grande histoire médiatique de la semaine dernière fut la « rébellion armée conduite par Prigojine » et sa « marche pour la justice sur Moscou ». Une histoire rocambolesque comme les aiment les médias du monde entier. Un rebondissement de plus dans l’histoire médiatique déjà pleine de rebondissements qu’est « l’invasion de l’Ukraine par la Russie ».</p><p>Pendant quelques jours, les spéculations allèrent grand train sur le pourquoi et pour qui de cette rébellion totalement suicidaire pour Prigojine. Un coup de folie mégalomane, sa corruption par l’Occident, une colère noire et incontrôlable contre Shoigu, autant de spéculations auxquelles nous n’aurons pas de réponse.</p><p>Mais dans ce déluge d’hypothèse, une n’a pas été étudiée et pourtant, selon ma logique, elle correspond le mieux aux faits observés, à la dinguerie du scénario et aux intentions des scénaristes : Et si cette soudaine et intempestive « rébellion armée » n’était qu’une psyop menée par le gouvernement russe avec en tête d’affiche le couple d’acteurs Poutine/Prigojine.</p><p>Expliquons maintenant cette hypothèse en commençant par remonter le temps de quelques mois, à la prise de Bhakmut par Wagner, l’armée de mercenaires dirigée par Prigojine. Rappelons-nous qu’à cette époque un mélodrame du même genre, à plus petite échelle, s’était déroulé quand Prigojine avait, par réseaux sociaux interposés, maudit l’armée russe de ne pas lui fournir assez d’armes et de soutien logistique, menaçant de tout laisser tomber. Cette histoire s’était paradoxalement passée au moment même où Wagner était en train de prendre les derniers quartiers résistants de Bhakmut. [Beaucoup <a href="https://www.rt.com/russia/575918-wagner-promised-needed-ammo-prigozhin/">d’articles</a> de <a href="https://www.rt.com/russia/576629-key-donbass-city-captured-wagner/">RT</a> sur cette <a href="https://www.rt.com/russia/578555-ukraine-attempts-retake-artyomovsk-mod/">histoire</a> ont été effacés depuis, mais suivant RT de près a cette époque je m’en souviens bien].</p><p>Pour comprendre ma logique, il faut bien se rappeler de deux choses :</p>
<p>Le but actuel de l’armée russe n’est pas de prendre du terrain en Ukraine mais de « démilitariser le pays », c’est-à-dire d’infliger le maximum de pertes en vie humaines et en matériel. Une fois la « démilitarisation » effectuée, prendre du terrain sera un jeu d’enfant. Cette démilitarisation permettant surtout que ce terrain ne soit plus pris et repris par d’incessantes et douloureuses attaques et contre-attaques. A Bhakmut, Prigojine a lancé ces attaques verbales contre l’armée russe au moment ou les ukrainiens commençait à perdre espoir de tenir la ville et battre en retraite. Voir Wagner en difficulté leur a redonné de l’élan et ils ont donc envoyé quelques centaines d’hommes en plus dans le « hachoir à viande » qu’était Bhakmut. Toujours cela de pris pour les russes.<br />Dès le début de son « Opération Militaire Spéciale », le gouvernement russe a pondu un décret condamnant à la prison quiconque critiquait ou cherchait à déstabiliser l’armée russe. Pourtant, Prigojine a pu le faire publiquement sans subir la moindre répercussion, même pas une frappe sur les doigts. On sait pourtant que Poutine peut être très dur quand il le faut. Cette « faiblesse » de la part du gouvernement russe alors même que Shoigu était publiquement touché est donc extrêmement surprenante. Dans un scénario « vraie vie » Prigojine aurait déjà dû, dès l’épisode Bhakmut, être mis sur la touche, d’une manière ou d’une autre, d’autant plus qu’il n’a rien d’indispensable dans cette « Opération Militaire Spéciale ». Kadirov, le grand chef de l’armée Tchétchène est prêt à le remplacer, comme il l’a déjà proposé moultes fois.</p>
<p>Maintenant revenons à cette « <a href="https://www.dedefensa.org/article/glossairedde-la-tragedie-bouffe">tragédie bouffe</a> » russe du week-end et notons qu’elle se déroule dans un timing identique à celui de Bhakmut. La contre-offensive ukrainienne bat de l’aile et des rumeurs de repli stratégique commencent à poindre malgré l’impérieuse nécessité d’une victoire ukrainienne. C’est-à-dire, pour les russes, un « taux de démilitarisation » passant de 800-1000/jours à quelques dizaines/jours. Voilà qui ne fait pas leur affaire. Il faut donc redonner des ardeurs guerrières à l’armée ukrainienne. Tout combattant sait combien percevoir l’adversaire faiblir va relancer son ardeur à la bagarre. Alors Prigojine qui, à Bhakmut, s’était déjà révélé un aussi bon acteur que Zelensky rentre en scène et déclare que l’armée russe ment, que ses pertes sont totalement sous-évaluées, que la dissension interne va entraîner la défaite de la Russie, que le chef des armées est soit un incapable soit un traitre. Il y va très fort et balance tout à la fois puis, histoire que le scénario soit plus convaincant et marque les esprits, passe à l’action. « <a href="https://twitter.com/nexta_tv/status/1672562335573999617">Envahissement de Rostov sur le Don</a> », « <a href="https://twitter.com/PeelTheFern/status/1672465191261306890">prise du quartier général militaire</a> », « <a href="https://twitter.com/OliLondonTV/status/1672381443895336963">Marche sur Moscou</a> », sans une goutte de sang versée et minutieusement reporté sur Twitter où sa tronche de folle-dingue apparaît sans arrêt, tel un joker fou. En voyant ces scènes, on se dit que le metteur en scène avait visiblement peu de moyens mais le sens du mélodrame. Alors pour donner encore plus de consistance au scénario, Poutine lui-même entre en jeu et fait un discours martial mais sans accuser directement Prigojine ni prononcer son nom une seule fois. Pour un caractère moral comme Poutine, le mensonge a ses limites</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 28 May 2023 11:36:02 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Sur la déqualification programmée, le secret de la soi-disant « société de la connaissance »]]></title>
	<description><![CDATA[<p><a href="https://la-sociale.online/">Accueil</a> &gt; <a href="https://la-sociale.online/spip.php?rubrique31">Dossiers</a> &gt; <a href="https://la-sociale.online/spip.php?rubrique5">Lutte des classes</a> &gt; Sur la déqualification programmée, le secret de la soi-disant « société de la (...)</p><p>Sur la déqualification programmée, le secret de la soi-disant « société de la connaissance » — par Carlos Javier Blanco Martín, docteur en philosophie</p><p>La véritable cause du discrédit croissant du marxisme ne vient pas, comme on l’insinue si souvent, de la chute du mur de Berlin. Un événement ne « réfute » pas une vision du monde, car les visions du monde sont irréfutables en elles-mêmes. Si la pléthore de marxismes actuels (ou survivants, si l’on remonte au moins à 1989) échouent dans leur analyse de la réalité sociale, ce n’est pas exclusivement en raison de leur impuissance, de leur incapacité à transformer la société ou de leur utilité discutable en tant qu’arme prétendument anticapitaliste. Le prétendu échec cache la fonctionnalité du marxisme, sa nature intégrée dans le capitalisme lui-même. Le marxisme est devenu, dans ses différents courants, et contrairement aux intentions de son fondateur, une apologie du capitalisme et une idéologie de couverture de celui-ci.</p><p>Le marxisme est devenu un système de consentement. Il est, après la chute de l’URSS et le déclin progressif de la population ouvrière en Occident, et de plus en plus, un système créant des moyens de canaliser le mécontentement, une couverture des réalités économiques aliénantes et une source inépuisable de discours « politiquement corrects ». Ce n’est pas que le marxisme soit inefficace en tant qu’anticapitaliste, mais qu’il existe (dans la mesure où il existe encore) en tant qu’idéologie capitaliste.</p><p>On peut le constater dans le domaine de l’éducation. Il est clair que les pays occidentaux ont régressé en termes d’enseignement de qualité, fondé sur le respect de l’autorité et de la profession d’enseignant, sur l’exigence et la rigueur. Nous avons remplacé la science et la haute culture par des idéologies de genre et des absurdités pédagogiques du type « apprendre à apprendre ». Comme dans le pire cauchemar de Ray Bradbury, nous voyons les livres brûlés et remplacés par des tablettes et des ordinateurs portables électroniques, où les enfants sont abrutis par des jeux et des passe-temps disponibles sur Internet, et où le dur travail d’explication et d’étude est remplacé par des « tutoriels » et un enseignement virtuel. Peu d’auteurs s’inspirent du marxisme pour lier la dégradation programmée de l’éducation à l’attaque des classes populaires et à la déqualification du travail. Entre l’immigration de masse (qui ressemble à une invasion planifiée) et la déqualification délibérée des masses populaires, les objectifs du capitalisme mondialisé sont en passe d’être atteints dans une grande partie de l’Occident. Face à ces phénomènes, la gauche post-marxiste ne fait que les accompagner pour accélérer le processus, pas pour l’arrêter.</p><p>Le processus de déqualification planifiée a déjà été décrit il y a des années par Braverman. Vicky Smith a dit de Braverman : « … la déqualification dans les centres de production était basée sur la croissance de tout un appareil de travailleurs au service des patrons (ingénieurs, scientifiques, managers, responsables du personnel, psychologues industriels)… ». Toute cette couche séparée du Capital, salariée elle aussi, ne signifiait pas une « société du savoir », mais un aspirateur usurpant le savoir des travailleurs, se consacrant, comme dit V. Smith, à étudier « en quoi consistait le travail des travailleurs (ouvriers et employés) et quels étaient les meilleurs moyens de s’approprier leur savoir et de réduire les chances de le conserver » [Vicky Smith, « Braverman’s Legacy. The labour process tradition 20 years on’, Sociology of Work, 26, hiver 1995-1996].</p><p>La déqualification planifiée du peuple a été pratiquée par l’usurpation du savoir populaire. Il s’agit d’une autre façon de voler au peuple ce qui lui appartient. Le processus a déjà commencé il y a des siècles dans les zones rurales, une aliénation cognitive de la paysannerie pour la remplacer existentiellement et ouvrir la voie à la grande agro-industrie et au travail semi-esclavagiste des saisonniers étrangers. Au XXe siècle, il en a été de même pour les métiers industriels. L’école est devenue un simple instrument de conformisme de masse et non un ascenseur social. En Espagne, l’école a encore fonctionné comme un ascenseur social très efficace au service de la création d’une classe moyenne pendant la seconde moitié du franquisme et au début de ce qu’on appelle la Transition. Mais la LOGSE (1991) a inauguré la période d’ingénierie sociale et de déqualification programmée de la population, aujourd’hui intensifiée par la « Ley Celaá ». Le parcage des enfants qui n’apprennent rien et dont le corps présent est simplement inventorié par l’État, qui impose la « scolarité obligatoire » et la déprogrammation mentale, est l’exigence fondamentale d’une nouvelle classe ouvrière à l’esprit vide, ignorant ses traditions de lutte et de savoir-faire, ainsi que la fabrique d’un important reste de « ni-nis » (qui n’étudient ni ne travaillent) et d’autres éléments de la classe parasitaire (immigrés vivant de l’aide publique, chômeurs professionnels, classe politique) qui doivent être gérés bureaucratiquement. La bureaucratie scolaire doit être le préambule et le tremplin nécessaire à la bureaucratie du travail :</p><p>« ...Le contrôle technique comme méthode unique a donc été remplacé par le contrôle bureaucratique, instrument moins visible, plus individualisé et apparemment impersonnel de régulation de l’activité des travailleurs » (ibidem, p. 8).</p><p>Selon cette approche, en somme, les entreprises usurpent non seulement la plus-value mais aussi le savoir des travailleurs dans toutes les branches des métiers les plus divers. Une fois « évacués » du savoir, les travailleurs deviennent des êtres non qualifiés, hautement interchangeables, objets de délocalisations successives [H. Braverman : Labor and Monopoly Capital : The Degradation of Work in the Twentieth Century]. La substitution ethnique et la grande mobilité transfrontalière sont possibles et nécessaires dans cette ère de déqualification programmée. En tant que sujets d’un contrôle émotionnel plutôt que technique, les travailleurs doivent manipuler eux-mêmes leur perception d’eux-mêmes, avec l’aide de toute une armée de coachs, de psychologues d’entreprise, de gestionnaires d’émotions et de divers « fonctionnaires de l’intériorité » personnels.</p><p>Alors que les entreprises légales se bureaucratisent et se confondent avec le reste des services de l’administration étatique, y compris et surtout l’école, le système capitaliste ne cesse de ségréguer de vastes poches de l’économie souterraine.</p><p>En analysant le phénomène dans une perspective historico-génétique, on constate que ces poches et couches d’informalité productive sont toujours consubstantielles au mode de production capitaliste lui-même. Il n’y a pas de capitalisme « sauvage » sans tout un cadre législatif et sans une alliance de classes dirigeantes précapitalistes qui réalisent ce que Marx appelait « l’Accumulation Primitive ». Créer de nouvelles zones de capitalisme, c’est générer de vastes zones d’informalité productive.</p><p>L’accumulation primitive est, à proprement parler, l’ensemble des actes violents et prédateurs, des conquêtes, des génocides, des déplacements forcés de peuples entiers, etc. qui conduisent du régime de production traditionnel à un autre régime, radicalement différent, plus intensément capitaliste. Si dans les régions les plus rurales des îles britanniques, aux XVIIe et XVIIIe siècles, les paysans ont été chassés de leurs fermes à la pointe des baïonnettes, les incendies de villages et les enclosures de terres, toujours sur ordre de l’oligarchie siégeant au Parlement, aujourd’hui, les délocalisations et l’invasion migratoire massive, ainsi que l’imposition de la « numérisation », ne sont rien d’autre qu’une nouvelle « Acquisition », ne sont rien d’autre qu’une nouvelle « accumulation primitive » (un « reset » du système, comme on dit aujourd’hui dans le nouveau jargon informatique) pour dépouiller des masses énormes de la population européenne de souche de leurs emplois traditionnels et stables, en les forçant à devenir une nouvelle force de travail à vendre, et ce à un prix dérisoire.</p><p>Selon cette explication, il n’y a pas eu d’Accumulation Primitive ponctuelle et transcendante, avec des effets qui s’étendent jusqu’à aujourd’hui à toute la planète et à tous les peuples, à partir d’une sorte de péché originel. L’accumulation primitive (c’est-à-dire la violence extra-économique ayant le pouvoir causal de modifier le régime de production) est récurrente dans l’histoire de l’humanité. Elle s’est produite dans le processus colonialiste des empires prédateurs et s’est reproduite dans l’impérialisme, la « phase supérieure du capitalisme ».<br />
Mais aujourd’hui, nous sommes confrontés à ce que l’on appelle la « mondialisation », qui est la dernière et la plus haute phase du capitalisme, où les empires financiers sont transfrontaliers et dénationalisés. Dans cette phase ultra-capitaliste, tout est déterritorialisé, le capital, le travail, avec pour conséquence la création d’économies informelles. La précarisation croissante de la population, l’extinction des métiers et des services personnalisés dans la « société de la connaissance », c’est-à-dire l’ère du télétravail précaire, du faux travail indépendant et le démantèlement de l’État providence par la virtualisation et la numérisation, obligent une grande partie des classes moyennes et inférieures à dépendre des réseaux sociaux immédiats et de la prestation réciproque de services (« botched jobs », « B-money », « hustling »). Cette économie souterraine et informelle est complétée par des activités criminelles pures et simples, contre lesquelles l’État n’est confronté que de manière propagandiste (raids occasionnels à fort impact médiatique) mais sans grande conviction. Il convient de rappeler que l’Espagne est l’un des plus grands bordels d’Europe et l’un des principaux points chauds du trafic de drogue.<br />
Les formations populistes de gauche (en Espagne : Unidas-Podemos, PSOE) ne comptent plus sur les votes d’une classe ouvrière d’usine. La classe ouvrière est, comme la classe moyenne, une classe de plus en plus maigre, précaire et étouffée par les impôts. Les dirigeants et analystes de gauche, bien que très myopes, savent qu’ils doivent chercher dans le vote de plus en plus apathique des fonctionnaires privilégiés du Système, d’une part, et d’une très grande masse réfractaire au travail, essentiellement improductive ou seulement occasionnellement productive, d’autre part. L’armée de « chiffonniers » qui peut grossir les rangs d’une gauche populiste radicalisée, dont United-Podemos a tenté d’assumer le leadership, est une armée qui manque de cohésion et dont les émeutes de rue ne peuvent avoir d’efficacité politique que dans des moments de crise institutionnelle grave.<br />
Or, c’est précisément le moment que traverse l’Espagne. Le « magicien » de la Transition, le Bourbon émérite, s’est enfui et s’est révélé être un vulgaire voyou, comparable aux cheikhs et aux sultans mahométans auprès desquels il se réfugie, mais pas aux hommes d’État de l’Occident (qui, cependant, ne valent guère mieux d’un point de vue moral). Le roi actuel a les mains liées devant un gouvernement au profil oclocratique qui, tout en prétendant être de gauche, est, comme toujours, le plus grand ennemi de la véritable classe ouvrière. Le gouvernement oclocratique de Sánchez et Iglesias est, d’un point de vue mathématique, le vortex ou le puits d’attraction qui capte les votes et les revendications de tous les détritus sociaux (un « attracteur »). Un condensé hétéroclite de squatters, d’immigrés opportunistes, de subventions clientélistes, de féministes entretenues, etc. soutiendra des formations prétendument populistes qui, en réalité, ne feront que consolider les fondations du nouveau système conçu pour l’Espagne depuis l’extérieur. Un système dans lequel la robotique et la numérisation, parmi de nombreuses autres innovations technologiques, ne feront que jeter les employés à la rue et nécessiteront d’importantes couches improductives, mais qui sera fermement attaché à l’industrie du divertissement. D’une part, l’industrie du divertissement tire sa valeur ajoutée de la partie consommatrice de la société qui peut encore la payer directement, mais d’autre part, en tant que partenaire des États, des organisations mondiales et des fonds d’investissement transnationaux, l’industrie du divertissement et de l’électronique est une industrie qui gère (capture, traite et vend les données des masses improductives mais néanmoins consuméristes) et qui est donc dotée d’un pouvoir énorme. Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et autres entreprises de la « société de la connaissance » fonctionnent donc comme des aspirateurs ou des ventouses qui absorbent les connaissances de la société et deviennent ainsi les gestionnaires d’un monde de plus en plus lobotomisé, vidé de son contenu.<br />
Le système capitaliste mondial, dans sa phase actuelle, doit être défini non seulement par sa nature de producteur de plus-value par l’exploitation de la force de travail, mais aussi par sa fonction d’usurpateur ou de suceur de connaissances. En ce sens, la méthode marxienne était initialement d’une grande puissance analytique, car chez le philosophe de Trèves (qui ne connaissait pas cette « société du savoir »), il y a déjà une étude des deux processus dans leur imbrication dialectique, dans les limites de son époque.</p><p>Eugenio del Río [La Sombra de Marx. Estudio Crítico sobre la fundación del marxismo (1877-1900), Talassa, Madrid, 1993], a critiqué la « faiblesse » de la méthode matérialiste historique. Il qualifie le matérialisme historique de « rationalisme analogique transhistorique » (p. 200). Certes, à partir de « processus locaux et conditionnés », Marx obtient par extrapolation des « propositions globales et inconditionnées ». Mais qu’est-ce que la philosophie de l’histoire, sinon ? On trouve quelque chose de similaire dans Le déclin de l’Occident de Spengler : un gigantesque processus analogique dans lequel les processus par lesquels les civilisations ou, en leur sein, les visions du monde et les régimes de production sont créés et détruits sont comparés, et des déductions inutiles sont tirées sur le présent et le devenir. La crise radicale d’une civilisation ou d’un mode de production (crise de l’Empire romain, crise du féodalisme, crise actuelle du mondialisme…) n’est pas simplement une « contradiction » entre les superstructures et les bases économiques de la société, mais un « fait ». C’est le factum de toute civilisation, un fait brutal et écrasant qui n’apporte que des leçons lorsqu’il s’est produit. G. Sorel (cité par E. del Río, p. 200) disait : « L’histoire est toute dans le passé, il n’y a pas moyen de la transformer en une combinaison logique qui nous permettrait de prévoir l’avenir ». Certes, l’histoire n’est pas prédictive, et nous sommes d’accord sur ce point. Mais l’histoire est enseignante : par analogie, nous pouvons voir que la création artificielle actuelle de la « foule » (oclocratie) est un processus qui suit des modèles analogues à ce qui s’est passé à la fin de certains régimes passés en cours de dissolution. La République romaine, embourbée dans le marasme oclocratique, a été vaincue ou sauvée par le césarisme (David Engels), peut-être de manière analogue à la façon dont l’Union européenne corrompue et nihiliste d’aujourd’hui sera vaincue et sauvée par un futur néo-césarisme dans lequel la loi et l’ordre seront concentrés dans quelques mains de fer et où les masses de voyous errant dans les rues seront violemment maîtrisées, tandis que les ajustements nécessaires seront faits pour régénérer une nouvelle classe mésocratique qui soutiendra par le tribut, le savoir et les services d’administration et de milice le nouvel empire du XXIe siècle, le tout plongé dans une nouvelle ère spirituelle…</p><p>On ne peut reprocher à Marx ce qui, génériquement, caractérise tout philosophe de l’histoire digne de ce nom : faire des extrapolations et des analogies, car telle est la tâche d’une telle discipline philosophique. Marx devra cependant être interrogé de manière critique sur ses « -ismes » non motivés, typiques de son époque, c’est-à-dire des infections idéologiques de la pensée libérale et positiviste (fils, à son tour, du rationalisme étroit et des lumières des radicaux de l’époque). Les sornettes écrites par les marxistes sur un « athéisme militant », sur un « matérialisme dialectique » et des « lois générales de la dialectique » communes à la nature et à l’histoire… devraient être commodément rasées, envoyées à la poubelle de l’histoire des idéologies. D’autre part, la critique impitoyable du capitalisme sur la base de catégories analytiques (la marchandise) qui, dans leur déroulement dialectique, manifestent les coulisses de la production (l’exploitation de la force de travail) est l’une des réalisations permanentes de la théorie communautaire.</p><p>Les maîtres contemporains d’une interprétation non marxiste de Marx, c’est-à-dire d’un Marx lu comme un penseur communautaire qui défend la personne, dans son insertion dans la famille et dans la polis, en tant qu’être rationnel et libre, sont Costanzo Preve et Diego Fusaro. Ce Marx, successeur d’Aristote, de Thomas d’Aquin et de Hegel, est le Marx philosophe, et non l’économiste déterministe ou le socialiste pamphlétaire : c’est le Marx de l’émancipation communautaire de la personne en tant qu’être social (animal politique) et non l’homme en uniforme bolchevique qui s’aliène au sein d’une armée de révolutionnaires visionnaires.<br />
_</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/915/un-rapport-chinois-devoile-les-stratagemes-de-la-cia-pour-organiser-des-revolutions-de-couleur-dans-le-monde-entier</guid>
	<pubDate>Fri, 19 May 2023 11:19:03 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/915/un-rapport-chinois-devoile-les-stratagemes-de-la-cia-pour-organiser-des-revolutions-de-couleur-dans-le-monde-entier</link>
	<title><![CDATA[Un rapport chinois dévoile les stratagèmes de la CIA pour organiser des révolutions de couleur dans le monde entier]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Yuan Hong – Le 4 mai 2023 – Source <a href="https://www.globaltimes.cn/page/202305/1290090.shtml">Global Times</a></p><p>Depuis longtemps, la Central Intelligence Agency (CIA) américaine prépare des “évolutions pacifiques” et des “révolutions colorées”, ainsi que des activités d’espionnage dans le monde entier. Les détails de ces opérations ont toujours été obscurs, mais un nouveau rapport publié jeudi par le Centre national chinois de réponse d’urgence aux virus informatiques et la société chinoise de cybersécurité 360 a dévoilé les principaux moyens techniques utilisés par la CIA pour organiser et promouvoir l’agitation dans le monde.</p><p>Selon ce rapport, depuis le début du 21e siècle, le développement rapide de l’internet a offert de “nouvelles opportunités” aux activités d’infiltration de la CIA dans d’autres pays et régions. Toute institution ou tout individu, où qu’il se trouve dans le monde, qui utilise des équipements numériques ou des logiciels américains peut être transformé en “agent fantoche” de la CIA.</p><p>Depuis des décennies, la CIA a renversé ou tenté de renverser au moins 50 gouvernements légitimes à l’étranger (la CIA n’a reconnu que sept de ces cas), provoquant des troubles dans les pays concernés. Qu’il s’agisse de la “révolution du Maidan” en Ukraine en 2014, de la “révolution des tournesols” dans l’île de Taïwan en Chine, de la “révolution du safran” au Myanmar en 2007, de la “révolution verte” en Iran en 2009 ou d’autres tentatives de “révolutions des couleurs“, les agences de renseignement américaines sont derrière tout cela, d’après le rapport.</p><p>La position dominante des États-Unis dans les technologies de télécommunication a offert à la communauté du renseignement américain des possibilités sans précédent de lancer des “révolutions de couleur” à l’étranger. Le rapport publié par le National Computer Virus Emergency Response Center et 360 révèle cinq méthodes couramment utilisées par la CIA.</p><p>La première consiste à fournir des services de communication en réseau cryptés. Afin d’aider les manifestants de certains pays du Moyen-Orient à rester en contact et à éviter d’être suivis et arrêtés, une société américaine, qui aurait des antécédents militaires aux États-Unis, a mis au point la technologie TOR, qui permet d’accéder furtivement à l’internet – la technologie Onion Router.</p><p>Les serveurs cryptent toutes les informations qui y transitent afin d’aider certains utilisateurs à naviguer sur le web de manière anonyme. Après le lancement du projet par des entreprises américaines, il a été immédiatement fourni gratuitement à des éléments antigouvernementaux en Iran, en Tunisie, en Égypte et dans d’autres pays et régions, afin que ces “jeunes dissidents qui veulent ébranler le pouvoir de leur propre gouvernement” puissent échapper à la surveillance de ce dernier, selon le rapport.</p><p>La deuxième méthode consiste à fournir des services de communication hors ligne. Par exemple, afin de s’assurer que le personnel antigouvernemental en Tunisie, en Égypte et dans d’autres pays puisse rester en contact avec le monde extérieur lorsque l’internet est déconnecté, Google et Twitter ont rapidement lancé un service spécial appelé “Speak2Tweet“, qui permet aux utilisateurs de composer et d’envoyer gratuitement des notes vocales.</p><p>Ces messages sont automatiquement convertis en tweets, puis téléchargés sur l’internet et diffusés publiquement via Twitter et d’autres plateformes afin de compléter le “compte rendu en temps réel” de l’événement sur place, selon le rapport.</p><p>La troisième méthode consiste à fournir des outils de commandement sur place pour les rassemblements et les défilés, basés sur l’internet et les communications sans fil. Le rapport indique que la société américaine RAND a passé plusieurs années à développer une technologie non traditionnelle de changement de régime appelée “swarming“. Cet outil est utilisé pour aider un grand nombre de jeunes gens connectés via l’internet à rejoindre le mouvement de protestation mobile “d’un coup d’un seul“, ce qui améliore considérablement l’efficacité du commandement sur place de l’événement.</p><p>Le quatrième est un logiciel américain appelé “Riot“. Ce logiciel prend en charge un réseau à large bande indépendant à 100 %, fournit un réseau WiFi variable, ne dépend d’aucune méthode d’accès physique traditionnelle, n’a pas besoin de téléphone, de câble ou de connexion par satellite, et peut facilement échapper à toute forme de surveillance gouvernementale.</p><p>Le dernier est le système d’information “anti-censure“. Le département d’État américain considère la recherche et le développement de ce système comme une tâche importante et a injecté plus de 30 millions de dollars dans le projet.</p><p>Une grande vigilance s’impose</p><p>Par ailleurs, le National Computer Virus Emergency Response Center et la société 360 ont repéré des programmes chevaux de Troie ou des plug-ins liés à la CIA dans les récentes cyberattaques visant la Chine. Les autorités chargées de la sécurité publique ont enquêté sur ces cas, a appris le Global Times.</p><p>Outre les cinq méthodes utilisées par la CIA pour provoquer des troubles dans le monde entier, le National Computer Virus Emergency Response Center et la société 360 ont également identifié, grâce à une analyse technique plus poussée, neuf autres méthodes utilisées par la CIA comme “armes” pour lancer des cyberattaques, notamment la livraison de modules d’attaque, le contrôle à distance, la collecte et le vol d’informations, ainsi que des outils open-source de tiers.</p><p>Le centre de réponse et la société 360 ont également repéré un outil de vol d’informations utilisé par la CIA, qui est également l’une des 48 cyberarmes exposées dans le document confidentiel de l’Agence nationale de sécurité des États-Unis.</p><p>La découverte de ces outils de vol d’informations montre que la CIA et l’Agence nationale de sécurité américaine attaquent conjointement la même victime, partagent des armes de cyberattaque ou fournissent un soutien technique ou humain, selon le rapport.</p><p>Ces nouvelles découvertes offrent également de nouvelles preuves importantes pour retracer l’identité des attaquants de l’APT-C-39. En 2020, la société 360 a découvert de manière indépendante une organisation APT qui n’avait jamais été exposée au monde extérieur, et l’a baptisée APT-C-39. L’organisation cible spécifiquement la Chine et ses pays amis pour mener des activités de cyberattaque et de vol, et ses victimes sont réparties dans le monde entier.</p><p>Le rapport note également que le danger des armes d’attaque de la CIA peut être perçu à partir d’outils open-source de tiers, car elle utilise souvent ces outils pour mener des cyberattaques.</p><p>L’attaque initiale des opérations de cyberattaque de la CIA est généralement menée contre l’équipement de réseau ou le serveur de la victime. Après avoir obtenu l’accès à la cible, elle explore la topologie du réseau de l’organisation cible et se déplace vers d’autres dispositifs du réseau interne pour voler des informations et des données plus sensibles.</p><p>L’ordinateur cible contrôlé est surveillé en temps réel pendant 24 heures et toutes les informations sont enregistrées. Dès qu’un périphérique USB est connecté, les fichiers privés qu’il contient sont surveillés et automatiquement volés. Lorsque les conditions le permettent, la caméra, le microphone et le dispositif de positionnement GPS du terminal de l’utilisateur sont contrôlés à distance et accessibles, selon le rapport.</p><p>Ces cyberarmes de la CIA utilisent des spécifications techniques d’espionnage standardisées, et diverses méthodes d’attaque se font écho et s’imbriquent les unes dans les autres. Elles couvrent désormais la quasi-totalité des actifs Internet dans le monde, et peuvent contrôler les réseaux d’autres pays à tout moment et en tout lieu afin de voler des données importantes et sensibles à d’autres pays.</p><p>La cyber-hégémonie américaine est évidente, note le rapport.</p><p>Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a déclaré jeudi que les activités de renseignement et d’espionnage des États-Unis et les cyberattaques contre d’autres pays méritent une grande vigilance de la part de la communauté internationale.</p><p>Les États-Unis doivent prendre au sérieux les préoccupations de la communauté internationale, y répondre et cesser d’utiliser des cyberarmes pour mener des activités d’espionnage et des cyberattaques dans le monde entier, a déclaré M. Mao.</p><p>En réponse aux cyberattaques hautement systématiques, intelligentes et dissimulées lancées par la CIA contre la Chine, il est important que les agences gouvernementales nationales, les institutions de recherche scientifique, les entreprises industrielles et les organisations commerciales les découvrent rapidement et y remédient dès qu’elles les découvrent, indique le rapport.</p><p>Le rapport suggère qu’afin de faire face efficacement aux menaces imminentes sur les réseaux et dans le monde réel, tout en adoptant des équipements localisés et autocontrôlables, la Chine devrait organiser une auto-inspection contre les attaques APT dès que possible, et mettre progressivement en place un système de défense à long terme pour parvenir à une prévention et un contrôle systématiques complets contre les attaques avancées.</p><p>Yuan Hong</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/914/la-cupidite-va-t-elle-entrainer-la-fin-du-capitalisme%C2%A0-la-societe-generale-se-pose-la-question</guid>
	<pubDate>Mon, 01 May 2023 14:03:47 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La cupidité va-t-elle entraîner la fin du capitalisme ? La Société Générale se pose la question]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Will Daniel – Le 6 avril 2023 –  Source <a href="https://fortune.com/2023/04/05/end-of-capitalism-inflation-greedflation-societe-generale-corporate-profits/">Fortune</a></p><p>GREEDFLATION. L’arnaque sur les prix signifie : des prix élevés pour vous et des bénéfices records pour les grandes entreprises</p><p>Lorsque les coûts augmentent, les bénéfices augmentent aussi ??? Ce n’est pas ainsi que le capitalisme est censé fonctionner, mais c’est pourtant la <a href="https://fortune.com/2022/06/26/greedflation-is-price-gouging-helping-fuel-high-inflation-there-are-much-more-plausible-candidates-for-whats-going-on/">tendance récente</a>. Depuis plus d’un an, les consommateurs et les entreprises, tant aux États-Unis que dans le reste du monde, sont confrontés à une inflation tenace. Mais cette flambée des coûts n’a pas empêché les entreprises d’engranger des <a href="https://fortune.com/2022/08/25/us-corporate-profit-margins-second-quarter-widest-since-1950/">bénéfices records</a>. L’an dernier, les entreprises figurant dans <a href="https://fortune.com/fortune500/">le classement</a> Fortune 500 ont <a href="https://fortune.com/2022/05/24/fortune-500-most-profitable-companies-apple-berkshire-amazon-google-microsoft/">généré</a> à elles seules un bénéfice record de 1 800 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires de 16 100 milliards de dollars. Des voix situées à gauche de l’échiquier politique ont tiré la sonnette d’alarme à ce sujet – pensez à <a href="https://fortune.com/2022/02/22/bernie-sanders-mcdonalds-starbucks-amazon-inflation-price-hikes-corporate-greed/">Bernie Sanders</a> au Congrès ou à la récente <a href="https://www.youtube.com/watch?v=tU3rGFyN5uQ">mise à l’épreuve</a> de l’ancien secrétaire au Trésor, Larry Summers, par Jon Stewart. Mais un économiste travaillant pour l’une des plus anciennes et des plus grandes banques d’investissement du monde chante lui aussi le même refrain.</p><p>Albert Edwards, stratège mondial à la Société Générale, une banque vieille de 159 ans, vient de publier une note cinglante sur le phénomène que l’on appelle désormais la « <a href="https://fortune.com/2022/02/19/inflation-profits-prices-companies-pandemic/">Greedflation</a> » [Néologisme signifiant « inflation due à la cupidité »]. Les entreprises, en particulier dans les économies développées comme les États-Unis et le Royaume-Uni, ont utilisé la hausse des coûts des matières premières dans le contexte de la pandémie et de la guerre en Ukraine comme une « excuse » pour augmenter les prix et accroître les marges bénéficiaires pour atteindre de nouveaux sommets, a-t-il déclaré. Et la banque d’investissement française n’est pas seulement ancienne : Elle fait partie des banques considérées comme « <a href="https://www.fsb.org/wp-content/uploads/P211122.pdf">d’importance systémique</a> » par le Conseil de stabilité financière, l’organe international du G20 chargé de protéger le système financier mondial.</p><p>Edwards écrit, dans l’édition de mardi de son Global Strategy Weekly, qu’après quatre décennies de travail dans la finance, il n’a jamais rien vu de tel que les niveaux « sans précédent » et « étonnants » de « Greedflation » des entreprises au cours de ce cycle économique. À cet égard, <a href="https://www.kansascityfed.org/Economic%20Review/documents/9329/EconomicReviewV108N1GloverMustredelRiovonEndeBecker.pdf">une étude</a> réalisée en janvier par la Banque fédérale de Kansas City a révélé que la « croissance des marges« , c’est-à-dire l’augmentation du rapport entre le prix facturé par une entreprise et son coût de production, fut un facteur d’inflation bien plus important en 2021 qu’il ne l’a jamais été tout au long de l’histoire de l’économie.</p><p>En règle générale, l’augmentation des prix des matières premières et des coûts de main-d’œuvre réduit les marges des entreprises, en particulier en cas de ralentissement de l’économie. Toutefois, Edwards a attiré l’attention sur les données <a href="https://www.bea.gov/news/2023/gross-domestic-product-fourth-quarter-and-year-2022-third-estimate-gdp-industry-and">publiées</a> la semaine dernière par le Bureau of Economic Analysis (BEA), qui montrent que les marges bénéficiaires sont restées proches d’un niveau record par rapport aux coûts au quatrième trimestre. Le stratège a déclaré qu’il pensait que les marges auraient « fortement baissé » à la fin de l’année dernière en raison du ralentissement de l’économie, mais qu’il s’était trompé.</p><p>Edwards a ajouté qu’il craignait que les « marges bénéficiaires supérieures » des entreprises aux États-Unis et à l’étranger ne finissent par « déclencher des troubles sociaux » si les consommateurs continuent à lutter contre l’inflation.</p><p>« La fin de la Greedflation doit impérativement arriver. Sinon, nous pourrions assister à la fin du capitalisme« , a-t-il averti. « Il s’agit d’un problème majeur pour les décideurs politiques, qui ne peut plus être ignoré. »</p><p>La note d’Edwards pourrait être importante, car elle permettrait de faire passer dans le courant dominant un point de vue qui, jusqu’à présent, a vécu dans la frange progressiste. Par exemple, un débat sur la Greedflation a éclaté le mois dernier, lors de <a href="https://www.youtube.com/watch?v=tU3rGFyN5uQ">l’interview</a> de Larry Summers par Jon Stewart, ancien animateur du Daily Show, dans le cadre de sa nouvelle émission sur <a href="https://fortune.com/company/apple/">Apple TV</a>, The Problem. Alors que Stewart et Summers se demandaient si la Fed avait raison de pousser à la baisse les salaires en augmentant les taux d’intérêt dans le cadre de sa lutte contre l’inflation, Stewart a changé d’avis : « Pourquoi ne nous attaquons-nous pas aux bénéfices des entreprises de quelque manière que ce soit ? Parce qu’on estime qu’ils représentent 30 % ou 40 % de l’inflation ? »</p><p>Summers s’est empressé de répondre qu’il ne pensait pas que « l’idée que tout d’un coup les entreprises soient devenues gourmandes soit défendable« . Edwards semble penser que c’est en fait tout à fait défendable.</p><p>Edwards a proposé une solution controversée pour remédier à la montée de la « Greedflation« , qui, selon lui, reflète un « affaiblissement de la confiance » dans le système capitaliste lui-même. Dans une tournure autrefois impensable pour « ceux d’entre nous qui ont vécu l’échec des politiques de prix et de revenus des années 1970« , Edwards a déclaré qu’il existait un outil pour ce type de problème, et qu’il datait de cette même décennie : le contrôle des prix.</p><p>Le contrôle des prix, c’est-à-dire le fait pour un gouvernement de fixer les prix que les entreprises sont autorisées à facturer aux consommateurs, a été <a href="https://www.aier.org/article/4000-years-of-failed-price-controls/">accusé</a> de tous les maux, depuis la chute du premier empire babylonien en 1595 avant J.-C. jusqu’aux longues files d’attente à la pompe des administrations Nixon et Carter dans les années soixante-dix. L’une des histoires les plus courantes sur la folie supposée du contrôle des prix nous vient de l’empereur romain Dioclétien, qui a <a href="https://www.cambridge.org/core/journals/canadian-journal-of-economics-and-political-science-revue-canadienne-de-economiques-et-science-politique/article/abs/edict-of-diocletian-a-study-of-price-fixing-in-the-roman-empire/47837AFC17442503E6E90ED30FAD9D98">promulgué</a> un « édit sur les prix maximums » pour la main-d’œuvre, les produits de base, etc. afin de lutter contre l’inflation galopante en 301 après J.-C.. Mais l’édit, qui prévoyait la peine de mort pour quiconque l’enfreignait, s’est finalement retourné contre lui, créant une pénurie de biens et une dépendance à l’égard du blé de l’État, ce qui a conduit à son abrogation.</p><p>Edwards note que nombre de ses collègues sont « moins favorables à l’utilisation du contrôle des prix » en raison de cette histoire, mais il affirme que son utilisation peut être justifiée parce que « quelque chose semble s’être brisé avec le capitalisme« .</p><p>Le stratège fait référence à <a href="https://scholarworks.umass.edu/econ_workingpaper/343/">un article</a> rédigé par Isabella Weber et Evan Wasner, économistes à l’université du Massachusetts à Amherst, intitulé « l’inflation des vendeurs, profits et conflit« . Il en ressort que les entreprises ont pratiqué des prix abusifs pendant la pandémie et que des contrôles temporaires des prix pourraient être le seul moyen de prévenir les « spirales inflationnistes » qui pourraient résulter de ces prix abusifs. « Si l’on examine leurs conclusions sur la manière de faire face à la Greedflation, le contrôle des prix semble apparaître comme une méthode de contrôle privilégiée« , a déclaré M. Edwards.</p><p>Will Daniel</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Mon, 01 May 2023 09:01:50 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Les États-Unis commencent à indemniser des personnes victimes des vaccins contre le COVID-19]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Zachary Stieber − Le 18 avril 2023 − Source <a href="https://www.theepochtimes.com/us-compensates-people-injured-by-covid-19-vaccines-for-first-time_5200854.html?src_src=partner&amp;src_cmp=ZeroHedge">The Epoch Times</a></p><p><a href="https://www.theepochtimes.com/more-covid-19-vaccine-injuries-approved-for-compensation-but-injured-still-waiting-for-payouts_5081099.html">Pour la première fois</a>, les États-Unis ont versé des de l’argent à des personnes dont la santé a été compromise par les vaccins COVID-19.</p><p>Photo présentant une dose de vaccin COVID-19 Johnson &amp; Johnson avant son administration lors d’un essai clinique à Aurora, Colorado, le 15 décembre 2020.(Michael Ciaglo/Getty Images)</p><p>Trois personnes ont reçu des versements pour le préjudice qu’elles ont subi, conformément au Countermeasures Injury Compensation Program (CICP), opéré par une agence relevant du Département de la Santé et des Services humains, ont affirmé des dirigeants <a href="https://www.hrsa.gov/cicp/cicp-data/table-4">dans une dépêche</a>.</p><p>Une personne qui a subi un grave choc allergique a reçu 2019 $, selon cette agence (la Health Resources and Services Administration). Une personne qui a subi une inflammation cardiaque (myocardite), a reçu 1 582 $. Une autre personne, également victime de myocardite, a reçu 1 032 $.</p><p>On ne connaît pas les noms des fabricants de vaccins à l’origine de ces préjudices. On ne connaît pas non plus l’identité des personnes qui ont reçu ces versements.</p><p>Ces dédommagements constituent un jalon : c’est la première fois que le gouvernement étasunien a versé de l’agent à des personnes dont la santé a souffert des vaccins COVID-19 apparus à la fin de l’année 2020, et qui peuvent provoquer de graves problèmes, voire le décès des patients exposés aux injections.</p><p>Selon le CICP, les personnes ayant survécu aux problèmes de santé induits par les injections de ces vaccins peuvent recevoir de l’argent en remboursement de leurs dépenses médicales, et en compensation de la perte de leur emploi.</p><p>Il semble que les versements qui ont été consentis jusqu’ici ne l’ont été que pour compenser des dépenses médicales, selon Wayne Rohde, auteur de l’ouvrage The Vaccine Court.</p><p>« Ces montants sont tellement faibles que l’on peut plausiblement supposer qu’ils ne tiennent lieu que de compensation à des dépenses médicales, pas plus, » affirme Rohde. « Ces montants ne sont pas raisonnables, mais le programme est ainsi conçu. »</p><p>La plupart des versements consentis auparavant ont été versés à des personnes ayant subi des préjudices provoqués par un vaccin H1N1, parmi lesquels le syndrome Guillain-Barre. Des personnes avaient alors reçu des sommes se chiffrant en centaines de milliers de dollars. Huit personnes avaient reçu au moins 106 723 $. Le versement le plus élevé que l’on connaît est établi à 2,2 millions de dollars.</p><p>La Health Resources and Services Administration, qui opère ce programme, n’a pas répondu à nos demandes de commentaires.</p><p>Le CICP est la seule instance permettant à des personnes de recevoir un versement de la part du gouvernement fédéral, en raison de la déclaration d’urgence prononcée au sujet du COVID-19 par l’administration Trump. La plupart des injections de vaccins réalisées aux États-Unis l’ont été sous couvert du National Vaccine Injury Compensation Program. Ce programme prévoit que les personnes qui reçoivent des versements en compensation sont susceptibles de recevoir davantage, en partie parce que d’autres catégories sont couvertes <a href="https://www.hrsa.gov/cicp/cicp-vicp">par ce programme</a>, parce que les dossiers mettent plus longtemps à être instruits, et parce que leurs frais d’avocats peuvent également être couverts.</p><p>Pour recevoir un versement de compensation de la part du CICP, le candidat doit prouver une « connexion fortuite » entre le vaccin administré et de graves dommages de santé ou la mort, cette connexion devant être étayée par « des preuves convaincantes, fiables, valides, médicales et scientifiques. » Le candidat doit également produire des justificatifs de dépenses médicales non remboursées, ou établissant une perte de revenus du fait de leur incapacité à travailler à cause des dommages de santé subis.</p><p>Les proches de personnes qui sont mortes peuvent demander des versements.</p><p>Le montant le plus élevé pour des versements aux proches de personnes décédées est établi à 423 000 dollars, et le montant le plus élevé pour pertes de revenus est de 50 000 dollars, mais des questions clés restent en suspens selon Rohde : les survivants recevront-ils systématiquement un versement entier si leur demande est considérée comme justifiée ? Les frais médicaux que devront débourser à l’avenir les personnes dont la santé est compromise seront-ils couverts ?</p><p>Les administrateurs du programme ont refusé de divulguer les détails au sujet des paiements consentis par le programme, ainsi qu’au sujet des candidats dont les dossiers ont été rejetés.</p><p>Les paiements versés par le National Vaccine Injury Compensation Program sont issus d’une cagnotte constituée par une taxe perçue sur chaque vaccin, alors que les versements réalisés par le CICP sont issus de budgets décidés par le Congrès.</p><p>Les premiers vaccins COVID-19 ont été autorisés au mois de décembre 2020. Au printemps 2021, le tiers des vaccins candidats avait été validé. Ils ont dès lors fait l’objet d’une intense promotion de la part des dirigeants du système de santé des États-Unis, et administrés à des centaines de millions d’Étasuniens.</p><p>Les effets secondaires ayant fait suite à ces vaccinations et déclarés au Système d’Enregistrement des Effets Secondaires des Vaccins ont été d’un nombre historiquement élevé, ce qui a aidé les autorités à déterminer que des événements comme de graves réactions allergiques (anaphylaxie), ou des myocardites, sont provoqués par les vaccins.</p><p>Tout un chacun peut déposer un signalement à ce système d’enregistrement, mais le CICP n’accepte que les dossiers établis dans le courant de l’année suivant un événement de santé. Le programme ne couvre pour l’instant qu’un petit nombre d’événements de santé, et l’on ne sait pas exactement lesquels de ces événements il couvre.</p><p>Au 1 avril, on comptait 8 133 dossiers déposés au CICP invoquant des dommages de santé et/ou des décès résultant des vaccins COVID-19. Des centaines de dossiers ont été rejetés à cause d’un manque de documentation médicale ou d’autres problèmes, selon les autorités. Des milliers d’autres dossiers sont en attente ou en cours de traitement.</p><p>La date du 23 juin a été établie comme butoir pour parvenir au niveau juste de compensations, y compris pour les trois dossiers qui ont déjà été indemnisés.</p><p>Une personne souffrait d’une myocardite à cause d’un vaccin COVID-19, mais n’avait justifié d’aucune « perte ou dépense éligible », selon les administrateurs du CICP.</p><p>Sur les 19 autres dossiers en attente de compensation financière, 18 personnes souffraient de myocardite, d’un symptôme voisin appelé péricardite, ou d’une combinaison des deux problèmes. Le dernier dossier accepté fait état d’un œdème de Quincke, un problème de peau.</p><p>NdT : On peut être surpris par le très faible montant des dommages consentis. C’est surtout le début d’une nouvelle phase de l’opinion publique, et peut-être de grands procès.</p><p>Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/911/la-reforme-des-retraites-demontre-l%E2%80%99impuissance-economique-d%E2%80%99emmanuel-macron-%E2%80%93-le-temps-des-ruptures</guid>
	<pubDate>Mon, 10 Apr 2023 17:08:10 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/911/la-reforme-des-retraites-demontre-l%E2%80%99impuissance-economique-d%E2%80%99emmanuel-macron-%E2%80%93-le-temps-des-ruptures</link>
	<title><![CDATA[La réforme des retraites démontre l’impuissance économique d’Emmanuel Macron – Le Temps des Ruptures]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Crédits photo : <a href="https://www.leparisien.fr/politique/manifestation-contre-les-retraites-la-note-des-renseignements-qui-inquiete-lexecutif-30-01-2023-JRUR2XKY5NGT3OLP4TRQDIK2FQ.php">LP/ Jean-Baptiste Quentin</a></p>
<p>Des déficits… et 86,5 milliards de cadeaux fiscaux</p>
<p>Que représente le montant des retraites versé chaque année ? <a href="https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2022-05/10-Les_masses_financi%C3%A8res_relatives_aux_pensions_de_retraite_en_2020.pdf">332 milliards d’euros en 2020 d’après la DRESS</a>. Autrement dit, les 13,5 milliards d’euros de déficit ne représentent que 4% du volume total des prestations versées. Mais ce chiffre lui-même est contestable, car on ne peut comparer le déficit de 2030 avec les recettes de 2020. Si l’on tient compte de l’inflation et de la croissance, les salaires en 2030 seront en réalité très certainement plus élevés qu’en 2020. C’est la raison pour <a href="https://www.liberation.fr/checknews/retraites-sans-reforme-le-deficit-va-t-il-vraiment-etre-multiplie-par-24-en-2050-comme-le-laisse-penser-le-gouvernement-20230111_R7RBJC5AANBJ7OJ4RNQAFBU3DE/">laquelle le COR ne calcule pas les déficits en milliards d’euros mais en pourcentage du PIB</a>. Avec ce mode de présentation, les déficits dont il est question devraient représenter environ 0,4% du PIB de 2030.</p><p>Autrement dit, la crise politique majeure que nous traversons a pour objet de résoudre un déficit potentiel en 2030 équivalent à 1/12ème du déficit actuel des comptes publics (<a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/7232553">4,7% en 2022</a>). Tout ça pour ça !</p><p>Le pire, c’est qu’au même moment le gouvernement, conformément à ses engagements en faveur de la diminution de la fiscalité des entreprises, décidait de <a href="https://entreprendre.service-public.fr/actualites/A16251">supprimer la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE)</a>, ce qui représente un coût net de 8 milliards d’euros annuel pour les finances publiques. Il poursuit en cela la politique engagée par François Hollande qui avait introduit un crédit d’impôt pour les entreprises – le fameux CICE – qui a coûté près de 20 milliards, avant que le gouvernement Valls n’augmente le paquet cadeau de 21 milliards avec le mal nommé « pacte de responsabilité et de solidarité ».</p><p>Ajoutons à ces sommes la transformation de l’impôt sur la fortune en impôt sur la fortune immobilière (coût net pour les finances publiques : 3,5 milliards d’euros) décidée en 2017, la suppression de la taxe d’habitation pour la résidence principale (14 milliards d’euros) et la baisse de l’impôt sur les sociétés qui est passé en quelques années de 33% à 25% (il était de 50% jusqu’au milieu des années 1980) et qui représente un manque à gagner d’environ 20 milliards d’euros en 2022. Si on fait le cumul de ces dépenses fiscales, on parvient à une perte annuelle pour les finances publiques de plus 86,5 milliards d’euros, soit environ 3,3% du PIB, dont l’immense majorité au profit des entreprises. Sans parler des subventions directes à ces mêmes entreprises <a href="http://www.ires.fr/index.php/etudes-recherches-ouvrages/etudes-des-organisations-syndicales/item/6572-un-capitalisme-sous-perfusion-mesure-theories-et-effets-macroeconomiques-des-aides-publiques-aux-entreprises-francaises">qui se sont multipliées avant même la crise pandémique</a>.</p>
<p>Financer la politique de l’offre</p>
<p>Il faut le dire et le répéter. Le déficit public actuel n’est en rien lié à la hausse des dépenses sociales, et encore moins au coût des services publics. Il résulte, au contraire, d’un choix politique mené avec constance, démarré par François Hollande et poursuivi par Emmanuel Macron : celui d’assécher systématiquement les ressources fiscales au nom de la compétitivité des entreprises.</p><p>Car c’est bien cela qui est en jeu. Pour poursuivre les cadeaux fiscaux aux entreprises tout en limitant ses déficits, l’État est contraint de trouver de nouvelles ressources ou d’alléger certaines dépenses. Trouver des ressources, ce fut la stratégie initialement employée avec la hausse de certaines taxes sur le tabac, l’alcool ou les carburants, ce qui revient à mettre à contribution les « gars qui fument des clopes et roulent au diesel » <a href="https://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/10/29/31002-20181029ARTFIG00214-le-mepris-siderant-de-griveaux-pour-les-gars-qui-fument-des-clopes-et-roulent-au-diesel.php">selon la formule de l’ancien porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux</a>. Mais le mouvement des Gilets jaunes, fin 2018, mis fin brutalement cette option. À partir de cette date, l’État a donc mis en œuvre une autre stratégie, fondée sur des économies à réaliser sur les dépenses sociales. C’est ainsi que la réforme des retraites est revenue dans l’actualité, avant d’être interrompue par la pandémie du Covid. Souvenez-vous, à l’issue du premier Conseil de défense consacré à la pandémie, <a href="https://www.bfmtv.com/politique/reforme-des-retraites-edouard-philippe-declenche-le-49-3_AN-202002290042.html">le gouvernement annonçait, à la surprise générale, l’utilisation du 49.3 pour faire passer en force une réforme dites « structurelle » des retraites</a>. Une réforme qui, en réalité, avait bien pour but de dégager des économies.</p><p>Cette même année, le gouvernement avait annoncé des mesures d’économie sur l’assurance chômage pénalisant les saisonniers et les contrats courts. Puis, à la fin de l’année 2022, il engagea une nouvelle loi d’économie consistant à réduire la durée d’indemnisation des demandeurs d’emploi lorsque le taux de chômage diminue. C’est ainsi que les chômeurs furent mis à contribution des politiques d’aide aux entreprises.</p>
<p>L’échec patent de l’attractivité fiscale</p>
<p>Si l’on s’en tenait à cette analyse, on pourrait résumer ainsi la logique fondamentale de la réforme des retraites de 2023 : Diminuer les dépenses sociales pour financer les politiques de compétitivité menées depuis dix ans visant à augmenter le taux de marge des entreprises. Sur ce plan, il faut bien reconnaître que la stratégie fut un succès. Jamais les bénéfices réalisés par les entreprises n’ont été aussi élevés. Ainsi, les sociétés du CAC 40 ont dégagé 152 milliards d’euros de profit l’année dernière, un montant « sans précédent », <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/03/09/l-insolente-sante-des-entreprises-du-cac-40_6164730_3234.html">note le journal Le Monde</a>.</p><p>Le problème est que ces milliards ne « ruissellent » pas sur l’économie française. C’est là que se situe l’impuissance de Macron et de sa stratégie. Persuadé que, pour relancer l’activité et l’emploi, il suffit d’attirer les entreprises, Macron – et Hollande avant lui – ont engagé la France dans la course à l’attractivité fiscale. Pourtant, non seulement le taux de croissance de l’économie française est faiblard depuis 2012, mais en plus les entreprises industrielles continuent de fermer et de délocaliser. Le résultat, c’est que la balance commerciale française a connu en 2022 un déficit record de 164 milliards d’euros, <a href="https://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/la-france-essuie-le-pire-deficit-commercial-de-son-histoire-1904222">le pire de son histoire, soulignait Les Echos</a>. En somme, la stratégie de relocalisation défendue au nom de la « souveraineté économique » est un échec. En témoigne l’état de notre industrie pharmaceutique qui n’a cessé de décliner depuis 2008. Et si on constate dernièrement quelques projets de relocalisation d’usines produisant des médicaments, <a href="https://www.lefigaro.fr/conjoncture/penurie-de-medicaments-ou-en-est-la-production-en-france-20230310">c’est essentiellement grâce à des aides sectorielles, c’est-à-dire à de nouvelles dépenses publiques</a>, et non du fait de la politique fiscale.</p>
<p>L’impuissance économique de Macron</p>
<p>Pourquoi les entreprises industrielles continuent-elles de fuir la France malgré la multiplication des cadeaux fiscaux ? Voici la question que devraient enfin se poser le gouvernement et les députés Renaissance. La réponse est pourtant simple et tient en deux éléments. Le premier est que ces aides fiscales ne sont jamais conditionnées à des contreparties ni concentrées sur des secteurs particuliers. En arrosant très large, on donne en fait très peu à chacun, ce qui coûte cher aux finances publiques tout en produisant un effet pratiquement nul pour chaque entreprise prise individuellement. C’est ainsi que le CICE a davantage profité aux grandes surfaces qui sont protégées de la concurrence internationale qu’aux entreprises industrielles qui doivent l’affronter.</p><p>La deuxième raison est que, tous les pays menant la même politique d’attractivité, les cadeaux des uns annulent bien évidemment les effets de ceux des autres. Si la France dépense 20 milliards pour attirer les emplois sur son sol et que l’Allemagne dépense 40 milliards pour faire la même chose, alors la politique d’attractivité française sera annihilée par celle de l’Allemagne et le coût pour les finances publiques jamais compensé par des gains d’emploi. <a href="https://blog.univ-angers.fr/davidcayla/competitivite-le-retour-de-lideologie-de-la-guerre-economique/">J’avais prédit à l’époque l’échec de cette guerre économique que se mènent les pays européens entre eux</a> et on ne peut pas dire que les faits, depuis, m’aient donné tort.</p><p>L’impuissance de Macron, en fin de compte, c’est celle qui consiste à tenter d’infléchir la dynamique de la mondialisation et de la concurrence intra-européenne en faisant payer aux Français d’abord les coûts directs de la désindustrialisation et de la perte des emplois, puis en leur faisant payer une seconde fois ces mêmes coûts en tentant vainement d’atténuer leurs effets par la politique fiscale et les mesures d’austérité.</p><p>Cette stratégie est d’autant plus vouée à l’échec que les seules politiques de réindustrialisation qui ont prouvé leur efficacité dans l’histoire sont celles, justement, que Macron ne peut pas employer : une politique commerciale protectionniste, à l’image de l’Inflation reduction act (IRA) mis en œuvre cet automne par Biden aux États-Unis ; une politique industrielle active qui viserait par exemple à faire baisser le coût de l’énergie et des matières premières ou à réserver une partie de la commande publique à des entreprises nationales ; une politique de change et une politique monétaire adaptées aux besoins de nos entreprises industrielles.</p><p>Hélas, dans ces trois domaines la France n’est plus souveraine. Elle ne peut plus rétablir le contrôle des prix de l’énergie et des matières premières du fait des politiques de libéralisation ; elle est impuissante à corriger les <a href="https://letempsdesruptures.fr/index.php/2023/01/11/comment-et-pourquoi-le-marche-de-lelectricite-a-deraille/">dysfonctionnements pourtant flagrants du marché européen de l’électricité</a> ; elle ne peut, au nom du respect de la concurrence, réserver une partie de sa commande publique à ses entreprises nationales ; elle ne décide plus de sa politique commerciale, déléguée de manière exclusive à la Commission européenne, laquelle multiplie les accords de libre-échange ; enfin, elle ne maîtrise plus sa monnaie et sa politique monétaire.</p><p>Ainsi, confronté à sa propre impuissance économique, il ne reste plus à Emmanuel Macron que des « solutions » qui n’en sont pas : continuer de faire payer aux Français une stratégie inepte incapable d’engendrer les effets escomptés. Et on peut malheureusement s’attendre à ce que cette politique soit poursuivie jusqu’à ce que le déclin économique et industriel de la France ne devienne irrattrapable.</p>
<p>David Cayla</p>
<p>Références</p><p>(1) https://www.cor-retraites.fr/sites/default/files/2022-12/RA_COR2022%20def.pdf</p><p>(2)Lorem</p><p>(3)Lorem</p><p>(4)Lorem</p><p>(5)Lorem</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Fri, 07 Apr 2023 19:29:35 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Vous avez aimé Credit Suisse? Vous allez adorer la suite]]></title>
	<description><![CDATA[<p>L’explication est simple: en 2008, le Congrès américain a durci la régulation des banques, mais en échange, il a laissé ces acteurs non bancaires hors de ce cadre. Cette régulation bancaire n’était qu’une piscine à trois murs, d’où se sont échappés les risques pour se développer hors des banques…</p><p>Grave erreur, car ceux qui ont hérité de ces prises de risques, ce sont de très gros fonds spéculatifs, d’énormes fonds de gestion d’actifs comme BlackRock, des fonds de capital-risque, des brokers-dealers (négociants de valeurs), des véhicules hors bilan, des fonds de marché monétaire…</p>
<p>Wall Street vaut bien Las Vegas</p>
<p>La finance non bancaire, celle qui n’est pas régulée, est devenue le vrai cœur du système financier. Elle pèse aujourd’hui la moitié du marché financier global, autant ou plus que les banques Ses acteurs ont une énorme vulnérabilité: ils se sont endettés à l’extrême, profitant de dix années de taux d’intérêt nul. S’ils s’effondrent, ils provoqueront un effet domino qu’aucune quantité de capital ne pourra couvrir. Entraînant dans leur sillage le secteur bancaire et l’économie réelle.</p><p>Ces gros spéculateurs, ou «Big Spec», comme on les appelle à Wall Street, empruntent pour spéculer. Ils n’investissent pas leur propre argent, ils font tout à crédit (à taux zéro). On admire en général les hedge funds pour leurs stratégies hautement risquées et sophistiquées. Ils investissent avec un gros effet de levier, prennent des paris baissiers vertigineux, sans toujours détenir les titres concernés, usent et abusent des contrats dérivés, virtuels et non provisionnés, prêtent des fonds qu’ils ont eux-mêmes empruntés, ou se fient à des algorithmes qui tous font la même chose. Bref, c’est ce qu’on appelle trivialement le casino boursier.</p><p>Et le casino est beaucoup moins régulé que les banques! Ces acteurs et leurs stratégies ne sont pas sujets à la même surveillance ni aux mêmes exigences de fonds propres, au prétexte qu’ils n’ont pas de déposants. Un peu comme si on levait les vitesses limites pour les voitures de sport sur l’autoroute, au motif qu’elles transportent moins de passagers. En oubliant qu’elles mettent en danger tous les autres.</p>
<p>Quand le casino fait sauter la banque</p>
<p>Ainsi, la finance non bancaire, qu’on appelle aussi shadow banking system, a été volontairement maintenue hors du champ réglementaire depuis 2008, histoire de préserver l’attractivité du marché américain et son côté «Loup de Wall Street», qui a tant contribué au mythe. Or aujourd’hui, ces acteurs ont le pouvoir de contaminer les banques de diverses façons, à travers l’exposition de ces dernières à leurs stratégies.</p><p>Credit Suisse a été flanquée à terre par la spéculation effrénée sur ses propres dérivés de crédit (les titres qui indiquent sa probabilité de faillite). Une banque peut prêter de l’argent à un fonds de capital-risque (c’était le cas de <a href="https://www.heidi.news/cyber/une-banque-tombe-et-les-cryptos-s-affolent" rel="nofollow noopener" target="_blank">Silicon Valley Bank</a>). Une banque peut co-investir avec un hedge fund (c’était le cas de Credit Suisse avec Archegos). Elle peut être contrepartie à des produits très spéculatifs utilisés par certains de ces acteurs. L’exposition des banques à la spéculation non bancaire a quasiment doublé en dix ans.</p><p>Dès lors, le gel de la confiance qui peut viser une grande banque signale une réalité: son exposition à cette finance spéculative est forte, et cela annihile l’effet censément rassurant de son ratio de fonds propres élevé. Car l’essentiel ne se passe pas sur son bilan, mais hors de son bilan.</p>
<p>Un chèque en bois de 1,5 fois le PIB mondial</p>
<p>Qui a favorisé cette spéculation à crédit des acteurs non bancaires? Les banques centrales. En maintenant ses taux à zéro sur presque toute la période entre 2009 et 2021, la Fed a nourri un véritable Everest des risques. La masse de crédit spéculatif de la finance non bancaire est passée de 67'000 milliards en 2011, ce qui était déjà énorme, à 152’000 milliards en 2021, selon le <a href="https://www.fsb.org/wp-content/uploads/P201222.pdf" rel="nofollow noopener" target="_blank">dernier rapport du G20</a>. La moitié de cette somme représente un risque systémique direct. Sur ce graphique, on constate comment cette masse de crédit spéculatif a explosé depuis dix ans:</p><p>C’est un montant phénoménal, pour des crédits spéculatifs largement non provisionnés. Un chèque sans provisions, en somme, d’une fois et demi le PIB mondial.</p><p>Problème: quand l’inflation s’est manifestée il y a deux ans, elle a forcé les banques centrales à relever les taux d’intérêt comme elles ne l’avaient jamais fait en 15 ans, mettant fin à l’argent facile qui enivrait les marchés. En 2016, dans <a href="https://www.editionsfavre.com/livres/la-finance-de-lombre-a-pris-le-controle/" rel="nofollow noopener" target="_blank">un ouvrage</a> que j’ai coécrit sur le shadow banking, nous faisions un constat radical: que les taux d’intérêt américains ne pourraient plus jamais remonter à cause de cette masse de crédit spéculatif non bancaire. Je la comparais à un ballon surgonflé, que l’aiguille des taux ne pourrait qu’éclater. Le constat, alors vertigineux, est en train de se vérifier.</p>
<p>Une grenade dégoupillée</p>
<p>Ce 4 avril 2023, <a href="https://www.imf.org/en/Blogs/Articles/2023/04/04/nonbank-financial-sector-vulnerabilities-surface-as-financial-conditions-tighten" rel="nofollow noopener" target="_blank">un rapport du FMI</a> confirme cette prédiction. Il constate que la montagne de risques du secteur non bancaire, étroitement connecté aux banques, est devenue énorme. Et que la remontée des taux d'intérêt pose dès lors un problème pour la stabilité financière globale. L’option de la facilité, celle de baisser à nouveau les taux à 0%, n’existe plus: l’inflation est bien trop élevée et cela la décuplerait encore.</p><p>Une seule solution: les régulateurs doivent forcer les acteurs de la spéculation non bancaire à couvrir leurs risques et se doter de capital suffisant. Et surtout, à se désendetter. Le pire est que la Chine l’a fait depuis 2017, menant campagne pour que les acteurs du shadow banking se désendettent, pendant que <a href="https://www.bloomberg.com/opinion/articles/2023-03-30/shadow-banking-don-t-look-at-china-the-us-also-has-a-problem" rel="nofollow noopener" target="_blank">les Etats-Unis laissaient filer la dette</a> de ces acteurs. Les responsabiliser protégera en définitive les salariés de l’économie réelle, qui n’accepteront pas indéfiniment que ces dérives croissantes et incontrôlées soient épongées.</p>
<p>Un mot sur notre chroniqueuse</p>
<p>Myret Zaki, titulaire d’un MBA de la Business School Lausanne, est journaliste financière depuis 23 ans. Ses spécialités portent sur le monde économique et bancaire, les marchés boursiers et l’investissement, les statistiques nationales, mais aussi la désinformation institutionnelle et la guerre de l’information.</p><p>Après neuf ans au Temps, elle a été rédactrice en chef de Bilan de 2014 et 2019. Elle écrit aujourd’hui pour Blick, Bilan et TheMarket (NZZ). Autrice de cinq ouvrages sur la finance, elle a obtenu le prix Schweizer Journalist 2008 pour UBS, les dessous d’un scandale (2008, éd. Favre). En 2022, elle a publié Désinformation économique (éd. Favre).</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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