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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<pubDate>Mon, 02 Jan 2023 11:19:39 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Le populisme de gauche a-t-il encore un avenir ? – Le Temps des Ruptures]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Tel qu’il a été théorisé en 2018 par Chantal Mouffe (1), le populisme de gauche repose sur les principes suivants :</p>
<p>Le rejet de la vision marxiste fondée sur l’opposition capital / travail. Pour Mouffe, la conception traditionnelle de la gauche n’est plus audible car cette dernière a longtemps limité sa définition du « peuple » à une conception économique et les luttes politiques à la défense d’une classe ouvrière essentialisée. À l’inverse, Mouffe insiste sur le fait que des luttes nouvelles sont advenues depuis les années 1970 : mouvements antiracistes, droits des LGBT, combats écologistes… Ces nouvelles revendications doivent être mieux prises en compte et articulées entre elles au sein des stratégies de gauche.<br />S’appuyant sur la pensée de Gramsci, Mouffe considère que la société fonctionne sur la base d’une succession de phases d’hégémonies culturelles qui imposent une certaine vision du monde et s’inscrivent dans les institutions. Par exemple, avec l’arrivée de Thatcher dans les années 1980, l’hégémonie néolibérale aurait succédé à la phase de partage hégémonique caractéristique de l’époque keynésienne. Cette culture néolibérale se serait ensuite diffusée au sein de l’appareil d’État qui ne peut de ce fait être considéré comme un agent neutre politiquement.<br />La crise financière de 2008-2009 a entrainé la déstabilisation de l’hégémonie néolibérale. Cette situation ouvre ce que Chantal Mouffe appelle un « moment populiste », une situation sociale qui permettrait d’instaurer une nouvelle hégémonie politique. Cette lutte pour l’hégémonie prend la forme d’un affrontement entre deux visions. Une vision réactionnaire (populisme de droite ou d’extrême droite) et une vision que Chantal Mouffe entend promouvoir : le populisme de gauche.<br />Les leaders de la gauche doivent donc saisir cette opportunité en engageant une bataille culturelle rassemblant les mouvements de gauche et les revendications communautaires variées afin de « construire un peuple » sur le principe d’une « chaine d’équivalences » permettant d’articuler ensemble les revendications très variées des luttes s’opposant au néolibéralisme : écologistes, féministes, ouvriers, anti-autoritaires, anti-racistes…<br />Ce rassemblement du « peuple » ainsi construit par la bataille culturelle permettrait d’engendrer un « nous » collectif fondé sur l’opposition avec le « eux » de « l’oligarchie ». L’établissement de cette nouvelle frontière peuple / élite doit être l’occasion de « radicaliser » une démocratie fondée sur des antagonismes qui sorte de « l’illusion du consensus »(2) caractéristique de l’ère libérale et de la gauche sociale-libérale.</p>
<p>À la fin de son livre, Chantal Mouffe fait part des discussions nourries qu’elle a eu avec un certain nombre d’intellectuels et de responsables politiques qui ont inspiré sa pensée. Jean-Luc Mélenchon et François Ruffin sont notamment cités. Ainsi, ce petit livre peut se lire comme la théorie qui a nourri la stratégie politique de la France Insoumise mais aussi comme une synthèse de la revitalisation politique tentée par ce mouvement. Si cette stratégie a connu des évolutions, bien décrites par le journaliste Hadrien Mathoux (3), elle n’en a pas moins continué de respecter la plupart des principes énoncés dans l’ouvrage de Mouffe.</p><p>Pourtant, la mise en œuvre pratique du populisme de gauche s’est avérée beaucoup plus difficile que ce que la théorie suggérait, et le succès électoral n’a pas toujours été au rendez-vous. Il est donc nécessaire d’établir un inventaire de cette stratégie et d’en décrire les limites.</p>
<p>Engager la bataille culturelle contre l’extrême droite</p>
<p>Il ne fait plus de doute que nous sommes entrés dans une ère identitaire. Les questions culturelles, sociétales et migratoires sont, depuis quelques années, au cœur du débat public et suscitent des réactions passionnées. Ce phénomène n’est pas totalement nouveau. Les grands débats sociétaux ont toujours été des terrains de violents affrontements politiques. L’IVG, la peine de mort, l’école, les questions religieuses ou plus récemment le mariage pour tous ont provoqué, et provoquent toujours, des débats de grande intensité entre la gauche et la droite.</p><p>Le point commun de ces débats est qu’ils touchent directement la vie concrète et sont immédiatement compréhensibles, ce qui permet facilement de se forger un avis. Ils impliquent aussi des systèmes de valeurs qui dépassent la question des intérêts personnels. De ce fait, ils marquent l’identité politique de ceux qui s’y adonnent. Pour cette raison, ce sont des débats d’identité politique.</p><p>L’émergence des réseaux sociaux a exacerbé ces sujets au détriment de ceux sur lesquels il est plus difficile de se construire une opinion, soit parce qu’ils sont techniques, soit parce qu’ils apparaissent éloignés de la vie concrète. Le fonctionnement même des réseaux sociaux, fondés sur la réaction et le partage, rend mécaniquement plus visibles les sujets marqueurs d’identité politique. S’enclenche alors une boucle de rétroaction : les sujets identitaires suscitent plus de réactions, les algorithmes les mettent en avant, et donc les responsables politiques et les journalistes les exploitent pour faire du buzz et se faire connaître, ce qui renforce la place de ces thématiques dans le débat public.</p><p>Cette transformation du système médiatique par les réseaux sociaux est vraie pour tous les forces politiques, mais les stratégies populistes en exacerbent les conséquences. C’est bien entendu le cas du populisme de droite qui met les questions identitaires ou des sujets telles que le « wokisme » au cœur de son discours. Le « America is back » de Donald Trump est le versant combatif de l’angoissant « la France disparaît » d’Éric Zemmour. Mais le populisme de gauche use des mêmes ressorts. La grille gramscienne remplaçant la grille marxiste, la « bataille culturelle » est vue comme le lieu privilégié de la bataille politique. Une bataille qui se joue sur les sujets marqueurs d’identité politique, l’objectif étant de conquérir l’hégémonie culturelle en attisant ce qui forge la culture de gauche au détriment du développement d’une idéologie structurée.</p><p>De fait, la stratégie du populisme de gauche tend à remplacer la bataille idéologique par la bataille culturelle. C’est au nom de cette logique que Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise ont massivement investi les réseaux sociaux, en privilégiant les thèmes marqueurs d’identité politique au détriment des questions européennes ou industrielles, par exemple. Les discours de Mélenchon insistent sur la créolisation, le droit au genre, l’environnement ou le bien-être animal, montrent une forte hostilité à l’énergie nucléaire. Or, ces thèmes sont les miroirs de ceux avancés par le populisme de droite : « créolisation » contre « grand remplacement », « anti-nucléaire » contre « anti-éolien », « bien-être animal » contre « pro-chasse », « théorie du genre » contre « traditionalisme », « environnement » contre « productivisme »…</p><p>De fait, la stratégie du populisme de gauche tend à remplacer la bataille idéologique par la bataille culturelle.</p><p>Prenant acte de la crise du néolibéralisme, la campagne de Mélenchon ne fait pas du néolibéralisme son adversaire principal. Il tente de gagner la bataille d’après, en privilégiant l’affrontement « populisme de gauche » contre « populisme de droite » théorisé par Mouffe. Ainsi, Mélenchon multiplie les face-à-face avec Éric Zemmour, considéré comme le principal adversaire stratégique. De plus, les critiques qu’il adresse au gouvernement sont souvent issues du même registre que celui qu’on applique à l’extrême droite : « brutal », « autoritaire », « anti-démocratique »… Cela l’amène à renforcer ses propres thématiques identitaires et à délaisser (sans l’éliminer totalement) l’armature marxiste fondée sur les rapports économiques et les conflits de classes.</p><p>Un second aspect de la bataille culturelle telle qu’elle est théorisée par Mouffe concerne les affects. Ceux-ci auraient « un rôle décisif », selon elle. « C’est le défaut de compréhension de la dimension affective des processus d’identification qui, à mes yeux, explique en grande partie pourquoi la gauche, prisonnière d’un cadre rationaliste, est incapable de cerner la dynamique du politique », explique Mouffe (4). Privilégier les affects sur l’argumentation rationnelle serait la clé pour créer le sentiment d’adhésion militant sur lequel repose la conquête du pouvoir. Dans ce processus, le rôle du leader est central : « une volonté collective ne peut pas se former sans une certaine forme de cristallisation d’affects communs et les liens affectifs qui unissent un peuple à un chef charismatique peuvent jouer un rôle important dans ce processus », écrit Mouffe.</p><p>Cette conception explique le rôle très important qu’a pris la figure de Jean-Luc Mélenchon dans la campagne de la France Insoumise. Celle-ci commence par un plébiscite sous la forme d’un parrainage citoyen et se poursuit par la mise en scène constante du candidat dans des meetings très travaillés, conçus comme de grands spectacles. La personne de Mélenchon est omniprésente sur les réseaux sociaux, amplifiée par l’action coordonnée d’une armée de militants. Cette personnalisation s’explique, il est vrai, par la nature de nos institutions qui font de l’élection et de la fonction présidentielle les clés de voûte de la politique nationale. Mais reconnaissons que la mise en scène de la campagne présidentielle de la FI favorise la figure du chef au détriment de ses conseillers et des autres députés de son groupe parlementaire à la différence, par exemple, de la campagne de Valérie Pécresse qui apparaît presque systématiquement entourée par d’autre cadres de son parti lors de ses évènements médiatiques.</p><p>Pour résumer, la bataille culturelle gramscienne engagée dans le cadre du populisme de gauche, a tendance à privilégier les affects à la raison, le culturel à l’idéologique, et développe un discours qui vise à s’adresser davantage aux identités politiques qu’aux intérêts de classe afin de rassembler son camp.</p>
<p>Un discours ambigu vis-à-vis des institutions démocratiques </p>
<p>Le populisme, tel que je l’ai identifié dans mon ouvrage(5) procède non d’un contenu programmatique particulier mais d’une situation sociale spécifique caractérisée par une montée de la défiance institutionnelle. Cette défiance est elle-même la conséquence des politiques néolibérales qui, en mettant l’État au service du marché, participent à l’affaiblissement et à la perte de crédibilité des institutions publiques. Sur ce point, mon diagnostic rejoint celui de Chantal Mouffe.</p><p>Partant du constat de cette défiance, ma proposition serait de transformer les pratiques politiques en sortant du cadre conceptuel néolibéral afin de remettre les institutions publiques à l’endroit, c’est-à-dire au service de bien-être général plutôt que de les orienter systématiquement en faveur de l’organisation d’un marché en concurrence. À mon sens, cette nouvelle politique suffirait à relégitimer le rôle des institutions et à désamorcer la contestation populiste.</p><p>La proposition de Chantal Mouffe est différente. Elle souhaite s’appuyer sur cette défiance pour transformer en profondeur le fonctionnement des démocraties libérales. Ainsi, elle entend profiter de ce « moment populiste » pour développer les antagonismes et susciter l’émergence d’une « démocratie radicale ».</p><p>Le populisme de gauche théorisé par Chantal Mouffe n’est pas celui du républicanisme hérité des lumières ou du Contrat social de Rousseau, qui implique une démocratie délibérative et s’impose face aux intérêts particuliers.</p><p>Le propos de Mouffe vis-à-vis des institutions est néanmoins ambigu. D’un côté elle défend le principe de la démocratie libérale et réaffirme l’importance de la démocratie représentative (contre la démocratie des mouvements sociaux et les processus de type tirage au sort) ; d’un autre côté elle semble ouverte à l’introduction de pratiques susceptibles de contourner et d’affaiblir les institutions démocratiques. Par exemple, Mouffe estime que le rôle de l’État n’est pas d’organiser et de gérer les services publics mais de « permettre aux citoyens de prendre en charge les services publics et de les organiser démocratiquement ». De même, elle estime qu’il faut éviter de construire un espace public fondé sur « une représentation totalisante qui nierait le pluralisme » en permettant aux « communautés particulières » d’exister et de participer aux décisions aux côtés de la « communauté politique » formée par les citoyens. La nature de ces communautés particulières n’est pas explicitée. Cette vision conduit Chantal Mouffe à promouvoir une démocratie plurielle dans laquelle des légitimités politiques pourraient se constituer en dehors du Parlement : « L’espace politique traditionnel du parlement n’est pas le seul lieu où peuvent être prises des décisions politiques ; si les institutions représentatives doivent garder ou retrouver un rôle majeur, d’autres formes de participation démocratique sont aussi nécessaires pour radicaliser la démocratie » juge-t-elle.</p><p>Le populisme de gauche théorisé par Chantal Mouffe n’est pas celui du républicanisme hérité des lumières ou du Contrat social de Rousseau, qui implique une démocratie délibérative et s’impose face aux intérêts particuliers. Les transformations institutionnelles qu’elle promeut reposent sur la multiplication de niveaux de légitimité en concurrence. Pour Mouffe, les espaces communautaires sont complémentaires de l’espace politique national et permettent sa revitalisation.</p><p>Ce discours fait écho au tournant plus favorable au communautarisme pris par la France Insoumise depuis 2017. Le laïcard intransigeant qu’était Jean-Luc Mélenchon au moment des attentat de 2015 contre Charlie Hebdo est devenu l’un des défenseurs de certaines revendications islamistes, notamment lorsqu’il participe en novembre 2019 à la « marche contre l’islamophobie » qui dénonçait comme « liberticides » les lois de 2004 et de 2011 sur les signes religieux à l’école et le port de la burqa dans l’espace public(6). Cette année fut aussi celle de la rupture avec le philosophe Henri Peña Ruiz (7), défenseur de la laïcité et du droit à la critique de l’Islam et dont les propos lors des universités d’été de la France insoumise furent l’objet d’une virulente polémique(8).</p><p>Plus largement, la vision portée par la France insoumise est marquée par une profonde défiance institutionnelle. Le principe du référendum révocatoire, qui est l’une des marques de fabrique des programmes proposés par les candidats de la FI repose sur l’idée que les représentants du peuple trahissent leur mandat une fois élus et qu’il faut donc prévoir un mécanisme de révocation. La charte que les candidats de la FI aux législatives de 2017 ont été contraints de signer relève de la même logique de défiance. Il était ainsi demandé aux candidats qu’ils renoncent à agir « selon leurs seuls choix personnels » afin de se mettre « au service de la mobilisation du peuple » et de refuser « les tares de la 5ème République »(9).</p><p>La stratégie populiste développe une approche extrêmement critique des principes qui fondent la démocratie représentative. Elle considère que la légitimité politique n’émane pas d’une instance délibérative telle que le Parlement mais des luttes portées par les minorités opprimées. Ces luttes sont censées s’agréger, se compléter et se renforcer collectivement. Cette attention particulière portée à l’agrégation des revendications hétéroclites est quelque peu paradoxale pour des mouvements qui se réclament de la gauche radicale, puisqu’elle n’est pas sans rappeler la stratégie proposée par le think tank social-démocrate Terra Nova qui proposait, en 2012, de reconstruire un électorat de gauche à partir d’un socle composé des jeunes, des urbains, des minorités des quartiers populaires, des femmes et des « non catholiques », au détriment de la classe ouvrière, dont les auteurs estimaient qu’elle était perdue pour la gauche et dans une phase de déclin démographique et électoral(10).</p><p>Ainsi, à force de vouloir revitaliser la démocratie en combinant ensemble des luttes hétérogènes au nom de la construction d’une « chaine d’équivalences », le populisme de gauche rejoint un imaginaire petit bourgeois, sensible aux injustices mais qui refuse de hiérarchiser les combats politiques en mettant sur le même plan une multitude de revendications communautaires. La limite de ce cette vision est d’être peu sensible à la notion d’intérêt général qui suppose de refuser certains combats au nom de la priorité à accorder à certaines revendications jugées plus importantes. Le ralliement de l’antispéciste Aymeric Caron à la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon est assez symptomatique de cet horizontalisme des luttes.</p>
<p>le crash politique de la crise covid</p>
<p>La préférence pour les affects plutôt que pour la rationalité, la défiance structurelle portée envers les institutions politiques et la stratégie consistant à considérer a priori comme légitimes toutes les luttes sociales portées par des communautés d’intérêts particuliers sans prendre la peine de développer une vision du monde structurée idéologiquement ont conduit certains militants de la France Insoumise à promouvoir un discours paranoïaque et à surfer sur des thèses complotistes lors de la pandémie de Covid-19.</p><p>La crise Covid peut être vue comme un extraordinaire révélateur politique. L’indifférence sociale, l’individualisme culturel et le mépris pour les services publics a logiquement conduit une partie de la droite libérale à minimiser les conséquences du covid et à promouvoir des stratégies visant à laisser prospérer le virus ou à n’imposer des contraintes qu’aux « populations à risque » sans qu’on sache toujours très bien comment les définir. Il n’est à ce titre pas étonnant que Didier Raoult, dont les accointances politiques avec la droite sont avérées depuis des années, soit devenu le chef de file des « rassuristes ». De même, les réactions libertariennes du journaliste Jean Quatremer fustigeant toutes les mesures sanitaires au nom des libertés individuelles ne sont pas si étonnantes pour ce défenseur du néolibéralisme Bruxellois. Enfin, le fait que les mouvements anti-masques et antivax soient noyautés par des groupuscules d’extrême-droite adeptes des théories complotistes est plus ou moins dans l’ordre des choses.</p><p>En revanche, les ambiguïtés de la France Insoumise vis-à-vis de la crise sanitaire témoignent d’une profonde confusion idéologique. Ma thèse est que cette confusion est la conséquence de la stratégie populiste.</p><p>La crise sanitaire et les confinements ont créé une grande angoisse. La gestion chaotique de la pandémie par le gouvernement ainsi que ses multiples revirements ont légitimement renforcé la défiance. Passé l’épisode de sidération, cette angoisse a suscité des mouvements de contestation contre les restrictions à la mobilité, contre les fermetures des lieux de socialisation, contre le port du masque et la politique vaccinale. Très vite, ces mouvements ont pris des formes populistes dans le sens où ils étaient nourris et se nourrissaient d’une défiance généralisée envers les autorités politiques, médicales, journalistiques et scientifiques et qu’ils faisaient preuve d’une grande virulence.</p><p>À gauche, l’ouvrage de Barbara Stiegler sur la gestion de la pandémie (11)a renforcé l’idée que la crise Covid a été instrumentalisée par le pouvoir pour provoquer l’enfermement des populations et le contrôle des libertés.</p><p>La philosophe, qui a rejoint le Parlement de l’Union populaire en décembre 2021, estime notamment que « ce virus ne peut avoir de conséquences graves, dans l’immense majorité des cas, que sur des organismes déjà affaiblis, soit par le grand âge, soit par des facteurs de comorbidité ». Cette affirmation, infirmée par le consensus médical, conduit Stiegler à écrire que nous ne vivrions pas une pandémie (« pan » étant un préfixe suggérant la totalité d’un ensemble), mais « en Pandémie », c’est-à-dire sur un continent qui entendrait gouverner la société sur le modèle chinois.</p><p>La gestion chaotique de la pandémie par le gouvernement ainsi que ses multiples revirements ont légitimement renforcé la défiance.</p><p>« Ce tout nouveau continent mental, avec sa langue, ses normes et son imaginaire, ce sont les dirigeants chinois qui ont été les premiers à l’explorer. C’est donc eux qui ont tout à nous apprendre, tandis que les Américains et leurs cousins britanniques n’ont rien vu venir. En Pandémie, c’est la Chine désormais qui domine. Non plus seulement économiquement. Mais aussi moralement, culturellement et politiquement.</p><p>Comme tout continent, la Pandémie a une langue qui se décline en idiomes nationaux. Mais ceux-ci traduisent des dispositifs inventés par la Chine : « confinement », « déconfinement » et « reconfinement », « traçage », « application » et « cas contacts ». C’est une esthétique nouvelle qui se dessine : « Un monde cybersécurisé où chaque individu est suspect (d’être malade), fiché, tracé, code-barrisé. Code vert : vous circulez. Code rouge : vous êtes arrêté-e. […] Comment passe-t-on du vert au rouge ? C’est automatique : si vous croisez des gens malades, une zone infestée, voire des idées douteuses ». (12)</p><p>Passons sur le fait que la gestion chinoise de la pandémie, fondée sur la stratégie « zéro covid », fut extrêmement différente de celle des États-Unis ou des pays européens. Ce qui est caractéristique de cette vision et qui témoigne de son aspect populiste est qu’elle implique une profonde défiance institutionnelle. Son discours s’appuie sur le schéma suivant :</p>
<p>Le gouvernement sert les intérêts de l’oligarchie.<br />L’oligarchie a pour projet de contrôler et d’asservir la population. Si elle n’a pas créé le virus, elle a profité de son apparition pour mette en œuvre un plan de contrôle de la société.<br />Toutes les institutions qui participent à la gestion de la crise sanitaire et à la promotion du discours gouvernemental (les autorités médicales, les journalistes, les administrations des hôpitaux, les sociétés pharmaceutiques…) participent, consciemment ou non, à cette politique d’asservissement.</p>
<p>Dans cet univers mental, la lutte contre les outils « de contrôle » tels que les passes sanitaire ou vaccinal devient logiquement une priorité politique. En déplacement en Martinique, territoire durement touché par le Covid et où le taux de vaccination est particulièrement faible, la députée FI Mathilde Panot déclarait : « Au pouvoir, je le dis ici devant vous : nous mettrons fin à cette politique autoritaire de santé. Et le 13 janvier, lors de notre niche parlementaire […] nous allons présenter un texte qui demande de mettre fin au régime d’exception de santé, qui veut enlever le plein pouvoir sanitaire à Emmanuel Macron, et qui mettra fin au pass sanitaire et au pass vaccinal »(13). Notons que les expressions utilisées telles que « politique autoritaire de santé », « régime d’exception », « plein pouvoir sanitaire », renvoient à la stratégie d’extrême-droitisation de la politique gouvernementale exprimée plus haut.</p><p>Les appels à la mobilisation citoyenne contre les mesures sanitaires lancés par la France insoumise se doublent d’un principe de défiance vis-à-vis des vaccins, notamment les vaccins à ARN messager, pourtant les plus efficaces contre les formes graves de la maladie. « Je ne suis pas rassuré par un procédé qui est tout à fait nouveau et dont on ne connaît pas les conséquences. Je préfère les formes traditionnelles de vaccination », expliquait Jean-Luc Mélenchon au micro de LCI alors que la campagne de vaccination venait de débuter. « Je veux pouvoir choisir » et ne « pas être un cobaye » ajoutait-il(14). Un an plus tard, il apportait son soutien aux soignants guadeloupéens en grève contre l’obligation vaccinale et rencontrait le leader du mouvement Elie Domota, saluant ceux « qui ne se laissent pas mater ». Dans une interview donnée à la chaine locale Canal 10, il exprimait ses doutes sur d’éventuelles conséquences inflammatoires que pourraient avoir le vaccin dans une population contaminée par le chlordécone(15). Invité quelques semaines plus tard sur France Inter, Jean-Luc Mélenchon refusait d’appeler publiquement ses concitoyens à se faire vacciner, estimant qu’une telle prise de position de sa part aggraverait « la pagaille qui existe aujourd’hui dans les DOM ». « Le fait d’être contaminé n’empêche pas d’être contaminé et ne vous empêche pas de contaminer les autres » ajoutait-il avant de conclure : « Moi je suis vacciné, faites comme vous l’entendez. Mais ne faisons pas croire que la vaccination est la réponse unique. Et c’est ce que fait le gouvernement. Il passe son temps à dire : ‘‘si vous êtes vacciné il n’y aura plus de risque’’. Ce n’est pas vrai ! »(16).</p>
<p>Populisme de droite et populisme de gauche : un rapport différent aux institutions </p>
<p>La manière dont la France Insoumise s’est emparée de la politique sanitaire illustre le double rapport que le populisme de gauche entretient avec institutions. D’une part les mouvements populistes se nourrissent de la défiance envers les institutions, d’autre part ils participent activement à alimenter cette défiance. Le discours sous-jacent de tout populisme, de droite ou de gauche, est que les institutions sont corrompues par une élite dont les intérêts sont contraires à ceux du peuple. Dès lors, le leader populiste est amené à décrire les responsables politiques, le gouvernement, mais aussi les médias, les autorités sanitaires, les revues scientifiques, les parti politiques traditionnels… comme étant à la solde d’un système oligarchique.</p><p>Ce projet traditionnel de la gauche, l’idée de développer une collaboration harmonieuse entre l’individu et les institutions, est mis en danger par la stratégie du populisme de gauche.</p><p>Le problème de cette vision est qu’elle rompt avec le rapport traditionnel que la gauche entretient vis-à-vis des institutions. La gauche est naturellement pro-État, pro-éducation publique, pro-système de santé généralisé, pro-science… Elle est donc spontanément favorable aux institutions. Plus précisément, le discours de gauche porte une vision des institutions qui n’est ni réactionnaire ni ultralibérale. À la différence de la vision réactionnaire, la vision de gauche estime que les individus n’ont pas à se soumettre aveuglément ni à se laisser dominer par des institutions sociales surplombantes (État, religion, traditions…). Dans l’approche rousseauiste, l’émancipation procède d’un contrat de reconnaissance réciproque entre la société et les individus. Ainsi, les institutions sociales tirent leur légitimité d’une conjugaison éclairée des volontés individuelles qui s’incarnent en elles. La vision de gauche se démarque également de celle des ultralibéraux pour lesquels la société se résume à l’addition d’individus ou de communautés mus par leurs intérêts propres. À l’inverse, la conception institutionnaliste de la gauche reconnait que l’individu pur est une fiction et que les communautés ne sont légitimes que si elles s’insèrent dans un ordre commun et acceptent les règles collectives.</p><p>Ce projet traditionnel de la gauche, l’idée de développer une collaboration harmonieuse entre l’individu et les institutions, est mis en danger par la stratégie du populisme de gauche. En développant une critique aveugle fondée sur la multiplication des antagonismes au nom de la conquête du pouvoir et de la lutte pour l’hégémonie, en cultivant « le bruit et la fureur » pour délégitimer les institutions sociales accusées d’être sous l’emprise hégémonique du néolibéralisme, la gauche populiste en vient à construire la même représentation du monde que celle des ultralibéraux. Elle produit un imaginaire dans lequel le monde serait essentiellement composé d’individus mus par leurs passions et leurs intérêts, un monde peuplé de personnes sans convictions partagées, sans idéologie, sans collectif, et dans lequel l’État n’émane pas d’une conception de l’intérêt général mais serait le pur instrument d’intérêts particuliers.</p><p>Tout projet démocratique suppose un minimum de confiance entre les citoyens. La gauche n’a pas d’avenir si son projet est de combattre les institutions qui sont au cœur de notre société. « Rassembler le peuple » est un slogan creux si on refuse d’admettre que le « peuple » n’est pas uniquement un rassemblement d’intérêts particuliers en lutte contre l’hégémonie néolibérale mais un ensemble cohérent d’individus qui ont développé des liens de confiances les uns envers les autres à travers des institutions sociales et qui partagent un destin commun. Si le peuple n’est qu’une collection d’intérêts, il n’est guère différent d’un tas de sable dont les grains sont désorganisés et s’amassent sans structure, sans classe et sans nation.</p><p>En fait, le populisme renforce systématiquement une vision du monde qui est spécifique à la droite. En dessinant un monde anomique dans lequel les individus seraient livrés à eux-mêmes, il légitime les conceptions réactionnaires qui entendent réunir le peuple sous des institutions transcendantes fondées sur la religion, les identités culturelles ou une vision fantasmée de l’histoire. Il participe aussi à renforcer le discours ultralibéral qui glorifie la liberté individuelle et nie la légitimité de toute organisation collective, en même temps que l’existence d’un bien commun. Ainsi, en développant une critique aveugle fondée sur les affects, le populisme de gauche tend à renforcer les visions réactionnaires ou libertariennes de la société. Loin de défendre les luttes sociales en proposant une vision cohérente, il nourrit les contestations de toute sorte, ce qui renforce la crise de confiance et affaiblit les bases de la démocratie.</p>
<p>Pour une gauche de la raison </p>
<p>Il est important de reconnaît que les populismes ne sont pas apparus sans raison. La défiance institutionnelle actuelle s’explique par le fait que beaucoup d’institutions publiques ont été perverties de leur fonction initiales et que l’État lui-même a perdu en légitimité en se montrant impuissant à répondre aux enjeux sociaux et économiques qui ont été révélés par la crise de 2008, et qu’il apparaît également impuissant à répondre de manière satisfaisante à la question climatique. Le cadre européen et la mondialisation, qui soumettent l’économie française à une concurrence sans véritable régulation politique, ont poussé les gouvernements français à mener des politiques similaires, fondées sur des mesures d’attractivité au bénéfice du capital, en espérant attirer les investissements et les emplois. Ces mesures ont été payées par un accroissement de la fiscalité des ménages (notamment via la hausse des taxes sur la consommation), par la baisse des retraites, mais aussi par un affaiblissement des services publics. Le sentiment de défiance d’une grande partie de la population et le désintérêt grandissant qu’elle éprouve envers le fonctionnement de la démocratie sont les conséquences logiques de ces politiques qui semblent se mener contre les gens et non pour eux.</p><p>Un projet de gauche doit donc faire des choix. Et ces choix doivent être fondés sur la raison plutôt que sur les affects. Pour cela, il faut en revenir aux fondamentaux et commencer par admettre que la structuration politique d’une société est d’abord fondée sur des rapports sociaux, et que ces rapports sociaux s’inscrivent dans des rapports économiques.</p><p>Pour autant, il faut aussi reconnaître que le rassemblement des colères est insuffisant pour porter un véritable projet de gauche. On ne peut pas défendre et légitimer tous les mouvements d’opposition au néolibéralisme au prétexte de construire une « chaine d’équivalence ». On ne peut pas à la fois s’affirmer féministe et tolérer le voilement des petites filles ; on ne peut pas d’un côté défendre les personnels hospitaliers épuisés par le covid et de l’autre refuser d’appeler la population à se faire vacciner ; on ne peut pas s’opposer à l’intégration européenne tout en renonçant à défendre le cadre national ; on ne peut pas proposer de sortir du marché et de la mondialisation néolibérale sans penser les frontières économiques et la souveraineté nationale. Enfin, on ne peut pas articuler l’écologie et le social tout en adoptant une vision libertaire fondée sur la détestation de toutes contraintes et en promouvant les droits individuels à la consommation.</p><p>Un projet de gauche doit donc faire des choix. Et ces choix doivent être fondés sur la raison plutôt que sur les affects. Pour cela, il faut en revenir aux fondamentaux et commencer par admettre que la structuration politique d’une société est d’abord fondée sur des rapports sociaux, et que ces rapports sociaux s’inscrivent dans des rapports économiques. De ce fait, la politique ne peut se résumer au combat culturel. Elle doit d’abord repenser les contraintes et proposer une vision cohérente du monde au lieu de légitimer par avance les revendications de groupes d’intérêt diverses qui affirment s’opposer au néolibéralisme.</p><p>Développer cette pensée et promouvoir une vision cohérente suppose de renoncer à la mise en avant de thématiques qui ne servent qu’à renforcent les identités politiques, à faire du « like » sur les réseaux sociaux et à rassembler les militants de son camp. Ces pratiques relèvent peut-être d’une stratégie électorale efficace dans l’art de faire du buzz mais ne suffisent pas à développer et à promouvoir un projet politique. Pour cela il faut nécessairement en passer par la hiérarchisation des luttes, ce qui suppose de renoncer à certains objectifs afin d’en privilégier d’autres au nom de la raison et non au nom des intérêts des uns contre les intérêts des autres.</p><p>La bataille culturelle n’est pas dissociable de la bataille idéologique. Mais, plus fondamentalement, la bataille idéologique nécessite de s’appuyer sur une conception claire du bien commun et de l’intérêt général. Chantal Mouffe n’a pas tort d’affirmer que la politique est le terrain d’affrontement des antagonismes ; elle a raison de se méfier de l’illusion commode du consensus dans laquelle la gauche gestionnaire s’est fourvoyée. Rendre du sens à la politique, c’est bien réaffirmer l’existence de clivages structurants au sein de la société. Il n’en reste pas moins qu’une vision politique ne peut se passer d’un projet de société susceptible d’intégrer les adversaires du jour dans un nouvel espace collectif à construire.</p><p>Enfin, la gauche doit réaffirmer que son but est de construire de nouvelles institutions et d’instaurer un rapport de confiance entre ces institutions et les individus. Elle doit défendre la démocratie représentative et cesser de propager une vision du monde apocalyptique dans lequel prévaudrait la guerre de tous contre tous. Un tel tableau ne peut que susciter l’effroi et renforcer le besoin d’autorité et les visions paranoïaques qui sont au cœur du populisme de droite.</p><p>Références</p><p>(1)Mouffe, C. Pour un populisme de gauche, Albin Michel, 2018.</p><p>(2)Mouffe, C. L’Illusion du consensus, Albin Michel, 2016.</p><p>(3)Mathoux, H. Mélenchon : la chute. Comment La France insoumise s’est effondrée, Editions du Rocher, 2020.</p><p>(4)Toutes les citations sont extraites de Pour un populisme de gauche (2018).</p><p>(5)Cayla, D. Populisme et néolibéralisme, il est urgent de tout reconstruire, De Boeck Supérieur, 2020.</p><p>(6)Abel Mestre « LFI, accusée de complaisance avec le communautarisme, veut clarifier sa vision de la laïcité et de la République », Le Monde du 27/10/2020.</p><p>(7)<a href="https://twitter.com/jlmelenchon/status/1192796104183730176">https://twitter.com/jlmelenchon/status/1192796104183730176</a></p><p>(8) Pezet, J. Libération, Checknews, « Qu’a dit Henri Peña-Ruiz sur le ‘‘droit d’être islamophobe’’ lors de l’université d’été de La France insoumise ? », 26/08/2019, en ligne.</p><p>(9)« Charte des candidat·e·s de la France insoumise », en ligne sur <a href="https://lafranceinsoumise.fr/campagne-legislatives-2017/charte-candidat-e-s/">https://lafranceinsoumise.fr/campagne-legislatives-2017/charte-candidat-e-s/</a></p><p>(10)Jeanbart B., Ferrand, O. Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ?, Terra Nova, en ligne sur <a href="https://tnova.fr">https://tnova.fr</a>.</p><p>(11)Stiegler, B. De la démocratie en pandémie : santé, recherche, éducation, Gallimard, Coll. Tract, 2021.</p><p>(12) B. Stiegler 2020, op. cit.</p><p>(13)Herreros, R. « « Mettre fin au pass vaccinal »: la promesse de Panot en pleine vague épidémique passe mal », Huffpost, 19/12/2021, en ligne.</p><p>(14)« Covid-19 : Jean-Luc Mélenchon Mélenchon ‘‘pas rassuré’’ par le vaccin Pfizer », Le Figaro / AFP, 10/01/2021, en ligne.</p><p>(15)Toussay, J. « Aux Antilles, Jean-Luc Mélenchon surfe sur la défiance liée au chlordécone », Huffpost, 19/12/2021, en ligne.</p><p>(16) « Sixième République, libertés fondamentales, Union européenne : Jean-Luc Mélenchon répond aux questions du 7/9 », France Inter, le 3/01/2022, en ligne.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 31 Dec 2022 23:49:32 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[« On n’oublie rien »]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>La longue patience du peuple français qui supporta sous Louis XIII, sous Louis XIV, puis sous Louis XV, que la richesse fruit de son travail qu’on lui extorquait avec de plus en plus d’intensité et de sévérité puisse servir non au bien commun, mais aux petits, menus et grands plaisirs de la Cour et de quelques aristocrates, prit fin sous Louis XVI, et ce fut 1789.<br /> <br />À partir de 1730 et jusqu’à 1780, pendant 50 ans se succèderont une série de mouvements peu ou mal organisés, des sortes de jacqueries, qui s’adressaient au souverain en lui demandant d’écouter son peuple, en lui demandant de faire ce dont son peuple avait besoin, et qui s’efforçaient d’exprimer les besoins, les souffrances et les aspirations de ce peuple.<br /> <br />Ce ne fut que la répression qui répondit à cela et à aucun moment le souhait, de la part des élites dirigeantes, d’écouter ces propos, de tenter de les comprendre ou de les prendre en compte.<br /> <br />Les élites avaient ce que l’on appellerait aujourd’hui leur propre « agenda » dont elle ne se départissaient pas, et qui les conduisait à enrichir quelques fermiers généraux ou quelques grands commis, et surtout la Cour, le roi et sa famille.<br /> <br />C’est cette accumulation qui conduisit, le moment venu, à ce que l’addition soit présentée à Louis Capet, seizieme du nom, au titre de ses père, grand-père et bisaïeul, car au fond le peuple n’avait rien oublié, le peuple a souffert, le peuple a enduré, mais à un moment, le peuple s’est réveillé, et il a réclamé la réparation du passé. Peut-être plus encore que la réparation, la vengeance…<br /> <br />On peut juger, et probablement à juste titre, que la tournée de Paris – acclamée en arrivant dans chaque quartier – de la tête de la princesse de Lamballe sur une pique – que l'on voit reproduite sur cette illustration – était injuste pour cette femme qui n’était finalement que la dame de compagnie de Marie Antoinette d’Autriche, reine de France.<br /> <br />Son sort devrait cependant faire réfléchir aujourd’hui ceux qui en font tellement trop qu’ils pourraient inspirer un jour au peuple des excès regrettables. <br /> <br />On peut penser, comme l’écrivent la plupart des analystes sérieux, que l’on va vers des convulsions. Des convulsions qui pourront être d’une violence inouïe. Que ce fut un ancien ministre de l’intérieur, pourtant partisan et ami de Macron, que ce soient des sociologues, des politologues, des praticiens de diverses sciences humaines, le diagnostic est là. Cela arrivera.<br /> <br />Personne ne peut dire quand, et surtout personne ne peut dire sur quoi cela débouchera. <br /> <br />Mon sentiment et que cela débouchera probablement sur la volonté d’inverser la réalité actuelle perçue, et paradoxalement, c’est sous les apparences de la licence, du wokisme, et de toutes sortes de stupidités de l’extrême-gauche du Capital qu’elle se présente de la façon la plus prétentieuse et la plus ouvertement agressive pour le peuple et ses traditions. On peut donc penser que ce sera un retour autoritaire à l’ordre moral qui s’opposera à la perspective d’un autre totalitarisme, « cool » celui-là dans lequel nous sommes engagés.<br /> <br />On coupera peut-être quelques têtes qui en auront trop fait, mais cela ne suffira pas à définir un mode d’organisation meilleur. <br /> <br />Pour cela il faudrait que le système actuel laisse place au débat public en raison, qui seul pourrait éloigner le spectre des violences.<br /> <br />Or celui-ci le verrouille totalement pour ne laisser passer que ce qui ressemble à ses représentations de petits bourgeois des catégories supérieures favorisés par la globalisation financière et qui ne voit dans toute protestation populaire que le fascisme la gauloise, le diesel, la stupidité et l’antisémitisme.<br /> <br />Le système médiatique des milliardaires sélectionne et exclut impitoyablement. <br /> <br />Il y a ceux qui ont le droit de parler pour ne rien dire, et produisent la pauvreté absolue de l’offre politique qui nous est présenté à chaque élection. Et il y a ceux qui n’acceptent pas un système où règne l’insignifiance, ils sont définitivement interdits de parole, et ne peuvent donc rencontrer le peuple.<br /> <br />C’est donc vers une violence renforcée qui aboutira sur une situation extrêmement difficile que ce système d’abrutissement de la société, propriété des milliardaires et produit de la logique de ce système, nous emmène.<br /> <br />En ce Premier de l’an, qui est aussi un dimanche, où – lorsque je ne suis pas interdit de parole – je place une chanson sur ce mur, cela me conduit à vous faire entendre une chanson au titre tellement d’actualité…<br /> <br />En 1961, sur une musique de Gérard Jouannest, Jacques Brel écrira et interprétera « On n’oublie rien » :</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/894/blackrock-to-take-zelenskyy%E2%80%99s-panhandling-act-to-the-next-level</guid>
	<pubDate>Sat, 31 Dec 2022 22:28:32 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/894/blackrock-to-take-zelenskyy%E2%80%99s-panhandling-act-to-the-next-level</link>
	<title><![CDATA[Blackrock to Take Zelenskyy’s Panhandling Act to the Next Level]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Blackrock is the world’s largest asset management and investment firm. It invests <a href="https://www.cnbc.com/2022/03/24/blackrocks-larry-fink-who-oversees-10-trillion-says-russia-ukraine-war-is-ending-globalization.html">more than $10 trillion in client funds</a>, a mountain of cash that casts a shadow over the GDP of many countries, including Germany, the fourth largest GDP in the world. It is fair to say it controls, or has outsized influence, on the Federal Reserve, Wall Street banks, including Goldman Sachs and Vanguard, the WEF meet and greet at Davos (and its control freak Great Reset), and all that follows, including President Biden and Congress.</p><p>Larry Fink, the founder, and CEO of Blackrock has <a href="https://discernreport.com/corrupt-volodymyr-zelensky-brings-in-globalist-blackrock-ceo-larry-fink-to-coordinate-ukraines-money-laundering/">teamed up with the Man in Perpetual Green</a>, Ukrainian President Volodymyr Zelenskyy. “Specialists of this company are already helping Ukraine to structure the fund for the reconstruction of our state,” said Green Man after a video call with Fink, according to <a href="https://www.businesslive.co.za/bloomberg/news/2022-12-28-zelensky-prepares-for-ukraines-participation-at-wef-in-davos/">Bloomberg</a>.</p><p>Zelenskyy has taken his worldwide panhandling act to the next level. According to <a href="https://www.president.gov.ua/en/news/prezident-obgovoriv-z-generalnim-direktorom-blackrock-koordi-80105">Zelenskyy’s government web page</a>—up and running, although average Ukrainians are freezing in the dark—Larry Fink will help drum up the funds to rebuild what will be blown up again. (As for Zelenskyy’s website, it is safe for the moment, hosted as it is in Santa Clara, California.)
</p><p>In accordance with the preliminary agreements struck earlier this year between the Head of State and Larry Fink, the BlackRock team has been working for several months on a project to advise the Ukrainian government on how to structure the country’s reconstruction funds.</p>
<p>Zelenskyy and Fink “agreed to focus in the near term on coordinating the efforts of all potential investors and participants in the reconstruction of our country, channelling investment into the most relevant and impactful sectors of the Ukrainian economy,” <a href="https://www.cnbc.com/2022/12/28/zelenskyy-blackrock-ceo-fink-agree-to-coordinate-ukraine-investment.html">CNBC</a> reports.</p>
<p>Good luck with that. It might be a good idea to glance at Ukraine’s massive corruption before investing a dime in that black hole. According to <a href="https://borgenproject.org/10-facts-about-corruption-in-ukraine/">Transparency International</a>, Ukraine is the second most corrupt country in Europe and <a href="https://nationalinterest.org/blog/buzz/ukraine-one-world%E2%80%99s-most-corrupt-countries-49712">ranked 120 out of 182</a> of the most corrupt countries in the world.</p><p>According to <a href="https://uacrisis.org/en/54793-top-5-ukrainian-oligarchs">Dragon Capital</a>, the richest Ukrainian oligarchs in 2016, two years after the USG-orchestrated coup in Kyiv, have accumulated over $11 billion, almost 13% of Ukraine’s GDP.</p><p>Much of the money accrued by Rinat Akhmetov, Ihor Kolomoyskyi, Victor Pinchuk, and former president and confectionary/automotive magnate Petro Poroshenko, was taken through the neoliberal organized theft of public assets, known as privatization. Kolomoyskyi is a major funder of the neo-Nazi group, Right Sector. He is widely seen as the <a href="https://warsawinstitute.org/kolomoyskyi-imf-problem-zelensky/">puppet master</a> of the former comedian and current president Zelenskyy. His reach includes <a href="https://kolomoyskyi.anticorax.org/">business operations in the US</a>.</p><p>Ukraine is a money launderer’s dream come true. Its banking sector thrives on Ponzi schemes. Oligarchs reap fortunes skimming billions from government-subsidized gas prices. Corrupt officials collaborate with oligarchs to monopolize business. In 2015, it was determined less than 50 percent of businesses in Ukraine turned a profit, and 9.8 of all business operations were controlled by and benefited corrupt government officials and the oligarchs they work for.</p><p>In July, the <a href="https://www.npr.org/2022/07/20/1112414884/corruption-concerns-involving-ukraine-are-revived-as-the-war-with-russia-drags-o">Associated Press</a> reported,
</p><p>Ukrainian President Volodymyr Zelenskyy's dismissal of senior officials is casting an inconvenient light on an issue that the Biden administration has largely ignored since the outbreak of war with Russia: Ukraine's history of rampant corruption and shaky governance.</p>
<p>Of course, Biden—or that is, since he is obviously cognitively impaired, his neocon “advisers”—do not give a hoot about the suffering of average Ukrainians victimized by free-hand oligarchs and corrupt government officials. It’s all about Russia, China, and the role of the world hegemon.</p>
<p>Earlier this year, <a href="https://www.cnbc.com/2022/03/24/blackrocks-larry-fink-who-oversees-10-trillion-says-russia-ukraine-war-is-ending-globalization.html">Larry Fink told stockholders</a> “Russia’s invasion of Ukraine is reversing the long-running trend of globalization.” Strangely, Fink seems to believe Russia’s effort to keep NATO out of Ukraine and away from its western border has “exacerbated the polarization and extremist behavior we are seeing across society today.” Submit, lest you be tarred and feathered as a polarized extremist.</p><p>It now appears Fink’s cherished globalization is headed for the rocks as <a href="https://www.forbes.com/sites/rebeccaszkutak/2022/03/23/record-setting-venture-capital-market-shows-signs-of-a-slowdown/?sh=2b4a31b13f47">the growth of capital markets slow</a> and the centrally managed economy pivots toward recession (actually a full-blown depression, but this scary subject is rarely broached in the respectable, misinformation, narrative-strict corporate propaganda media).</p><p>Larry’s not alone in his waking nightmare. Oaktree Capital Management founder Howard Marks also loses sleep over the demise of centralized, corporate-driven, neoliberal-infused, government-enforced globalization. <a href="https://www.weforum.org/agenda/2022/04/globalization-decline-ukraine-war/">Marks and WEF</a> said in April “the war is forcing the pendulum of international affairs to swing away from globalization as companies and governments rethink their interdependence.”
</p><p>To be sure, authoritarian regimes often cut themselves off from the global market for a host of reasons—Russia’s Vladimir Putin is just one example.</p>
<p>If not for lies, these guys would stand naked. According to the World Economic Forum, Putin is an “authoritarian” because he understands the global elite want to kill him, destroy Russia, and turn its JDAM-blasted smoldering remains into mutually hostile little bantustans, thus easily plundered and controlled. It has nothing to do with interdependence or the joke that is democracy. That’s feel-good PR pablum designed to deceive you.</p>
<p>“The basic problem with globalization is not hard to grasp,” writes <a href="https://www.europereloaded.com/putin-on-globalization-bonehead-elites-and-the-ever-shrinking-middle-class/">Mike Whitney</a>. “The giant corporations have outsourced millions of high-paying manufacturing jobs to low wage platforms across Asia leaving behind thousands of shuttered factories and broken communities, a sharp spike in opiate addiction, and the steady erosion of living standards.”</p><p>Putin argued the elite are oblivious to the effect of their predation. I disagree. Pathocrats enjoy witnessing the misery of millions, that’s how they get their jollies. If they are oblivious to anything, it is that many of them may be swinging from lamp posts before this is over.
</p><p>It seems like elites don’t see the deepening stratification in society and the erosion of the middle class…(but the situation) creates a climate of uncertainty that has a direct impact on the public mood. Sociological studies conducted around the world show that people in different countries and on different continents tend to see the future as murky and bleak. This is sad. The future does not entice them, but frightens them. At the same time, people see no real opportunities or means for changing anything, influencing events and shaping policy. As for the claim that the fringe and populists have defeated the sensible, sober and responsible minority—we are not talking about populists or anything like that but about ordinary people, ordinary citizens who are losing trust in the ruling class. That is the problem.</p>
<p>Zelenskyy and Fink are preparing to turn a profit on the destruction of Ukraine. “Bringing in BlackRock signals the beginning of the much-anticipated shift from bilking taxpayers to bilking private investors,” writes <a href="https://discernreport.com/corrupt-volodymyr-zelensky-brings-in-globalist-blackrock-ceo-larry-fink-to-coordinate-ukraines-money-laundering/">JD Rucker</a>.</p>
<p>BlackRock will wield its tremendous influence over corporations across the globe to funnel as much private equity into the nation as possible where the money will be distributed to all powerful parties [oligarchs] that need their palms greased.</p>
<p>Corrupt government officials (many of them Ukronazis) and the psychopathic oligarchs they serve will profit from the Zelenskyy-Fink scheme to rebuild what Russia will knock down. Russia is determined, for the sake of its national security, to turn Ukraine into a toothless, nazi- and NATO-free rump state, a former oligarch-dominated state busted up into little harmless and easily controlled remnants.</p>
<p>I don’t have a crystal ball, but I believe Zelenskyy will ultimately flee the country with a proverbial suitcase stuffed with <a href="https://americanmonetaryassociation.org/2010/12/09/how-the-us-dollar-came-to-be-a-fiat-currency/">fiat greenbacks</a> and <a href="https://seekingalpha.com/article/2850716-massive-devaluation-of-the-euro">equally devalued paper money</a> of the European Union, following in the footsteps of previous defeated and humiliated autocrats.</p><p>Larry Fink will continue to be Larry Fink. He will push “<a href="https://nypost.com/2022/02/19/larry-fink-as-wall-st-dr-evil-woke-within-reason/">stakeholder capitalism</a>,” squeaky clean window dressing for predatory neoliberalism. Larry knows what side of his bread gets the butter, that’s why he has embraced “woke” politics. “Stakeholder capitalism might just force CEOs to think twice before doing things that hurt the public,” the New York Post surmises.</p><p>More PR poison. For “Klaus Schwab and the WEF, the framework of stakeholder capitalism must be globalized,” observes <a href="https://mises.org/wire/great-reset-part-iv-stakeholder-capitalism-vs-neoliberalism">Michael Rectenwald</a> at Mises Wire. Schwab and the WEF have high hopes for rebranded neoliberalism merged with the preposterous “woke” ideology.</p><p>Not going to happen. The collective nations of the world, led by the example of Russia, will ultimately pitch neoliberalism into the dustbin of history. The problem is WEF and globalist psychopaths, deluded by mental illness and corrosive hubris. They may indeed begin the process of irradiating the planet and making any sort of social and commercial activity a relic of a forgotten past.</p><p>Reprinted with permission from <a href="https://kurtnimmo.substack.com/p/blackrock-to-take-zelenskyys-panhandling">Kurt Nimmo on Geopolitics</a>.<br />Subscribe and support <a href="https://kurtnimmo.substack.com/">here</a>.
</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/893/ukraine-bon-a-savoir</guid>
	<pubDate>Thu, 29 Dec 2022 22:06:57 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/893/ukraine-bon-a-savoir</link>
	<title><![CDATA[Ukraine : bon à savoir]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Pour ceux qui se demandent : "Pourquoi l'Ukraine est-elle importante, économiquement aussi ? " </p>

<p>Deuxième plus grand pays d'Europe par sa superficie et comptant une population de plus de 40 millions d'habitants, l'Ukraine occupe les rangs suivants :</p>

<p>1er rang en Europe pour les réserves prouvées récupérables de minerais d'uranium.</p>

<p>2ème place en Europe et 10ème place dans le monde en termes de réserves de minerai de titane</p>

<p>la 2e place mondiale en termes de réserves explorées de minerais de manganèse (2,3 milliards de tonnes, soit 12 % des réserves mondiales)</p>

<p>2ème place mondiale en termes de réserves de minerai de fer (30 milliards de tonnes)</p>

<p>2ème place en Europe en termes de réserves de minerai de mercure</p>

<p>3ème place en Europe (13ème place dans le monde) en termes de réserves de gaz de schiste (22 trillions de mètres cubes)</p>

<p>4e rang mondial pour la valeur totale des ressources naturelles</p>

<p>7e place mondiale en termes de réserves de charbon (33,9 milliards de tonnes)</p>

<p>L'Ukraine est un important pays agricole :</p>

<p>1ère place en Europe par la superficie des terres arables</p>

<p>3ème place mondiale pour la superficie des terres noires (25% du volume mondial)</p>

<p>1ère place mondiale pour les exportations de tournesol et d'huile de tournesol</p>

<p>2e rang mondial pour la production d'orge et 4e rang pour les exportations d'orge</p>

<p>3ème producteur et 4ème exportateur mondial de maïs</p>

<p>4e producteur mondial de pommes de terre</p>

<p>5e producteur mondial de seigle</p>

<p>5e rang mondial pour la production d'abeilles (75 000 tonnes)</p>

<p>8e rang mondial pour les exportations de blé</p>

<p>9ème rang mondial pour la production d'œufs de poule</p>

<p>16e rang mondial pour les exportations de fromage</p>

<p>L'Ukraine peut répondre aux besoins alimentaires de 600 millions de personnes.</p>

<p>L'Ukraine est un important pays industrialisé :</p>

<p>1er en Europe pour la production d'ammoniac</p>

<p>2ème réseau de gazoducs en Europe et 4ème au monde</p>

<p>3e en Europe et 8e dans le monde en termes de capacité installée de centrales nucléaires;l</p>

<p>3ème place en Europe et 11ème dans le monde en termes de longueur du réseau ferroviaire (21 700 km)</p>

<p>3e rang mondial (après les États-Unis et la France) pour la production de localisateurs et d'équipements de localisation.</p>

<p>3ème exportateur mondial de fer</p>

<p>4e exportateur mondial de turbines pour centrales nucléaires</p>

<p>4e fabricant mondial de lance-roquettes</p>

<p>4e place mondiale pour les exportations d'argile</p>

<p>4e rang mondial pour les exportations de titane</p>

<p>8e rang mondial pour les exportations de minerais et de concentrés</p>

<p>9e rang mondial pour les exportations de produits de l'industrie de la défense</p>

<p>10e producteur mondial d'acier (32,4 millions de tonnes).</p>

<p>L'Ukraine est importante. C'est pourquoi son indépendance est importante pour le reste du monde. Ces ressources sont la raison pour laquelle la Russie fait des pieds et des mains pour la prendre.</p>

<p><a href="https://bonpourlatete.com/journaliste/Jacques-PILET"><br />Jacques PILET </a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/891/banquier-daffaire-jai-ete-contributeur-et-spectateur-de-la-construction-d%E2%80%99une-chimere</guid>
	<pubDate>Wed, 28 Dec 2022 10:29:50 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/891/banquier-daffaire-jai-ete-contributeur-et-spectateur-de-la-construction-d%E2%80%99une-chimere</link>
	<title><![CDATA[&quot;Banquier d&#039;affaire, j&#039;ai été contributeur et spectateur de la construction d’une chimère&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Ma position de banquier d’affaire de l’économie réelle m’a rendu contributeur et spectateur de la construction d’une chimère. Après avoir été une source de satisfaction pour un quart des populations occidentales, l’imminence de sa révélation va montrer sa toxicité, conforme à l’image mythologique d’un animal malfaisant.</p><p>La découverte, par le plus grand nombre, de cette illusion qui est devenue l’unique support de l’Occident va ébranler la démocratie, l’économie de marché, le progrès social, l’état de droit, la fraternité et la solidarité humaine qui ont fait notre fierté. Les êtres humains et leurs dirigeants ont toujours caché une réalité désagréable derrière un décor plus flatteur. Ce n’est donc pas ce stratagème qui m’a surpris, c’est son ampleur. Cette ampleur est la raison de ma sidération que je ne peux taire.</p><p>Le « too big to fail » des heures précédant la faillite de Lehman exprime la confiance, pour ne pas dire la certitude, que le paradigme ne peut pas s’effondrer car les conséquences en seraient beaucoup trop graves. Les politiques, soutenues par les plus grands leaders d’opinions refusent, par lâcheté, ne serait-ce qu’envisager que le modèle néo-libéral-progressiste des trois dernières décennies soit désormais dans une phase irréversible de désagrégation. Le paradigme va disparaître pour les mêmes raisons qui ont fait sa gloire car le prochain « cygne noir » s’annonce plus violent que la faillite de Lehman.</p><p>Nuitamment et sans bruit, le capitalisme, dont je reste un fervent défenseur pour la globalité de ses mérites, s’est métamorphosé en néo-libéralisme dont je dénonce la nocivité.</p><p>Pour des raisons encore énigmatiques pour la science économique et pour le clergé néo-libéral, la croissance des gains de productivité, moteur de la croissance économique et des profits du XIXe et début du XXe siècle a entamé, mondialement, son déclin depuis les années 1970. Bien que ce processus soit avéré et documenté, il est tellement contre-intuitif qu’il est inadmissible. En effet, comment expliquer que la productivité, fruit de l’association de la technologie et de l’Homme, soit en régression à l’heure même où elle est la plus largement diffusée. La plus facilement accessible. La complexité très particulière de ce phénomène a obscurci sa visibilité et m’a empêché pendant vingt ans d’en comprendre l’origine et le mécanisme avant d’annoncer l’occurrence de son effondrement.</p><p>Condorcet et Hugo pouvaient s’émerveiller du Progrès dont ils étaient les témoins car il reposait sur une abondance croissante et une prospérité tangible pouvant être partagées. Bien que les grèves, les révoltes et révolutions réprimées dans le sang aient rythmé le XIXe et le XXe siècle, elles étaient suivies d’effets positifs car la taille du gâteau à partager ne cessait de croître. Il y a soixante ans, ce progrès matériel et social a été rebaptisé « croissance ». L’histoire des faits et la pensée économique s’accordent pour considérer que l’étape ultime de la croissance soutenant la démocratie, l’état de droit et la justice sociale requiert un état d’abondance correspondant à la phase dite de consommation de masse. Or cette étape a bel et bien été atteinte à la fin des trente glorieuses, postérieures à la dernière Guerre Mondiale.</p><p>« Il n’en fallait pas davantage pour mettre en œuvre des politiques recherchant délibérément une augmentation artificielle des patrimoines, indûment appelée "effet richesse". »</p><p>La consommation et les gains de productivité étant les deux ressorts de la croissance, nourrice de la prospérité moderne, il est essentiel de soutenir la première étant impuissant à ressusciter la seconde. Il est alors apparu évident que plus le patrimoine des ménages est élevé plus leur propension à consommer est importante. Il n’en fallait pas davantage pour mettre en œuvre des politiques recherchant délibérément une augmentation artificielle des patrimoines, indûment appelée « effet richesse ».</p><p>La Grande Illusion 2.0 est le résultat de cet effet, assumé ouvertement par les grands argentiers tels que Greenspan, Draghi ou Lagarde, avec la bénédiction des néo-libéraux-progressistes au pouvoir. Par ailleurs, l’effet patrimoine est plus efficace dans les pays où les actifs des ménages sont fortement financiarisés. Situation des pays anglo-saxons où les systèmes de retraites sont assurés par le principe de capitalisation géré par les fonds de pension.</p><p>Je situe à dessein la naissance de la Grande Illusion 2.0 immédiatement après la crise boursière d’Octobre 1987. Quand le 19 octobre de cette année-là, les bourses mondiales ont perdu en une journée près du quart de leur capitalisation, on comprend la panique du monde financier, étroitement lié au monde politique. De concert, ils ont tout mis en œuvre pour éviter que de telles catastrophes se reproduisent, étant tout aussi néfastes à leurs intérêts égoïstes qu’à l’ensemble de l’équilibre économique et politique des Occidentaux.</p><p>Les Etats-Unis d’Amérique restent le moteur de l’économie mondiale grâce à la prodigieuse propension d’une moitié des Américains à représenter, à eux seuls, près du quart de la consommation mondiale ! Avec l’immobilier, les actions et obligations dominent le patrimoine des ménages américains. De ce fait, l'évolution boursière conditionne le sentiment de richesse recherché. L’expansion exceptionnelle et onirique des marchés financiers depuis 1988 explique la persistance de la consommation américaine.</p><p>À LIRE AUSSI :<a href="https://www.marianne.net/economie/finance/speculation-royaume-uni-italie-chine-suisse-toutes-ces-bulles-pretes-a-exploser" target="_blank">Spéculation : Royaume-Uni, Italie, Chine, Suisse… Toutes ces bulles prêtes à exploser</a></p><p>Mais cet effet, dit de richesse, est le produit d’une gestion anormale de l'épargne. L’anormalité vient d’une pratique entamée autour des années 1990 qui n’a cessé de s’intensifier. C’est la baisse volontaire des taux d’intérêt directeurs par les grands argentiers, soutenus par les politiques, pour rendre gratuit l’endettement. Il n’en fut rien. On s’est trompé. On croyait doper l’activité économique, on a seulement nourri des bulles successives : Internet en 2000, Subprimes immobilières en 2007, Technologie en 2020. Des auteurs, souvent germaniques, ont qualifié cette pratique « d’épargne négative » ou de « taxation de l’épargne » populaire. Devant l’insuffisance de cette mesure pour soutenir durablement l’économie, les mêmes propagandistes du taux zéro ont délibérément favorisé la création monétaire. Les politiques monétaires accommodantes ont fleuri à la surface du globe, du Japon aux Usa en passant par la Chine et les pays européens. Ces mesures avaient pour seul effet d’inciter le recours à l’endettement systématique et massif. Pour que les ménages aient recours à toutes les formes de crédit revolving et autre crédit à la consommation. Pour que les entreprises, les régions, les municipalités, s’endettent pour soutenir leurs activités et la valeur de leurs actifs.</p><p>Ces techniques, d’apparence sophistiquée, sont très mathématisées mais elles reposent en fait toujours sur l’endettement. Les acteurs économiques, politiques et sociaux de tout rang que ce soient américains, chinois, français ou anglais sont à la même enseigne.</p><p>En surplomb des sociétés modernes, le monde de l’épargne et de l’investissement est en recherche de performances toujours plus élevées alors que l’activité réelle est incapable de les générer. Pour les atteindre, quoi qu’il en coûte, des professionnels de l’investissement recourent, depuis 1988, à l’endettement irréversiblement croissant.</p><p>À LIRE AUSSI : <a href="https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/frederic-farah-la-banque-centrale-doit-ouvrir-un-nouveau-chapitre-de-son-histoire-monetaire" target="_blank">Frédéric Farah : "La Banque centrale doit ouvrir un nouveau chapitre de son histoire monétaire"</a></p><p>Les Etats, soucieux de ne pas révéler à leurs électeurs l’état de régression économique sous-jacente ont eu recours au déficit de façon délibérée et systématique. Déficit qui n’est que de la dette. On croit toujours que la France est le plus mauvais élève, ayant depuis 40 ans un déficit permanent. C’est vrai, mais c’est dans des proportions moitié moindre que la croissance américaine qui n’a été exclusivement que le fruit d’un déficit chronique, quasiment double de la France, pendant la même période. On admet que la croissance économique de nations comme les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France aient été à crédit. On omet de dire que sans le recours à ce crédit, ces pays auraient été en récession depuis des décennies. Conclusion insensée et absurde qu’il est bienvenu de tourner en dérision. Mais conclusion de réalité.</p><p>Ce constat troublant, plonge nos certitudes dans un abîme de perplexité. On a caché que, contrairement aux apparences, la taille du gâteau des richesses réellement nécessaire aux citoyens n’a pas augmenté depuis 1988 au même rythme que dans les siècles précédents. Contrairement à la fortune, artificiellement créée, qui n’a cessé de croître.</p><p>Ayant personnellement participé à cette création factice de richesse je reste médusé, sidéré, stupéfait non pas par le phénomène mais par son ampleur. Que les trois dernières bulles des valeurs Internet, des subprimes et des technologies aient poussé à 30, 40 ou 50 % au-dessus de ce qu'on qualifie de valeurs intrinsèques serait concevable. Or nous sommes en présence d’une création de richesse, propulsant les valorisations 300, 400, 500% au-delà d’une loi normale. Et pour la première fois dans l’histoire.</p><p>Quand le cinéaste Jean Renoir présentait son chef-d’œuvre « la Grande Illusion » il constatait que la Grande guerre marquait la fin d’un monde d’élégance et de raffinement de certaines classes sociales ne pouvant échapper à leur destin de s’entretuer. En comparaison de son scénario, la version 2.0 de la Grande Illusion aura une dimension tragique pour le plus grand nombre car cette illusion est démesurée, extravagante. En l’espace d’une génération l’Occident a perdu ce qui fit sa suprématie : le discernement.</p><p>Comme toute chose sur terre est assujettie à la force de gravitation, les peuples médusés vont assister à la vérité cachée derrière le décor.</p><p>L’illusion est née de la dette gratuite. La désillusion va naître aussi de la dette, mais onéreuse. Quand le taux d'intérêt augmente, les ménages baissent leur consommation. Mais le plus grave est la baisse du patrimoine (ou de la richesse) composé d'actifs financiers qui va suivre la même trajectoire.</p><p>Les drames de l’Occident des derniers siècles ont été des engrenages mortifères souvent nés de malentendus. Celui d’aujourd’hui est d’avoir donné aux nations le sentiment factice de bénéficier, encore et toujours, de la marée montante du Progrès. Nous allons être, en dépit de tous les efforts et les artifices pour l’empêcher et la dissimuler, les spectateurs de la marée descendante faisant apparaître la régression des richesses utiles et nécessaires à la paix sociale. La boursoufflure historiquement hors norme des actifs n’a pas permis de changer le cours de l’histoire. Le reflux des marées d’équinoxe va mettre à jour les carcasses rouillées, témoins des conquêtes passées.</p><p>L’effet domino va se résumer à la baisse violente de la consommation américaine consécutive à la baisse de la valeur des actifs. C’est la Chine, dépendante du consommateur américain <a href="https://www.marianne.net/economie/ce-quimpliquerait-la-faillite-du-geant-immobilier-evergrande-le-lehman-brothers-chinois" target="_blank">qui en subira le plus d’effets</a> et affaiblira, par voie de conséquence, l’économie allemande qui est un de ses principaux fournisseurs. Or c’est la santé financière de l’Allemagne qui permet à des pays européens comme la France de contracter de nouvelles dettes à taux raisonnables pour rembourser ses anciennes dettes à taux bon marché.</p><p>« Ils ne prennent pas les mesures de soutien de l’activité socialement utile, certes incompatible avec la création de licornes. »</p><p>La paix sociale de l’Occident a été achetée en Europe par des prestations sociales financées par de la dette. La paix sociale dans les pays anglo-saxons a été nourrie de l’espoir de tout un chacun de participer à la fortune technologique qui n’a été, en fait, que le produit de l’endettement massif.</p><p>Le pire n’est pas que les Occidentaux soient contraints dans les deux prochaines années de retrouver le chemin d’une activité « humano centrée ». Ne pouvant pas gagner sur le champ de bataille, il faut redouter que des Poutine puissent gagner sur le champ des idées en montrant du doigt le chaos de l’Occident à venir. Nos gouvernements, prisonniers de leur certitude d’être dans le bien, dans le vrai et dans l’unique solution, refusent d’envisager un changement à 180° de leurs politiques. Ils ne prennent pas les mesures de soutien de l’activité socialement utile, certes incompatible avec la création de licornes.</p><p>Les quelques remèdes envisageables dépendent avant tout du diagnostic et de sa rapidité. Aucun médecin ne peut guérir un malade qui refuse d’admettre son état. Les youtubeurs admettent aisément mon diagnostic. Ceux du mainstream et de la doxa refusent ne serait-ce même que de l’écouter. Or, il risque d’être trop tard quand ils accepteront de le faire car le temps presse.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 18 Dec 2022 09:48:55 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Bitcoin vs Blockchain, où est l’innovation ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Bien que cette affirmation soit quelque peu datée, il n'est pas rare d'entendre les détracteurs de Bitcoin parler d'une certaine technologie « Blockchain » qui se cacherait derrière celui-ci. Certains affirment même que cette invention serait plus intéressante que l'œuvre de Satoshi Nakamoto elle-même. </p><p>Pourtant, la Blockchain n'est ni une innovation, ni la technologie unique qui se cache derrière Bitcoin. C’est ce que nous allons étudier dans cet article. La Blockchain, qu'est-ce que c’est ?</p>
<p>Quelles sont les origines du terme « Blockchain » ?</p>
<p>Il est important de préciser que l'inventeur de Bitcoin lui-même n’emploie pas ce mot de « Blockchain » dans son White Paper. Au lieu de cela, il parle simplement d'une « chaîne » ou bien d'une « chaîne de preuve de travail ».</p><p>Le White Paper de Bitcoin est un document scientifique publié sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto le 31 octobre 2008. Il dépeint les grandes lignes techniques de Bitcoin et les raisons de sa création. Vous pouvez télécharger sa dernière version à cette adresse : www.bitcoin.org/bitcoin.pdf</p><p>L’origine de ce terme semble plutôt remonter à la fin du vingtième siècle. En effet, on le retrouve dans certaines méthodes cryptographiques décrites dès les années 1970. La plupart du temps, il est écrit en deux mots « Block Chain ». Par exemple, ce terme pourrait être inspiré des CBC (Cipher Block Chaining). Un mode d'opération au sein d'un système de chiffrement symétrique qui permet de décrire la manière dont on traite un bloc de données afin de le chiffrer. Bien que certains principes soient communs à ces deux termes, la description actuelle d'une Blockchain est assez éloignée du principe initial des CBC.</p><p>Au-delà de la sémantique, si l’on retrace l’origine du concept en lui-même, on peut découvrir que cette méthode de serveur d’horodatage a été décrite pour la première fois au début des années 1990 par les cryptographes Haber et Stornetta. Leur papier est par ailleurs cité dans les références du White Paper de Bitcoin.</p><p>Dans tous les cas, que ce soit d’un point de vue sémantique ou au niveau du concept, la Blockchain est loin d’être une innovation des années 2010. Elle existait bien avant l’invention de Bitcoin.</p>
<p>Quelle est la réelle utilité de la Blockchain ?</p>
<p>Aujourd'hui, lorsque l'on parle de Blockchain, on souhaite évoquer le registre des comptes distribué du réseau de paiement Bitcoin. C'est-à-dire la liste des transactions exécutées.</p><p>Ce terme décrit ainsi simplement une base de données, en l’occurrence, un registre de transactions, organisée en blocs dans un ordre chronologique. Chaque bloc d'informations inclut l'empreinte numérique du bloc le précédant, afin que la moindre modification dans un bloc passé modifie mécaniquement tous les blocs le suivant. </p><p><br />Cette structure en chaîne de blocs permet uniquement de créer un serveur d'horodatage. Sur Bitcoin, elle est associée à la preuve de travail (Proof-of-Work). Grâce à l'utilisation conjointe de ces deux mécanismes, il devient impossible de modifier le registre des transactions sans déployer une puissance de calcul phénoménale. La Blockchain seule n’est donc pas très utile. Elle doit être utilisée avec d’autres technologies. Ainsi, sur Bitcoin, elle ne constitue qu'un rouage du protocole. Elle est certes indispensable, mais elle ne représente absolument pas Bitcoin au global. </p><p>Sur ce dernier, la Blockchain permet simplement à tous les utilisateurs, représentés par les nœuds, de s’assurer de l’absence d’une transaction dans le système. C’est ce mécanisme qui permet entre autres d’éviter la double dépense.</p><p>« Pour nos fins, la transaction effectuée le plus tôt est celle qui compte, ainsi nous ne prêtons pas attention aux tentatives suivantes de double-dépense. Le seul moyen pour confirmer l’absence d’une transaction est d’être au courant de toutes les transactions. Dans le modèle d’un émetteur central de monnaie, ce dernier était au courant de toutes les transactions et décidait qui arrivait en premier. Pour accomplir pareille tâche sans un tiers de confiance, les transactions doivent être annoncées publiquement, et nous avons besoin d’un système pour les participants pour s’accorder sur une histoire unique de l’ordre dans lequel elles furent reçues. Le bénéficiaire a besoin de la preuve qu’au moment de chaque transaction, la majorité des nœuds était d’accord qu’elle était la première reçue. »</p><p>- Satoshi Nakamoto, à propos du serveur d’horodatage, aujourd'hui appelé « Blockchain », dans le White Paper de Bitcoin, 2008.<br /></p><p>Certains attribuent maladroitement des caractéristiques de décentralisation ou d’immuabilité à tout ce que l'on nomme « Blockchain ». C'est évidemment un non-sens. Ce que l'on appelle « Blockchain » ne peut représenter qu'un registre, c'est-à-dire une base de données. L'immuabilité de celle-ci ne dépend que du bon vouloir de l'entité qui en a la gestion.</p><p>Dans le cas de Bitcoin, ce registre est distribué. Le droit d'écriture, autrement dit le droit d'inscrire une transaction Bitcoin au sein de celle-ci, ne repose pas sur une autorité centrale. Au lieu de cela, c'est le consensus de Nakamoto par preuve de travail qui permet de donner le droit d'ajouter un bloc à la chaîne, et qui assure également l'immuabilité des blocs passés.</p><p>Certes, la chaîne de bloc de Bitcoin est immuable et distribuée, mais toute Blockchain ne l'est pas forcément. Il est très important de comprendre cela. L'innovation apportée par Satoshi Nakamoto est donc bien le système de monnaie électronique pair-à-pair, à savoir Bitcoin dans son intégralité, mais pas uniquement la Blockchain.</p>
<p>Pourquoi le terme de Blockchain a-t-il émergé ?</p>
<p>Nous avons pu comprendre dans la partie précédente que le serveur d’horodatage seul, familièrement nommé « Blockchain », n’est ni une innovation, ni une technologie en soi. Pourtant, encore aujourd’hui, ce terme est employé par de nombreuses personnes pour décrire tout autre chose. Ce mythe s’explique sûrement par deux phénomènes distincts : le besoin vital d’actions marketing pour les altcoins, et la recherche de poncifs pour les détracteurs de Bitcoin.</p><p>Tout d'abord, il y a évidemment une utilité marketing à l'usage de ce mot. Expliquer que l'innovation vient de la Blockchain, et non de Bitcoin, a permis d'ouvrir une voie royale aux <a href="https://www.bitstack-app.com/blog/difference-bitcoin-altcoin">altcoins</a>. Les différentes cryptomonnaies qui prolifèrent sur les places de marché ont pu utiliser cette ruse marketing pour tromper nombre de nouveaux entrants. Ce mot sonne anglais et il parait complexe à comprendre : on a ici le combo gagnant pour avoir un mot technologique à la mode (Buzzword). Toutefois, comme vous avez pu le découvrir dans la partie précédente, la véritable Blockchain n'est rien de plus qu'une façon de garder une trace des transactions passées, au sein d’un serveur d’horodatage. Cela n’a rien d’innovant, ni de compliqué.</p><p>Ensuite, les différents détracteurs de Bitcoin ont vu en ce terme un angle d'attaque parfait. Avec ce simple mot, il est dorénavant possible de critiquer Bitcoin sans pour autant paraître démodé. Il suffit alors d'expliquer que Bitcoin ne sert à rien, mais que la technologie Blockchain est géniale. Hélas, comme vous avez pu l'apprendre dans cet article, il n'en est rien.</p><p>Ces deux stratégies, appliquées sur des individus n'ayant pas cherché à comprendre le vrai fonctionnement de Bitcoin, nous expliquent peut-être pourquoi tant de personnes croient encore à cette fiction aujourd'hui.</p>
<p>Conclusion</p>
<p>La Blockchain n’est absolument pas apparue avec Bitcoin. On retrouve de nombreux écrits scientifiques évoquant autant le terme que le concept entre les années 1970 et 2000.</p><p>La Blockchain n’est pas une technologie au global, mais simplement une façon d’enregistrer de l'information et de l’organiser chronologiquement. Elle est bien utilisée au sein du protocole Bitcoin, cependant, c’est uniquement une petite pièce de l’horlogerie complexe que représente ce système de cash électronique. </p><p>L’émergence de ce mot et la confusion autour de celui-ci s’expliquent sûrement par un besoin marketing pour certains acteurs, et une nécessité d’avoir une issue pour d’autres.</p><p>La Blockchain seule n’est pas une innovation. La réelle innovation, c’est le système Bitcoin dans sa globalité.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 04 Dec 2022 09:51:12 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Ces peuples antiques précurseurs ont été oubliés par l&#039;Histoire]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Les peuples de la Grèce, de la Rome et de l’Égypte antiques nous sont très familiers, car ils ont laissé de nombreuses traces : des documents écrits, une magnifique architecture et des œuvres d’art impressionnantes. Bien que certaines des autres grandes civilisations du monde n’aient, quant à elles, pas laissé de traces aussi abondantes ou détaillées, leur impact et leurs réalisations n’en sont pas moins remarquables. Dans cinq régions différentes à travers le globe, ces cultures ont laissé derrière elles un héritage qui, même s’il n’est pas aussi célèbre, n’en est pas moins stupéfiant.</p>
<p>LES PIONNIERS D’OCÉANIE</p>
<p></p><p>Le site antique de Nan Madol sur l’île de Pohnpei, en Micronésie.</p><p>PHOTOGRAPHIE DE robertharding / Alamy Stock Photo</p><p>Avant même la construction des pyramides d’Égypte, des marins expérimentés maîtrisaient les vagues de l’océan Pacifique. Vers 50 000 avant J.-C., des humains ont migré de l’Asie du Sud-Est vers les terres émergées d’Australie, de Nouvelle-Guinée et des îles voisines dans des bateaux simplement équipés de voiles.</p><p>Vers 8 000 avant J.-C., la montée des eaux causée par un réchauffement climatique sépara l’Australie et la Nouvelle-Guinée. Peu après, les Océaniens indigènes (un groupe comprenant les Australiens aborigènes, les Papous et les Austronésiens) commencèrent à explorer et à développer du commerce le long de la côte nord de la Nouvelle-Guinée. Ils naviguaient en plein océan dans des canoës à balancier et, au fil des vagues successives de découvertes, colonisèrent une multitude d’îles du Pacifique. Certains archéologues estiment que leurs descendants allèrent jusqu’à atteindre les côtes sud-américaines.</p><p></p><p>Il y a environ 40 000 ans, alors que les Néandertaliens parcouraient encore l’Europe, le peuplement de l’Australie était déjà bien avancé. Les migrants venus du nord s’adaptèrent bien à cette nouvelle terre et développèrent la plus longue histoire culturelle continue au monde. Ils n’utilisèrent jamais de métaux ou de poterie, ni ne développèrent l’arc et les flèches ou la roue, mais leur culture était riche en mythes et en art. Ils croyaient que sur certains sites sacrés, les ancêtres du temps du rêve, un royaume intemporel, venaient se reposer et se transformaient en illustrations sur les rochers. Certains de ces êtres, connus sous le nom de Wandjina et présents dans la région de Kimberley, au nord-ouest de l’Australie, sont représentés dans de spectaculaires peintures rupestres qui dateraient de 4 000 ans.</p><p>PHOTOGRAPHIE DE Grant Dixon/Getty Images</p><p>
LE TRAVAIL DU FER EN EUROPE DU NORD
</p><p></p><p>Un cimetière monastique sur Skellig Michael, une île au large de la côte ouest de l'Irlande.</p><p>PHOTOGRAPHIE DE UTBP/Shutterstock</p><p>La culture celtique est née vers 1000 avant J.-C., le long du fleuve Danube supérieur, en Europe centrale. Plutôt qu’un seul peuple unifié, les Celtes étaient un mélange de peuples dont les traits linguistiques et culturels étaient répartis dans toute l’Europe pré-romaine. De nombreux historiens pensent qu’ils partageaient des systèmes de croyance et une même langue (dont certaines versions sont encore parlées en Europe de l’Ouest).</p><p>Les Celtes ne développèrent pas un système d’écriture complet, mais leur savoir-faire artisanal leur permit de prospérer. Avec l’avènement du travail du fer, une technique originaire du Moyen-Orient, vers 750 avant J.-C., les communautés celtes acquirent un avantage pour le commerce et la guerre. La culture celtique se répandit sur les territoires que nous connaissons aujourd’hui comme l’Allemagne, la France, le nord de l’Espagne et même jusqu’aux îles britanniques, et elle y prospéra pendant des siècles avant de tomber aux mains des Romains.</p><p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/09/le-destin-des-celtes-histoire-et-declin">(À lire : Le destin des Celtes : histoire et déclin.)</a></p><p>
LES INVENTEURS DE MÉSOAMÉRIQUE
</p><p></p><p>Teotihuacan abrite certaines des plus importantes pyramides mésoaméricaines. À son apogée, vers 400 après J.-C., Teotihuacan était l’une des plus grandes villes du monde, ainsi qu’un centre régional de commerce.</p><p>PHOTOGRAPHIE DE Arpad Benedek/Getty Images</p><p>Issue de petits villages agricoles, la première civilisation complexe de Mésoamérique vit le jour vers 1200 avant J.-C., le long du golfe du Mexique. Ses habitants, connus sous le nom <a href="https://www.nationalgeographic.org/encyclopedia/olmec-civilization/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">d’Olmèques</a>, faisaient du commerce, fabriquaient des bijoux en jade, en os et en coquillages et consignaient les événements historiques dans des pictogrammes.</p><p>Le plus célèbre accomplissement des Olmèques est sans doute l’invention du caoutchouc ; leur nom vient d’un mot nahuatl signifiant « habitant du pays du caoutchouc ». Les archéologues ont trouvé un certain nombre d’artefacts indiquant que les Olmèques extrayaient le latex des arbres régionaux et le mélangeaient à du jus de la vigne afin de créer le caoutchouc qu’ils pouvaient ensuite utiliser pour les semelles de leurs sandales, des balles de sport, ou encore comme adhésif. </p><p>Les Olmèques étaient une « culture mère » du centre du Mexique, et plusieurs civilisations évoluèrent après eux, notamment les bâtisseurs de pyramides de Teotihuacan dans la vallée du Mexique. Les Toltèques montèrent en puissance au 10e siècle et inspirèrent à leur tour <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2021/08/mais-qui-etaient-reellement-les-azteques">les Aztèques</a>, qui prospérèrent à partir du 14e siècle. Ces cultures américaines développèrent des styles artistiques et des systèmes de gouvernement distincts, tous bouleversés à l’arrivée des premiers Européens sur leurs côtes.</p><p>
LES ARCHITECTES D’AMÉRIQUE DU NORD
</p><p></p><p>Préservé au sein du parc national de Mesa Verde du Colorado, Cliff Palace était la demeure des Anasazis au 13e siècle.</p><p>PHOTOGRAPHIE DE ROBERT HARDING PICTURE LIBRARY, NAT GEO IMAGE COLLECTION</p><p>Les cultures amérindiennes prospéraient en Amérique du Nord plusieurs siècles avant l’arrivée des Européens. Les peuples de la vallée du Mississippi et du sud-ouest désertique développèrent des cultures complexes. Cultiver le maïs, les haricots, les courges et d’autres aliments permit aux Mississippiens de vivre en se passant de la chasse et de la pêche.</p><p>Ainsi sédentarisés, ils purent construire des villes immenses telles qu’Etowah (Géorgie), Moundville (Alabama) et <a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/cette-cite-amerindienne-abandonnee-au-14e-siecle-fascine-les-archeologues">Cahokia</a> (Illinois), qui se distinguent de par les monticules de terre géants qu’elles arborent. Dans la région actuelle des Four Corners, les ancêtres des Indiens Pueblos, les Anasazis, vécurent pendant des centaines d’années dans des habitations à flanc de falaise et des appartements en adobe de plusieurs étages.</p><p>
LES COMMERÇANTS D’AFRIQUE DE L’OUEST
</p><p></p><p>La Grande Mosquée de Djenné est la plus grande structure en terre du monde.</p><p>PHOTOGRAPHIE DE Dmitry Trashchenko/Shutterstock</p><p>Au Moyen-Âge, les routes commerciales transsahariennes reliaient les richesses d’or et d’ivoire de l’Afrique de l’Ouest aux marchands musulmans, et plusieurs puissants royaumes commerciaux virent alors le jour. Parmi eux, l’empire du Mali, fondé au 13e siècle par l’ambitieux prince Soundiata Keïta, qui régnait sur un vaste territoire comprenant des plaques tournantes du commerce telles que Djenné et Tombouctou.</p><p>Des envahisseurs berbères s’emparèrent de Tombouctou au 15e siècle, avant d’être chassés par l’empire Songhaï. Ayant pris le contrôle des richesses de la région, les Songhaïs prospérèrent avant de tomber aux mains des forces marocaines en 1591.</p><p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/les-manuscrits-de-tombouctou-tresors-de-sagesse-et-derudition">(À lire : Les manuscrits de Tombouctou, trésors de sagesse et d’érudition.)</a></p><p></p><p>La riche tradition artistique de l’Afrique de l'Ouest se manifeste aujourd’hui par un certain nombre de statuettes expressives en terre cuite datant du 13e au 15e siècles, découvertes sur le site de Djenné, et qui ont permis de mieux comprendre la société malienne de l’époque. Les statuettes d’archers et de cavaliers, par exemple, nous indiquent que le Mali possédait une armée bien équipée et financée. Certains personnages tourmentés se couvrent la tête en signe de tristesse ou semblent porter les marques d’une maladie semblable à la variole. D’autres sculptures, comme ce personnage féminin, montrent que les Maliens appréciaient un large éventail d’ornements corporels.</p><p>PHOTOGRAPHIE DE Peter Horree / Alamy Stock Photo</p><p>Des extraits de ce travail ont déjà été publiés dans Atlas of the Ancient World par Patricia S. Daniels. Copyright © 2016 National Geographic Partners, LLC.</p><p>Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 29 Oct 2022 08:20:37 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La déraison occidentale]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Nourri du christianisme, même quand il le vomit, l’Occident applique à la lettre la sentence de Paul : « il n’y a plus ni hommes ni femmes » (Galates, 3, 28). Ainsi, oubliant que la lettre tue mais l’esprit vivifie (Corinthiens, 3,6), une part croissante des élites instruites prétend abolir la différence des sexes et on peut voir des hommes (X,Y selon la génétique) revendiquer d’être considéré comme des femmes et même de participer aux compétitions sportives féminines. De nombreux États ont aboli la mention du sexe sur les papiers d’identité ou ont créé de très nombreuses catégories pour que chacun puisse se choisir. L’homosexualité est du dernier « chic » et on est sommé de permettre aux couples homosexuels d’avoir des enfants. Leur refuser ce droit serait une horrible discrimination. Pour qui n’a pas encore perdu le sens commun, ces revendications sont visiblement aberrantes. Comment peut-on refuser à ce point la réalité ? Il n’est pas besoin de suivre la Genèse (« Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa » (Gn 1, 27) ; la sexuation est une caractéristique fondamentale de l’évolution du vivant et si on trouve des hermaphrodites ou des espèces où la sexuation varie en fonction de l’âge, chez les oiseaux et les mammifères, la différence des sexes est figée. Pour faire des enfants, il faut un homme et une femme ! En psychiatrie, la rupture avec le réel se dénomme psychose. Cette psychose occidentale fait des ravages et atteint l’histoire et la culture : les prétendus « éveillés » (woke) veulent effacer les traces du passé qui leur déplaît, passer la culture à la guillotine, jusques aux Grecs qui sont rejetés dans l’enfer des « woke » pour avoir été des racistes impérialistes !</p><p>On a longtemps accusé les Occidentaux de sacrifier à la Déesse Raison. En vérité, si nous continuons de vouer un véritable culte à la rationalité instrumentale (pour parler comme Habermas), c'est-à-dire à la technique, en revanche nous tenons la Déraison pour la déesse qui doit nous guider. Mais nous savons que la Raison n’est pas une déesse : elle est le résultat de « montages » institutionnels, d’un dispositif anthropologique sur lequel n’a cessé de revenir Pierre Legendre. À démanteler ces montages, on rend littéralement fous les individus.</p><p>Prenons les choses dans l’ordre. Pour l’espèce humaine comme pour toutes les espèces, il s’agit d’abord de vivre et de se reproduire. Mais l’homme est l’animal le plus faible, le moins bien équipé naturellement pour affronter la dureté de la nature. On sait cela depuis le mythe de Prométhée : c’est par l’intelligence qu’il compense sa faiblesse congénitale, intelligence technique mais aussi et d’abord l’intelligence sociale, la parole, sans laquelle l’intelligence technique tournerait en rond depuis 1,5 millions d’années. Il lui faut aussi se débrouiller avec une autre grande faiblesse : sa sexualité. Les animaux n’ont pas de sexualité. Ils se reproduisent selon des cycles naturels et pour le reste ils vivent en paix. Mais les humains ont une sexualité « exubérante » qui doit être contenue, canalisée, détournée pour rendre la civilisation possible. Freud a dit sur ce sujet des choses décisives. Loin d’être uniquement réglée par la biologie, la question du sexe doit être étayée par tout ce processus qui permet au petit d’homme d’entrer dans le monde. Pierre Legendre le rappelle : il faut « instituer la vie » car il n’y a pas d’autre moyen pour que l’enfant se tienne debout. Il n’est pas complétement faux de dire que le « genre » est une construction sociale, mais cette construction sociale s’articule sur un substrat naturel.</p><p>Bien que Jacques Lacan me semble parfois très obscur, il lui arrive de dire des choses lumineuses. Quand il fait de l’arrimage du sujet une dynamique triade, il touche juste. Le moi est imaginaire – c’est très exactement le sens de la fameuse affaire du « stade du miroir » sur laquelle on a tant glosé – et il est un des sommets de ce triangle qui comprend la mère et le père. La mère est le réel et le père est ce qui permet d’entrer dans l’ordre symbolique. La mère est le réel parce qu’elle est ce dont il est impossible de faire abstraction. Tous les humains sont nés du ventre d’une femme. Entre la mère et son enfant, le langage est presque superflu et pour apprendre à parler, il faut se détacher de la mère, opérer cette scission, qui le propre de l’intervention du père. Le père est la figure de la Loi, c'est-à-dire de l’ordre de la parole qui est si essentiel pour le vivant parlant qu’est l’homme. Le démontage de cette construction si fragile ne peut que produire des fous, puisque cette construction est celle qui nous apprend la logique, le principe d’identité et le principe du tiers exclu : le père et la mère ne sont pas la même chose ! et encore moins le père, la mère et l’enfant. La tragédie d’Œdipe nous parle de ça : Œdipe est le frère de ses enfants, Jocaste est la grand-mère de ses enfants tout en étant leur mère. C’est un monde chaotique, insensé que produit le meurtre de Laïos et les épousailles d’Œdipe et de Jocaste.</p><p>Donc ce à quoi s’attaquent les lois sur l’indifférenciation des sexes, les théories du genre, les nouvelles modes pédagogiques qui veulent embrigader les petits enfants dans la confusion des genres, c’est exactement ce soubassement anthropologique de toute société humaine. « Il est interdit d’interdire » proclamait un groupe gauchiste des années 1968. Mais c’est précisément la question de l’Interdit qui est la condition numéro 1 de l’entrée dans l’ordre de la parole.</p><p>Si on considère maintenant ce qui se joue, on ne peut manquer d’être frappé par la concordance entre ces liquidations des fondements anthropologiques de la société des humains et le stade actuel du mode de production capitaliste. Marx, qu’on a bien peu lu en vérité, remarque que le capital renverse toutes les barrières morales et sociales à son expansion et qu’il détruit impitoyablement toutes les communautés humaines. Quand partout règne la concurrence, les individus sont isolés les uns des autres, ils ne forment plus des classes sociales, mais des masses amorphes. À chacun, il est prescrit de s’occuper de lui-même, de « maximiser son utilité » pour parler comme les économistes, et chacun ne considère tous les autres que comme des adversaires ou des partenaires potentiels d’un contrat, de la force de travail, équivalente à n’importe quelle force de travail, ou des consommateurs indistincts. Il n’y a effectivement plus ni homme ni femme, ni Espagnol ni Français… Les individus sont extraits de toute communauté effective : le mode de production capitaliste entreprend de liquider l’homme comme « animal politique » au sens d’Aristote.</p><p>L’idéologie, représentation de la réalité inversée comme dans une camera oscura, le résume d’un mot : self made man. L’homme ne dépend plus des autres ni de la nature. Il se fait lui-même et donc il est responsable, non de ses actes, mais de ce qu’il est et si les choses tournent mal pour lui, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. C’est pourquoi la folie « trans » est l’expression la plus pure de l’idéologie dominante. Je peux vouloir être homme ou femme ou « neutre » ou avoir une « identité fluctuante », c’est mon droit et tout ce qui m’empêche d’exercer ce droit est tenu pour une insupportable « domination ». Au-delà de cette première couche idéologique, la plus évidente, il y en a une deuxième : celle qui fait de l’homme non seulement le sujet mais aussi l’objet de la puissance de la technique. Le corps humain a perdu toute sacralité et peut donc être l’objet de manipulations en tous genres. Car le transgenre ne se satisfait du travestissement, qui fait partie depuis toujours des rituels sociaux – le carnaval est un gigantesque travestissement qui indique, négativement, ce qu’est l’ordre. Le transgenre modifie le corps lui-même, par des traitements hormonaux et des actes chirurgicaux. Le corps peut être mis en pièces et recomposé à volonté. Le transgenre est ainsi tout proche du transhumanisme et de l’idéologie « cyborg » (Dona Haraway ou Thierry Hoquet en sont des représentants). Pointe avancée de la « modernité », le transgenre pousse jusqu’à son terme l’exigence de rendre le monde disponible.</p><p>Notons au passage un apparent paradoxe : les groupements écologistes soutiennent les revendications « transgenre ». D’un côté, ils se présentent donc comme les défenseurs de la nature dans laquelle ils voient le modèle d’un ordre harmonieux, alors que d’un autre côté, ils veulent éradiquer totalement ce qui peut rester de naturel dans l’homme ! Affirmer que le sexe n’a aucune importance et que n’existe que le genre comme construction sociale, c’est ouvrir la voie à la fabrication des humains comme être entièrement artificiels, à moins que l’on aspire purement et simplement à l’extinction de l’espèce humaine.</p><p>Le promotion de l’homosexualité et de ses formes dérivées fait également partie de ces procédés de démontage des fondements anthropologiques et juridiques de la vie sociale. Il faudrait ici faire des distinctions et remarquer que l’homosexualité n’a rien à voir avec les « trans », puisque l’homosexualité est l’amour du même et le trans est fondamentalement une volonté d’être autre. Il y a entre les deux toutes sortes de bizarreries, par exemple des « trans » devenus homosexuels. Mais laissons aux psychologues et aux romanciers le soin d’examiner les sinuosités de l’âme humaine. La nouveauté réside dans le fait que ce qui était de l’ordre de l’intime et même du simple phantasme exige une reconnaissance publique et des transformations de l’ordre civil, comme si les phantasmes pouvaient exiger d’être réalisés et comme si les choix les plus intimes avaient maintenant force de loi. Tout ces batailles se mènent au nom de la libération, du refus de toute aliénation, mais c’est une trompe-l’œil. Les mouvement LGBTQI+ (on en oublie toujours de nouveaux) ne visent pas à la libération des individus mais à leur enfermement dans des petites cases toujours plus étroites. Il n’est plus question de lutter contre les discriminations ou la pénalisation de certaines pratiques sexuelles, mais d’essentialiser ce qui n’est qu’une forme de l’éros. Cette prétendue libération est en réalité une aliénation portée à son plus haut degré, une des formes paroxystiques de ce que Marcuse avait identifié comme « désublimation répressive », un des ingrédients du totalitarisme technologique moderne. Car, comme dans le cas des « trans », c’est encore à une nouvelle technicisation de la reproduction humaine que conduit invariablement l’homosexualisme : PMA pour toutes, GPA et demain « bébés   éprouvettes », c'est-à-dire enfants fabriqués par ectogenèse. Le corollaire de tout cela est que le fossé se creuse entre l’Occident et les autres civilisations qui ne peuvent tout simplement pas accepter la débâcle normative occidentale.</p><p>Il s’agit bien de cela. Pierre Legendre faisait remarquer que la conquête de la démocratie avait fini par se retourner en imposition de la démocratie par n’importe quel moyen – nous n’avons pas oublié les « bombardements humanitaires » sur Belgrade. Il en va de même ici : la conquête de libertés personnelles tout à fait légitime se transforme en l’imposition d’une nouvelle idéologie qui laisse la grande majorité de la jeunesse dans le plus profond désarroi, en proie à la banalisation de la drogue, à une perte totale de repères et parfois à la violence sans le moindre frein. Et évidemment cela produit des réactions, que l’on peut critiquer, mais qui ne sont que le prix à payer pour cette débâcle. La symbiose qui s’est créée entre l’ultra-libéralisme, qui promet un développement illimité du mode de production capitaliste, et les idées libertariennes les plus folles constitue une grave menace sur la civilisation occidentale.</p><p>Être « woke », LGBT, militant « trans », ce sont là des attitudes qui ne sont possibles réellement que dans les pays occidentaux ou occidentalisés. Chose curieuse, ces militants extrémistes, ces groupes d’assaut qui se sont voués à la destruction de la raison, sapent ainsi les bases de leur propre existence en tant que groupes. L’islam, dont ils prennent la défense comme des étourdis qu’ils sont est rigoureusement opposés à leurs extravagance. À Téhéran ou à Ryad, les homosexuels sont pendus ou fouettés, les femmes sont punies si elles ne portent pas les accoutrements de leur soumission. La perte du sens commun qui ravage une part importante des professions intellectuelles, des chercheurs, des étudiants et vedettes médiatiques est un symptôme inquiétant des progrès de la pulsion de mort. Est-il encore temps de réagir ? Peut-être, à condition que nous soyons capables de ressaisir notre héritage, celui qui nous vient d’Athènes, de Jérusalem et de Rome, qui nous ont enseigné le sens de la liberté, l’importance de la raison critique et ont jeté les fondements de ce que nous sommes.</p><p>Denis Collin.</p><p> </p><p> </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Tue, 11 Oct 2022 21:08:46 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L’opération russe en Ukraine est-elle parfaitement légale selon la charte des Nations Unies ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Poutine s’est adressé au secrétaire des Nations Unies, António Guterres pour signaler que la Charte des Nations Unies donne à la Russie en tant que successeur légal du vainqueur de la seconde guerre mondiale le droit de son intervention. En effet l’article 106 et 107 de la Charte des Nations Unies lui donnent le droit de prendre toutes les mesures y compris militaires contre l’Allemagne, la Hongrie, l’Autriche, la Roumanie, la Bulgarie, la Finlande , la Croatie, la Slovénie, la république tchèque, la Lettone, l’Estonie, la Lituanie et l’Ukraine pour des tentatives de renaissance du nazisme. Voici la démonstration :</p>
<p>.Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a été surpris d’apprendre de Poutine qu’un article de la Charte des Nations unies autorise une opération spéciale russe en Ukraine. LA RUSSIE A LE DROIT DE PUNIR LES NAZIS PARTOUT (selon la Charte des Nations Unies) Le tribunal de Nuremberg a condamné à la responsabilité pénale tous ceux qui ont combattu les Nations unies et commis un génocide. Le plus grand génocide a été commis contre le peuple soviétique.</p><p>Les articles 106 et 107 de la Charte des Nations unies donnent aux vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, à savoir l’URSS, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Chine, le droit de prendre des mesures à l’encontre des pays qui les ont combattus afin d’empêcher toute action visant à réviser les résultats de la Seconde Guerre mondiale. En particulier, le recours à la force militaire contre ces pays est autorisé. Pour cela, il suffit de NOTIFIER les trois autres pays gagnants, mais pas d’obtenir leur approbation. La Russie, étant le successeur LÉGAL de l’URSS, peut également recourir à la force contre les États qui souhaitent réviser le système Yalta-Potsdam en Europe. La Russie peut mettre fin aux tentatives de renaissance du nazisme en Allemagne, en Hongrie, en Roumanie, en Autriche, en Bulgarie, en Finlande, en Croatie, en Slovénie et en République tchèque, qui, pendant la guerre, a joué le rôle de protectorat de la Bohême et de la Moravie.</p><p>“Charte des Nations Unies, chapitre XVII (17): Dispositions de sécurité transitoires</p><p>Article 106: En attendant l’entrée en vigueur des accords spéciaux visés à l’article 43* qui, de l’avis du Conseil de sécurité, lui permettent de commencer à exercer ses responsabilités en vertu de l’article 42*, les parties à la déclaration des quatre nations, signée à Moscou le 30 octobre 1943, et la France, conformément aux dispositions du paragraphe 5 de ladite déclaration, se consulteront et, selon que de besoin, avec d’autres Membres de l’Organisation des Nations Unies en vue d’une action commune au nom de l’Organisation qui pourra être nécessaire dans le but de maintenir la paix et la sécurité internationales.</p><p>Article 107: Rien dans la présente Charte n’invalide ou n’empêche une action, à l’égard d’un État qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, a été l’ennemi d’un signataire de la présente Charte, prise ou autorisée à la suite de cette guerre par les gouvernements responsables de telles actions.</p><p>*Article 41: Le Conseil de sécurité peut décider quelles mesures n’impliquant pas l’emploi de la force armée doivent être employées pour donner effet à ses décisions, et il peut demander aux Membres de l’Organisation des Nations Unies d’appliquer ces mesures. Celles-ci peuvent comprendre l’interruption totale ou partielle des relations économiques et des voies de communication ferroviaires, maritimes, aériennes, postales, télégraphiques, radio et autres, ainsi que la rupture des relations diplomatiques.</p><p>Article 42: Au cas où le Conseil de sécurité estimerait que les mesures prévues à l’article 41* seraient insuffisantes ou se sont révélées insuffisantes, il peut prendre, par des forces aériennes, maritimes ou terrestres, les actions nécessaires au maintien ou au rétablissement de la paix et de la sécurité internationales. Une telle action peut comprendre des manifestations, un blocus et d’autres opérations aériennes, maritimes ou terrestres des membres des Nations Unies.</p><p>Article 43: Tous les Membres de l’Organisation des Nations Unies, afin de contribuer au maintien de la paix et de la sécurité internationales, s’engagent à mettre à la disposition du Conseil de sécurité, sur sa demande et conformément à un ou plusieurs accords spéciaux, des forces armées, une assistance et des facilités, y compris les droits de passage, nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité internationales. Cet accord ou ces accords régiront le nombre et les types de forces, leur degré de préparation et leur emplacement général, ainsi que la nature des installations et de l’assistance à fournir. L’accord ou les accords sont négociés dans les meilleurs délais à l’initiative du Conseil de sécurité. Ils sont conclus entre le Conseil de sécurité et les Membres ou entre le Conseil de sécurité et des groupes de Membres et sont soumis à ratification par les États signataires conformément à leurs règles constitutionnelles respectives.</p><p>“Sources:Chapitre 17:<a href="https://l.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Fwww.un.org%2Fen%2Fabout-us%2Fun-charter%2Fchapter-17%3Ffbclid%3DIwAR1ZOtovuKV6ITeN8u8inP8KbfKHRziOfZ3p_bZkXjRQmwdn6gvRtZjxMyI&amp;h=AT1dC_BQx9TC52gP_fYDHk0c-1SaIuhZxwfE1lPj3EXyEX3YMZFZniL-sf5ubFbf-TOoYAJ_2_9_zde5jfCmYXBAxMHfSy3fZpRpWW-99zx-IZuLwhTQYJQlK2Jti_JXHxabqJS_Qkd4SArSM357&amp;__tn__=-UK-y-R&amp;c%5B0%5D=AT0qUr7Ir0Gp5ghSx4HMLVx_QIqdyeyCjH2nErfTdrlXuzlt8LMY_Xc4vOz_cQ1eO7sD2TxE0BMZyPBhnUb32dBmyGWPAQ4QBOfHxfDkQGeteQLG5N-ODEh92ICHDGLyPov_DjY09cB6css7fBnzh3StSwlqOGEZJQJ_SO-fg_F4wri09hdI_Urt-5VDadJ73NHC8fn8Gu04D7AAtAd_C-ni1SVNUt_iCh-wzlmyoA" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.un.org/en/about-us/un-charter/chapter-17</a>Chapitre 7:<a href="https://l.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Fwww.un.org%2Fen%2Fabout-us%2Fun-charter%2Fchapter-7%3Ffbclid%3DIwAR2ABjpkhaaKka2Uq__T5JY2gso_OYiOFlF1TiNjgwj6Rxo8WQQe3BmBpF4&amp;h=AT1jWQmTMmkT6Z5pWB6roOVlp5OWO7yOo-9GBaUkjJAgY7idmNbwrrJmitU9qppOppCT6RBmFQj6Fddyfs4yakGcjLlxrgiX_plP4IATAu0P7rejm8_8we9MJj304gCwk__o6lPM2_2i1r5aWo75&amp;__tn__=-UK-y-R&amp;c%5B0%5D=AT0qUr7Ir0Gp5ghSx4HMLVx_QIqdyeyCjH2nErfTdrlXuzlt8LMY_Xc4vOz_cQ1eO7sD2TxE0BMZyPBhnUb32dBmyGWPAQ4QBOfHxfDkQGeteQLG5N-ODEh92ICHDGLyPov_DjY09cB6css7fBnzh3StSwlqOGEZJQJ_SO-fg_F4wri09hdI_Urt-5VDadJ73NHC8fn8Gu04D7AAtAd_C-ni1SVNUt_iCh-wzlmyoA" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.un.org/en/about-us/un-charter/chapter-7</a><a href="https://www.facebook.com/AGORA.actualites?__cft__%5B0%5D=AZVslzmMnocCRXdjzp5UreVWUbGXfiFkRVsWBAgpGaPJr1Qjv295uBILgECR5W6qv-gU1dBWlbqeMCgOD_J099a4elFgDcIePHMrDb7VdGWEsicdMkXAvWys1JrHG2ffYKjTYIl5cMuw5Gp5VhwSg4Pd1Pq11iC-MgQiblpvG2yTq6dP-QDt5YA2TqKs19u2U_ebZ8AP7R_N3Iarctliw245&amp;__tn__=-%5DK-y-R">AGORA Actualités</a></p>
<p><a href="https://histoireetsociete.com/2022/10/08/loperation-russe-en-ukraine-est-elle-parfaitement-legale-selon-la-charte-des-nations-unies/#" rel="nofollow" title="Printer Friendly, PDF &amp; Email"></a></p>
<p>Vues : 926</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/883/vers-une-reconnaissance-par-la-russie-de-l%E2%80%99ukraine-comme-etat-terroriste</guid>
	<pubDate>Tue, 11 Oct 2022 20:41:11 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Vers une reconnaissance par la Russie de l’Ukraine comme Etat terroriste ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Hier, 10 octobre, un changement radical s’est produit dans la réaction de la Russie face aux attaques de l’armée otano-ukrainienne. Cela s’est constaté dans les faits, avec près de 5 heures de bombardement le matin et depuis plusieurs salves régulières contre les infrastructures énergétiques et stratégiques en Ukraine. Mais aussi dans le discours politique, qui tend à reconnaître l’Ukraine comme un Etat terroriste. Ce pas peut avoir une importance fondamentale pour la suite de l’opération militaire et la détermination de ses buts, qui restent encore très flous du côté russe, alors que le clan atlantiste revendique de plus en plus clairement la disparition de «la Russie de Poutine».</p><p>Dès le petit matin du 10 octobre, le territoire ukrainien s’est trouvé sous le feu de l’armée russe (voir en détail sur notre <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">canal Telegram ici)</a>. En fin de matiné, juste avant la réunion du Conseil de sécurité, quelques heures de répis ont été accordées. Dans l’après-midi, puis dans la soirée, ensuite ce matin, les tirs reprennent vers différentes <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">régions</a>, de Lvov à Odessa.</p><p>Voici la carte des régions ukrainiennes touchées hier matin — en gris :</p><p>Et la carte des tirs publiée par Readovka :</p><p>Suite aux tirs, hier les cibles énergétiques <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">suivantes</a> ont été touchées:</p><p>«Kiev : centrale de production combinée de chaleur et d’électricité (CPCE) -5 et 3, Sous-station 110 Vokzalnaya, Darnytska CPCE — affectées. Jusqu’à présent, les sous-stations de Severnaya et Brovary, ainsi que CPCE-6, fonctionnent toujours ;</p><p>Kharkov : pas de raccordement et pas d’eau. Le métro ne fonctionne pas. Très probablement, la sous-station Zalyutino, Kharkivskaya, Losevo, ainsi que Kharkovskaya CPCE-5, Zmievskaya CPCE et Chuguevskaya CPCE-2 ont été mises hors service, ce qui a assuré une panne totale dans la ville et dans la région ;</p><p>Ternopol : au moins 5 sous-stations ont été éteintes, la sous-station de Ternopol a été physiquement détruite — les sous-stations restantes en ont été alimentées ;</p><p>Rovno : la liquidation de la sous-station de Rovno a déclenché une panne d’électricité dans toute la ville, le reste de la sous-station a été surchargé et mis hors service ;</p><p>Sumy : un coup à la sous-station de Konotop a provoqué des coupures de courant dans toute la région, dans la ville et dans la région du blackout ;</p><p>Kryvoy Rog : Une attaque contre la centrale thermique de Kryvoy Rog a provoqué des pannes de courant partielles et l’arrêt de l’usine d’acier à haute teneur de Kryvoy Rog pour les pays occidentaux ;</p><p>Dnepropetrovsk : la sous-station et la caserne des Forces armées ukrainiennes ont été détruites ;</p><p>Zhytomyr: Sous-station Zhytomyr — en conséquence, une panne d’électricité et une coupure d’eau dans toute la ville.</p><p>Lvov : la mise hors-service de deux centrales thermiques a provoqué une panne d’électricité dans la ville et coupé l’approvisionnement en eau ;</p><p>Ivano-Frankovsk : centrale thermique Burshtynska — coupures de courant ;</p><p>Khmelnytsky : Cogénération et sous-stations touchées. Il n’y a ni électricité ni eau dans la ville;</p><p>Poltava : détruit un certain nombre de sous-stations. La ville est blackout et il n’y a pas d’eau.»</p><p>En ce qui concerne le nombre de missiles tirés lors de la salve du <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">matin</a> :</p><p>«Nombre de missiles russes tirés sur des cibles militaires en Ukraine :</p><p>47 dans la région de Nikolaïev ;<br />60 à Kiev ;<br />15 à Lvov;<br />27 dans la région de Vinnitsa ;<br />20 à Kharkov ;<br />15 dans la région d’Odessa ;<br />10 à Dniepropetrovsk.</p><p>Une partie de l’électricité, depuis, a été remis en fonction, mais il reste encore plus de 300 localités sans électricité et l’Ukraine suspend au 11 octobre l’exportation d’électricité vers l’Europe, ce qui va encore aggraver la situation énergétique dans les pays de l’UE. Les tirs continuent aujourd’hui sur les sites énergétiques et stratégiques ukrainiens, comme les noeuds ferroviaires, vous trouverez plus d’informations sur le canal T<a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">elegram Russie Politics</a>.</p><p>Au-delà de ces faits, dont il est (encore) trop tôt pour estimer l’impact sur le plan militaire, mais qui <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">accompagnent</a> déjà une stabilisation du front par l’armée russe et des <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">avancées</a> sur certaines lignes du front,  l’on notera un changement de ton et d’approche. Les premières personnalités du pays commencent à qualifier l’Ukraine d’Etat terroriste. </p><p>Tout d’abord, Vladimir <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">Poutine</a>, dans son allocution introductive devant le Conseil de sécurité hier, a souligné qu’à plusieurs reprises déjà l’Ukraine recourrait aux méthodes du terrorisme pour tuer, notamment en Russie, certaines personnalités (dans le monde scientifique, politique, philosophique, etc.), qu’elle avait attenté à la centrale de Koursk, sans oublier le Pont de Crimée. Cela fait d’elle, pour le Président russe, une entité comparable aux grands groupes terroristes internationaux.</p><p>A peu près au même moment, Dmitri <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">Medvedev</a> s’est exprimé ainsi :</p><p>«Le premier épisode a été joué.<br />Il y en aura d’autres.</p><p>Et plus loin. Je vais exprimer ma position personnelle. Je ne peux pas m’empêcher de le mentionner maintenant. L’État ukrainien, dans sa configuration actuelle avec un régime politique nazi, constituera une menace constante, directe et claire pour la Russie. Par conséquent, en plus de protéger notre peuple et de protéger les frontières du pays, le but de nos actions futures, à mon avis, devrait être le démantèlement complet du régime politique de l’Ukraine.»</p><p>Et maintenant, V. <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">Volodine</a>, le président de la Douma d’écrire :</p><p>«La coupe de la patience a débordé.</p><p>Le régime de Keiv est devenu terroriste. Bombardements réguliers de l’infrastructure critique des centrales nucléaires — Zaporozhye et Koursk, meurtres de personnalités publiques sur le territoire de l’Ukraine et de la Russie, sabotage du pont de Crimée.</p><p>Les actions de Zelensky ont entraîné la souffrance du peuple ukrainien, qui est en fait pris en otage par sa politique nazie.</p><p>Le président de l’Ukraine, donnant l’ordre de commettre des attentats terroristes, était sur un pied d’égalité avec Oussama ben Laden et d’autres terroristes internationaux.</p><p>Les politiciens occidentaux qui soutiennent le régime de Zelensky parrainent le terrorisme.</p><p>A cet égard, je voudrais rappeler une règle connue dans le monde entier : on ne négocie pas avec les terroristes.»</p><p>Alors que l’Occident condamne, mais surtout s’inquiète du réveil de la Russie, l’Ukraine a lancé des avis de recherche contre 700 civils et militaires russes, dont le ministre de la Défense ou le chef du Parquer. Il y a un véritable moment d’inquiétude en Occident, comme il y en a eu un au début de l’Opération militaire, jusqu’à ce que la Russie s’enlise dans les négociations. </p><p>En fait, l’Occident veut savoir s’il s’agit d’une «réaction», c’est-à-dire d’une action situative en réaction à l’attaque du Pont de Crimée, ou s’il s’agit d’une nouvelle stratégie, c’est-à-dire si la Russie a décidé de réellement combattre en Ukraine. Dans le premier cas, ces tirs ne présentent stratégiquement pas un grand danger, la système énergétique sera rétabli, un peu plus longtemps qu’après les frappes faisant suite à la perte de Kharkov, mais ce n’est qu’une question de temps. Dans le second cas, le clan Atlantiste risque de se retrouver en difficulté, car il devra de plus en plus s’impliquer dans le conflit et garder le voile illusoire de la distanciation et de la «guerre ukrainienne de libération nationale» sera de plus en plus difficile. </p><p>C’est certainement pour cela qu’Erdogan part en croisade pour de nouvelles négociations, au sujet de l’Ukraine, avec la Russie, les Etats-Unis et leurs pays satellites (notamment la France). Cela permettrait de bloquer le redémarrage de la Russie et de la faire à nouveau tomber dans les filets de la pseudo-négociation politique, surtout pour donner le temps aux forces atlantistes de se réorganiser et de relancer la production d’armes, qui commence à être problématique, paraît-il. De son côté, le porte-parole du Kremlin, <a href="https://www.blogger.com/blog/post/edit/4337766749503585436/2030902607051700276#">Peskov</a>, n’écarte pas cette voie. Espérons que cette réponse soit strictement diplomatique.</p><p>Le conflit en Ukraine est bien à un tournant et beaucoup va dépendre de l’émergence, ou non, d’une stratégie politique propre de la Russie dans ce conflit, qui semble commencer à être formulée. Et pour ceux qui se morfondent en en appelant à la paix (sans préciser de quelle paix, ils se désespèrent), étrangement, la fermeté de la Russie serait le meilleur moyen d’éviter la mondialisation du conflit.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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