<?xml version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" >
<channel>
	<title><![CDATA[Signet Loupe: Tous les blogs du site]]></title>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/all</link>
	<atom:link href="https://silo.ememiom.fr/blog/all" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<description><![CDATA[]]></description>
		<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1402/le-drame-de-trappes-ou-le-fruit-vereux-de-1986</guid>
	<pubDate>Sat, 31 Oct 2026 11:31:15 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1402/le-drame-de-trappes-ou-le-fruit-vereux-de-1986</link>
	<title><![CDATA[Le drame de Trappes ou, le fruit véreux de 1986.]]></title>
	<description><![CDATA[<p>CE DONT TRAPPES EST LE NOM À MES YEUX&nbsp;<br />…Ou le fruit véreux de 1986.</p><p>Par Anne MANSOURET.&nbsp;</p><p>Au risque d’en scandaliser beaucoup et de me voir traiter de raciste, je vais vous livrer mon analyse très politiquement incorrecte de ce que révèle l’attentat terroriste de Trappes.</p><p><strong>Flash back en 1986.</strong><br />Au tsunami que fut la perte des élections législatives et la première cohabitation, il faut que le PS trouve une riposte politique efficace et une clientèle électorale supplétive. Ce sera la génération d’émigrés née du regroupement familial institué par Giscard d’Estaing. Ce sera la petite main jaune de Touche pas à mon pote et le matraquage idéologique de cette intox que serait le racisme systémique du Français moyen, alors qu’il n’y a pas moins raciste que les Français !<br />Pour rafraîchir sa vitrine partisane et se reconstituer des troupes manipulables et corvéables à merci, le PS engendre et finance une pléiade d’associations aux thématiques antiracistes qui infiltrent les réseaux de l’immigration maghrébine et africaine.</p><p>La mayonnaise prend très vite dans les villes moyennes de la Région parisienne, dont Trappes est l’archétype. Trappes devient donc l’enclave municipale communautariste type, que le PS modélise au cours des années 1990, dans les banlieues, les quartiers des grandes urbanisations et dans les villes moyennes…En tarissant les subventions aux associations d’éducation populaire (d’obédience communiste ou chrétienne) et en y substituant des associations culturelles et/ou sportives communautaires, le plus souvent de confession islamique. Toute cette stratégie s’inscrivant dans un projet de renouveau urbanistique, baptisé « Politique de la Ville » sur laquelle la droite ne reviendra jamais vraiment, par laxisme et électoralisme.</p><p>Comme, parallèlement, la République se veut laïque, il s’est installé une doctrine à l’hypocrisie bien française : tout communautarisme catholique ou chrétien, tout régionalisme franchouillard est suspect, montré du doigt, proscrit, voire diabolisé comme un marqueur de l’extrême droite…Alors que les communautarismes d’origines étrangères trouvent grâce aux yeux de « La République Une et indivisible » !</p><p>Néanmoins, les Français (qu’ils soient d’origine ou d’importation) sont des êtres humains qui ont besoin de se regrouper autour de familles ethniques, culturelles ou religieuses formant des communautés de &nbsp;mœurs et de traditions.&nbsp;<br />Le besoin de se rassurer en jetant un simple coup d’œil à l’autre qui vous ressemble. L’empathie réciproque d’une rencontre entre deux êtres qui partagent depuis toujours les mêmes codes. Tout cela rassure et protège. Tout cela harmonise les rapports humains. Tout cela fait société.</p><p>C’est à partir du début de ce siècle que les choses ont commencé à visiblement se déséquilibrer. C’est au cours des dix dernières années que l’incurie, l’inexpérience, l’incompétence et la perversité d’Emmanuel Macron ont produit le désordre actuel ; et qu’en parallèle les chiffres de l’immigration ont explosé. Cette immigration massive, invasive et totalement incontrôlée a bouleversé les rapports sociaux.<br />La rue française a changé. C’est un fait.</p><p>Dans ces communes moyennes de quelques dizaines de milliers d’habitants, les concitoyens de type européen se sont retrouvés peu à peu marginalisés, perdus dans un environnement qui leur semblait peuplé d’étrangers plus ou moins exotiques : explosion du nombre de lieux de cultes islamiques, hommes barbus en kamis, femmes voilées en abayas ; écoles, coiffeurs, restaurants, boutiques de mode, marchés et commerces de bouche exclusivement halal. Tout ce petit monde communautaire privilégiant (et c’est bien normal) les professionnels et les prestataires de services membres de leur propre communauté, lorsqu’il s’agit de choisir un soignant, d’appeler un plombier ou d’embaucher un employé.</p><p>Alors, un jour, ce sentiment de ne plus être en France, ce « On n’est plus chez nous » que des centaines de milliers de gens refoulent tous les jours en attendant l’autobus ou en prenant le train ; ce que des dizaines de milliers d’autres évoquent en privé et en termes (plus ou moins) crus et inacceptables…<br />Se traduit par le passage à l’acte terroriste et raciste d’un raté (peut-être) cinglé ; et sans doute fanatisé par la lecture de Mein Kampf et l’appartenance à des mouvements suprémacistes.&nbsp;<br />Je crains (hélas) que cela ne reste pas aussi exceptionnel que semble le penser le quasiment ci-devant Président de la République.</p><p><strong>Nota Bene :&nbsp;</strong><br />Ces quelques considérations personnelles ne sauraient excuser, bien sûr, l’horreur des actes commis le vendredi 23 octobre 2026 à Trappes et La Verrière ; ni constituer des circonstances atténuantes à l’odieux crime raciste commis par le coupable présumé qu’est Kevin T 39 ans, de type européen et de nationalité française.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1401/fake-news-glucksmann-affirme-que-donald-trump-aurait-ete-sauve-de-la-faillite-de-son-casino-taj-ma</guid>
	<pubDate>Fri, 16 Oct 2026 12:00:36 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1401/fake-news-glucksmann-affirme-que-donald-trump-aurait-ete-sauve-de-la-faillite-de-son-casino-taj-ma</link>
	<title><![CDATA[Fake news : Glucksmann affirme que Donald Trump aurait été sauvé de la faillite de son casino Taj Mahal par des « milliardaires liés au KGB ».]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Via Jon De Lorraine :</p><p>« ???????? DEBUNK - ÉNORME FAKE NEWS DE RAPHAËL GLUCKSMANN SUR LE SERVICE PUBLIC, SANS AUCUNE CONTRADICTION !</p><p>&nbsp;</p><p>Sauf que les faits racontent une tout autre histoire.</p><p>En 1991, le Taj Mahal a été restructuré avec ses créanciers obligataires, après 675 millions de dollars d'endettement. Trump a dû céder 50 % du capital du casino en échange d'un réaménagement de sa dette.</p><p>Aucune preuve documentaire connue ne démontre un prétendu sauvetage par des milliardaires liés au KGB.</p><p>Qu'un prétendant à l'Élysée présente une telle accusation comme un fait, sans être contredit sur le service public, est particulièrement grave. »</p><p>J’ai moi-même vérifié les faits.</p><p>Les sources contemporaines (New York Times, UPI, etc.) le confirment clairement. Il n’y a jamais eu de fonds en provenance de milliardaires liés au KGB. Aucune preuve ne démontre un sauvetage de ce type.</p><p>Raphaël Glucksmann est régulièrement invité sur le service public, aux côtés de Patrick Cohen. On se souvient que ce dernier a été filmé dans un bar en train de discuter stratégie avec des cadres du PS, pour faire passer Glucksmann comme futur président.</p><p>Autrement dit, Glucksmann peut raconter n’importe quoi. Non seulement il ne sera pas contredit, mais au contraire on l’écoutera religieusement. C’est ça le service public : c’est notre argent, et c’est leurs mensonges.</p><p>&nbsp;</p><p>Ce qu'en pense Gemini :&nbsp;</p><p>https://share.google/aimode/MyNRk8WdvyJmIMJUU</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1400/russie-pour-comprendre-2014-et-2022-il-faut-revenir-a-la-catastrophe-des-annees-eltsine</guid>
	<pubDate>Fri, 16 Oct 2026 11:45:28 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1400/russie-pour-comprendre-2014-et-2022-il-faut-revenir-a-la-catastrophe-des-annees-eltsine</link>
	<title><![CDATA[Russie : pour comprendre 2014 et 2022, il faut revenir à la catastrophe des années Eltsine]]></title>
	<description><![CDATA[<p>On ne peut pas comprendre la manière dont la Russie a vécu les événements ukrainiens de 2014, puis la crise qui a conduit à la guerre de 2022, sans remonter trente ans en arrière. Car la méfiance russe envers les États-Unis ne commence pas avec Vladimir Poutine. Elle s’enracine notamment dans une expérience traumatisante : les années Eltsine.</p><p>On se souvient des images de Bill Clinton et Boris Eltsine, de leurs rencontres chaleureuses, de leurs éclats de rire devant les caméras. C’était l’époque de l’amitié retrouvée entre Washington et Moscou, de la fin de la guerre froide et des promesses de prospérité grâce à l’économie de marché.</p><p>Derrière ces images rassurantes, la Russie traversait pourtant une catastrophe.</p><p>En quelques années, la production économique s’effondre. Les salaires et les retraites ne sont plus versés, des millions de personnes sombrent dans la pauvreté, des enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes. L’espérance de vie masculine chute de près de six ans entre 1991 et 1994. Un désastre humain d’une ampleur exceptionnelle en temps de paix.</p><p>Mais pendant que la population s’appauvrit, d’autres font fortune. Des entreprises publiques, des installations industrielles, des ressources pétrolières et minières passent à des prix dérisoires entre les mains d’une poignée d’oligarques. C’est l’époque des privatisations massives, souvent réalisées dans des conditions opaques, avec la complicité de responsables politiques.</p><p>Et les Occidentaux ne sont pas de simples spectateurs.</p><p>C’est précisément ce qu’a documenté l’anthropologue américaine Janine Wedel, dans son livre Collision and Collusion (1998) et son enquête The Harvard Boys Do Russia. Elle décrit les relations étroites entre les conseillers américains, notamment ceux de Harvard, financés par l’agence publique USAID, et l’entourage d’Anatoli Tchoubaïs, principal artisan des privatisations russes.</p><p>Certains de ces conseillers participaient directement à la préparation des réformes, tandis que des réseaux privilégiés, russes et occidentaux, bénéficiaient d’un accès exceptionnel aux décisions économiques. Les conflits d’intérêts révélés par la suite ont montré les graves dérives de cette assistance.</p><p>Tout cela se déroulait dans un contexte de soutien politique américain à Boris Eltsine, considéré par l’administration Clinton comme un partenaire essentiel.</p><p>Pour Washington, Eltsine était le partenaire idéal : un président affaibli, notoirement porté sur l’alcool, sous lequel s’organisait un véritable pillage des richesses russes. Tandis que la population sombrait dans la misère, les fleurons de l’économie nationale étaient bradés au profit d’une poignée d’oligarques et de réseaux financiers liés à l’Occident. Derrière les embrassades et les éclats de rire avec Bill Clinton, c’était aussi cette formidable opération de dépossession qui se déroulait.</p><p>En mai 1996, à quelques semaines de l’élection présidentielle russe, Eltsine demande personnellement à Clinton une aide financière urgente de 2,5 milliards de dollars, notamment pour payer les salaires et les retraites. Les archives américaines ont conservé cette conversation. Quelques semaines auparavant, le FMI avait approuvé un programme de prêts de plus de 10 milliards de dollars à la Russie.</p><p>Ainsi, tandis que les dirigeants occidentaux célébraient les progrès de la démocratie russe, ils soutenaient des réformes dont les conséquences sociales étaient désastreuses et dont profitaient de puissants intérêts privés, russes comme étrangers.</p><p>Il ne s’agit pas de prétendre que Washington aurait, à lui seul, organisé le pillage de la Russie. Les dirigeants russes et les oligarques y ont joué un rôle majeur. Mais l’enquête de Wedel montre que cette dépossession s’est produite avec la participation active de conseillers et d’institutions occidentales.</p><p>Lorsque Poutine arrive au pouvoir, la Russie sort de cette décennie de désastre. Le redressement économique et social des années 2000 est spectaculaire, favorisé par la hausse des prix des hydrocarbures, le retour de la croissance et le renforcement de l’État. Pour une partie importante de la population, cette période signifie surtout la fin du chaos.</p><p>C’est avec cette histoire en mémoire qu’il faut examiner les événements ukrainiens de 2014.</p><p>Le 13 décembre 2013, en pleine crise de Maïdan, Victoria Nuland, secrétaire d’État adjointe américaine, révèle publiquement que les États-Unis ont consacré plus de 5 milliards de dollars à l’Ukraine depuis son indépendance en 1991, notamment pour soutenir ses institutions et sa société civile. Il ne s’agit pas de cinq milliards destinés aux manifestations, mais d’un engagement américain considérable sur plus de vingt ans.</p><p>Deux jours plus tard, le 15 décembre, le sénateur républicain John McCain se tient sur la place Maïdan, à Kiev, devant une foule immense, aux côtés du sénateur démocrate Chris Murphy. Il apporte publiquement son soutien aux manifestants et à leur aspiration à rejoindre l’Europe.</p><p>Quelques semaines plus tard, une conversation téléphonique divulguée entre Victoria Nuland et l’ambassadeur américain Geoffrey Pyatt révèle qu’ils discutent très concrètement des personnalités susceptibles de participer au futur gouvernement ukrainien.</p><p>Ces faits montrent que les États-Unis étaient loin d’être de simples observateurs.</p><p>Et leur engagement ne s’arrête pas en 2014.</p><p>En décembre 2016, John McCain revient en Ukraine avec les sénateurs Lindsey Graham et Amy Klobuchar. Lors d’une rencontre filmée avec des militaires ukrainiens, Graham leur déclare que leur combat est aussi celui des États-Unis et annonce que 2017 sera l’année de l’offensive. McCain promet de faire tout son possible pour leur fournir les moyens de vaincre.</p><p>Il faut mesurer ce que représentent de telles images : des sénateurs américains de premier plan, présents dans un pays déjà engagé dans un conflit armé avec des séparatistes soutenus par Moscou, promettant publiquement leur appui militaire et politique contre la Russie.</p><p>Pour les dirigeants russes, qui avaient vu leur propre pays traverser les années 1990 sous l’influence de programmes économiques occidentaux, ces interventions successives ne pouvaient qu’alimenter la perception d’un encerclement stratégique.</p><p>L’élargissement de l’OTAN, le rapprochement militaire entre Kiev et les pays occidentaux et les perspectives d’intégration de l’Ukraine aux structures euro-atlantiques renforçaient cette inquiétude.</p><p>Cela ne signifie pas que les Ukrainiens n’avaient pas le droit de choisir leurs alliances, ni que l’invasion russe de février 2022 était justifiée. Mais comprendre une guerre suppose aussi d’examiner les expériences historiques, les interventions extérieures et les perceptions de menace qui ont précédé son déclenchement.</p><p>La méfiance russe envers les États-Unis n’est pas née en 2014. Elle s’est aussi construite dans les ruines des années Eltsine, lorsque les promesses occidentales de liberté et de prospérité ont accompagné l’une des plus grandes catastrophes sociales de l’histoire russe contemporaine.</p><p>On peut condamner la guerre de 2022 sans effacer cette histoire. Et l’on comprend difficilement les événements ukrainiens si l’on commence le récit au moment où Moscou réagit, en oubliant les trente années qui ont précédé.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1399/ca-faisait-longtemps-que-je-voulais-admirer-l%25E2%2580%2599architecture-de-niemeyer</guid>
	<pubDate>Mon, 12 Oct 2026 20:04:44 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1399/ca-faisait-longtemps-que-je-voulais-admirer-l%25E2%2580%2599architecture-de-niemeyer</link>
	<title><![CDATA[Ça faisait longtemps que je voulais admirer l’architecture de Niemeyer.]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Hier, je suis allé me rafraîchir au siège du Parti communiste français. Ça faisait longtemps que je voulais admirer l’architecture de Niemeyer.</p><p>Niemeyer était communiste et brésilien ; et c’est bien parce qu’il était à la fois communiste et brésilien qu’il s’exila en France en 1964, à une époque où l’alignement de Cuba avec l’URSS déstabilisait la région et où l’Amérique latine voyait ses régimes se durcir. Le Brésil sombra dans la dictature militaire et Niemeyer fut contraint de venir chez nous. Tant mieux pour nous.</p><p>Niemeyer est en effet l’un des plus grands architectes du XXe siècle. Il est un génie de la modernité et un artiste indépassable.</p><p>De Niemeyer, j’ai vu sa Maison de la culture au Havre, qui est magnifique. Elle a été inaugurée en 1982 : au cœur du béton de Perret, avec ses inclusions de petits cailloux, surgit le béton blanc de Niemeyer et ses formes courbes enchâssées dans l’orthogonalité hippodamienne des premiers modernes. C’est magnifique, avec un voile et une rampe pour entrer doucement dans le bâtiment. Chez Niemeyer, on n’entre jamais véritablement dans un bâtiment : on y est progressivement conduit. L’architecture n’est pas un objet posé dans la ville ; elle est une promenade. Lui-même disait préférer « la courbe libre et sensuelle » aux angles droits. Peu d’architectes auront autant compris les possibilités plastiques du béton armé. Chez lui, il cesse d’être une simple technique de construction pour devenir un matériau presque organique. La ville d’Édouard Philippe était alors aux mains du PC ; et on faisait appel à Niemeyer.</p><p>Ce n’est pas son seul bâtiment français. Je suis longtemps passé à côté du siège de L’Humanité, à Saint-Denis, sans y faire attention, jusqu’à ce que j’apprenne finalement que le bâtiment était de lui : il s’est raté. Le bâtiment est merdique.</p><p>Niemeyer a également construit la Bourse du travail de Bobigny. À l’époque, le département de la Seine-Saint-Denis était aux mains de Georges Valbon. Fils d’immigré italien — son père était ramoneur —, il fut plombier en banlieue, durant la guerre s’engagea chez les « Francs-tireurs et partisans français », dégomma du nazi, puis se fit ouvrier typographe avant de militer activement jusqu’à prendre la tête du département. À l’époque, Bobigny passait de bidonville à préfecture. La Bourse du travail comptait au nombre de ces grands investissements publics.</p><p>Mais son premier bâtiment et sa plus belle réalisation, c’est sans conteste le siège du PCF, place du Colonel-Fabien. Celui qui venait de donner au Brésil sa nouvelle capitale, Brasília, ode à l’avenir inaugurée en 1960, donnait quelques années plus tard son épicentre à une utopie politique qui se voulait l’avant-garde d’un monde de paix, de solidarité et de progrès. Le bâtiment principal est achevé en 1971 ; la spectaculaire salle du Conseil national, presque entièrement enfouie sous la place, ne sera terminée qu’en 1980. Enfin, c’est ce que ce bâtiment proclame.</p><p>Le XXIe siècle a apporté une chose fondamentale à toutes les œuvres architecturales : la sécurité. Si vous vous demandez ce que notre société offre à ses enfants, la réponse est simple : des barrières, des portiques de sécurité et des plots en béton pour contrer les voitures-béliers. Hélas, l’architecture de Niemeyer est une architecture d’avant l’ère du digicode ; ses bâtiments ont été érigés selon des formules ante-obstaclistes. Tout au contraire, il dessine des voiles de béton pour soigner la déambulation. Chez lui, on passe toujours progressivement d’un espace à un autre. On passe du trottoir au bâtiment sans heurt, simplement en quittant l’asphalte pour le béton blanc. La lumière elle-même n’entre presque jamais brutalement ; elle glisse sur les voiles de béton et accompagne le déplacement du visiteur. Et puis on marche sur une surface vallonnée qui nous conduit tout naturellement à une porte qui plonge dans le sol artificiel. Aujourd’hui, on a mis des barrières moches, qui privatisent l’espace et conditionnent les accès. Ça fait une chicane qu’un grand militant dégingandé met à profit pour distribuer des tracts.</p><p>C’est atroce, ces barrières. L’architecture autour des années 1970 est pourtant formidable par la réflexion des architectes à propos des espaces de transition. Les entrées d’immeubles sont des lieux mi-privés, mi-publics qui ouvrent le regard. On va chercher son courrier dans un hall éclairé par de larges baies vitrées et orné de mosaïques orange. Les cours haussmanniennes, cœurs d’îlot sombres utiles à stocker les poubelles, laissent place à des jardins ou à des atriums lumineux aux compositions minérales soignées. On a démoli cet équilibre avec d’atroces barrières à l’esthétique municipalisante. Comme le dit Jérôme Delaplanche : « La sécurité est le principal facteur d’enlaidissement du monde. »</p><p>C’est la même chose au Centre Pompidou : Piano et Rogers avaient dessiné un musée qui n’utilisait que la moitié du foncier qu’ils pouvaient investir, car ils ont voulu dessiner une place qui soit une pente douce entrant naturellement dans un hall de musée voulu et pensé comme une agora. L’idée était magnifique. Mais comme maintenant il faut montrer son sac à l’entrée et contrôler les flux d’air… on a vitré et donc fermé l’espace entre la place et le musée, créant une façade sur laquelle on bute comme une mouche sur un pare-brise.</p><p>Le siège du PCF est enlaidi par une barrière qu’il faut dégommer d’urgence.</p><p>Et puis il y a l’intérieur. Putain que c’est beau. À l’extérieur, on marchait sur un voile de béton vallonné ; à l’intérieur, une pente douce, subtile comme le lit d’une rivière, vous conduit tout naturellement vers ce grand dôme où se réunissent les camarades voulant abolir la propriété privée des moyens de production. Un grand voile blanc, un jeu de formes, une scène au rétroéclairage soigné, un sol jamais droit mais des volumes alternant courbes et puits de lumière ; tout veut rappeler la douceur des paysages. Et cela va jusqu’au choix des textures, ce fameux béton « brut de décoffrage », car on souhaite voir au mur la beauté du coffrage. À l’époque, on coulait le béton entre des planches de bois, planches faites dans un sapin expressif dont les anneaux veineux et les nœuds forment des motifs végétaux qui font de ce hall de béton l’image d’une forêt pétrifiée.</p><p>Les jeux de lumière sont savants, le soin apporté aux textures est partout subtil et intelligent. De-ci de-là, on a laissé des fauteuils et des chaises ; mobilier fait de cuir, d’acier ou de tissus solides. Tout respire l’industrie et la modernité.</p><p>Ce bâtiment est un chef-d’œuvre offert par un artiste immense. Quand il fut inauguré, il accueillait des séminaires pompeux où des camarades écoutaient ce que les héritiers de Lénine et de Staline avaient à leur dire.</p><p>Le siège du PCF accueille encore aujourd’hui quelques-uns de ces drôles d’idéologues. C’est important que les bâtiments conservent leur fonction. Un programme, ça se respecte. Ce week-end, on avait ouvert pour y accueillir les Parisiens en quête de fraîcheur. Les communistes travaillent sous la clim. Il y a quelques jours, Ian Brossat, le « camarade-sénateur », comme ont dit deux sympathiques vieilles chouettes à l’accueil, s’était promené dans les locaux du BHV vides pour réclamer leur réquisition afin d’offrir des espaces de répit climatisés. Les communistes adorent l’idée de réquisitionner des trucs.</p><p>Lui damant le pion, Jerome-Olivier Delb l’a invité sur Twitter à commencer par son bâtiment de Niemeyer. C’était intelligent. Ils ont pris la balle au rebond.</p><p>On a donc pu prendre le frais et surtout admirer une merveille. On classe généralement Niemeyer parmi les grands architectes du mouvement moderne. C’est vrai, mais c’est aussi un peu réducteur. Là où une partie du modernisme a parfois produit des bâtiments sévères, répétitifs ou purement fonctionnels, Niemeyer a introduit la sensualité, le paysage et presque la sculpture. Il a montré que le béton pouvait devenir léger, fluide et poétique. C’est probablement ce qui explique que, plus d’un demi-siècle après leur construction, ses bâtiments paraissent souvent moins datés que ceux de beaucoup de ses contemporains.</p><p>C’est ce qui nous restera du communisme : quelques programmes architecturaux ambitieux et marquants. Tout le reste, leurs goulags, leurs dictatures du prolétariat et les millions d’hommes et de femmes qu’ils privèrent de liberté, qu’ils déportèrent et dont ils attentèrent à la vie, c’est ce que nous devons aussi en retenir.</p><p>Le siège du Parti communiste français est un des plus beaux bâtiments de Paris, et le communisme est l’idéologie politique la plus meurtrière du siècle ; ses élus sont les héritiers de millions de morts, et on doit chaque jour leur demander réparation et repentance.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1398/l%25E2%2580%2599entente-entre-poutine-et-trump-sur-le-diesel-n%25E2%2580%2599est-il-qu%25E2%2580%2599un-fake</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Oct 2026 08:08:01 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1398/l%25E2%2580%2599entente-entre-poutine-et-trump-sur-le-diesel-n%25E2%2580%2599est-il-qu%25E2%2580%2599un-fake</link>
	<title><![CDATA[L’entente entre Poutine et Trump, sur le diesel, n’est-il qu’un fake ? ]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Des "experts" convoqués par LCI prétendent que la Russie, après avoir subi maintes frappes ukrainiennes, n’a même pas &nbsp;de diesel pour ses habitants, et que donc l’entente entre Poutine et Trump n’est qu’un fake.</p><p>Qu’en est-il?</p><p><strong><u>Voici ce que dit Oleg Tsarov:</u></strong></p><p>«Vendre du carburant diesel excédentaire est une bonne chose. L'important est que ce carburant soit réellement excédentaire.</p><p>Au lieu des "sanctions infernales", la loi Graham permet à Trump de lever les restrictions sur le diesel russe. Récemment, Washington menaçait de nous "anéantir", et maintenant, on nous demande de vendre du carburant diesel. C'est un succès politique indéniable de notre Président.</p><p>Nos entrepôts sont actuellement remplis de carburant diesel d'été. Novak affirme que la Russie produit environ 80 % de diesel de plus qu'elle n'en consomme. En août, les livraisons au Kazakhstan, au Kirghizistan, au Tadjikistan et à la Mongolie ont plus que doublé, atteignant 370 000 tonnes par mois.</p><p>L'hiver approche, qui a besoin de carburant diesel d'été ? Eh bien, nous allons le vendre aux États-Unis.</p><p>Les volumes, cependant, sont minimes. Trump parle de 4,8 millions de tonnes. Une tonne de diesel coûte actuellement environ 1440 $ sur le marché. Même en vendant avec une remise et en déduisant les coûts de transport, cela représente environ 5 à 6 milliards de dollars. Pour notre économie, ce n'est pas négligeable, mais ce n'est pas non plus une fortune.</p><p>Mais tout cela ne pourra être réalisé que si les attaques contre les raffineries cessent. Pour l'instant, comme nous le voyons, Zelensky ne s'arrête pas».</p><p><strong><u>L’analyse de Jacques Sapir:</u></strong></p><p>«Beaucoup de questions &nbsp;sur l'accord USA-Russie sur le gasoil: la Russie pourra-t-elle fournir, est-ce un accord de dupes?</p><p>L'Ukraine attaque systématiquement des raffineries russes depuis maintenant plusieurs mois et des photos spectaculaires des "dommages" circulent sur le net. Mais une raffinerie (celle de Moscou) dite "ravagée" avait repris sa production trois semaines après l'attaque.</p><p>Donc, il convient de se méfier des images, souvent spectaculaires, qui circulent sur les comptes pro-Ukraine. L'analyse de la baisse de la production donne, en moyenne mensuelle, entre -10% et -15%. Significatif mais pas décisif.</p><p>La Russie a arrêté l'export de gasoil début septembre car on entrait dans la saison des récoltes. Or, celle ci est en train de se terminer. Une reprise des exportations était prévue pour le 1er novembre. Des exportations limitées sont donc possibles dés le 15 octobre.</p><p>La Russie utilisera certainement ses réserves stratégiques pour une partie de ces exportations. Le mois de novembre devrait donc voir les exportations au niveau prévu par l'accord USA-Russie. Le remplissement des réserves étant décalé sur décembre.</p><p>L'accord USA-Russie aura surtout comme effet d'orienter la totalité (ou presque) de ces exportations vers les USA alors qu'avant il était prévu de les exporter vers de nombreux pays. C'est cela l'effet essentiel de l'accord.</p><p>Une baisse de 15% de la production est parfaitement soutenable par la Russie car les raffineries étaient loin de travailler à plein rendement. Le retour à la capacité nominale d'une raffinerie gravement attaquée semble de l'ordre de 3 semaines, soit moins que prévu.</p><p>Il semble que la Russie ait stocké du matériel de réparation à côté des raffineries, mais surtout les dommages infligés par les drones sont plus faibles que les dommages des missiles balistiques iraniens ou Houthis sur les raffineries saoudiennes.</p><p>Globalement, la campagne d'attaques stratégiques des ukrainiens contre les raffineries a donné des succès tactiques et de propagande, mais s'avère un échec stratégique. ».</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1396/depuis-quelques-annees-nous-sommes-soumis-en-europe-occidentale-a-un-veritable-niagara-mediatique-r</guid>
	<pubDate>Sat, 10 Oct 2026 21:09:29 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1396/depuis-quelques-annees-nous-sommes-soumis-en-europe-occidentale-a-un-veritable-niagara-mediatique-r</link>
	<title><![CDATA[Depuis quelques années, nous sommes soumis en Europe occidentale à un véritable Niagara médiatique révisionniste.]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(51, 51, 51);font-family:Roboto;font-size:14px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;line-height:1.6em;margin:0px 0px 1em;orphans:2;outline:0px;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">&nbsp;</p><figure class="image"><img style="aspect-ratio:1280/885;" src="https://silo.ememiom.fr/serve-file/e0/l1791666568/di/c0/iE-_n26gEB4BlNXZeovU1zSb2GT5jZ-eo_cY5l_Gykg/editor_images/1/36/6acaa98827759.jpg" width="1280" height="885" alt=""></figure><p class="wp-block-paragraph" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(51, 51, 51);font-family:Roboto;font-size:14px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;line-height:1.6em;margin:0px 0px 1em;orphans:2;outline:0px;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;"><em style="border-width:0px;box-sizing:border-box;color:inherit;font-family:inherit;font-size:14px;font-weight:inherit;margin:0px;outline:0px;padding:0px;vertical-align:baseline;"><i>10 mai 2026</i></em></p><p class="wp-block-paragraph" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(51, 51, 51);font-family:Roboto;font-size:14px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;line-height:1.6em;margin:0px 0px 1em;orphans:2;outline:0px;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">Depuis quelques années, nous sommes soumis en Europe occidentale à un véritable Niagara médiatique révisionniste destiné à nous faire croire que la Seconde Guerre mondiale aurait été gagnée essentiellement par les forces américaines et britanniques, et que cette guerre n’aurait opposé, au fond, que deux figures du mal : quelques Allemands antisémites menés par un dirigeant dément, et surtout les communistes soviétiques.</p><p class="wp-block-paragraph" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(51, 51, 51);font-family:Roboto;font-size:14px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;line-height:1.6em;margin:0px 0px 1em;orphans:2;outline:0px;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">La réalité historique est pourtant connue. Alors que le front anglo-américain s’étendait sur quelques centaines de kilomètres, c’est sur plus de 6000 kilomètres que se déployait le front de l’Est, où l’Union soviétique affrontait l’essentiel des forces du Reich allemand. C’est là que s’est jouée la défaite d’Hitler et du nazisme ; c’est là que se trouvait l’enjeu décisif de cette guerre.</p><p class="wp-block-paragraph" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(51, 51, 51);font-family:Roboto;font-size:14px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;line-height:1.6em;margin:0px 0px 1em;orphans:2;outline:0px;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">Pourquoi, dès lors, les dirigeants des grands pays d’Europe occidentale racontent-ils aujourd’hui une autre histoire ?</p><p class="wp-block-paragraph" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(51, 51, 51);font-family:Roboto;font-size:14px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;line-height:1.6em;margin:0px 0px 1em;orphans:2;outline:0px;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">Ce n’est pas que leur mémoire défaille. Ce n’est pas davantage que la propagande hollywoodienne leur aurait fait croire que la Seconde Guerre mondiale bascula le 6 juin 1944, alors que le tournant militaire majeur fut évidemment la bataille de Stalingrad. Non. S’ils réécrivent ainsi le passé, c’est qu’ils regrettent profondément la manière dont la guerre s’est achevée.</p><p class="wp-block-paragraph" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(51, 51, 51);font-family:Roboto;font-size:14px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;line-height:1.6em;margin:0px 0px 1em;orphans:2;outline:0px;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">(…) Au fond, ils considèrent que la Seconde Guerre mondiale s’est mal terminée. Ils auraient voulu qu’elle débouche sur le succès des tentatives de paix séparée entre le IIIe Reich et les Anglo-Américains, afin de retourner ensuite leurs forces unies contre l’Union soviétique, d’abattre le communisme et d’affaiblir durablement la Russie.</p><p class="wp-block-paragraph" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(51, 51, 51);font-family:Roboto;font-size:14px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;line-height:1.6em;margin:0px 0px 1em;orphans:2;outline:0px;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">Certes, la tentative menée par Heinrich Himmler échoua faute de crédibilité politique. Mais l’Opération «Sunrise» faillit, elle, aboutir. Ces négociations secrètes conduites en Suisse entre Allen Dulles, chef de l’OSS (les services secrets des USA à l’époque) à Berne, et le général SS Karl Wolff visaient à organiser une capitulation allemande séparée. Lorsque le plan commence à se mettre en œuvre effectivement et que les troupes allemandes d’Italie capitulent, les soviétiques comprennent la tentative de retournement d’alliance et menacent suffisamment pour écraser l’opération.</p><p class="wp-block-paragraph" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(51, 51, 51);font-family:Roboto;font-size:14px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;line-height:1.6em;margin:0px 0px 1em;orphans:2;outline:0px;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">Voilà le regret qui les hante.</p><p class="wp-block-paragraph" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(51, 51, 51);font-family:Roboto;font-size:14px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;line-height:1.6em;margin:0px 0px 1em;orphans:2;outline:0px;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">Voilà aussi pourquoi ils soutiennent aujourd’hui en Ukraine des mouvements se réclamant de l’héritage de Stepan Bandera fervent combattant allié au régime nazi. Voilà pourquoi, depuis des décennies, tant d’anciens responsables issus de l’appareil politique ou administratif du Reich ont été recyclés dans les structures occidentales puis européennes, avant d’être relayés aujourd’hui par leurs héritiers, qui se révèlent l’être aussi au plan politique et idéologique…</p><p class="wp-block-paragraph" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(51, 51, 51);font-family:Roboto;font-size:14px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;line-height:1.6em;margin:0px 0px 1em;orphans:2;outline:0px;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">La volonté de l’État profond américain, de Keir Starmer, d’Emmanuel Macron ou de Friedrich Merz serait de reprendre le cours interrompu de l’Histoire : effacer l’échec de ces tentatives infructueuses passées et préparer une grande confrontation occidentale contre la Russie.&nbsp;</p><p class="wp-block-paragraph" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(51, 51, 51);font-family:Roboto;font-size:14px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;line-height:1.6em;margin:0px 0px 1em;orphans:2;outline:0px;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">C’est le sens du réarmement qu’ils organisent ; c’est le sens des discours du Chancelier allemand ; c’est le sens aussi de l’alignement d’Emmanuel Macron lorsqu’il envisage de donner l’arme nucléaire française à l’Allemagne, alors même que cette force de dissuasion fut conçue, historiquement, pour préserver la France de toute nouvelle occupation de son territoire, occupé par trois fois successives par l’Allemagne.</p><p class="wp-block-paragraph" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(51, 51, 51);font-family:Roboto;font-size:14px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;line-height:1.6em;margin:0px 0px 1em;orphans:2;outline:0px;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">Nous ne sommes donc pas confrontés à des dirigeants momentanément oublieux, mais à des responsables politiques mus par une vision historique assez cohérente.</p><p class="wp-block-paragraph" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(51, 51, 51);font-family:Roboto;font-size:14px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;line-height:1.6em;margin:0px 0px 1em;orphans:2;outline:0px;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">C’est ce qui expliquerait, par exemple, l’interdiction faite par les autorités allemandes aux représentants russes d’assister aux commémorations de la libération des camps nazis construits par l’Allemagne et libérés par l’Armée rouge, ainsi que le silence des gouvernements français et britannique devant une telle décision. Et cet exemple n’est qu’un parmi beaucoup d’autres observables depuis une dizaine d’années.</p><p class="wp-block-paragraph" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(51, 51, 51);font-family:Roboto;font-size:14px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;line-height:1.6em;margin:0px 0px 1em;orphans:2;outline:0px;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">Voilà ce que sont devenus nos dirigeants. Voilà ce qu’ils voudraient imposer.</p><p class="wp-block-paragraph" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(51, 51, 51);font-family:Roboto;font-size:14px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;line-height:1.6em;margin:0px 0px 1em;orphans:2;outline:0px;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">Dans un an, la France aura la possibilité d’en changer. Mais, pour l’heure, peu de voix puissantes semblent encore capables de s’opposer à ce révisionnisme désormais actif, assumé et politique.</p><p class="wp-block-paragraph" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);border-width:0px;box-sizing:border-box;color:rgb(51, 51, 51);font-family:Roboto;font-size:14px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;line-height:1.6em;margin:0px 0px 1em;orphans:2;outline:0px;padding:0px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;vertical-align:baseline;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">C’est pourtant une urgence.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1395/la-conversion-de-la-gauche-au-neoliberalisme-est-un-phenomene-terrible-pour-les-societes-occidentale</guid>
	<pubDate>Sat, 10 Oct 2026 21:05:20 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1395/la-conversion-de-la-gauche-au-neoliberalisme-est-un-phenomene-terrible-pour-les-societes-occidentale</link>
	<title><![CDATA[La conversion de la gauche au néolibéralisme est un phénomène terrible pour les sociétés occidentales.]]></title>
	<description><![CDATA[<figure class="image"><img style="aspect-ratio:1094/1222;" src="https://silo.ememiom.fr/serve-file/e0/l1791666291/di/c0/0P_w1Ve7wnfG0xcQlWSV4-VpVWVdilAyc2men6sWUIU/editor_images/1/36/6acaa8733dad5.jpg" width="1094" height="1222" alt=""></figure><p>20 juillet à 16:19</p><p>La conversion de la gauche au néolibéralisme est un phénomène terrible pour les sociétés occidentales, on n’en mesure pas toujours toutes les implications et toutes les conséquences.</p><p>La destruction de l’emploi par la destruction de l’industrie et la délocalisation de la production, qui a été, sous sa direction, en France plus forte qu’ailleurs, mais qui est une réalité dans tout l’Occident, cette délocalisation vers la Chine et d’autres pays à bas coût de main-d’œuvre a transformé les sociétés occidentales.</p><p>Un chômage de masse s’est installé, et là où la gauche était régulièrement aux affaires, comme en France, ont été construits des dispositifs technocratiques pour en limiter la portée. Si de tels dispositifs peuvent avoir un sens et une utilité lors d’une crise économique ponctuelle, comme il s’agissait là d’une orientation de fond et de longue durée, ces dispositifs ont profondément transformé le rapport au travail dans la société.</p><p>Le «traitement social du chômage» s’il dure quelques mois peut-être une mesure tout à fait adaptée pour éviter des éléments de crise trop violents dans la société. Mais s’ils durent plusieurs décennies — nous en sommes maintenant à plus d’une quarantaine d’années —, il provoque des effets délétères très profonds.</p><p>Lorsque vous n’avez jamais vu vos parents ni ceux de vos voisins et amis travailler, que vous avez 30 ans, que vous vivez vous-même d’aides sociales dans des régions ou toute l’activité économique a été détruite, votre rapport au travail, votre rapport aux valeurs cardinales d’une société équilibrée, ne sont plus les mêmes.</p><p>Vous observez que l’argent de tous ces dispositifs d’aide sociale fait tourner la seule industrie qui fonctionne vraiment, qui emploie et qui rémunère : le narcotrafic, qui est la contrepartie d’une vie ou la disparition du travail, la disparition d’objectifs de réalisation personnelle, et leur remplacement par la seule perspective de vivre d’aide sociale ou de choisir le narcotrafic, va naturellement pousser à la consommation de drogue.</p><p>C’est peut-être un des éléments qui permet de comprendre pourquoi la France en ayant la législation la plus sévère sur le cannabis est la première consommatrice en Europe.</p><p>Mais cela a aussi un autre effet, celui de faire croire à ceux qui travaillent que le problème de la société ne réside pas dans le fait d’avoir délocalisé l’industrie pour faire des super-profits, mais dans le fait d’avoir organisé ce traitement social. Aujourd’hui une majorité de la société pense que c’est l’assistanat qui ruine la France. Ce n’est pas vrai, c’est bien sûr la désindustrialisation qui ruine la France. Mais les sociétés sont ainsi faites qu’elles vivent dans leurs représentations et non dans la réalité, et qu’il faut un bon moment avant qu’elles comprennent que ce n’est pas le Soleil qui tourne autour de la Terre…</p><p>On voit donc apparaître comme des mesures de bon sens, des mesures qui en réalité ne le sont pas, qui sont des mesures contre les personnes victimes de la désindustrialisation. Par exemple la suppression de l’équivalent du RSA en Italie est vécue par beaucoup de gens qui se pensent raisonnables ici, comme un grand pas en avant qui va permettre de remettre les gens au travail.</p><p>Mais le problème du travail c’est que ce n’est pas le travailleur qui décide ou pas de travailler, c’est l’employeur qui donne ou pas un emploi ou des emplois. S’il n’y a pas d’emploi celui qui veut travailler, il peut «traverser la rue» sans fin, il ne trouvera pas de travail. Mais une majorité de nos citoyens pense aujourd’hui que c’est parce qu’ils ne veulent pas traverser la rue que les chômeurs sont au chômage : «il y a toujours moyen de se débrouiller». C’est bien sûr faux, ce n’est pas le salarié qui crée son poste de travail, c’est l’employeur.</p><p>Mais la perspective du traitement social n’en est pas une. Elle n’est ni une perspective pour la société qui creuse une dette parfaitement improductive, ni une perspective pour les catégories qui se voyant éloignées du travail, se voient de plus en plus renvoyées vers le lumpen-prolétariat, c’est-à-dire les trafics en tous genres qui explosent dans notre pays, où des millions de gens «se débrouillent».</p><p>Ce qui aboutit à ce qu’une part significative de la société considère comme des mesures de bon sens les mesures de Javier Milei en Argentine ou celle de Georgia Meloni en Italie, qui bien souvent ne sont que des mesures qui vont dans le sens d’une exploitation plus sévère encore de la société et d’une oppression plus grande de cette société par les quelques milliardaires qui y détiennent, discrètement, l’essentiel du pouvoir.</p><p>Mais la perspective d’une société d’assistanat n’est pas une perspective de nature à mobiliser les catégories populaires surtout lorsqu’elle s’accompagne de la part des bureaucrates de gauche — qui l’ont mise en place et la représentent — de l’annonce de la nécessité de «la seule politique possible», mettant fin au processus naturellement contradictoire de toute démocratie et renvoyant l’essentiel de la décision à une petite oligarchie bureaucratique à Bruxelles.</p><p>La France a toujours produit des pensées universalistes, pour le meilleur et pour le pire. La déclaration des Droits de l’homme de la Révolution française n’était pas un texte à vocation nationale, mais un texte à vocation universelle. Il en est de même de toute une série de débats dans la société française qui ne sont jamais vus sous l’angle de l’intérêt étroit de la France, que ce soit la question de la laïcité, la question du mariage pour tous, ou d’autres questions de société, mais qui sont vues, dans notre pays, sous un angle générique.</p><p>C’est cette tendance naturelle à l’universalisme qui a fait que les règles de la globalisation financière mondiale ont été mises en place essentiellement par des socialistes français. C’est Pierre Bérégovoy qui se félicitait comme d’une victoire de gauche de la création du Marché à terme des instruments financiers (Matif), c’est Jacques Delors qui organisa la libération internationale des mouvements de capitaux, c’est Pascal Lamy qui mit en place et dirigea l’Organisation mondiale du commerce, qui fera tomber les barrières douanières mondiales. Trois socialistes français. Et si le ressentiment contre les socialistes — bien mérité — est généralisé dans les catégories populaires, cela n’a pas ouvert pour autant de perspective alternative qui aille dans le sens de l’émancipation des travailleurs et de meilleures conditions de vie pour les classes populaires.</p><p>Je n’aborderai pas tous les aspects de cette faillite de la gauche européenne, mais on voit bien en tirant ce fil que nous en avons pour très longtemps à en payer le prix, y compris dans le développement d’idées pernicieuses censées contrer leur politique mortifère.</p><p>De ce fait, aujourd’hui la distinction droite-gauche ne recouvre plus grand chose. Les mesures les plus hostiles aux catégories populaires sur les 40 dernières années ont été prises par «la gauche», alors que c’est traditionnellement le rôle de la droite. La droite elle-même n’a pas fait le moindre effort pour contrecarrer cet abandon dans le néolibéralisme, abandon qui condamne la Nation, qu’elle est censée défendre, mais abandon qui qui a ses yeux correspond surtout aux intérêts des riches, dont la défense lui apparait maintenant comme sa vocation naturelle.</p><p>Il est bien loin Charles de Gaulle qui considérait que la France ce n’était pas les riches, ce n’était pas la gauche, ce n’était pas la droite, que c’était tout à fait au-dessus de tout ça. La droite l’a enterré depuis longtemps</p><p>L’engouement aujourd’hui autour du film «La bataille de Gaulle» est un signe de santé de la société française, mais quand on voit ce film remarquable, on se rend bien compte de la trahison totale de l’esprit de De Gaulle par la droite française et la trahison de l’esprit de Jean Moulin par la gauche.</p><p>Ces conditions expliquent que, dans la tradition de la société française, la tentation la plus forte soit de se retourner vers une personnalité forte, extérieure aux gouvernants des dernières décennies, et ayant fait preuve d’autorité pour qu’elle rééquilibre la société, la remettre sur pied, en décidant du juste milieu entre les intérêts des uns et des autres, mais sans être prisonnière d’un jeu d’appareils, d’intérêts, de coteries et de politiciens, qui apparaissent guidés par leur intérêt personnel, plus que par quoi que ce soit d’autre.</p><p>Aujourd’hui dans la société française aucune personnalité venant de la gauche ne présente plus de telles caractéristiques. Jean-Pierre Chevènement, pour des raisons d’âge, ne peut plus être le recours qu’il apparut longtemps comme possible pour beaucoup de Français.</p><p>C’est donc assez naturellement que ce processus se tourne vers Marine Le Pen à l’heure actuelle. C’est ce que nous disent les études, pour la majorité de l’électorat et la très grande majorité des catégories populaires.</p><p>La bien-pensance médiatique la présente depuis des décennies comme vecteur d’un terrible danger fasciste, mais ce système médiatique s’est déconsidéré auprès d’une large majorité, nous disent les études régulières faites annuellement. Seuls y croient avec ferveur les partisans de l’extrême-centre ou de l’extrême-gauche, aujourd’hui indissociablement unis lorsqu’approche l’échéance électorale — au profit de l’extrême-centre.</p><p>Le patronat, pour la condamner, déclare qu’elle a le programme économique de la CGT, mais comme c’est sans la bureaucratie de la CGT, cela ne fait que lui attirer des votes d’ouvriers et d’employés…</p><p>Elle incarne le retour à l’ordre et à l’autorité que la disparition des valeurs traditionnelles de la société comme le travail, et le fait que le travail puisse apporter une capacité de progresser dans la société, ajoute à cette stature.</p><p>Que fera-t-elle si elle parvient à la présidence, il ne m’appartient pas de faire des prédictions, mais en tout cas ce sera la conclusion du suicide de la gauche, dont cette «gauche» ne pourra blâmer qu’elle même…</p><p>Mais si par malheur, cette «gauche», arrivait à imposer, une fois de plus, un extrême-centriste, ce serait le suicide de la France dont elle porterait pour toujours la culpabilité.</p><p>[Contrairement à ce qu’écrit Facebook, ce texte n’est pas généré par l’intelligence artificielle, mais par moi-même, je doute qu’une intelligence artificielle arrive à de telles conclusions]</p><p>&nbsp;</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1393/le-rouge-et-le-blanc-deugenie-bastie-est-une-reussite</guid>
	<pubDate>Sat, 26 Sep 2026 19:03:43 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1393/le-rouge-et-le-blanc-deugenie-bastie-est-une-reussite</link>
	<title><![CDATA[Le Rouge et le Blanc d&#039;Eugénie BASTIÉ est une réussite. ]]></title>
	<description><![CDATA[<p>&nbsp;</p><figure class="image"><img style="aspect-ratio:600/878;" src="https://silo.ememiom.fr/serve-file/e0/l1790449316/di/c0/d3daKeiZgwH5P1dSF4HOZME373-YVJDaKyY8g2_3mxI/editor_images/1/36/6ab816a4bf069.jpg" alt="" width="600" height="878"></figure><p>J’ai lu avec grand intérêt ce livre d’Eugénie Bastié, qui est une réussite. Il était improbable qu’une catholique conservatrice s’intéressât au « compagnon du Che » (surtout de Castro d’ailleurs), ancienne icône de l’extrême gauche de la fin des années 60 et d’une bonne partie des années 70, avant de devenir proche et conseiller de François Mitterrand, puis de rompre, bien sûr, avec lui... Et vice versa, puisque Debray lui a accordé nombre d’entretiens pour ce livre, qui parsèment ses chapitres - sans en faire une « biographie autorisée », puisque les critiques ne manquent pas, qui sonnent juste, souvent.</p><p>&nbsp;Comme aussi les hommages qu’elle rend à son talent et à un certain nombre d idées forces que cet écrivain prolifique a développées - sur les appartenances , les frontières, le sacré et les médiations, entre autres.&nbsp;</p><p><br />Il y a tant de Debray dans la vie et l’œuvre de Debray, et tant de variations dans leurs cours, qu’il est difficile de condenser. Ce livre décontenancera ceux qui voient en Debray un « essayiste » &nbsp;ayant viré réac : Eugénie Bastié montre bien sa fidélité au tiers mondisme , qu’il n’a jamais renié, y compris dans les aveuglements, et qui imprègne nombre de ses positions politiques. « gaulliste d extrême gauche » est une fausse boutade de Debray pour se définir avec dandysme : c’est &nbsp;je crois la réalité de ses convictions. Et elle souligne aussi, à raison, avec une pointe de regret, son détachement - qui frise la condescendance - &nbsp;à l’égard de notre époque et de ses acteurs, époque pourtant devenue si décisive - on le voit et le vit chaque jour. Alors que nombre des concepts debrayiens - elle le montre aussi - sont très opératoires pour comprendre notre époque, à commencer par le numérique. Mais les médiologues - dont j’ai été - ont renoncé à continuer d’analyser et à transmettre…&nbsp;</p><p><br />Reste l’écrivain formidable, un des meilleurs de notre époque, qui excelle dans le récit des vies et l’analyse des tendances profondes , des trajectoires et des institutions, par sa façon de toujours décentrer l’angle de vue. Elle le souligne mais Eugénie Bastié a choisi de raconter le militant - avec des informations fort utiles et précises - et le penseur. Avec Debray, on est bien obligé choisir .&nbsp;</p><p><br />À lire !</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1392/la-russie-reconnait-officiellement-le-defi-strategique-pose-par-la-pologne</guid>
	<pubDate>Sat, 26 Sep 2026 11:59:59 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1392/la-russie-reconnait-officiellement-le-defi-strategique-pose-par-la-pologne</link>
	<title><![CDATA[La Russie reconnaît officiellement le défi stratégique posé par la Pologne]]></title>
	<description><![CDATA[<p><img src="https://substackcdn.com/image/fetch/%24s_!XHqF!,w_1456,c_limit,f_webp,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F5368c68e-c182-4399-8b0e-144c0c5960ad_800x600.jpeg" alt="" width="800" height="600"></p><p>Le principal assistant présidentiel de Poutine, Nikolai Patrushev, a été interrogé sur la r<a href="https://korybko.substack.com/p/sikorskis-prediction-of-a-quick-nato">écente déclaration</a> du ministre polonais des Affaires étrangères, Radek Sikorski, selon laquelle l’OTAN européenne “vaincrait la Russie assez rapidement” si elle entrait en guerre, ce <a href="https://t.me/MariaVladimirovnaZakharova/13831">qui a été déformé par la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères,</a> Maria Zakharova, disant que la Pologne voulait battre la Russie. La partie la plus importante de <a href="https://aif.ru/politics/world/nikolay-patrushev-polskaya-gosudarstvennost-ischeznet-za-dva-tri-dnya">la réponse de Patrushev</a> ne fut pas sa boutade très médiatisée selon laquelle “l’État polonais cesserait d’exister en deux ou trois jours”, mais ce qu’il a dit à propos de sa grande stratégie.</p><p>Selon ses mots, « Sikorski et d’autres membres de l’élite polonaise prétendent restaurer la grandeur polonaise. En réalité, ils ravivent des ambitions malsaines, annoncent des plans pour reconstruire la « Pologne d’un océan à l’autre », veulent créer un <a href="https://thealtworld.com/andrew_korybko/whats-the-likelihood-of-a-nato-russian-clash-around-2030">« cordon sanitaire »</a> contre la Russie et protéger l’Europe d’une mythique « menace russe » ». Ceci fait référence au leadership envisagé par la Pologne dans <a href="https://korybko.substack.com/p/the-three-seas-initiative-has-special">« l’Initiative des Trois Mers »</a> (3SI), « l’Intermarium », et à la renaissance de son rôle historique auto-identifié en tant qu’“antemurale” (rempart) contre les menaces orientales.</p><p>Le 3SI fait référence à la série de projets de connectivité nord-sud à double usage dont la Pologne est pionnière avec ses partenaires d’Europe centrale et orientale, <a href="https://thealtworld.com/andrew_korybko/my-vision-of-the-polish-led-intermarium">l’Intermarium</a> est la forme militaro-politique du 3SI, et <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Antemurale_myth#Poland">l’antemurale </a>fait référence dans ce contexte au rôle de l’Intermarium dirigé par la Pologne dans la maîtrise de la Russie. Ces concepts interconnectés constituent la base de la grande stratégie polonaise contemporaine, qui est poursuivie par les deux parties du duopole dirigeant du pays, bien qu’avec une différence significative entre elles.</p><p>Les libéraux au pouvoir envisagent la Pologne comme <a href="https://korybko.substack.com/p/korybko-to-zakharova-tusk-isnt-anti">le principal partenaire junior</a> de l’Allemagne pour contenir la Russie dans <a href="https://korybko.substack.com/p/the-us-demanded-that-the-europeans">l’OTAN 3.0</a>, tandis que l’opposition conservatrice envisage qu’elle agisse comme <a href="https://korybko.substack.com/p/nawrocki-had-three-reasons-for-presenting">les États-Unis le veulent</a>. Les deux partis d’opposition libertariens-nationalistes (“populistes” dans le langage politique américain) <a href="https://thealtworld.com/andrew_korybko/poland-really-only-has-three-possible-foreign-policy-strategies">ne veulent pas</a> que la Pologne soit subordonnée à qui que ce soit, et ils pourraient devenir les faiseurs de rois après les prochaines élections au Sejm de l’automne 2027. Ils pourraient alors poursuivre cette grande stratégie, mais pas en tant que partenaire junior de qui que ce soit. La Russie devrait donc s’attendre à ce que la Pologne maintienne son cap.</p><p>En tout cas, la réponse de Patrushev est qu’il ne fait désormais plus aucun doute que la Russie est au courant de ces projets, ce qui suit le conseil précédent selon lequel <a href="https://thealtworld.com/andrew_korybko/russia-needs-to-rethink-its-understanding-of-poland">“la Russie doit repenser sa compréhension de la Pologne”</a> après une série de faux pas qui ont laissé entrevoir de graves malentendus. De même, sa référence au « cordon sanitaire » montre que ce concept n’est pas perdu pour lui non plus, il reconnaît donc probablement aussi le rôle central de la Pologne dans le lien entre le <a href="https://korybko.substack.com/p/the-historical-russian-swedish-rivalry">« Bloc viking »</a> suédois et le <a href="https://korybko.substack.com/p/korybko-to-ibragimov-turkiye-geostrategically">« Néo-Empire ottoman »</a> de la Turquie.</p><p>En conséquence, puisque la Russie ne peut pas rompre le flanc européen centré sur la Pologne du « cordon sanitaire » puisqu’il se trouve entièrement au sein de l’OTAN et déclencherait ainsi la Troisième Guerre mondiale si Moscou essayait, elle devra soit se préparer à des tensions prolongées avec Varsovie, soit essayer de conclure un accord avec elle <a href="https://korybko.substack.com/p/korybko-to-fabrichnikov-any-hypothetical">comme proposé ici</a>. Le premier scénario est beaucoup plus probable, ce qui consoliderait la renaissance de la rivalité historique russo-polonaise à l’époque contemporaine avec tout ce que cela implique, comme de graves tensions militaires et <a href="https://korybko.substack.com/p/why-do-more-russians-perceive-poland">une intense guerre de l’information</a>.</p><p>La Pologne était déjà considérée par certains comme le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Heart_of_Europe">« Cœur de l’Europe »</a> pour des raisons géopolitiques, mais elle est désormais également le cœur du flanc ouest du nouveau “cordon sanitaire”, que la Russie reconnaît désormais officiellement. Ce n’est donc pas une hyperbole d’affirmer que la Pologne est en passe de devenir l’une des menaces à long terme les plus importantes de la Russie, non seulement parce qu’elle commande <a href="https://notesfrompoland.com/2024/07/16/poland-has-natos-third-largest-military-new-figures-show/">la plus grande armée européenne de l’OTAN</a> qui <a href="https://tvpworld.com/91080137/poland-sets-goal-of-500000-soldier-army">devrait atteindre</a> un demi-million d’hommes d’ici 2039, mais surtout en raison de son rôle central dans l’organisation du confinement de la Russie par l’OTAN 3.0.</p><p><a href="https://substack.com/@korybko">Andrew KORYBKO</a><br />Le 23 septembre 2026<br /><br /><a href="https://korybko.substack.com/p/russia-officially-recognizes-the">Source Blog de l’auteur</a> : Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.<br /><br />Source : https://lesakerfrancophone.fr/la-russie-reconnait-officiellement-le-defi-strategique-pose-par-la-pologne</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1391/la-victoire-de-l%25E2%2580%2599afd-la-revanche-de-ceux-qu%25E2%2580%2599on-ne-voulait-pas-entendre</guid>
	<pubDate>Sat, 26 Sep 2026 11:26:02 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1391/la-victoire-de-l%25E2%2580%2599afd-la-revanche-de-ceux-qu%25E2%2580%2599on-ne-voulait-pas-entendre</link>
	<title><![CDATA[&quot;La victoire de l’AfD : la revanche de ceux qu’on ne voulait pas entendre&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<div class="x14z9mp xat24cr x1lziwak x1vvkbs xtlvy1s x126k92a" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);color:rgb(5, 5, 5);font-family:Helvetica, Arial, sans-serif;font-size:15px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;margin-bottom:0px;margin-inline:0px;margin-top:0.5em;orphans:2;overflow-wrap:break-word;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;white-space:pre-wrap;widows:2;word-spacing:0px;"><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Je connais la Saxe. Je ne la connais pas par les sondages, par les éditoriaux des grands journaux allemands ni par les reportages qui viennent périodiquement expliquer aux Allemands de l’Ouest ce qui se passe dans la tête de ces étranges compatriotes orientaux qui persistent à mal voter. Je la connais pour y avoir travaillé depuis 2016, à Dresde notamment, au moment où les conséquences de la grande crise migratoire de 2015 avaient porté à son comble une fracture déjà ancienne entre deux Allemagne qui, plus d’un quart de siècle après la réunification, ne s’étaient peut-être jamais complètement réunies.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">J’y ai rencontré beaucoup de ceux que l’on appelle aujourd’hui les électeurs de l’AfD. Et je dois dire que je reconnais assez peu, dans le portrait qui en est régulièrement donné, les hommes et les femmes que j’ai connus.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">J’ai rencontré des gens ordinaires, des employés, des artisans, des retraités, des mères et des pères de famille, des personnes attachées à leur ville, à leur région, à leur pays, souvent hospitalières dans leur vie privée, nullement obsédées par la race et encore moins habitées par quelque nostalgie du nazisme, mais profondément en colère contre un système politique et médiatique dont elles avaient acquis la conviction qu’il ne voulait plus les entendre. Cette colère pouvait naturellement produire des excès, des simplifications, quelquefois des propos que je ne partageais pas ; mais ce qui m’a frappé n’était pas leur supposée monstruosité. C’était au contraire leur normalité.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Voilà pourquoi le résultat considérable obtenu par l’AfD en Saxe-Anhalt ne me surprend pas autant qu’il semble surprendre une partie des commentateurs allemands. Ce qui devrait surprendre, ce n’est pas que tant d’électeurs aient fini par voter pour ce parti ; c’est qu’après dix années d’avertissements, de protestations et de colères, les responsables politiques et une grande partie des médias continuent à se demander comment une chose pareille a pu arriver.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Car ces gens parlaient. Simplement, on ne les écoutait pas.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Ou plutôt, on les écoutait pour les classer.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Ils parlaient d’immigration, on leur répondait xénophobie. Ils parlaient de l’insécurité culturelle qu’ils ressentaient devant des transformations extrêmement rapides, on leur répondait ouverture au monde. Ils parlaient de la difficulté de faire entendre certaines réalités concernant l’intégration, on leur expliquait les dangers de la stigmatisation. Ils parlaient de leur pays, de ses frontières, de leur désir de conserver une certaine continuité historique et culturelle, on leur répondait nationalisme. Et lorsqu’ils protestaient contre cette manière de ne jamais répondre à ce qu’ils disaient, leur protestation elle-même devenait une preuve supplémentaire de leur dérive.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">C’est cette mécanique que j’ai vue fonctionner.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Le problème n’est donc pas seulement celui de l’immigration, même si celle-ci a joué un rôle considérable. Il est celui du rapport au réel. Une partie de la population allemande a progressivement acquis la conviction que certaines réalités ne pouvaient plus être nommées parce qu’elles entraient en contradiction avec le récit que les élites politiques et médiatiques avaient construit sur leur propre société.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Or les citoyens voient ce qu’ils voient.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">On peut leur expliquer qu’un problème n’existe pas, mais s’ils le rencontrent dans leur vie quotidienne, ils finiront par croire davantage leur expérience que les statistiques qu’on leur oppose. On peut leur expliquer qu’une inquiétude est moralement suspecte, mais on ne supprime pas une inquiétude en la condamnant. On peut modifier le vocabulaire autorisé, mais on ne modifie pas pour autant la réalité à laquelle ce vocabulaire se rapporte.</div></div><div class="x14z9mp xat24cr x1lziwak x1vvkbs xtlvy1s x126k92a" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);color:rgb(5, 5, 5);font-family:Helvetica, Arial, sans-serif;font-size:15px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;margin-bottom:0px;margin-inline:0px;margin-top:0.5em;orphans:2;overflow-wrap:break-word;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;white-space:pre-wrap;widows:2;word-spacing:0px;"><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">C’est ici que la question médiatique devient centrale.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Je ne crois pas que les électeurs de l’AfD que j’ai rencontrés détestent les médias parce qu’ils seraient hostiles à l’information ou incapables de supporter la contradiction. Beaucoup ont cessé de leur faire confiance parce qu’ils ont le sentiment que les grands médias ne décrivent plus seulement le monde mais sélectionnent, hiérarchisent et parfois interprètent les faits en fonction d’une vision préalable de ce que la société devrait être.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">La défiance qui en résulte est catastrophique pour la démocratie.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Car lorsqu’un citoyen ne croit plus ceux qui sont chargés de l’informer, lorsqu’il soupçonne derrière chaque silence une volonté de dissimulation et derrière chaque choix de vocabulaire une intention idéologique, ce n’est pas seulement la confiance dans les journalistes qui disparaît : c’est l’existence même d’un monde commun. Les uns vivent alors dans la réalité décrite par les médias institutionnels, les autres dans celle qu’ils découvrent sur les réseaux sociaux ou dans des médias alternatifs, et chacun finit par considérer l’autre non comme quelqu’un qui interprète différemment les mêmes événements, mais comme quelqu’un qui ment.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">La démocratie devient alors presque impossible.</div></div><div class="x14z9mp xat24cr x1lziwak x1vvkbs xtlvy1s x126k92a" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);color:rgb(5, 5, 5);font-family:Helvetica, Arial, sans-serif;font-size:15px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;margin-bottom:0px;margin-inline:0px;margin-top:0.5em;orphans:2;overflow-wrap:break-word;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;white-space:pre-wrap;widows:2;word-spacing:0px;"><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Mais il existe une blessure plus profonde encore, que j’ai souvent rencontrée en Saxe : le mépris.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">On ne mesure pas suffisamment la violence du mépris social et culturel. Il ne laisse pas de traces visibles, il ne brûle pas les voitures, il ne casse pas les vitrines, mais il s’accumule pendant des années jusqu’au moment où le bulletin de vote devient le moyen de rendre l’humiliation à ceux dont on pense l’avoir reçue.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Beaucoup d’Allemands de l’Est ont eu le sentiment d’être considérés comme des citoyens en retard sur l’histoire, insuffisamment cosmopolites, insuffisamment modernes, trop attachés à leur identité, trop méfiants envers l’immigration, trop sensibles à la souveraineté nationale. On ne discutait plus avec eux ; on leur expliquait ce qu’ils auraient dû penser.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Il faut ajouter à cela l’expérience historique singulière de l’Allemagne orientale. Ces hommes et ces femmes ont vécu pendant quarante ans dans un régime qui leur expliquait déjà quelle était la bonne manière de penser, quels mots étaient convenables et quelles opinions témoignaient d’une conscience politiquement insuffisante. Il serait absurde d'assimiler la démocratie allemande contemporaine à la dictature communiste, mais il serait tout aussi absurde de ne pas comprendre combien cette expérience historique a développé chez certains habitants de l’Est une sensibilité particulière à tout ce qui ressemble, même de très loin, à une police morale du langage.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Ils reconnaissent immédiatement le ton de celui qui prétend savoir mieux qu’eux ce qu’ils devraient penser.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Et ils le supportent de moins en moins.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">C’est pourquoi la stratégie de diabolisation de l’AfD risque d’obtenir exactement l’effet inverse de celui qu’elle recherche. Plus on explique à ses électeurs qu’ils ont franchi les limites du raisonnable, plus certains d’entre eux éprouvent la confirmation de ce qu’ils pensaient déjà : les élites ne les méprisent pas seulement lorsqu’ils protestent, elles les méprisent jusque dans l’isoloir.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Il existe pourtant une différence fondamentale entre refuser cette diabolisation et devenir soi-même propagandiste de l’AfD. Je ne prétends nullement que tout ce qui se dit dans ce parti soit acceptable, raisonnable ou souhaitable. Un parti politique doit être jugé sur ses dirigeants, son programme, ses actes et les conséquences possibles de son arrivée au pouvoir. Mais ses électeurs doivent être regardés pour ce qu’ils sont, et non transformés en personnages imaginaires destinés à confirmer les certitudes morales de leurs adversaires.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">C’est précisément ce que mon travail en Saxe m’a appris.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">La Thérapie Sociale repose sur une conviction qui vaut autant pour les sociétés que pour les petits groupes humains : lorsque le conflit n’est plus possible, la violence augmente. Et le conflit devient impossible dès lors que l’un des protagonistes considère qu’il possède à lui seul la raison, la morale et la légitimité, tandis que l’autre ne serait plus qu’un problème à traiter.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">La démocratie n’exige pas que nous soyons d’accord. Elle exige que nous acceptions que celui avec lequel nous sommes profondément en désaccord puisse avoir vu quelque chose que nous n’avons pas vu.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">C’est précisément cette hypothèse qui semble avoir disparu d’une partie de la vie publique européenne.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Et si les électeurs de l’AfD avaient vu certaines choses avant ceux qui les méprisaient ?</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Et s’ils avaient perçu plus tôt les conséquences politiques d’une immigration massive, les difficultés de l’intégration, l’éloignement croissant entre les gouvernants et les gouvernés, l’uniformisation idéologique d’une partie des classes diplômées, la fragilité d’un modèle économique allemand que l’on croyait éternel, ou simplement la disparition progressive de leur capacité à décider du monde dans lequel ils voulaient vivre ?</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Poser ces questions ne signifie pas que toutes leurs réponses soient justes. Cela signifie que leurs questions étaient peut-être moins absurdes qu’on ne voulait le croire.</div></div><div class="x14z9mp xat24cr x1lziwak x1vvkbs xtlvy1s x126k92a" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);color:rgb(5, 5, 5);font-family:Helvetica, Arial, sans-serif;font-size:15px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;margin-bottom:0px;margin-inline:0px;margin-top:0.5em;orphans:2;overflow-wrap:break-word;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;white-space:pre-wrap;widows:2;word-spacing:0px;"><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">La victoire de l’AfD devrait donc être considérée non comme l’irruption inexplicable d’une maladie dans une démocratie jusque-là parfaitement saine, mais comme le symptôme d’une crise dont le système politique allemand porte lui-même une part de responsabilité.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">On pourra continuer à organiser des manifestations contre l’extrême droite. On pourra multiplier les déclarations solennelles, renforcer le cordon sanitaire, rappeler à juste titre ce que fut le nazisme et proclamer une nouvelle fois que certaines valeurs ne sont pas négociables. Mais aucune de ces proclamations ne répondra à la question que pose le bulletin glissé dans l’urne par des millions d’Allemands : pourquoi ne nous avez-vous pas écoutés ?</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">C’est la question que j’entends derrière ce vote.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Je l’entends d’autant mieux que je l’ai entendue, sous des formes différentes, pendant mes années de travail en Saxe.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">La démocratie allemande ne se sauvera pas en expliquant aux électeurs de l’AfD qu’ils sont indignes d’elle. Elle se sauvera peut-être lorsqu’elle recommencera à les considérer comme des citoyens adultes, capables de voir, de juger, de se tromper aussi, mais dont l’expérience du réel mérite autant d’être entendue que celle des journalistes, des universitaires, des responsables politiques et des experts qui prétendent leur expliquer le monde.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Il faudra alors accepter quelque chose qui est devenu extraordinairement difficile dans nos sociétés : écouter sans approuver, contredire sans humilier, reconnaître une part de vérité chez l’adversaire sans renoncer à la sienne et surtout admettre que personne, aucun parti, aucun média, aucune classe sociale, aucun camp idéologique, ne possède à lui seul le monopole du réel.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">C’est cela que nous avons essayé de faire à Dresde.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Non pas réconcilier artificiellement les gens, encore moins les obliger à s’aimer, mais leur permettre de sortir des caricatures réciproques et de retrouver derrière l’ennemi politique un être humain avec lequel il faudrait malgré tout continuer à habiter le même pays.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">La leçon de cette élection dépasse donc largement l’AfD et l’Allemagne orientale. Elle concerne toutes les démocraties européennes dans lesquelles s’élargit le fossé entre ceux qui gouvernent et ceux qui ont le sentiment de ne plus être représentés, entre ceux qui disposent du pouvoir de nommer la réalité et ceux qui pensent la subir.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">On peut mépriser longtemps une colère.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">On peut la déclarer populiste, réactionnaire, xénophobe ou extrémiste.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Mais arrive toujours un jour où ceux que l’on croyait avoir réduits au silence découvrent qu’ils possèdent encore une voix.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Au sens propre.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">Et ce jour-là, ils votent.</div><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto">&nbsp;</div></div><div class="x14z9mp xat24cr x1lziwak x1vvkbs xtlvy1s x126k92a" style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);color:rgb(5, 5, 5);font-family:Helvetica, Arial, sans-serif;font-size:15px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;margin-bottom:0px;margin-inline:0px;margin-top:0.5em;orphans:2;overflow-wrap:break-word;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;white-space:pre-wrap;widows:2;word-spacing:0px;"><div style="font-family:inherit;text-align:start;" dir="auto"><a href="https://www.facebook.com/charles.rojzman">Charles ROJZMAN</a><br /><br />Source : https://www.facebook.com/723209378/posts/10165011714554379/</div></div>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
</channel>
</rss>
