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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les articles de blog du site]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sun, 14 Nov 2021 14:53:12 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[COP26 : comment les élites nous préparent un “pass carbone“]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>1.Le prince Charles en roue libre</p>
<p>Lors de la COP26,  le <a href="https://www.nbcnews.com/video/u-k-s-prince-charles-addresses-u-n-cop26-climate-conference-in-glasgow-125089861646">Prince Charles</a> a tenu des propos surréalistes concernant le futur de l’humanité. Des propos, qui par ailleurs, ont été peu ou pas repris par les médias hexagonaux.</p><p>La feuille de route ne parle pas de confinement pour fin 2021 mais de pénuries et d’installation de contrôles militaires pour le programme de transition et de renoncement à la dette. </p><p>Il a expliqué, d’un ton sur et monotone, qu’il fallait mettre en place une campagne militaire qui imposera la nouvelle transition économique mondiale afin de sauver la planète en y injectant des milliers de milliards de dollars, une somme plus importante que le PIB mondial !</p><p>Il affirme que les pays sont gravement endettés et qu’ils ne pourront pas faire face aux défis climatiques.</p><p>Qui pouvait mieux annoncer cette grande réinitialisation du monde que « son Altesse » dont l’obsession climatique est bien connue de tous !</p><p>Ségolène Royal l’avait d’ailleurs fait venir chez nous, en décembre 2015, pour trôner aux côtés de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Bloomberg">Michael Bloomberg</a> (un des mécènes de Joe Biden), <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Al_Gore">Al Gore</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Sp%C3%A9cial%3ARecherche&amp;fulltext=1&amp;search=Arnold%20Schwarzenegger&amp;ns0=1">Arnold Schwarzenegger</a>, au sommet de la COP21 aboutissant aux fameux Accords de Paris.</p><p>Si ces dirigeants mondiaux mettaient à disposition cet argent fictif gagné via la spéculation boursière, ce n’est pas pour le bien de l’humanité mais pour en contrôler l’avenir.</p><p>Comment imaginer un seul instant que Jeff Bezos, le patron d’Amazon, devenu milliardaire en vendant des gadgets chinois aux Américains et aux Européens en détruisant leur industrie et leur petit commerce, puisse à un moment devenir une partie de la solution au problème climatique !</p><p>Nous assistons, donc, à la mise en place du Nouvel ordre mondial, une dictature mise en place par le secteur privé mondialiste, qui veut mettre fin aux démocraties que nous connaissons en utilisant systématiquement la menace pour arriver à ses fins.</p><p>Pour rappel, du 9 au 11 novembre 2020, s’est tenue une rencontre de haut niveau, baptisée  <a href="https://fr.weforum.org/events/green-horizon-summit-the-pivotal-role-of-finance-2020">Green Horizon summit </a>, réunissant une centaine de décideurs financiers et économiques de haut vol, tous avides d’examiner comment passer de la théorie climatique à la spéculation verte : le Great Reset de leur portefeuille au détriment de la planète.</p><p>Selon les organisateurs, le sommet avait pour but d’accélérer l’innovation financière dans le climat, en promouvant des initiatives semblables à celles des obligations vertes.</p>
<p>2.Et maintenant l’état d’urgence climatique</p>
<p>En 2015, c’était la menace terroriste, depuis 2 ans nous sommes en état d’urgence sanitaire et demain ce sera la menace climatique.</p><p>En effet, comment ne pas admettre la conformité massive et sans questionnement des peuples aux réglementations restrictives et liberticides du COVID.</p><p>L’idée de confinement climatique pourrait être facilement normalisée à la lumière du respect massif des confinements pandémiques.</p><p>Alors qu’avec la crise sanitaire, beaucoup de responsables se rendent à l’évidence que la mondialisation financière a rongé la substance productive de nos économies et fragilisé nos secteurs publics, cette « Caste » voit comme une énorme menace le retour aux recettes économiques élémentaires ayant fait leurs preuves lors de la reconstruction d’après-guerre.</p><p>Pour ces élites déconnectées, il s’agit, donc, de saisir la formidable occasion que leur offre la peur suscitée par la crise sanitaire mondiale, pour imposer une dictature climatique et de contrôler directement le portefeuille de chaque citoyen.</p><p>De faire en sorte que l’essentiel des investissements soit affecté exclusivement au fameux <a href="https://ec.europa.eu/info/strategy/priorities-2019-2024/european-green-deal_fr">New Green Deal</a> et que les citoyens se comportent comme il faut.</p><p>L’idée est donc de mettre en place une tyrannie plus intrusive en misant sur le fait que les gens peuvent être plus disposés à accepter le suivi et les limitations liées aux quotas carbone personnels pour obtenir un climat plus sûr.</p><p>Si, lors de cette COP26, les gouvernements décident soudainement de bannir le CO2 de leur économie, le monde pourrait connaître un retournement brutal des valeurs d’un tiers de l’économie mondiale, soit la partie liée aux hydrocarbures (lignite, charbon, gaz, pétrole, etc.) et l’écosystème qu’elles entretiennent (exploitation minière, pétrochimie, plastique, etc.).</p><p>Mieux vaut donc prendre les devants et organiser le verdissement de la finance mondiale, afin de limiter les frais et surtout les secousses.</p><p>Pour cette finance-là, faute d’une réelle opposition de la part de gouvernants obéissant à l’intérêt général et non aux lobbies, la crise pandémique de Covid-19 a offert une fenêtre de tir pour mettre en place le type de société totalitaire et de surveillance dont elle rêve depuis longtemps.</p><p>Car s’il s’agit, officiellement, de sauver le climat et la planète, en réalité, ce n’est que l’ultime bouée de sauvetage de la bulle des « actifs verts » et un moyen efficace pour la faire gonfler.</p><p>Nos élites, présentes à Glasgow,  préparent donc des quotas de carbone personnels obligatoires qui introduiraient le rationnement dans tous les domaines de votre vie et ceci via une application qui enregistrerait vos déplacements, vos dépenses de chauffage et même la nourriture que vous mangez.</p><p>D’ailleurs, cette proposition avait été présentée dans la revue scientifique <a href="https://www.nature.com/articles/s41893-021-00756-w">Nature</a> par quatre experts de l’environnement comme un moyen de réduire les émissions mondiales de carbone.</p><p>Le discours ambiant de cette COP26 est donc que, face aux problèmes écologiques présents et à venir,  il est nécessaire de mettre dans l’esprit collectif,  que chaque citoyen soit conscient d’avoir un rôle à jouer dans la lutte contre le changement climatique, en proposant l’instauration d’un compte ou pass carbone.</p><p>À l’image d’un compte en banque, ce compte carbone sera crédité de 2000kg de carbone par français par an, suivant les accords de Paris.<br />Il sera demandé lors de tout achat de produits ou services de première main générant une quantité non négligeable de carbone dans son cycle de production / commercialisation de présenter son compte ou pass carbone sur lequel sera débité le montant de carbone lié à la dépense.</p><p>Il est donc envisagé que pass sanitaire se transformera en pass carbone et donc une limitation des voyages, de la  nourriture, des de km en voiture, etc…</p><p>Le tout au nom de la prochaine crise à venir : le changement climatique.</p><p>Aujourd’hui le pass, renouvelé à minima jusqu’en juillet 2022, offre un QR code pour le vaccin. Et demain ce sera pour votre bilan carbone.</p><p>Et le surlendemain ?</p><p>Reste à savoir si les populations mondiales vont se laisser faire et se faire esclavagiser et de la sorte par cette caste.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 14 Nov 2021 14:51:09 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Scoop : qu&#039;est-ce que le Great Reset recherche vraiment avec le passe sanitaire ?]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Peut-être vous êtes-vous demandé, comme moi, quelle mouche avait brutalement piqué Emmanuel Macron le 12 juillet lorsqu’il a annoncé la mise en place d’un passe sanitaire restreint dès le mois d’août. Il est encore trop tôt pour avoir toutes les réponses aux questions qui peuvent se poser, notamment sur le poids exact de l’industrie pharmaceutique dans les décisions politiques (on pense ici aux disparitions étonnantes de certains chefs d’Etat hostiles à la vaccination, qui laissent à penser que des méthodes de persuasion parfois assez violentes sont utilisées dans le milieu… l’Histoire éclaircira ces affaires). </p><p>Les langues commencent toutefois à se délier dans les milieux industriels, et ce qu’on apprend ne manque pas d’intérêt. </p>
<p>Thalès au coeur du passe sanitaire</p>
<p>C’est en allant sur le <a href="https://dis-blog.thalesgroup.com/identity-biometric-solutions/2021/07/27/how-digital-id-can-help-citizens-access-government-services-from-anywhere/?utm_source=twitter&amp;utm_medium=Hootsuite&amp;utm_term=&amp;utm_content=&amp;utm_campaign=DIS-Digital-Identity">blog de l’entreprise Thalès (en anglais)</a> qu’on comprend dans quelle cohérence d’ensemble s’inscrit cette première étape du capitalisme de surveillance qui s’appelle le passe sanitaire. Thalès entend en effet proposer une solution globale d’identité numérique et nous expose avec une forme de naïveté comment ce projet va se décliner. </p><p>Thalès écrit donc :</p><p>So-called digital ‘vaccination passports’ will play a key role in enabling citizens to access all manner of services and will act as a precursor to the rollout of mobile digital IDs.</p><p>(Les passeports vaccinaux joueront un rôle-clé dans la capacité des citoyens à accéder à toutes sortes de services et agiront comme des précurseurs au passage vers l’identité numérique sur téléphone portable).</p><p>Le passe sanitaire est donc un “précurseur” ! L’anticipation d’un système généralisé où l’identité ne sera plus établie par un document officiel “autonome” comme une carte d’identité, mais bien par un “portefeuille” numérique conservé sur un cloud et une application dont l’archivage échappera à l’utilisateur. </p><p>Autrement dit, il s’agit de nous habituer à changer de mode d’établissement de notre identité. </p>
<p>Un portefeuille digital pour accéder aux services publics</p>
<p>Sur le fond, Thalès ne cache pas l’ambition “centrale” du passe sanitaire, qui est de devenir une plate-forme d’accès aux différents services publics disponibles sur Internet. Pour ce faire, le passe-sanitaire repose sur un “wallet”, un portefeuille numérique, <a href="https://lecourrierdesstrateges.fr/2021/07/01/de-lunion-monetaire-a-lurss-la-planification-centrale-europeenne-organisee-par-la-bce/">pour lequel la Commission Européenne a d’ores et déjà posé les bases</a>. </p><p>In both cases, the deployment of a digital wallet – primarily for digital driving licenses – will act as a gateway and the foundations for other vital government services, such as health passes.</p><p>(Dans tous les cas, le déploiement du portefeuille digital – initialement pour le permis de conduire – fonctionnera comme une plateforme d’accès et des piliers pour d’autres services publics vitaux, comme les passes sanitaires”. </p><p>On comprend donc que le passe sanitaire est la face émergée d’un iceberg technique qui se constitue progressivement, et qui va bouleverser la notion d’identité “administrative”. Désormais, les citoyens seront directement gérés par un Big Data qui permettra de leur donner accès à certains lieux ou à certains services par le contrôle de l’intelligence numérique. </p>
<p>Quand le portefeuille digital remplacera le passeport</p>
<p>Dans la palette de services que “l’ID numérique” devra rendre, on trouve en particulier le remplacement en bonne et due forme du bon vieux passeport actuel. Celui-ci sera bientôt rangé aux oubliettes de la préhistoire et remplacé par une application sur un téléphone, où toutes les données individuelles seront centralisées. </p><p>Last butcertainlynot least, the EU Digital Identity will allow citizens to use their documentation across the entire region.</p><p>(Enfin et pas des moindres, l’identité digitale européenne permettra aux citoyens d’utiliser leurs documents à travers tout le continent). </p><p>On se souvient que l’Europe s’était fondée sur l’aspiration à un continent sans frontière et sans contrôles d’identité. Subrepticement, on est passé à une Europe avec des contrôles universels poussés à un point inconnu jusqu’ici. C’est sans doute le progrès des Lumières qui veut ça. </p>
<p>Portefeuille digital et euro numérique</p>
<p>Mais c’est une autre fonctionnalité du “wallet” qui doit retenir l’attention, car <a href="https://lecourrierdesstrateges.fr/2021/08/17/%f0%9f%8e%96pour-eviter-la-ruine-par-leuro-numerique-preparez-votre-secession-monetaire/">elle rejoint le projet d’euro numérique que nous avons évoqué cette semaine</a>. Il s’agit de l’utilisation du portefeuille digital comme moyen de paiement. </p><p>It gets really exciting when you realise that the wallet can host both digitalised identity and payment credentials. This could allow people, for example, to pay a deposit on a new apartment or settle an outstanding speeding fine directly from their smartphone. </p><p>(Cela devient exaltant de penser que le portefeuille digital peut héberger à la fois une identité numérique et des moyens de paiement. Ceci permettrait aux gens, par exemple, de payer une caution pour un nouvel appartement ou de régler une amende pour excès de vitesse directement depuis un smartphone). </p><p>On y vient, donc : le passe sanitaire devrait déboucher sur une ramification future, le paiement en ligne, par exemple des impôts ou des amendes. Ou du loyer. Ou des traites sur en emprunt bancaire…</p><p>Bref, si l’on se souvient que l’euro numérique serait à la main complète de la Banque Centrale Européenne, l’espace de liberté qui restera au consommateur pour arbitrer ses dépenses va devenir de plus en plus contraint. Du propre aveu de Thalès, en effet, l’Etat saura tout de vous, y compris de votre situation financière ou bancaire. </p>
<p>La porte ouverte au crédit social</p>
<p>On va bien dans quel état de dépendance ce système entreprend, sans que ce projet ne soit publiquement explicité auprès des citoyens, de placer les individus. Se met en place une architecture qui rendra possible le “crédit social” à la chinoise : le wallet contiendra des marqueurs indiquant qui n’a pas payé ses impôts, ou ses dettes, qui a roulé trop vite, qui a tardivement réglé sa pension alimentaire. Et si le marquer apparaît, l’individu sera interdit d’accès à certains services, ou à certains achats. </p><p>Peu à peu, il sera marginalisé, sans possibilité de s’y opposer. </p><p>C’est bien à cela que sert le passe sanitaire. Il n’est pas une fin en soi. Il est un début, un précédent, une mise en bouche. Vous savez désormais dans l’attente de quoi il sera maintenu après le 15 novembre.  </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 14 Nov 2021 14:49:44 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/766/stalingrad-du-covid-macron-met-un-premier-genou-a-terre</link>
	<title><![CDATA[Stalingrad du COVID : Macron met un premier genou à terre !]]></title>
	<description><![CDATA[<p>C’est le Stalingrad du COVID qui fait déjà sentir ses effets destructeurs dans la macronie…</p><p>4 mois après la terrible décision présidentielle de transformer le passe sanitaire en outil de crédit social à la chinoise, qui a urtiqué une part substantielle de l’opinion (même si les medias subventionnés ont organisé et respecté une méticuleuse loi du silence à propos de la contestation), le pouvoir exécutif a donné l’image d’une paralysie face aux échéances cruciales de la crise. <a href="https://lecourrierdesstrateges.fr/2021/11/10/payant-comment-emmanuel-macron-aura-devaste-la-protection-sociale-et-les-retraites-durant-son-mandat/">Nous avons montré comment Macron semble n’avoir aucune vision sur le sauvetage du système français de protection sociale</a>. Et le reste du discours a montré une étrange temporisation sur les sujets de vaccination, alors que beaucoup craignaient le transformation du passe sanitaire en passe vaccinal. </p>
<p>Macron freine ses ambitions sur la vaccination</p>
<p>Concrètement, le Président s’est contenté d’invoquer une reprise des contaminations (<a href="https://lecourrierdesstrateges.fr/2021/11/09/5e-vague-vers-une-nouvelle-orchestration-de-la-peur/">dont nous avons montré la quasi-inexistence dans la vraie vie du pays</a>) pour annoncer que les personnes de plus de 65 ans ne disposeraient de leur passe sanitaire qu’en acceptant une troisième dose. Pour le reste, Emmanuel Macron a annoncé qu’il restait 6 millions de personnes non-vaccinées, à qui il s’est adressé en leur demandant de faire preuve de sens des responsabilités. </p><p>Foin, donc, des mesures expéditives, des menaces, des disqualifications sociales. Le Président semble chercher un apaisement, tout en consolidant <a href="https://lecourrierdesstrateges.fr/2021/08/20/scoop-quest-ce-que-le-great-reset-recherche-vraiment-avec-le-passe-sanitaire/">l’instauration du passe sanitaire dont nous avons déjà expliqué les tenants et aboutissants industriels</a>. C’est la stratégie de la fixation : on établit une forteresse, et on n’en bouge plus, ni pour avancer, ni pour reculer. </p><p>Les résistants à la politique sanitaire peuvent donc se féliciter de cette victoire tactique, discrète mais significative, remportée sur la stratégie va-t-en guerre du président. Celle-ci est désormais neutralisée. Reste à obtenir des victoires plus décisives : retrait du passe sanitaire, abrogation de l’obligation vaccinale pour les soignants. </p>
<p>Une peur des effets secondaires ?</p>
<p>Dans le même temps, les vices du dossier vaccinal ont fini par pointer le bout de leur nez. <a href="https://www.sciencesetavenir.fr/sante/10-questions-autour-du-pfizergate-sur-le-vaccin-contre-le-covid-19_158951">Le Pfizergate laisse craindre le recours de Pfizer à des méthodes frauduleuses</a> pour obtenir l’autorisation de mise sur le marché de ses produits. <a href="https://www.20minutes.fr/monde/3169527-20211110-coronavirus-ema-examine-demande-autorisation-vaccin-moderna-6-11-ans">L’ANSM a déconseillé l’utilisation du vaccin Moderna chez les moins de 30 ans</a>, compte tenu des complications cardiaques qu’il peut causer. </p><p>Le nombre de complications cardiaques intervenues pourrait même rendre petit à petit le sujet explosif. Emmanuel Macron a-t-il reçu d’importantes informations sur les vices des vaccins, qui assombrissent ses perspectives de popularité dans les semaines à venir ? Il avait en tout cas la voix éteinte, le teint jaune, le visage fermé d’un homme qui porte des mauvaises nouvelles. Nous étions loin de l’énergie agressive de juillet. </p>
<p>Macron sera-t-il vraiment candidat ?</p>
<p>Pour le reste, le Président a annoncé qu’il rédigeait de nouveaux chèques, notamment pour les jeunes, histoire de maintenir sa popularité. Il a expliqué que les conditions pour réformer les retraites n’étaient pas réunies, ce qui est un terrible aveu de sa fragilité. Et il a vanté son action mais sans donner le sentiment qu’il disposait d’un programme solide. </p><p>Certains ont affirmé qu’il s’agissait d’un discours de candidat non-déclaré. On reste sceptique. Nous maintenons notre pronostic d’un Stalingrad en rase campagne et d’un scandale sanitaire qui se révèlera dévastateur le jour où le petit peuple des vaccinés comprendra que l’exécutif a mis la santé de la majorité des Français en danger pour faire plaisir aux laboratoires pharmaceutiques. Et nous croyons plausible, désormais, que, informé des risques inconsidérés qu’il a fait prendre à ses électeurs en les forçant à recevoir des injections toxiques, Macron s’attend à un revers sévère de nature à compromettre sa candidature. </p><p>Une justice immanente sanctionnerait donc l’incompétence de cette caste mondialisée qui s’attribue généreusement le monopole de lumières qu’elle ne voit pourtant pas. </p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/765/150-000-milliards-de-dollars-tel-est-le-cout-estime-de-la-croisade-contre-le-changement-climatique</guid>
	<pubDate>Sun, 14 Nov 2021 12:40:29 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/765/150-000-milliards-de-dollars-tel-est-le-cout-estime-de-la-croisade-contre-le-changement-climatique</link>
	<title><![CDATA[150 000 milliards de dollars. Tel est le cout estimé de la croisade contre le changement climatique]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Par Tyler Durden – Le mardi 19 octobre 2021 – Source <a href="https://www.zerohedge.com/energy/one-bank-reveals-dismal-truth-about-150-trillion-crusade-against-climate-change">Zero Hedge</a></p><p>La semaine dernière, Bank of America a déclenché une tempête de réactions dans les camps des partisans et des opposants au changement climatique, lorsqu’elle a publié l’un de ses énormes tomes de « Recherche thématique », cette fois-ci couvrant le monde du « Transwarming », et qui sert d’introduction clé à la réalité du plan Zero Carbone d’aujourd’hui, ne serait-ce que pour être l’une des premières banques à <a href="https://www.zerohedge.com/markets/here-hidden-150-trillion-agenda-behind-crusade-against-climate-change">quantifier le coût</a> de la plus grande remise en question économique, écologique et sociale de l’histoire moderne.</p><p>En résumé, pas moins de 150 000 milliards de dollars de nouveaux investissements en capital seraient nécessaires pour atteindre un monde « zéro carbone » sur 30 ans – ce qui équivaut à 5 000 milliards de dollars d’investissements annuels – c’est-à-dire deux fois le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Produit_mondial_brut">PIB mondial actuel</a>.</p><p>Il va sans dire que le secteur privé est loin de disposer du capital nécessaire pour réaliser cet investissement. C’est pourquoi Bank of America estime généreusement que tout ou partie de la facture devra être payée par les banques centrales sous la forme de dizaines de milliards de dollars d’assouplissement quantitatif. Et comme l’assouplissement quantitatif est essentiellement une monétisation de la dette, et que 150 000 milliards de dollars de nouvelles dettes auraient des conséquences dévastatrices sur l’économie, la BofA a eu l’amabilité de partager ses calculs sur l’ampleur de l’inflation que provoquerait ce projet de milliardaires : le scénario de « monétisation totale », dans lequel les banques centrales injecteraient 5 000 milliards de dollars de liquidités chaque année via un assouplissement quantitatif durant 30 ans, entraînerait une inflation supplémentaire de 3 % pendant une bonne décennie. Il s’agirait d’une inflation s’ajoutant à celle déjà en cours.</p><p>Et nous en arrivons au cœur du sujet, car comme BofA l’admet, la croisade contre le changement climatique, la doctrine GES, le monde « Zero Carbone », quel que soit le nom qu’on veuille lui donner, devient un feu vert au plus grand épisode d’assouplissement quantitatif de l’histoire, un épisode enveloppé dans le vernis « noble » de la lutte pour la cause la plus importante de l’histoire de la civilisation, mais en réalité, c’est juste le plus grand plan de transfert de richesse de l’histoire :</p><p>Nous venons de voir un pic d’inflation supplémentaire de &lt;1% par an sur un horizon de trois décennies. Dans des scénarios plus agressifs où les banques centrales choisissent d’absorber la moitié ou la totalité de la facture de la décarbonation par le biais de l’assouplissement quantitatif, les risques d’un choc inflationniste augmentent. Néanmoins, nous pensons que notre troisième cas est le plus probable, car il serait politiquement difficile de justifier une impulsion monétaire beaucoup plus expansive. Il est vrai que si les banquiers centraux ont exprimé le désir de contribuer à rendre l’économie plus verte, leurs achats d’obligations d’entreprises ont historiquement été limités aux politiques de crise par le biais de l’assouplissement quantitatif et restent bien en deçà des achats de dette souveraine. En tant que tel, tout achat d’obligations vertes d’entreprises serait probablement limité à la fois par la taille des futurs programmes d’achat et par leur proportion par rapport à l’ensemble du marché des obligations d’entreprises, avec des allocations légèrement plus élevées dans le cadre de politiques d’achat plus progressives qui mettent l’accent sur les préoccupations environnementales.</p><p>À ce stade, la sonnette d’alarme devrait être tirée, même par les progressistes les plus écervelés, car malgré tous les avantages vantés, les coûts commencent à apparaître et – au moins pour les deux ou trois prochaines générations – ils seront absolument écrasants pour la classe moyenne, tout en permettant aux 1 % les plus riches de piller et de saccager pratiquement tous les actifs du monde. Pensez-y comme au plus grand vol mandaté de l’histoire du monde, et vous comprendrez soudain pourquoi tous les milliardaires en jet privé soutiennent si bruyamment un monde « zéro carbone ».</p><p>Mais il y a pire.</p><p>Maintenant que le génie est sorti de la bouteille et que les questions difficiles telles que « qui va payer pour tout cela » sont posées, la Bank of America a publié un rapport de suivi dans lequel elle indique très clairement que « contrairement à certains arguments, nous pensons que les efforts d’atténuation du changement climatique sont susceptibles de nuire à la croissance au cours des dix prochaines années environ« .</p><p>Dans sa note intitulée « A hot take on climate change », l’économiste en chef de la Bank of America, Ethan Harris, passe d’abord en revue toutes les étapes familières expliquant pourquoi il est si impératif – et noble – de faire quelque chose pour lutter contre les gaz à effet de serre (semblable à ce que nous avons lu pendant une grande partie du début du 20e siècle, où, <a href="https://paperspast.natlib.govt.nz/newspapers/ROTWKG19120814.2.56.5">depuis 1912</a>, article après article, on se lamentait sur la catastrophe que représentait le réchauffement de la planète, du moins jusqu’aux années 1970, lorsque l’absence de réchauffement réel de la planète a incité les « scientifiques » à suggérer que le refroidissement de la planète et une « nouvelle ère glaciaire » étaient inévitables). Au moins, les scientifiques pouvaient s’accorder sur le fait qu’il s’agissait de « quelque chose de global » (il s’est avéré que cela signifiait en réalité « une impression monétaire globale »), et comme Harris l’a exposé, c’est ce sur quoi le « consensus scientifique » semble s’accorder maintenant :</p>
<p>Le comportement humain a un impact significatif sur le changement climatique et les événements climatiques.<br />Même dans le cadre d’hypothèses optimistes – comme l’atteinte d’un taux d’émissions nettes nul d’ici 2050 – les impacts vont probablement augmenter au cours de ce siècle.<br />Il est beaucoup plus efficace d’agir maintenant que d’attendre trop tard.<br />L’incertitude quant à l’impact exact n’est pas une excuse pour l’inaction : un large éventail de résultats signifie qu’il est plus urgent d’agir, et non moins.</p>
<p>Rien de ce qui précède n’est nouveau, puisque les médias grand public bombardent leur public depuis dix ans de platitudes émotionnelles et d’appels qualitatifs expliquant pourquoi il faut agir.</p><p>Cependant, comme nous <a href="https://www.zerohedge.com/markets/here-hidden-150-trillion-agenda-behind-crusade-against-climate-change">l’avons abordé</a> la semaine dernière, toute discussion sur l’économie du changement climatique devrait commencer et se terminer par le fait qu’il s’agit de l’exemple ultime d’« externalités » – des activités privées (généralement pour des sociétés dont les descendants et les actionnaires se situent désormais dans le top 0,01% de la richesse mondiale) qui créent des coûts publics. En effet, comme l’écrit Harris, le changement climatique est l’externalité ultime, car une activité menée à un endroit a un impact sur le monde entier. Le fait que le changement climatique soit mondial par nature et qu’une si grande partie des bénéfices des actions reviennent à tout le monde a des implications importantes.</p><p>Premièrement, contrairement à d’autres « courses » technologiques, l’atténuation du changement climatique est davantage un « jeu » de coopération qu’une compétition. Lorsque des pays comme les États-Unis et la Chine « rivalisent » pour développer de nouvelles technologies, deux points de conflit tendent souvent à apparaître : une lutte pour la part de marché et une lutte pour la supériorité géopolitique. En revanche, les pays qui développent des technologies efficaces d’atténuation du changement climatique sont fortement incités à en partager les bénéfices. S’ils gardent la technologie pour eux, l’impact sur leur propre climat sera beaucoup plus faible.</p><p>C’est formidable… si seulement ce n’était pas une chimère. Pourquoi ? Parce que le récent refus de Xi Jinping, le plus grand pollueur de la planète, de se joindre à ses homologues de la « croisade contre le changement climatique » au sommet COP26 Net Zero qui se tiendra en Italie à la fin du mois, est un spectacle géant destiné aux masses. Parce que si le plus grand pollueur du monde fait clairement savoir qu’il n’a aucun intérêt à réduire réellement ses propres émissions de CO2, alors tous ceux qui prêchent des conneries sur un « jeu coopératif » peuvent aller se faire voir.</p><p>Cependant, là où Harris a quelque peu raison, c’est en soulignant le « consensus déprimant de la littérature sur le changement climatique » selon lequel, même si tout le monde coopère, la terre continuera à se réchauffer car il existe des décalages dans le lien entre les GES [Gaz à Effet de Serre] et le réchauffement de la planète. En effet, dans le meilleur des cas – chaque pays atteignant des objectifs agressifs au milieu du siècle – le changement de politique atténuera le problème, mais ne l’arrêtera pas. Ainsi, selon BofA, « les événements climatiques constitueront un risque croissant, d’intensité variable, dans presque tous les scénarios plausibles ».</p><p>En d’autres termes, le théâtre de l’absurde du « zéro carbone » est un théâtre où les motivations des acteurs divergent clairement – où seule une convergence dès le départ pourrait faire fonctionner le système – et où même le meilleur scénario de coopération totale n’a aucune chance d’arrêter réellement le problème, mais seulement de l’atténuer. Oh, et pendant ce temps, le monde devrait supporter des coûts de quelque 150 000 milliards de dollars.</p><p>Ce qui nous amène à l’évaluation principale de BofA : tout cela sera-t-il bon ou mauvais pour la croissance ? Ici, nous trouvons une vérité inattendue…</p><p>Selon BofA, les rapports de presse et de nombreuses études sur le changement climatique se concentrent sur le mauvais côté de l’économie – l’impact sur la demande globale plutôt que sur la capacité de production. Par exemple, le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) affirme que l’objectif de zéro émission nette réduirait l’emploi dans le secteur de l’énergie traditionnelle de 5 millions d’ici 2030, mais créerait 14 millions d’emplois dans le secteur de l’énergie propre. Ils affirment également que « l’augmentation des emplois et des investissements stimulerait la production économique, ce qui se traduirait par une augmentation nette du PIB mondial jusqu’en 2030. » La croissance du PIB mondial serait en moyenne de 0,4 plus élevée sur la période 2020 à 2030. L’inconvénient serait que certains pays seraient gagnants et d’autres perdants, et que l’inflation – une fois que l’on prend en compte les milliers de milliards d’euros d’assouplissement quantitatif des banques centrales nécessaires pour financer toute cette croisade – pourrait être de 1 à 3 % plus élevée.</p><p>Ici, Bank of America n’est pas d’accord et écrit qu’au moment où des efforts sérieux d’atténuation du changement climatique seront entrepris, l’économie mondiale sera probablement proche du plein emploi. Ce sera probablement le cas aux États-Unis. Par conséquent, pour doter l’industrie en personnel, il faut retirer des travailleurs du reste de l’économie. Dans le même temps, la mise en place d’une infrastructure d’énergie verte nécessitera plus qu’un doublement des investissements dans le secteur, qui passeront d’environ 2 % du PIB actuellement à une moyenne de 4,5 % sur la période 2020-30. D’où viendront ces 2,5 % du PIB ? (alerte spoiler : impression monétaire, et tout le monde le sait).</p><p>Ou alors : Harris admet qu’à court terme, les banques centrales pourraient en effet s’accommoder de la poussée de la demande, permettant ainsi à leurs économies de surchauffer. D’où l’estimation de l’AIE d’une hausse de l’inflation de 1 à 3 %. Cependant, l’économiste de BofA n’est pas d’accord avec cette estimation non plus. Si la Fed autorise un dépassement permanent du potentiel économique, l’inflation ne fera pas qu’augmenter, elle aura tendance à surchauffer. Comme dans les années 1970, il y aura une boucle de rétroaction entre l’inflation des prix, l’inflation des salaires et les attentes en matière de prix.</p><p>Traduction : la croisade « zéro carbone » contre le changement climatique est en réalité…. la condition nécessaire et suffisante pour déclencher l’hyperinflation dont les nations massivement endettées du monde ont besoin pour dégonfler leur dette.</p><p>Mais attendez, ce n’est pas tout, car comme le concède Harris ensuite, en réalité, alors que l’inflation va monter en flèche, l’atténuation du climat est « également susceptible de ralentir l’offre de l’économie, en particulier dans la phase d’accélération ». Il explique plus loin :</p><p>Les grands changements structurels dans l’économie ont tendance à créer de grands défis de transition. Les travailleurs doivent passer d’un secteur à l’autre, certaines industries vont connaître un essor tandis que d’autres vont se contracter, et à mesure que les réglementations et les taxes augmentent, le capital qui avait été investi dans la production et l’utilisation d’énergies sales deviendra rapidement obsolète.</p><p>Tout cela signifie une croissance tendancielle plus faible pendant la transition d’une économie sale à une économie verte. Et, comme indiqué plus haut, il n’y a même aucune garantie que la transition vers une économie verte sera un jour achevée une fois qu’elle aura commencé ; au mieux, nous pourrions être coincés pour toujours dans la phase d’« atténuation ».</p><p>Le gain très asymétrique – concède BofA – se produit sur le très long terme, les avantages s’accumulant ici et maintenant pour ceux qui sont susceptibles de récolter les bénéfices de la générosité de l’impression des banques centrales, qui seront naturellement ceux qui possèdent les actifs résistant à l’inflation tels que les actions, les matières premières et, bien sûr, les cryptos ; tandis que la douleur sera supportée par tous les autres, c’est-à-dire, malheureusement, par les classes moyennes et inférieures, et aura de plus des effets « sur le long terme », alors que les avantages d’un climat plus propre apportera (peut-être) des bénéfices à leurs petits-enfants et arrière-petits-enfants. Leur génération, cependant, sera sacrifiée sur l’autel des 0,1 %. Car comme toute vraie religion, le « changement climatique » exige aussi un sacrifice pour qu’une poignée d’élus puisse vivre mieux.</p>
<p>La partie visible de l’iceberg</p>
<p>Voilà pour la théorie, mais que se passe-t-il sur le terrain ? Comme l’explique Harris, les progrès en matière de politique sont terriblement lents, car certaines politiques continuent d’aggraver le problème au lieu de le résoudre. Prenons deux exemples. Premièrement, selon l’AIE, les pays dépensent plus de 400 milliards de dollars par an pour subventionner principalement la consommation de pétrole, mais aussi de gaz et d’électricité. Dans de nombreux cas, il existe un conflit entre l’aide aux pauvres et l’aide à l’environnement. Deuxièmement, malgré ce que BofA appelle « l’élévation du niveau de la mer et l’augmentation du nombre d’ouragans », certains pays encouragent l’installation de maisons dans des zones à risque en subventionnant les assurances et les secours en cas de catastrophe. C’est presque comme si les pays eux-mêmes, et certainement les milliardaires des plages de Malibu, ne croyaient pas à l’augmentation du niveau des mers. Là encore, il y a conflit entre deux objectifs : aider les personnes vulnérables et réduire le coût des événements climatiques.</p><p>Entre-temps, le changement climatique et les efforts d’atténuation climatique semblent déjà avoir un impact sur l’économie mondiale. Bien que les scientifiques prennent bien soin d’éviter d’attribuer une relation de cause à effet entre le changement climatique et les événements climatiques individuels – peut-être pour la même raison que la « science » est apparue comme une farce à motivation politique lorsqu’il s’est agi de tirer des conclusions hâtives et idéologiques pendant la mise en scène Covid – ils soulignent néanmoins certaines tendances inquiétantes. Prenons deux exemples mis en évidence par BofA : « Premièrement, les données publiées par l’Agence de protection de l’environnement montrent que le nombre d’incendies de forêt aux États-Unis n’a montré aucune tendance entre 1983 et 2020. Toutefois, si l’on se concentre uniquement sur les grands incendies, le nombre d’hectares brûlés semble avoir augmenté de manière significative à partir de 2000 environ. Deuxièmement, le Geophysical Fluid Dynamics Laboratory rassemble des études sur les ouragans et les cyclones tropicaux. Son rapport est parsemé des qualificatifs habituels (confiance moyenne à élevée), mais les preuves indiquent une augmentation de l’intensité des tempêtes ces dernières années. » Chère Bank of America, c’est ce qu’on appelle une recherche d’objectif torturée : pressez les données suffisamment fort et n’importe quel modèle que vous voulez finira par en émerger.</p><p>Plus important encore, BofA admet qu’il existe désormais des preuves que le changement climatique et l’atténuation de ses effets jouent « un certain rôle » dans la récente hausse des prix de l’énergie (à cela nous répondons que non seulement l’atténuation du changement climatique joue « un certain rôle » mais que la principale raison de la crise énergétique mondiale est la poussée idiote vers une utopie GES, ce dont nous avions déjà averti en juin dans « <a href="https://www.zerohedge.com/markets/why-one-bank-thinks-esg-could-trigger-hyperinflation">Will ESG Trigger Energy Hyperinflation</a>« ).</p><p>Mais le pire, c’est qu’étant donné les perspectives réglementaires et la stigmatisation qui prévaut actuellement en ce qui concerne les combustibles fossiles, les investissements dans les capacités d’énergie sale seront faibles et dépendront de coûts élevés. Pendant ce temps, l’énergie verte n’augmente pas assez rapidement pour combler le vide. De façon ironique, les changements dans les régimes de vent et de pluie semblent avoir affecté l’offre d’énergie éolienne et hydraulique. Ces mêmes énergies éolienne et hydraulique qui étaient censées sortir le monde de sa dépendance aux combustibles fossiles. Parce que les scientifiques étaient tellement aveugles pour faire avancer leur agenda politique qu’ils n’ont pas vu ce qui était juste devant leur nez, de la même manière que Reuters <a href="https://www.reuters.com/technology/rocking-down-electric-avenue-good-luck-charging-your-car-2021-10-13/">a découvert</a> la semaine dernière que les villes européennes et américaines qui prévoient d’éliminer progressivement les moteurs à combustion au cours des 15 prochaines années doivent d’abord combler un manque de prises de recharge pour des millions de résidents qui garent leur voiture dans la rue. Oups – peut-être qu’avec le recul, les décideurs et les scientifiques auraient dû penser d’abord à l’évidence, au lieu de se précipiter sur l’agenda qui leur rapporte le plus d’argent…</p><p>Tyler Durden</p><p>Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/763/alexandre-mirlicourtois-la-correction-des-inegalites-par-la-redistribution-fiscale-les-chiffres-decryptage-eco</guid>
	<pubDate>Sat, 13 Nov 2021 22:10:40 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/763/alexandre-mirlicourtois-la-correction-des-inegalites-par-la-redistribution-fiscale-les-chiffres-decryptage-eco</link>
	<title><![CDATA[Alexandre Mirlicourtois, La correction des inégalités par la redistribution fiscale : les chiffres - Décryptage éco]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Deux tiers des Français reçoivent davantage en prestations et en services publics qu’ils ne versent en impôts, taxes et contributions sociales ! Ce chiffre étonnera certainement beaucoup, mais il est tiré d’une étude de l’Insee qui rend compte de façon exhaustive comment la redistribution s’opère en France. La méthode consiste à diviser la population française par décile et quantifier la contribution nette à l’effort national d’un ménage type par décile, c’est-à-dire de faire la balance entre les transferts qu’il perçoit et ce qu’il verse. Et dans une vision élargie, les services publics, qu’ils soient individualisables (santé, éducation, logement) ou pas (police, justice), sont monétisés et intégrés à l’analyse.</p><p><br />Une fois passée l’action publique, les inégalités sont considérablement réduites</p><p><br />Cet exercice permet de mesurer comment l’action publique modifie la distribution du revenu primaire élargi qui, outre les revenus salariaux, intègre les revenus d’activité des indépendants, les revenus du patrimoine ainsi qu’une part restante qui compte pour 25% de l’ensemble, essentiellement les loyers fictifs, c’est-à-dire la monétisation du surcroît de bien-être que procure la propriété d’un logement. Ainsi calculé, le revenu annuel moyen est de 42 800 euros, un revenu qui se répartit de façon très inégalitaire dans la population, de 10 500 euros environ pour les 10% les plus modestes à 133 100 pour les plus aisés soit un rapport de 1 à 13.</p><p><br />Une fois passée l’action publique, les inégalités sont considérablement réduites, l’écart entre les extrêmes est ramené de 1 à 3 et les positions entre les différents déciles se sont nettement resserrées, signe d’une redistribution fonctionnant à tous les étages. La différence entre les revenus avant et après transferts permet d’établir de son côté qui, et à quelle hauteur, est le bénéficiaire net du système de redistribution.</p><p><br />Un système profitable à une majorité de Français puisque c’est uniquement à partir du 7e décile que les ménages contribuent plus qu’ils ne perçoivent. 2e observation, le système de redistribution est bien une fonction décroissante des revenus : la différence entre le revenu avant et après transferts diminue avec le niveau de vie. Enfin, en moyenne, les 10% les plus aisés reversent 35% de leurs revenus avant transferts au titre de la redistribution élargie. À l’opposé, les transferts composent 63% des revenus des moins favorisés.</p><p><br />Plusieurs mécanismes de réduction des inégalités</p><p><br />L’analyse plus détaillée des données permet de déterminer ensuite par quels mécanismes les inégalités sont réduites. Premier contributeur à la réduction des inégalités, les transferts en nature à hauteur de 50%. Les ménages accèdent en effet massivement à des services publics gratuits ou facturés à des prix nettement plus faibles que celui du marché comme la santé, l’éducation ou l’action sociale et bénéficient aussi des transferts monétaires affectés à une dépense particulière comme les allocations logement. Le système de santé notamment génère une redistribution importante par rapport à une situation où chacun devrait prendre directement à sa charge sa propre santé et où les cotisations ne seraient pas proportionnelles aux revenus. Car toute chose égale par ailleurs, les problèmes de santé se concentrent davantage dans les catégories de la population les moins aisés qui bénéficient donc plus du système public de soins.</p><p><br />Les prestations sociales monétaires jouent également un très grand rôle dans la diminution des inégalités. Et pour cause : elles sont massivement dirigées vers les plus modestes. Les sommes engagées vers la réduction de la pauvreté et la famille (54 milliards d’euros) et le montant reçu par ménage décroissent fortement en fonction du niveau de vie : de 3 300 euros pour les 10% les moins favorisés, contre moins de 200 euros pour le top 10. Les services publics collectifs (administration générale, police, justice…) contribuent également à réduire la fracture des inégalités de 16%. Les autres postes jouent, mais moins. Avec une particularité : les prélèvements ont un effet négatif sur la réduction des inégalités.</p><p><br />Si la progressivité de l’impôt sur le revenu et le patrimoine diminue les inégalités, son effet est notamment contrebalancé aussi bien par la TVA, la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques ou le plafonnement des cotisations sociales, si bien que les 20% des ménages les plus modestes sont aussi ceux qui en regard de leurs revenus primaires contribuent le plus aux prélèvements.</p><p><br />Malgré tout, le système de redistribution français est une formidable machine à organiser la solidarité nationale, mais pour une bonne raison : c’est qu’en amont, au niveau des revenus primaires, la France est une machine à creuser les inégalités.<br /></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/762/saif-al-islam-kadhafi-sur-le-point-d%E2%80%99annoncer-sa-candidature-sera-t-il-le-favori-de-la-presidentielle-en-libye%C2%A0-ledito-de-michel-taube</guid>
	<pubDate>Sat, 13 Nov 2021 20:02:50 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/762/saif-al-islam-kadhafi-sur-le-point-d%E2%80%99annoncer-sa-candidature-sera-t-il-le-favori-de-la-presidentielle-en-libye%C2%A0-ledito-de-michel-taube</link>
	<title><![CDATA[Saïf al-Islam Kadhafi, sur le point d’annoncer sa candidature, sera-t-il le favori de la présidentielle en Libye ? L&#039;édito de Michel Taube]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Si une énième conférence internationale sur la Libye se tient aujourd’hui à Paris, après Berlin, Rome et de nombreuses autres capitales, l’événement du jour ne se produira peut-être pas dans la capitale française mais bien dans la région tripolitaine.</p><p>A Paris donc, le président français Emmanuel Macron accueille une conférence de haut niveau en présence, tout de même, d’une vingtaine de chefs d’États, dont la vice-présidente des États-Unis Kamala Harris, la chancelière allemande Angela Merkel (tiens les noces d’adieu avec Emmanuel en Bourgogne n’étaient donc pas sa dernière visite française), le Premier ministre italien Mario Draghi et le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres. Les principaux protagonistes libyens seront-ils nombreux à Paris ? Le président du Conseil présidentiel, Mohamed Al-Menfi, et le premier ministre sont attendus, mais pas les candidats à la prochaine élection.<br /></p><p>C’est que les élections présidentielles approchent en Libye. Elles sont prévues pour le 24 décembre, suivies des législatives deux mois après. C’est déjà un miracle si elles ont lieu après des années de tergiversations et de tensions entre forces libyennes sous couvert de bras de fer entre puissances régionales (Turquie, Égypte, Émirats arabes unis, Congo Brazzaville, Maroc…) et mondiales (la Russie, les États-Unis, l’Italie et la France).</p><p>Dix ans après la chute de Mouammar Kadhafi à la suite du soulèvement du peuple libyen et de l’intervention des Nations unies, largement à l’initiative de la France, une lueur d’espoir se lèverait-elle dans le désert libyen ?</p><p>Le corps électoral est évalué à près de 3 millions d’électeurs. Mais les élections auront-elles lieu dans de bonnes conditions ? Les organisations de défense des libertés, comme Human Rights Watch, interpellent les participants du Sommet de Paris : “les autorités libyennes peuvent-elles garantir des élections sans coercition, discrimination et intimidation des électeurs, des candidats et des partis politiques ? […] Existe-t-il un plan de sécurité solide pour les bureaux de vote ? Le système judiciaire est-il en mesure de traiter rapidement et équitablement les litiges liés aux élections ? Les organisateurs des élections peuvent-ils garantir que des observateurs indépendants auront accès aux bureaux de vote, même dans les zones reculées ?”</p><p>Les grands de ce monde risquent aussi de ne pas avoir les mêmes priorités : la vice-présidente américaine aura beau jeu d’insister sur le sort alarmant des migrants, demandeurs d’asile et autres réfugiés en Libye ou passant par la Libye. Facile pour Madame Harris car ce ne sont pas les États-Unis qui ont à gérer cette pression migratoire. Certes, les violations des droits de l’homme sur le sol libyen y sont constantes et la communauté internationale devrait subordonner ses aides à la Libye au respect de ces libertés.</p><p>Il est certain aussi que l’Europe a le plus grand intérêt à ce que la Libye retrouve les voies de la stabilité, condition pour mieux assurer évidemment la gestion sur place, et non sur nos côtes méditerranéennes, de ces dizaines de milliers de candidats à la migration vers le nord. Sans parler des enjeux pétroliers. En période de crise énergétique mondiale, le sol libyen est l’objet de convoitises incessantes.</p><p>Stabilité, disions-nous ? Parlons-en justement ? Car c’est la clé de l’avenir de la Libye. </p><p>Or qui sera candidat à la présidence de la République libyenne ? Le dépôt des candidatures a débuté lundi 8 novembre. La commission électorale libyenne et son président Emad al-Sayeh ont annoncé que les candidats à la présidence ont jusqu’au 22 novembre pour se déclarer, ceux aux législatives jusqu’au 7 décembre.</p><p>ET surtout qui a le plus de chance de gagner ? </p><p>Le maréchal Khalifa Haftar, l’homme de Benghazi, soutenu par les Émirats arabes unis et l’Égypte, va certainement se déclarer rapidement. Il a renoncé depuis septembre au commandement de l’Armée nationale libyenne pour préparer la présidentielle. </p><p>Le Premier ministre libyen Abdel Hamid Dbeibah devrait aussi se présenter.</p><p>Mais ces acteurs, connus de la scène internationale, sont, dans l’esprit des citoyens libyens, associés à une décennie d’anarchie et de violences incessantes. C’est pourquoi, grand paradoxe de la situation (ruse de l’histoire ?), le grand favori est peut-être celui qui porte le nom de son père et auquel sont associées, certes des décennies de dictature, mais aussi de stabilité et de prospérité du peuple libyen ! Kadhafi est en train de se faire un prénom : Saïf al-Islam.</p><p>Et selon nos informations, Saïf al-Islam Kadhafi devrait annoncer sa candidature d’ici la fin de la semaine. Selon plusieurs observateurs attentifs du dossier libyen et surtout des Libyens que nous avons pu joindre sur place, il se passe en Libye ce que se passe en Tunisie : l’anarchie, l’effondrement économique, les attentats conduisent les citoyens à regretter les années Ben Ali et Kadhafi. Les droits de l’hommistes européens s’en offusqueront mais l’impérieux désir, besoin et droit légitime à la stabilité, condition du développement, de l’éducation, de la prospérité, du respect de l’environnement et de la gestion des flux migratoires, va peser lourd dans l’isoloir de chaque votant le 24 décembre en Libye.</p><p>N’en déplaise à Paris, le nom Kadhafi est associé à cette perte de stabilité dans l’esprit des Libyens. Et Saïf al-Islam, le libéral du régime sous les années de son père, pourrait bénéficier d’une rente historique insoupçonnée qui pourrait l’aider à l’emporter le 24 décembre.</p><p>Si l’élection a bel et bien lieu dans six semaines, le père Noël à Tripoli aura peut-être un nom connu de tous…</p><p>Michel Taube</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/761/le-%E2%80%98woke%E2%80%99-et-le-capital%C2%A0-l%E2%80%99angle-mort-de-brice-couturier</guid>
	<pubDate>Sat, 13 Nov 2021 19:36:49 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/761/le-%E2%80%98woke%E2%80%99-et-le-capital%C2%A0-l%E2%80%99angle-mort-de-brice-couturier</link>
	<title><![CDATA[Le ‘woke’ et le capital : l’angle mort de Brice Couturier]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Dans OK Millenials ! Brice Couturier livre un travail détaillé sur les racines intellectuelles du mouvement woke en présentant ses promoteurs et ses contempteurs. Mais l’essayiste peine à comprendre l’expansion du phénomène et ne parvient pas à apprécier la nature profonde de la génération montante. À moins que cet ex-maoïste converti au capitalisme libéral ne s’entête à renier ses enfants spirituels. </p><p class="has-drop-cap">Fruit d’un long travail de documentation initialement réalisé dans le cadre d’une pastille quotidienne sur France Culture, OK Millenials ! (L’Observatoire, 2021) détaille les ressorts intellectuels du woke, phénomène sociologique et politique majeur de ce début de siècle en Occident. Ce mouvement de « justice sociale » défini par ses appétences (déconstruction, censure, antioccidentalisme…) et ses origines (French theory, cultural studies…) inspire déjà de nombreux essais critiques facilement accessibles au grand public. Manquait encore une synthèse complète telle que proposée par Brice Couturier. Ses lectures étant plutôt américaines, il conduit son exposé aux racines du mouvement woke.</p><p class="has-medium-font-size">De l’art de lire Bret Easton Ellis</p><p>Si le travail de Brice Couturier est minutieux, l’interprétation qu’il en tire est en revanche assez décevante. Son point de vue est résumé dans le titre : nous assistons à une guerre des générations entre boomers et milléniaux. Pour appuyer cette idée, Couturier s’appuie notamment sur Bret Easton Ellis auquel il consacre un peu plus d’un chapitre. Dans son essai White <a name="_ftnref1" href="https://voixdelhexagone.com/2021/11/09/le-woke-et-le-capital-langle-mort-de-brice-couturier/#_ftn1" id="_ftnref1">[1]</a>, Ellis procéderait, selon Couturier, à « un règlement de comptes avec la génération des millenials » critiquée comme ultra-protégée, fascinée par la glorification des victimes et persuadée d’être en « résistance » contre Donald Trump. C’est bien de cela qu’il s’agit, mais ce n’est que le point de départ de White, pas son essence.</p><p>En fait, White décrit un changement d’époque vers ce qu’Ellis nomme le « post-empire », une évolution chaotique de l’empire américain dans laquelle le quidam, plus narcissique que jamais, doit adopter des méthodes d’auto-promotion identiques à celles des comédiens en interview. Bret Easton Ellis estime que « le post-empire a fusionné avec la culture d’entreprise » qui pousse au conformisme. Il voit en Hollywood « une des enclaves capitalistes les plus hypocrites du monde », une plateforme de business où, « si vous ne suivez pas les nouveaux règlements de l’entreprise, vous serez banni, exilé, effacé de l’histoire »… L’influence d’un capitalisme dystopique sur l’attitude des nouvelles générations, à Hollywood ou ailleurs, est maintes fois explicitée dans White, mais Brice Couturier semble n’avoir rien remarqué.</p><p class="has-medium-font-size">Guerriers d’un socialisme fantasmatique</p><p>Tout à son amour du capitalisme libéral, l’auteur d’OK Millenials ! imagine les États-Unis « devenir un État socialiste avant le milieu du siècle ». Cela partirait des universités « d’autant plus politisées qu’on y apprend moins » mais où « des batailles puériles (…) ont pris le pas sur la politique effective ». Dans ce cas, les guerriers de la justice sociale sont-ils des agents crédibles du socialisme ? Parions que leur intégration à un système dominé par le marché sera bien plus facile, la puérilité et l’inculture favorisant l’éclosion de consommateurs dociles. Le processus a d’ailleurs commencé puisque le mouvement « contamine » les grandes entreprises, comme le note Brice Couturier qui ne semble pas réaliser l’importance de l’événement.</p><p>« Parions que l’intégration des Wokes à un système dominé par le marché sera bien plus facile, la puérilité et l’inculture favorisant l’éclosion de consommateurs dociles »</p><p>OK Millenials ! mentionne plusieurs fois le New York Times pour indiquer sa conversion woke, sans que Couturier ne précise qu’il s’agit d’un quotidien libéral dans tous les sens du terme. La convergence de la presse libérale avec les nouvelles idées de « justice sociale » n’est pas systématique mais elle est suffisamment fréquente – The Guardian et Le Monde sont concernés – pour illustrer une évidence : le phénomène woke n’a rien d’une rupture, ni avec l’establishment, ni avec le capital. Un point que Brice Couturier s’acharne à esquiver.</p><p class="has-medium-font-size">Gauchisés par Brice Couturier : une aubaine pour les Wokes</p><p>Décidément, l’auteur d’OK Millenials ! ne cerne pas la véritable dynamique de son sujet et se contente d’en déchiffrer la façade, certes fascinante : une guerre de générations entre des boomers qui revendiquent la raison et des milléniaux qui imposent des idées expérimentales à l’aide d’un autoritarisme perçu comme infantile. </p><p>Ainsi Brice Couturier renonce-t-il à pousser sa réflexion sur les aspects consuméristes d’un mouvement mu par un mélange de tribalisme et de narcissisme, qui perçoit le contrat social comme une contrainte à déconstruire. Il se garde également d’analyser les importants moyens qui permettent la diffusion et l’institutionnalisation de la « justice sociale » en tant qu’idéologie. Curieusement, ce lecteur de Bret Easton Ellis n’observe guère Hollywood et voit donc à peine les célébrités millionnaires appliquer au mouvement un vernis de moralisme et de sensiblerie. Il ne parcourt pas LinkedIn ni les campagnes de publicités qui lui permettraient pourtant d’apprécier l’usage de la déconstruction et de la segmentation comme outils de communication entrepreneuriaux. De manière générale, ce n’est pas dans OK Millenials ! qu’il faut chercher une analyse de l’opportunisme et du clientélisme en tant que ressorts du phénomène woke. </p><p>« Couturier ne parcourt pas LinkedIn ni les campagnes de publicités qui lui permettraient pourtant d’apprécier l’usage de la déconstruction et de la segmentation comme outils de communication entrepreneuriaux »</p><p>Concentré sur sa guerre des générations, Brice Couturier valide le positionnement gauchiste d’un courant qui ne demande qu’à se légitimer en tant que force révolutionnaire. Par conséquent, l’essayiste néglige le fait que les Wokes prospèrent sur son propre territoire, dans le grand centre commercial du libéralisme, là où se trouvent l’argent et l’influence. </p><p>Qu’un ex-soixante-huitard maoïste ne situe pas précisément ses lointains successeurs, c’est décevant mais finalement pas si surprenant. On n’attend pas que Brice Couturier mène une réflexion aussi radicale que celle de Pier-Paolo Pasolini quelques heures avant sa mort : « L’autre – ou les autres, les groupes – viennent vers toi et t’affrontent – avec leurs chantages idéologiques, avec leurs avertissements, leurs prêches, leur anathèmes, et tu ressens qu’ils constituent aussi une menace. Ils défilent avec des banderoles et des slogans, mais qu’est-ce qui les sépare du « pouvoir » ? »<a name="_ftnref2" href="https://voixdelhexagone.com/2021/11/09/le-woke-et-le-capital-langle-mort-de-brice-couturier/#_ftn2" id="_ftnref2">[2]</a></p><p>Référence : Brice Couturier, Ok Millenials !, Paris, Éditions de l’Observatoire, 2021, 336 pages. Prix éditeur : 21 EUR.</p><p>Notes :<br /><a name="_ftn1" href="https://voixdelhexagone.com/2021/11/09/le-woke-et-le-capital-langle-mort-de-brice-couturier/#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> Bret Easton Ellis, White (Robert Laffont, 2019).<br /><a name="_ftn2" href="https://voixdelhexagone.com/2021/11/09/le-woke-et-le-capital-langle-mort-de-brice-couturier/#_ftnref2" id="_ftn2">[2]</a> Interview donnée à Furio Colombo le 30 octobre 1975 et publiée le 8 novembre dans le supplément Tuttolibri de La Stampa. Editée en France sous le titre L’Ultima intervista di Pasolini (Allia, 2010).</p><p>Photo d’illustration (éditée) : <a href="https://www.flickr.com/people/31383674@N00">JMacPherson</a> / WikimediaCommons</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/760/%C2%ABil-ny-a-rien-de-%E2%80%9Ctendancieux%E2%80%9D-a-aimer-la-france-et-sa-langue-%C2%BB</guid>
	<pubDate>Sat, 13 Nov 2021 19:35:44 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/760/%C2%ABil-ny-a-rien-de-%E2%80%9Ctendancieux%E2%80%9D-a-aimer-la-france-et-sa-langue-%C2%BB</link>
	<title><![CDATA[«Il n&#039;y a rien de “tendancieux” à aimer la France et sa langue !»]]></title>
	<description><![CDATA[<p>FIGAROVOX/TRIBUNE - Alors que Franz-Olivier Giesbert déplorait que le français ne soit plus parlé sur la Canebière, Laure Adler a jugé ce constat «tendancieux» dans l'émission C Ce Soir. Les propos de la journaliste prouvent son ignorance quant à la réalité des quartiers, estime Amine El Khatmi.</p><p>Amine El Khatmi est cofondateur et président du Printemps républicain. Il a écrit Combats pour la France (éd Fayard) en 2019 et a publié Printemps républicain (éd L'Observatoir) en 2021.</p><p>C'est un échange surréaliste auquel ont assisté les téléspectateurs de l'émission C ce soir sur France 5 ce mardi 9 novembre.</p><p>Venu présenter son Histoire intime de la Ve République, le journaliste Franz-Olivier Giesbert ne s'attendait sans doute pas à la charge idéologique mais tellement révélatrice que lui réservait Laure Adler. Son crime ? Avoir regretté de ne pas entendre parler français dans certaines rues de Marseille, ville où il a élu domicile depuis quelques années.</p><p>Des quartiers d'où je viens, et dont Madame Adler ignore tout, je me souviens de la honte de ces chibanis vivant depuis 30 ou 40 ans en France, ne maîtrisant toujours pas notre langue et devant se rendre au centre social ou au bureau de tabac pour y faire lire leurs courriers et leurs factures.</p>
<p>Amine El Khatmi</p>
<p>«J'habite Marseille, capitale française du cosmopolitisme, ville monde où je me sens chez moi. Mais souvent quand je me rends à la gare Saint Charles en passant par la Canebière, j'ai le cœur serré parce que pendant le trajet je n'ai entendu presque personne parler français. Que va-t-il arriver à notre langue ?». Ces quelques mots, rapportés par l'animateur de l'émission, Karim Rissouli, ont suffi à provoquer l'ire de la journaliste de France Inter. «Bah c'est bizarre de dire ça. Pourquoi vous écrivez ça ?» lui lance-t-elle, qualifiant son raisonnement de «tendancieux». «J'aimerais qu'ils parlent un peu plus français et ce n'est pas plus grave que ça», tente de se défendre, en vain, l'éditorialiste du Point, rappelant au passage qu'Éric Zemmour ne rate aucune occasion pour le qualifier de cosmopolite en raison de ses propos répétés en faveur de l'intégration et contre l'extrême droite. Laure Adler, peu convaincue par les arguments de son interlocuteur, va alors dégainer l'ultime argument d'autorité : «Vous êtes blanc quoi et fier de l'être. Il n'y a pas assez de blancs autour de vous» avant d'inviter un Franz-Olivier Giesbert interloqué à candidater «à l'Académie française» pour «n'entendre que du français. Et encore».</p><p>Tendancieux ? Il est donc désormais tendancieux de regretter qu'en France, dans des quartiers entiers, on ne parle plus Français. Tendancieux de regretter qu'en France, autour de la gare Saint Charles à Marseille, à la Guillotière à Lyon, ou à Barbès-Rochechouart à Paris, la concentration de populations étrangères dans les mêmes rues et les mêmes quartiers soit telle qu'elle donne à certains le sentiment de ne plus vivre en France. Tendancieux de considérer que la condition première d'une intégration réussie est l'apprentissage de la langue du pays qui vous accueille.</p><p>À lire aussi<a href="https://www.lefigaro.fr/vox/politique/amine-el-khatmi-plaidoyer-pour-une-gauche-republicaine-et-populaire-20210924">Amine El Khatmi: «Plaidoyer pour une gauche républicaine et populaire»</a></p><p>Dans mon livre, Printemps Républicain, je déplorais que la France ne consacre que 200 heures à l'apprentissage de la langue, apprentissage le plus souvent délégué à des associations, quand l'Allemagne prévoit un cycle de 600 heures de cours. Je proposais en outre que l'attribution de certaines prestations sociales soit conditionnée à l'assiduité à ces cours de Français pour inciter ceux qui veulent rejoindre la communauté nationale à mettre toutes les chances de leur côté.</p><p>Car des quartiers d'où je viens, et dont Madame Adler ignore tout, je me souviens de la honte de ces chibanis vivant depuis 30 ou 40 ans en France, ne maîtrisant toujours pas notre langue et devant se rendre au centre social ou au bureau de tabac pour y faire lire leurs courriers et leurs factures. Je me souviens d'immeubles entiers où des mères devaient attendre le retour de leurs enfants de l'école ou de leurs maris pour comprendre le recommandé remis par le facteur ou telle invitation déposée par la mairie.</p><p>Vouloir que ces femmes et ces hommes comprennent, lisent et parlent notre langue n'est pas tendancieux. C'est bien sûr leur rendre la vie plus facile, le quotidien moins compliqué, mais n'est-ce pas aussi leur ouvrir l'opportunité de découvrir l'incroyable richesse de nos livres, de nos poèmes, de nos chansons, de nos films, tous ces trésors qui font de la francophonie un bien si précieux ? Est-ce tendancieux pour la femme de lettres qu'est Laure Adler que de vouloir ouvrir à des millions de Français et de futurs Français les portes de la beauté du monde ou préfère-t-elle garder ce privilège pour elle et quelques-uns ?</p><p>ll fut un temps ou la gauche dont je viens se battait pour offrir aux gens une vie meilleure. Défendait la dignité par le travail. Militait pour l'intégration par la langue et le respect de la patrie, de ses symboles et de ses principes.</p>
<p>Amine El Khatmi</p>
<p>Déplorer que notre langue ne soit pas parlée dans des territoires entiers et vouloir y remédier n'est pas tendancieux. C'est du bon sens. C'est vouloir que ces personnes s'en sortent, s'émancipent, s'arrachent à l'assignation à résidence identitaire. C'est vouloir les respecter et les considérer autrement que comme des victimes de la France.</p><p>Sans doute est-ce d'ailleurs là le cœur du problème. Pour Laure Adler, un bon «racisé», pour reprendre l'horrible terme imposé par les «wokes» et leurs amis, est une victime. Le racisé doit rester pauvre, ne pas sortir de sa banlieue, ne pas voir ses enfants réussir, ne pas apprendre la langue. Ne pas s'intégrer. Il doit rester fidèle à son statut de pauvre victime de la France raciste et islamophobe. Comme ces maires communistes de banlieues qui se battaient pour avoir toujours plus de logements sociaux dans leurs villes, pensant assurer ainsi plus confortablement leur réélection en entassant toujours plus de familles pauvres dans des barres hideuses. Comme Jean-Luc Mélenchon qui reproche aujourd'hui à Arnaud Montebourg de proposer la création d'un contrat signé par les étrangers les engageant à l'apprentissage de notre langue, au respect de nos règles et de nos mœurs, à la formation professionnelle et à l'exercice d'un emploi. Soit les conditions élémentaires d'une bonne intégration. «Montebourg veut surveiller les mœurs des immigrés, leur langue, leur qualification et les expulser s'ils ne suivent pas la feuille de route prévue. Consternant» rétorquera sur Twitter le chef de la France Insoumise avec le sens de la mesure que chacun lui connaît.</p><p>Il fut un temps ou la gauche dont je viens se battait pour offrir aux gens une vie meilleure. Défendait la dignité par le travail. Militait pour l'intégration par la langue et le respect de la patrie, de ses symboles et de ses principes. Elle voyait les gens comme des individus appelés à s'émanciper. Et non comme une clientèle de victimes servant à nourrir un fonds de commerce. Un temps où aimer la France et sa langue n'était pas encore... tendancieux !</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/759/pour-un-mouvement-des-reacs-de-gauche</guid>
	<pubDate>Sat, 13 Nov 2021 13:04:30 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/759/pour-un-mouvement-des-reacs-de-gauche</link>
	<title><![CDATA[Pour un mouvement des réacs de gauche !]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Il faudrait créer un mouvement des réacs de gauche. On ne serait pas nombreux mais on se sentirait moins seul.</p>

<p>À la différence du réac de droite qui ne s’est pas remis de Mai 68, le réac de gauche,lui,  pince du nez devant la victoire de l’Argent et des valeurs marchandes dans tous les domaines . Comme le réac de droite , c’est un aristocrate vieux con, mais qui voudrait être parfois désintéressé.</p>

<p>Le réac de gauche est catastrophé par la baisse du niveau de nos résultats scolaires parce qu’il croit que l’éducation est l’essentiel pour former un citoyen éclairé - il est d’ailleurs outré par l’écriture inclusive , les anglicismes du globish numérique ,tous ces massacres grossiers de la langue, notre vraie identité nationale. </p>

<p>Le réac de gauche n’aime pas non plus l’indignation morale. Non qu’il soit immoral, mais il se préoccupe d’efficacité , sait que la vie collective est affaire de rapports de force, de tours et détours et se méfie par dessus tout des culs bénis et autres peine à jouir des religions anciennes et nouvelles (qui ne disent pas leur nom), dont le but est d’assoir leur pouvoir sur les autres. </p>

<p>Le réac de gauche déteste aussi le ressentiment , la victimisation, l’obsession identitaire de l’époque : les injustices le préoccupent mais il croit en la responsabilité personnelle, pas à l’individu-roi comme un enfant . Il voudrait d’ailleurs que la justice redevienne l’objet du politique plutôt que cette volonté permanente d’imposition du Bien par la contrainte. </p>

<p>Le réac de gauche aime l’autorité de l’Etat c’est à dire de le respect d’une loi votée après délibération - il déteste les voyous, petites frappes et autres mafias . Mais il aimerait une démocratie plus délibérative et se méfie du bonapartisme comme du désordre gauchiste.</p>

<p>Bref c’est un ringard tout à fait inadapté à l’époque, voué à être minoritaire et à avoir le cul entre plusieurs chaises. Mais c’est ce qui fait sa fierté : réussir à ne pas (trop) se vautrer.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/757/les-marches-financiers-creation-de-valeur-et-destruction-de-valeur</guid>
	<pubDate>Thu, 11 Nov 2021 20:26:39 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/757/les-marches-financiers-creation-de-valeur-et-destruction-de-valeur</link>
	<title><![CDATA[Les marchés financiers - Création de valeur et destruction de valeur.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Prononcé le 30 août 2001 - Déclaration de M. Jean-Pierre Chevènement, député du Mouvement des citoyens. </p>

<p>Les marchés financiers jouent un rôle aujourd'hui essentiel, mais vous n'attendez sans doute pas de moi que j'en fasse le panégyrique..<br />Il n'est pas non plus dans mon intention de les diaboliser. Le développement des marchés financiers, depuis vingt ans, a correspondu à des besoins objectifs de financement de la part des Etats et en particulier du Trésor américain, en raison du poids croissant des déficits budgétaires et de la dette.<br />Il fallait aussi assurer le financement de l'économie américaine par l'épargne japonaise et européenne. Le développement des marchés d'actions (Wall Street) s'est fait grâce à l'afflux de l'épargne américaine mais aussi des capitaux venus du monde entier.<br />La globalisation financière a été -faut-il le rappeler- l'objectif recherché avec constance par la politique des Etats-Unis, relayée par le FMI, l'OCDE et l'Union européenne, (libération des capitaux, désintermédiation et dérégulation bancaires, orientation de l'épargne vers les marchés financiers).<br />Les marchés financiers ont symbolisé, pendant les années quatre-vingt-dix, la confiance en l'avenir de l'économie américaine, il est vrai dopée par les dépenses militaires de l'Administration Reagan depuis le début des années quatre-vingts, dépenses concentrée sur le secteur des hautes technologies, qui sont la vraie cause de l'avance prise par les Etats-Unis sur l'Europe.<br />Pour être complet, il faut aussi souligner le rôle des marchés financiers dans les restructurations d'entreprises (fusions-acquisitions) et dans le financement des entreprises émergentes.<br />La croissance américaine n'a pas trouvé sa source à Wall Street, mais Wall Street a suivi, en apportant les capitaux nécessaires, notamment à travers les fonds de pension et les fonds de placements, dont l'apport en vingt ans a crû respectivement de 2000 et 3000 %. Les Fonds institutionnels des pays de l'OCDE gèrent des masses de capitaux d'un montant de 26.000 milliards de dollars en 1998. Les transactions financières sur les marchés financiers mondiaux, représentent aujourd'hui cinquante-cinq fois le montant du commerce mondial contre un montant supérieur d'un tiers en 1971 et dix fois plus important, en 1991, après le flottement des monnaies.<br />L'espace financier mondial qui s'est créé a évidemment sa loi de fonctionnement : c'est celle de l'actionnaire, et plus précisément celle d'un très grand nombre d'actionnaires minoritaires qui représentent les différents fonds de placement. Leur pression s'exerce sur les Etats. Rappelons-nous, il y a cinq ans, les déclarations de Hans Tietmeyer à Davos : " Les marchés financiers joueront de plus en plus à l'avenir le rôle de gendarmes des Pouvoirs Publics Les hommes politiques doivent comprendre qu'ils sont sous le contrôle des marchés financiers et non plus seulement des débats nationaux. "<br />Une pression encore plus considérable s'exerce sur les entrepreneurs au travers d'une exigence de retour sur investissement très supérieure à la croissance de l'économie mondiale.<br />I - Au cur de la globalisation financière, le concept de création de valeur.<br />Tout se passe comme si aujourd'hui la création de la valeur pour l'actionnaire était devenue le ressort de l'économie mondialisée. On applique à la valorisation des entreprises les principes utilisés pour les actifs financiers.<br />L'objectif est donc d'estimer les flux à venir. C'est ainsi que, selon les promoteurs de cette méthode, la création de valeur permet de mieux prendre en compte le long terme. Là se trouve une explication théorique aux opérations financières (OPA, OPE) qui, en fusionnant et en adossant les entreprises les unes aux autres, sont censées accroître leur valeur. Par une stratégie industrielle appropriée, les flux à long terme seront améliorés, ce qui accroît la valeur présente de l'entreprise et justifie le paiement d'un prix élevé par l'initiateur de l'offre.<br />Vous le savez, la version aujourd'hui la plus en vogue de la création de la valeur est appelée la valeur économique ajoutée, l'EVA (Economic Value Added). L'" EVA " est maintenant une marque déposée aux Etats-Unis. Sous diverses formes, elle est répandue sur la planète par les cabinets anglo-saxons de conseil en stratégie, notamment McKinsey et le BCG (Boston Consulting Group).<br />La finesse de la méthode consiste à définir comment retraiter les flux enregistrés en comptabilité pour aboutir à la valeur économique ajoutée. On obtient ainsi une succession d'EVA par année,, dont l'actualisation donne la MVA (Market Value Added) qui en est la somme. La MVA correspond dans le modèle au cours de bourse. Première observation : la création de valeur est définie par la théorie financière comme la seule création de valeur pour l'actionnaire.<br />L'EVA correspond au résultat d'exploitation moins les impôts et le coût des ressources financières (ressources propres et frais financiers). La création de valeur exclut ainsi explicitement la valeur travail.<br />L'investisseur boursier n'ira que là où la répartition est en passe d'être corrigée en faveur du capital pour obtenir ses fameux 15 % de ROE (Return On Equity).<br />II - Première observation, le concept de création de valeur pour l'entreprise accroît l'instabilité systémique des marchés.<br />1. Il y a une instabilité intrinsèque des mouvements de capitaux dans ce monde globalisé, sujet à des prophéties ou à des paniques autoréalisatrices, en proie à des comportements mimétiques, déjà décrits par Keynes, et accélérés aujourd'hui par les agences de notation. Dans ce monde, le marché valide des croyances, des " conventions ", comme le dit André Orléan. L'imitation est au cur de la rationalité " autoréférentielle " des marchés financiers.<br />Le marché financier mondial ne produit pas de rationalité collective. Il est un pouvoir d'évaluation dont la nature est avant tout médiatique. L'idée que les cours de la Bourse reflètent les fondamentaux des entreprises cotées est démentie par la réalité, comme on l'a vu avec l'effondrement récent du Nasdaq. En France la bourse a stoppé pendant seize ans, de 1962 à 1978 et si à long terme la progression est incontestable, on ne peut pas faire l'impasse sur l'Histoire (les deux guerres mondiales) ni sur un retour possible à l'Histoire. Le grand risque l'ANOMIE.<br />Il apparaît qu'il n'y a pas de finance autorégulée. L'action des Etats ou du FMI, comme prêteurs en dernier ressort, est une garantie fondamentale qui seule permet d'établir une nouvelle " convention " et par conséquent un nouvel équilibre.<br />2. Le concept de création de valeur accroît l'instabilité financière des marchés : En prétendant justifier la valeur boursière par la prise en compte du long terme, il accroît l'amplitude des réactions immédiates à la moindre modification d'informations au demeurant toujours très incertaines sur les perspectives à long terme. Cette sensibilité est techniquement mesurable au travers des PER (Price Earning Ratio) rapportant les cours de bourse aux bénéfices. Un PER de 20, bas de la fourchette des indices boursiers actuels, implique qu'une baisse de un euro des bénéfices entraînera une baisse de 20 euros du cours. Plus le PER d'une entreprise est élevé, plus la bourse reflètera la fluctuation de son cours. La capacité des marchés financiers à gérer l'incertitude propre au long terme a été invalidée par les expériences récentes, par exemple celle de la nouvelle économie (chute du Nasdaq de 65 % en un an) que j'ai déjà évoquée.<br />La minimisation des risques par les gestionnaires de fonds conduit les intervenants à diversifier leurs portefeuilles, ce qui accroît l'interdépendance des marchés financiers, mais aussi paradoxalement le risque systémique.<br />Or, le principal facteur de crise est lié au " panurgisme " obligé des intervenants. Un vaste mouvement de marché entraîne ceux qui sont à contre-courant à supporter des pertes latentes de plus en plus importantes, et finalement insupportables. Ils sont alors dans l'obligation de fermer leur position en accentuant le mouvement initial du marché. Ce phénomène de " stress " se diffuse aujourd'hui de plus en plus rapidement.<br />Le fonctionnement des marchés financiers contient donc en lui-même un facteur explosif. Le concept de création de valeur y contribue. Issu d'une critique des règles comptables, il paraît aujourd'hui susceptible de s'y substituer au travers du concept de " fair value " que les autorités comptables internationales (IASC - International Accounting Standard Committee) envisagent de généraliser pour les sociétés cotées. La fair value consiste à substituer à la valeur historique d'acquisition des actifs financiers enregistrés dans les comptes, leur valeur de marché, ce qui est supposé correspondre à la fameuse MVA. Dans ces conditions, c'est l'ensemble de l'économie qui vivrait au gré des aléas boursiers. L'Europe continentale, le capitalisme rhénan mais aussi la France, y sont hostiles et sont parvenus pour l'instant à différer cette décision.<br />L'instabilité intrinsèque des marchés, leur réactivité au court terme, les imperfections de l'information disponible, pèsent naturellement sur leur " efficience " théorique. Après avoir créé de la valeur, les marchés financiers peuvent aussi générer des destructions de ressources importantes.<br />Le Monde a publié une étude fort instructive sur douze fusions géantes. Ce sont huit cent milliards d'euros de valeur boursière qui se sont volatilisés. Le remboursement des dettes contractées, l'amortissement des coûts d'acquisition ont fait fondre le bénéfice par action. Depuis le rachat d'Orange, la capitalisation de France-Telecom a ainsi baissé de plus de 75 %.<br />Le concept de création de valeur peut favoriser l'instabilité du système. Aux Etats-Unis, jusque l'an 2000, l'inflation des actifs boursiers avait ainsi supplanté celle des produits, cependant que l'insuffisance d'épargne intérieure rendait nécessaire l'appel aux capitaux du reste du monde. La Réserve fédérale s'est trouvée démunie pour lutter contre ces effets pervers sans casser la croissance. Les difficultés actuelles de l'économie américaine illustrent l'impasse dans laquelle la prédominance des marchés financiers a engagé l'ensemble du système économique et financier.<br />III - Seconde critique plus fondamentale : le concept de création de valeur sape à terme toute idée de stratégie coopérative.<br />Censée intégrer le long terme, la théorie de la création de la valeur privilégie en fait l'incidence à court terme de choix ou d'éléments de long terme. Elle ne réduit pas mais aggrave la myopie comptable. Surtout elle élimine toute dimension collective. Elle méconnaît les solidarités les plus fondamentales et par exemple le fait que les salaires d'aujourd'hui seront les débouchés de demain.<br />Depuis vingt ans, l'Europe et les grands pays industriels tentent de gérer leurs contradictions dans le cadre de stratégies coopératives. L'idée maîtresse est qu'une action apparemment contraire à son intérêt peut néanmoins servir son initiateur si elle entraîne une réciprocité de la part de ses partenaires, qui sont autant des alliés que des concurrents. Cette problématique existe aussi au niveau des agents économiques. Le keynésianisme était une forme efficace de stratégie coopérative. Aujourd'hui, la création de valeur, en réduisant les références et les horizons au cours de bourse, sape les capacités coopératives des entreprises. Chacun se crispe sur sa gestion immédiate de création de valeur. Le long terme est pour chacun trop aléatoire pour justifier des sacrifices économiques ou sociaux immédiats. L'inhibition des stratégies coopératives qui résulte du concept de création de valeur est évidemment un élément considérable de destruction de valeurs à l'échelle collective.<br />L'exigence d'une rentabilité à 15 % n'est pas soutenable dans la longue durée. On observe d'ailleurs que celle-ci dans le passé récent a été obtenue plus par les plus values que par les dividendes (13 contre 2,8 % à Wall Street dans les années quatre-vingt-dix).<br />Le gouvernement d'entreprise (corporate governance) pénalise l'investissement à long terme, comme on l'a vu avec la récente crise de l'électricité aux Etats-Unis. Il crée un modèle de développement myope et foncièrement inégalitaire entre une minorité de gagnants et les trois quarts des salariés dont le pouvoir d'achat individuel -essentiellement constitué par les salaires- a plutôt tendance à stagner.<br />Le gouvernement d'entreprise ne répond qu'aux intérêts à court terme des Fonds de pension, essentiellement anglo-saxons qui n'ont guère de préoccupations industrielles ou sociales. Le concept financier de création de la valeur vise à leur donner une légitimité, mais la politique du monde -un monde réduit aux grands pays industrialisés, qui représentent l'essentiel de la capitalisation boursière- peut-elle se faire à la corbeille, comme aurait dit le général de Gaulle, ou plus précisément aujourd'hui sur les marchés financiers interconnectés ? Il y a là un grand danger pour l'avenir de nos sociétés.<br />La création de valeur pousse également à ce que soit réduit le poids des prélèvements publics qui obèrent l'EVA. Sans doute les services publics doivent-ils être gérés avec le souci d'améliorer leur efficacité, mais une dégradation des services publics et des équipements collectifs finirait par peser sur les performances des entreprises. Un équilibre est à trouver. Il ne peut résulter de la seule prise en compte de la création de valeur boursière.<br />S'il n'est pas dans l'intérêt à moyen ou long terme d'un pays de favoriser la bulle spéculative, ne serait-ce qu'à cause des risques liés aux effets de richesse, les écarts de capitalisation qui en résultent peuvent évidemment exposer les entreprises à des prédateurs étrangers. Le jeu des OPE, par la facilité qu'il implique -on paie contre du papier actions et non contre de l'argent- favorise inévitablement les entreprises surcapitalisées. C'est un risque majeur. Il y a une réponse de surenchère dans la course à la capitalisation. Elle participe de la bulle. Une autre voie, plus salutaire et raisonnable, consiste à décliner cette forme de compétition et à maintenir d'autres moyens d'endiguement des conséquences des déséquilibres d'inflation boursière d'un pays à l'autre. A cet égard, le récent rejet de projet de directive OPA par le Parlement européen est salutaire. Ce texte aurait exposé les entreprises européennes des pays à faible inflation boursière comme la France à n'importe quel prédateur boursier.<br />IV - Mettre les marchés financiers au service de la croissance.<br />La domination de la finance sur l'industrie et de la spéculation sur la production ne sont pas soutenables à long terme.<br />1. Le marché ne possède pas en lui des forces de rappel suffisantes pour rétablir un prix d'équilibre.<br />Pour stabiliser le système, étouffer les crises et rétablir la confiance, comme on l'a vu avec le rachat des Caisses d'Epargne américaines en 1991, avec les crises mexicaine en 1994, asiatique en 1997, russe en 1998, argentine et brésilienne aujourd'hui. Il a fallu alors des prêts massifs aux pays dits émergents, ou encore renflouer les fonds de placement en valeurs russes LTCM.<br />Ce sont les prêteurs publics en dernier ressort qui ont dû remédier à la myopie et à l'entraînement moutonnier des banques et des marchés. Il es donc normal que les Pouvoirs Publics veillent à assurer la transparence sur les marchés, empêchent les manipulations, bref assurent leur contrôle dans l'intérêt public et dans celui des opérateurs eux-mêmes.<br />2. Il est clair surtout que la prise de risques majeurs à très long terme ne peut être assurée raisonnablement que par les Etats.<br />Le capitalisme patrimonial ignore naturellement tous ceux qui n'ont pas de patrimoine. Il ignore plus fondamentalement les citoyens que nous sommes tous, irréductibles à l'homo oeconomicus de la théorie économique. Toute société a besoin que s'exercent les fonctions régaliennes, que soit assurée la cohésion sociale, que fonctionnent des services publics correspondant aux grands besoins de santé et d'éducation, ou à des monopoles naturels, disposant d'une assise territoriale (réseaux de chemins de fer ou d'électricité). Les grands programmes de recherche et de développement technologiques ne peuvent être lancés et financés dans la durée que par la Puissance Publique.<br />La compétitivité ne se réduit pas en effet à la somme des performances partielles des entreprises. La cohésion sociale et la qualité du système national d'innovation contribuent essentiellement à la création de richesses. Or, ce sont des phénomènes collectifs, tout comme la culture et l'éducation, l'apprentissage et la diffusion du progrès technique, l'acceptation raisonnable des risques technologiques qu'il appartient à la Puissance Publique de susciter par un débat responsable, permettant de dominer les peurs irrationnelles, dont est porteur un concept aussi peu rigoureux que le trop fameux " principe de précaution ". Tout cela procède d'un effort de la collectivité dans son ensemble et suppose la restauration d'une capacité de réflexion collective et d'action à long terme de la Puissance Publique et de l'ensemble des partenaires sociaux.<br />3. L'entreprise elle-même a besoin de la durée.<br />Concrètement, l'entreprise mérite mieux que la financiarisation qui la transforme en actif pur, dont il s'agirait de maximiser la valeur boursière. L'entreprise a besoin d'actionnaires stables et d'un management qui puisse inscrire son action dans la durée. Or, la part des non résidents dans le capital des entreprises françaises est devenu trop importante, passant, durant les années quatre-vingt-dix de 10 % à 35 % selon la Banque de France. La part des investisseurs étrangers atteindrait 50 % pour l'ensemble des sociétés figurant au CAC 40. De même, et le mouvement s'est accéléré ces dernières années, beaucoup de PME à fort potentiel de développement sont-elles aujourd'hui contrôlées par des capitaux étrangers. L'épargne française se place plus volontiers en obligations qu'en actions.<br />La situation de la France contraste de ce point de vue avec celle des autres pays industrialisés, où le taux de détention de la capitalisation boursière par les non-résidents est notablement plus faible : 11 % pour le Japon, 10 % pour l'Allemagne, 9 % en Grande-Bretagne, 6 % aux Etats-Unis. Il est vrai que la part détenue par chaque Fonds d'investissement est souvent très faible.<br />La fin du système de participations croisées expose cependant nos grandes entreprises au risque de prédateurs boursiers. Il est certainement souhaitable de faire remonter la part de l'actionnariat stable : la moitié des sociétés cotées au CAC 40 a un noyau dur inférieur à 30 %, quinze d'entre elles inférieur à 20 %, cinq inférieur à 10%. Cela peut se faire par rachat d'actions ou par le développement de Fonds d'épargne salariale qui peuvent intervenir dans la gestion dès lors qu'ils représentent environ 10 % de la capitalisation.<br />Cette situation a un inconvénient majeur : La subordination trop étroite des dirigeants aux actionnaires peut aboutir à des résultats profondément négatifs. L'amélioration du rendement boursier se fait en fonction de considérations à court terme, au détriment des investissements et des synergies à long terme. La valeur d'un dirigeant ne se résume pas à la publication des comptes semestriels, voire trimestriels, de son entreprise, et la gouvernance externe par le marché atteint vite ses limites. Le diktat des normes de gestion anglo-saxonnes sur les entreprises françaises est profondément destructeur des cultures d'entreprise et des solidarités sociales sans lesquelles une société démocratique ne peut vivre.<br />Le pouvoir dans les entreprises doit être exercé par des actionnaires stables, assurant soit directement la gestion de l'entreprise, soit un contrôle sur un directoire gérant celle-ci dans la durée. La prédominance des marchés financiers s'exerce souvent par des effets d'opinion. Cette logique conduit au mythe d'entreprises sans usines, et bientôt sans salariés, rejetant tous les problèmes sur les sous-traitants.<br />Il faut éviter un retour à l'archéocapitalisme du XIXème siècle qui ressusciterait des tensions d'un autre temps. Il faut pour cela reconquérir le capital de nos entreprises pour leur redonner toutes leurs chances de développement à long terme.<br />Au total, la " création de la valeur pour l'actionnaire " est un concept microéconomique qui n'a de signification que contextuelle. Ne confondons pas le besoin de liquidité avec le problème de développement économique, qui résulte de l'effort fourni par tous ceux qui travaillent et entreprennent. Les apporteurs de capitaux sont rémunérés en fonction d'une logique propre : le taux d'intérêt qui correspond à l'effort d'épargne et les dividendes que justifie la prise de risque.<br />La création de valeur proprement dite se réalise dans l'entreprise grâce à l'effort de tous ceux qui y travaillent, qui innovent, améliorent les processus de production et la qualité des produits, grâce aux chefs d'entreprise que vous êtes, auxquels incombent la responsabilité d'anticiper les tendances du marché, d'orienter la recherche et le développement technologique, d'organiser la production, de créer un climat social favorable au sein de l'entreprise elle-même. La création de valeur implique aussi une action à longue portée de l'Etat. Elle ne va pas non plus sans des services publics performants, je pense en particulier au système éducatif. Plus que jamais la France doit faire le pari de l'intelligence en fixant clairement à l'Ecole ses missions. L'élévation du niveau de formation et la qualification de notre main d'uvre est notre principal atout.<br />*<br />* *<br />Evitons donc les oppositions dogmatiques. Il n'est pas nécessaire de combattre les excès d'une économie administrative par un excès inverse qui serait la dictature des marchés financiers.<br />Il n'y a rien à gagner à opposer une conception purement créancière du monde à la citoyenneté, ensemble indissociable de droits et de devoirs, dont l'Etat, en tant qu'expression de la nation, communauté de citoyens, est le garant en dernier ressort. Non seulement encore une fois parce que les marchés ont besoin d'un principe extérieur pour surmonter leurs crises, mais bien plus encore parce que le développement économique à long terme a besoin de références stables. Pour que des normes et des objectifs collectifs suscitent l'adhésion de la collectivité et des partenaires sociaux, il est nécessaire qu'ils résultent d'un débat démocratique argumenté, sanctionné par le suffrage universel. On ne peut faire l'impasse sur les nations et sur la démocratie, dont elles sont le cadre, pour assurer un développement soutenable à long terme, sauf à prendre le risque de délégitimer profondément le mécanisme économique lui-même. L'économie de marché a besoin de la démocratie. Le principal danger qui guette le monde, c'est l'anomie, l'absence de règles. Sachons donc préserver la légitimité démocratique qui les fonde dans chaque nation. C'est dans le développement à long terme, inséparable des choix collectifs, auxquels les marchés peuvent contribuer, mais que seuls ils ne peuvent pas faire, que gît le vrai potentiel de création de valeur par les entreprises.<br />V - Assurer la croissance à long terme de l'économie française.<br />Je ne voudrais pas conclure sans dessiner quelques perspectives sur les conditions à réunir pour assurer la croissance à long terme de l'économie française, car là est la véritable création de valeur.<br />Notre pays, à partir de 2006, et l'Europe plus encore, vont devoir faire face aux conséquences d'une véritable implosion démographique qui posera le problème du financement de nos régimes de retraite et de notre protection sociale. Le taux de renouvellement des générations est descendu pour l'Europe à 70 %, (soit 1,45 enfant par femme).<br />La situation sera un peu moins mauvaise pour la France mais dès 2050 le rapport des actifs aux inactifs sera descendu de 2,5 à 1,5. La démographie est le problème essentiel qui se pose à la France et à l'Europe au XXIème siècle. Cette implosion démographique pèse lourdement sur l'avenir de la protection sociale. A cette question il n'y a de réponse solide et convaincante ni dans la mise en place des fonds de pensions, ni dans le développement de placements à l'étranger, dont la France, avec les emprunts russes, a déjà fait une fois l'expérience, ni dans le recours à l'immigration qui, dès lors qu'il deviendrait massif, poserait inévitablement le problème de l'intégration des nouveaux arrivants, dans le respect de nos valeurs et de nos lois, et par conséquent de la stabilité sociale.<br />En réalité, il n'y a de réponse adéquate à cette lancinante question que dans la démographie elle-même. Il convient de revoir le système de cotisations des retraites pour prendre en compte le nombre d'enfants élevés et de multiplier les possibilités de garde individuelle et collective permettant aux couples de satisfaire leur désir d'enfants (qui correspond à un taux de 2,3 enfants par femme), tout en permettant aux femmes qui le souhaitent d'exercer l'activité professionnelle à laquelle elles aspirent légitimement.<br />Plus généralement, c'est toute la politique familiale qui doit être repensée, afin de résoudre le problème de long terme qui se pose à la France, chaque pays européen ayant la responsabilité de prendre les mesures les mieux adaptées à sa culture et à son système social.<br />A l'horizon des prochaines années, l'économie française n'est pas dépourvue d'atouts. La population active progressera encore, toutes choses égales d'ailleurs, de 0,6 Millions d'ici 2010, tandis que le nombre des personnes âgées croîtra de 1,1 Million. Surtout, le nombre d'actifs employés en-dessous de vingt-cinq ans et au-dessus de cinquante-cinq ans est sensiblement plus faible en France que chez nos voisins européens (respectivement 28 % contre 51 % et 36 % contre 41 %). Si nous rejoignions la moyenne européenne des taux d'activité, la population active pourrait s'élever de 1,4 Million d'ici 2010.<br />Enfin, il subsiste en France un chômage résiduel de plus de deux millions de personnes, legs des années de stagnation et conséquence du choix de l'accrochage du franc au mark, plus particulièrement de 1991 à 1997. C'est le chômage qu'il faut continuer à résorber en priorité, avant de faire à nouveau appel à l'immigration qui n'est absorbable qu'à doses modérées (environ 100.000 par an).<br />Enfin la progression du travail féminin est appelée à continuer. Nous devons favoriser ce mouvement en desserrant les freins qui y font obstacle, notamment dans l'organisation de la vie quotidienne.<br />Au total, la population active française pourrait s'accroître d'environ 5 Millions de personnes dans la prochaine décennie à condition que soit menée une politique volontariste de croissance et de revalorisation du travail. Parallèlement un assouplissement de la législation sur les heures supplémentaires s'avérera nécessaire pour aider les entreprises à remédier à leurs difficultés de recrutement. Il subsiste donc des possibilités de croissance pour les entreprises françaises à partir des ressources humaines dont le pays dispose encore. Mais les années qui viennent doivent être impérativement mises à profit pour redresser le taux de natalité et assurer le renouvellement des générations. Avec 778.000 naissances en 2000, soit un taux de renouvellement des générations de 1,86, la France s'est rapprochée de l'objectif minimal (2,1). Si la France ne veut pas disparaître, elle doit donner l'exemple du redressement qui sera indissociablement démographique et économique.<br />Cela suppose, bien sûr, que par ailleurs l'action publique crée les conditions de la croissance dans deux domaines stratégiques. :<br />1) D'abord, s'agissant du cadrage économique global, il est impératif que l'euro reste compétitif et que son taux ne se relève pas sensiblement au-dessus du cours actuel. C'est une erreur de se réjouir de la remontée de l'euro. Le taux actuel favorise encore en effet la localisation des investissements en particulier ceux des grandes sociétés multinationales dans la zone euro.<br />Il faudra pour cela, et pour ne pas brider la croissance, que la Banque Centrale européenne revoie à la baisse ses taux d'intérêt. Le pouvoir monétaire a été imprudemment délégué à une Banque Centrale indépendante dont la seule priorité est la lutte contre l'inflation. Alors que la Federal Reserve Board considère qu'au-dessus d'un taux de chômage de 4 %, il n'y a pas de risque d'inflation la Banque Centrale Européenne se donne un taux de 11 % dit NAIRU (Non Accelerating Inflation Rate Unemployment) au-dessous duquel il y aurait danger d'inflation. Pour combattre ce dogmatisme il me paraît nécessaire que les entreprises se mobilisent en France, en Allemagne et dans le reste de l'Union Européenne, car cette politique d'argent cher et de croissance lente qui en résulterait saperait inévitablement leur position concurrentielle à long terme. Il y a là une véritable hérésie économique sur laquelle il faudra revenir, en renégociant au besoin le traité de Maastricht. A défaut, l'Europe risquerait de s'enfermer dans un cercle vicieux de malthusianisme : la remontée de l'euro conduirait au marasme économique et celui-ci, en réduisant encore la natalité rendrait irréversible l'implosion démographique, elle-même étouffant les ressorts de la croissance.<br />2) Le deuxième domaine dans lequel les Pouvoirs Publics doivent reprendre l'initiative est celui du développement technologique. C'est ainsi que les Etats-Unis ont accru leur avance sur le reste du monde depuis vingt ans.<br />Il est capital que nous portions notre effort de recherche à 3 % du PIB dans des domaines ainsi variés que les nouvelles technologies de l'information, les biotechnologies, l'énergie, notamment les réacteurs nucléaires du futur et la pile à combustible, la santé, les transports, l'agriculture et l'environnement, tout en maintenant notre effort de recherche militaire qui, sans nous engager dans l'inutile compétition du " bouclier anti-missiles ", doit nous permettre de maîtriser les technologies clés, en particulier dans l'espace et la simulation nucléaire.<br />Toute l'expérience du dernier demi-siècle en France, comme celle des Etats-Unis depuis vingt ans, montrent que l'initiative publique en matière de développement technologique est le terreau indispensable du développement économique futur et de l'émergence de nouvelles entreprises.<br />*<br />* *<br />Conclusion.<br />La création de valeur est une chose trop sérieuse pour être laissée aux théoriciens de l'économie mathématique. On ne peut parler de création de valeur que de manière globale.<br />La création de valeur est une notion qui ne peut s'apprécier que dans le contexte économique global, ne serait-ce que parce qu'elle n'est pas dissociable de sa répartition.<br />On ne peut donc faire l'impasse sur le débat démocratique pour obtenir l'acquiescement indissociable de la collectivité et des partenaires sociaux.<br />Les marchés financiers doivent être mis au service du développement et non pas l'inverse. La régulation des marchés financiers mondiaux sera inévitablement un des grands sujets de préoccupations dans les années qui viennent, avec toute une série de sujets-clés : maîtrise des fluctuation monétaires entre le dollar, l'euro et le yen, contrôle de la spéculation et en particulier des paradis fiscaux. Mais c'est un autre sujet. Mon propos aujourd'hui visait seulement à combattre les excès d'un nouvel intégrisme financier et à prôner, au contraire, les vertus du dialogue entre chefs d'entreprises et responsables politiques, dialogue nécessaire au maintien d'une grande ambition industrielle et technologique pour la France<br />(source http://www.mdc-france.org, le 07 septembre 2001)</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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