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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de Sciences]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sat, 31 Jul 2021 09:27:15 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[La vaccination Covid à l’épreuve des faits. 2ème partie : une mortalité inédite]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Épisode 59</p><p>Par Laurent MUCCHIELLI (sociologue, directeur de recherche au CNRS), Hélène BANOUN (pharmacien biologiste, PhD, ancienne chargée de recherches à l’INSERM), Emmanuelle DARLES (maîtresse de conférences en informatique à Aix-Marseille Université), Éric MENAT (docteur en médecine, médecin généraliste), Vincent PAVAN (maître de conférences en mathématique à Aix-Marseille Université) &amp; Amine UMLIL (pharmacien des hôpitaux, praticien hospitalier, unité de « pharmacovigilance/CTIAP (centre territorial d’information indépendante et d’avis pharmaceutiques)/Coordination des vigilances sanitaires » du Centre hospitalier de Cholet).</p><p>Contact : laurent.mucchielli@protonmail.com</p><p class="center">* * *</p><p>Dans le <a href="https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/200721/la-vaccination-l-epreuve-des-faits-1ere-partie-les-chiffres-de-l-epidemie" class="external" target="_blank">précédent épisode</a> de notre mini-série sur la vaccination, nous avions montré que les données épidémiologiques les plus facilement disponibles à l’échelle mondiale suffisent à prouver que la vaccination ne protège pas de la contamination et de la transmission du Sars-Cov-2, en particulier de l’actuel variant Delta (ou indien), ce qui contredit massivement les déclarations répétées des représentants du pouvoir exécutif français relatives à la « protection vaccinale ». Aux États-Unis, le directeur du NIAID, Antony Fauci, vient du reste de <a href="https://www.msnbc.com/all-in/watch/dr-fauci-explains-updated-cdc-mask-guidance-for-vaccinated-people-amid-covid-hotspots-117489221538" class="external" target="_blank">le reconnaître publiquement</a>, recommandant même le port du masque en intérieur par les personnes vaccinées. Autre exemple : en Angleterre, les touristes français doivent subir une quarantaine <a href="https://www.bfmtv.com/international/europe/angleterre/covid-19-l-angleterre-exempte-de-quarantaine-les-voyageurs-vaccines-arrivant-de-l-ue-et-des-etats-unis_AD-202107280250.html" class="external" target="_blank">même s’ils sont vaccinés</a>. Il est donc déjà clair que la vaccination n’est pas la solution miracle annoncée pour endiguer l’épidémie et que le chantage formulé par l’exécutif français (vaccination générale ou reconfinement) est fondé sur un mensonge. Un second mensonge répété à plusieurs reprises tant par le président de la République, le premier Ministre que le ministre de la Santé (et d’autres élus adoptant des postures sanitaires autoritaires, <a href="https://www.leparisien.fr/societe/covid-19-a-nice-christian-estrosi-impose-un-pass-sanitaire-aux-enfants-pour-aller-au-centre-de-loisirs-23-07-2021-SA22NHM3NJCRJNIK35X3NFBN5M.php" class="external" target="_blank">à l’image du maire de Nice M. Estrosi</a>) est probablement la prétendue quasi-disparition (« à 96% ») des formes sévères de la Covid grâce à la vaccination. En Israël, un des pays où la population est la plus vaccinée au monde, les autorités viennent ainsi de décider de <a href="https://www.businesstravel.fr/israel-ne-rouvre-pas-ses-frontieres-aux-voyageurs-vaccines.html" class="external" target="_blank">fermer les frontières du pays aux touristes vaccinés</a>, indiquant non seulement que la vaccination ne protège pas de la contamination et de la transmission, mais également que <a href="https://www.jpost.com/breaking-news/for-first-time-since-march-855-new-coronavirus-cases-in-israel-674084" class="external" target="_blank">la majorité des personnes hospitalisées pour des formes graves</a> sont désormais des personnes vaccinées. Tout ceci suggère clairement qu’un gouffre sépare le marketing des industriels (repris par la propagande politique) des réalités de santé publique. Et c’est également au fond de ce gouffre qu’est pour le moment oubliée la question des effets indésirables les plus graves de la vaccination anti-covid, sujet de ce nouvel épisode.</p><p>Sortir du déni, observer froidement les données de la pharmacovigilance</p><p>Dans <a href="https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/150721/la-crise-sanitaire-revele-l-inquietant-declin-du-journalisme" class="external" target="_blank">un autre précédent épisode de notre enquête</a>, nous avons montré comment et pourquoi la plupart des journalistes français travaillant dans les médias mainstream ont trahi certains principes déontologiques de base de leur profession, n’exerçant plus leur rôle de contre-pouvoir pour devenir au contraire de simples relais de la communication gouvernementale. En cause notamment, la fin du journalisme d’investigation, remplacé par un fact-checking de bureau qui n’est plus qu’un simulacre de journalisme. S’agissant de la sécurité des vaccins anti-covid, le pseudo-journalisme va ainsi chercher à dénier la réalité des effets indésirables, dans la droite ligne du discours gouvernemental. Un exemple parmi de nombreux autres est fourni par les fact-checkers du groupe de télévision TFI-LCI qui, depuis janvier 2021, s’évertuent à dénier toute conséquences médicales négatives de la vaccination (le dernier article en ce sens est à <a href="https://www.lci.fr/sante/covid-19-attention-ces-chiffres-europeens-ne-prouvent-pas-que-10000-deces-sont-dus-aux-vaccins-2186895.html" class="external" target="_blank">lire ici</a>). L’argument est toujours le même, et il est bien connu. Sur tous les sites de pharmacovigilance du monde, on trouve en effet les mêmes précautions d’interprétation indiquant que les déclarations d’effets indésirables imputées à tel ou tel médicament ne sont qu’une présomption de causalité (imputabilité) et que seul un examen complet des déclarations individuelles par des médecins pourrait ultérieurement établir ce lien de causalité.</p><p>Ceci est une évidence et il est bien clair que tout ce qu’on va lire par la suite relève d’une présomption de causalité. Mais, ceci est vrai pour la pharmacovigilance de manière générale, et on verra que la comparaison avec d’autre médicaments montre qu’il se passe bel et bien quelque chose de totalement inédit pour ces vaccins génétiques anti-covid. Comme d’habitude, les journalistes sont aveuglés par leur dépendance au pouvoir politique et aux sources institutionnelles directement liées au ministère de la Santé, et ils font preuve d’un esprit critique à géométrie extrêmement variable. Les mêmes précautions valent en effet, par exemple, pour le comptage des morts imputables à la Covid, sujet sur lequel on n’a pourtant quasiment jamais lu d’article critique dans la presse. En d’autres termes, pour la plupart des journalistes, les statistiques sanitaires sont indiscutables quand elles vont dans le sens de la narration officielle, mais elles deviennent soudainement discutables lorsqu’elles contredisent cette même narration. Cette malhonnêteté intellectuelle devrait sauter aux yeux.</p><p>En outre, nous allons voir que, dans certains pays (comme la France mais également les États-Unis), les remontées d’informations de pharmacovigilance sur la sécurité des vaccins anti-covid sont principalement le fait de médecins et non de malades. Et nous verrons également qu’elles corroborent largement celles des pays (comme les Pays-Bas) où la déclaration est principalement le fait des malades. Nous verrons même qu’il existe des recherches qui ont testé rétrospectivement la fiabilité de ces déclarations, et qui indiquent un haut niveau de fiabilité.</p><p>A distance de ces jeux de représentations et de ces arguments d’autorité, nous allons donc ici observer froidement les données de la pharmacovigilance concernant la sécurité des vaccins anti-covid. Et nous allons le faire dans plusieurs pays afin d’échapper au tropisme français. On verra alors que, en réalité, les mêmes constats peuvent être faits un peu partout dans les pays occidentaux.</p><p>Dernière précision avant d’entamer l’examen des chiffres : loin d’exagérer les problèmes, ces chiffres sont au contraire à considérer comme des minima sous-évaluant la réalité. En effet, la pharmacovigilance fonctionne presque partout de façon passive (et non pro-active) : les centres dédiés à la collecte des effets indésirables des médicaments attendent que les professionnels de santé et les particuliers leur signalent les problèmes. Si pour une raison ou une autre (oubli, incertitude, auto-censure, manque de temps ou négligence des médecins généralistes ou hospitaliers, isolement du malade qui meurt seul à domicile, ignorance du dossier médical de la personne décédée par le médecin établissant le certificat de décès, problèmes informatiques divers et variés, etc.) les médecins ou les malades ne remplissent pas le formulaire de déclaration d’incident, ce dernier ne sera jamais connu. Dès lors, la sous-estimation de l’état réel des problèmes est à la fois permanente et massive. Les <a href="https://documentation.ehesp.fr/index.php?lvl=notice_display&amp;id=240656" class="external" target="_blank">premières études</a> françaises, au début des années 2000, estimaient qu’environ 95% des effets indésirables des médicaments n’étaient pas rapportés. Encore très récemment, dans la revue Santé Publique, <a href="https://www-cairn-info.lama.univ-amu.fr/revue-sante-publique-2019-4-page-561.htm" class="external" target="_blank">onze chercheurs montraient</a> que seule une fiche de pharmacovigilance sur six était renseignée de façon complète. Même si on peut faire l’hypothèse que la sous-déclaration concerne surtout les effets indésirables les moins graves, tout ce qui suit doit donc non seulement être pris très au sérieux, mais de surcroît regardé comme constituant très probablement une euphémisation de la réalité des problèmes de sécurité posés par les vaccins anti-covid (comme pour tout autre médicament).</p><p>En France, les rapports de l’agence du médicament</p><p>En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) publie un « <a href="https://ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/covid-19-suivi-hebdomadaire-des-cas-deffets-indesirables-des-vaccins" class="external" target="_blank">suivi hebdomadaire des effets indésirables des vaccins </a>» dont nous avons épluché les rapports détaillés sur chacun des quatre vaccins utilisés en France. On va systématiquement y observer ce qui est dit sur les effets « graves » (par opposition aux effets non-graves qui sont les petites réactions locales immédiates à l’injection).</p><p>Concernant le vaccin d’AstraZeneca, l’ANSM indique que 7,2 millions de doses avaient été administrées au 08 juillet 2021, majoritairement dans la population ciblée par les recommandations vaccinales des plus de 55 ans, mais « on note néanmoins 623 doses tracées comme administrées chez des patients de moins de 16 ans ». A la même date, plus de 22 071 évènements indésirables ont été déclarés, exclusivement par des professionnels de santé (on se souvient qu’il leur était réservé en priorité au début, conformément à la <a href="https://www.has-sante.fr/jcms/p_3235868/fr/strategie-de-vaccination-contre-la-covid-19-place-du-covid-19-vaccine-astrazeneca" class="external" target="_blank">Recommandation de la Haute Autorité de Santé du 2 février 2021</a>), dont 5 191 événements « graves » (soit près d’un quart du total). Comme l’indique le tableau ci-dessous, ces cas graves concernent toutes les tranches d’âge mais sont concentrés entre 30 et 74 ans. Parmi ces 5 191 événements graves, un quart a nécessité une hospitalisation, 247 ont engagé le pronostic vital, 121 ont entraîné des invalidité ou incapacités et 170 ont conduit à la mort.</p><p>Source : CRPV d’Amiens ‐ CRPV de Rouen, <a href="https://ansm.sante.fr/uploads/2021/07/23/20210723-covid-19-rapport-14-vaxzevira-astrazeneca-2.pdf" class="external" target="_blank">Enquête de pharmacovigilance du vaccin VAXZEVRIA®</a></p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>Concernant le vaccin de Pfizer, plus de 42,5 millions de doses avaient été administrées au 1er juillet 2021 (dont 700 000 à des jeunes de 16 à 18 ans) et 31 389 cas effets/évènements indésirables déclarés, principalement par les professionnels de santé. Parmi eux, 8 689 événements « graves » survenus à partir de l’âge de 30 ans (27,7% du total des événements indésirables), dont 2 551 mises en jeu du pronostic vital, 460 invalidités ou incapacités et 761 décès.</p><p>Source : CRPV de Bordeaux, CRPV de Marseille, CRPV de Toulouse, CRPV de Strasbourg, <a href="https://ansm.sante.fr/uploads/2021/07/16/20210716-vaccins-covid-19-rapport-pfizer-periode-28-05-2021-01-07-2021.pdf" class="external" target="_blank">Enquête de pharmacovigilance du vaccin Pfizer – BioNTech Comirnaty</a></p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>Concernant le vaccin de Janssen, l’ANSM indique que 608 489 injections ont eu lieu au 08 juillet 2021, dont 7% de personnes âgées de 16 à 49 ans et même 407 enfants âgés de 0 à 15 ans, « contrairement aux recommandations nationales de réserver ce vaccin aux plus de 55 ans » ! A la même date, 243 évènements indésirables ont été déclarés, principalement par des professionnels de santé. Parmi ces événements, on note 39 hospitalisations, 4 pronostics vitaux engagés, 1 invalidité ou incapacité et 7 décès.</p><p>Source : CRPV de Grenoble et CRPV de Lyon, <a href="https://ansm.sante.fr/uploads/2021/07/23/20210723-covid-19-rapport-janssen-2.pdf" class="external" target="_blank">Enquête de pharmacovigilance du vaccin JANSSEN®</a></p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>Concernant le vaccin de Moderna, l’ANSM indique que 5,2 millions de doses avaient été administrées au 08 juillet 2021, dont près de 53 000 à des mineurs. A la même date, environ 6 000 évènements indésirables avaient été déclarés, dont 14,4% de cas graves et autant de « cas inattendus » (on ignore hélas ce que recouvre cette catégorie), signalés ici presque autant par les particuliers que par les professionnels de santé. Sur les 1 050 événements graves, on note 312 hospitalisations, 50 mises en jeu du pronostic vital, 25 incapacités ou invalidités et 44 décès (dont quelques cas de morts fœtales). Les principaux problèmes constatés parmi ces cas graves sont de type hématologiques/vasculaires (thromboses, AVC, embolies pulmonaires), neurologiques (paralysies faciales, convulsions généralisées), cardiaques (troubles du rythme, myocardites), à quoi s’ajoutent « 28 morts subites inexpliquées ».</p><p>Source : CRPV de Lille, CRPV de Besançon, <a href="https://ansm.sante.fr/uploads/2021/07/16/20210716-vaccins-covid-19-rapport-moderna-periode-28-05-2021-01-07-2021.pdf" class="external" target="_blank">Enquête de pharmacovigilance du VACCINE MODERNA</a></p><p>.</p><p>.</p><p>De quels effets indésirables s’agit-il précisément ?</p><p>Au 8 juillet 2021, au terme d’environ 6 mois de campagne vaccinale, la pharmacovigilance française du vaccin AstraZeneca rapporte un total de près de 43 000 effets/évènements indésirables, dont 9 637 (22,5%) classés comme « graves ». Ces derniers sont des réactions immédiates à la vaccination, des affections du système nerveux (paralysies notamment), des problèmes vasculaires (thromboses, AVC notamment), des problèmes respiratoires graves et cardiaques graves, enfin des problèmes cutanés très importants, des affections hématologiques et des troubles graves de la vision et/ou de l’audition.</p><p>CRPV d’Amiens ‐ CRPV de Rouen, <a href="https://ansm.sante.fr/uploads/2021/07/23/20210723-covid-19-rapport-14-vaxzevira-astrazeneca-2.pdf" class="external" target="_blank">Enquête de pharmacovigilance du vaccin VAXZEVRIA®</a></p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>La même analyse peut être faite sur les 4 vaccins qui ont des effets indésirables graves en partie différents (surtout neurologiques et nerveux pour le Moderna et le Janssen, davantage cardiaques pour le Pfizer).</p><p>Enfin, si l’on additionne les conséquences les plus graves, mentionnés précédemment pour chacun des 4 vaccins, l’on parvient au tableau ci-dessous qui livre le constat de plus de 15 000 événements indésirables graves, parmi lesquels près de 1 800 hospitalisations, plus de 2 800 mises en jeu du pronostic vital et près de 1 000 morts. Le tout en seulement 6 mois. Par comparaison, indiquons par exemple qu’il y a eu 863 homicides en France <a href="https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/Themes/Homicides/Insecurite-et-delinquance-en-2020-bilan-statistique-Fiche-Homicides" class="external" target="_blank">sur l’ensemble de l’année 2020</a>. A eux seuls, les vaccins anti-covid feraient donc plus du double de victimes que les homicides.</p><p>.</p><p>.</p><p>.</p><p>Ce que dit la pharmacovigilance dans d’autres pays occidentaux</p><p>Au Royaume Uni, le ministère de la santé indique que, le 14 juillet 2021, ont été administrées environ 20 millions de premières doses et 12 millions de deuxièmes doses du vaccin Pfizer/BioNTech, 25 millions de premières doses et 23 millions de deuxièmes doses du vaccin AstraZeneca (cette firme pharmaceutique étant domiciliée à Londres), et environ 1,3 million de premières doses du vaccin Moderna. Au total, plus de 46 millions de personnes ont reçu au moins une dose et plus de 35 millions deux doses. Le <a href="https://www.gov.uk/government/publications/coronavirus-covid-19-vaccine-adverse-reactions/coronavirus-vaccine-summary-of-yellow-card-reporting" class="external" target="_blank">rapport de pharmacovigilance</a> <a href="https://www-gov-uk.translate.goog/government/publications/coronavirus-covid-19-vaccine-adverse-reactions/coronavirus-vaccine-summary-of-yellow-card-reporting?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=ajax,sc,elem#yellow-card-reports" class="external" target="_blank">du 22 juillet</a> commence par indiquer que les vaccins sont sûrs et fait tout pour appeler à la vaccination générale. Le début du rapport officiel signale que les vaccins ont des effets indésirables de court terme qui sont très peu graves. Par exemple, pour la Pfizer, « les effets indésirables les plus fréquents dans les essais étaient la douleur au site d'injection, la fatigue, les maux de tête, les douleurs musculaires, les frissons, les douleurs articulaires et la fièvre ; ceux-ci ont été signalés chacun chez plus de 1 personne sur 10. Ces réactions étaient généralement d'intensité légère ou modérée et se sont résorbées en quelques jours après la vaccination ». Certes, le ministère précise aussi avoir enregistré quelques 325 000 signalements d’effets indésirables (dont les deux tiers pour l’AstraZeneca). Mais dans le détail, il précise que « l'écrasante majorité des rapports concernent des réactions au site d'injection (douleur au bras par exemple) et des symptômes généralisés tels que syndrome « ​​grippal », maux de tête, frissons, fatigue (fatigue), nausées (envie de vomir), fièvre, étourdissements, faiblesse, douleurs musculaires et rythme cardiaque rapide. Généralement, ceux-ci surviennent peu de temps après la vaccination et ne sont pas associés à une maladie plus grave ou plus durable ». En un mot : tout va bien. Comme en France, le gouvernement anglais martèle du reste dans son rapport que « les vaccins sont le meilleur moyen de protéger les gens contre le COVID-19 et ont déjà sauvé des milliers de vies. Tout le monde doit continuer à se faire vacciner lorsqu'on lui demande de le faire, sauf indication contraire ». Et pourtant. Une fois passée l’introduction à la gloire de la vaccination, la seconde partie du rapport détaille les effets indésirables : chocs anaphylactiques, paralysie de Bell (paralysie faciale), thromboses (71 décès de ce type avec l’AstraZeneca), troubles menstruels et saignements vaginaux, myocardites et péricardites (surtout avec le Pfizer), réactions cutanées sévères (surtout avec le Moderna), syndromes de Guillain Barré (surtout avec l’AstraZeneca) et enfin des « événements à l’issue fatale », c’est-à-dire des morts. Dans le détail, à la date donc du 14 juillet 2021, l’agence britannique reconnaît 999 morts liés à l’injection du vaccin AstraZeneca, 460 liés à celle du Pfizer et 31 autres, ce qui porte le total à près de 1 500 morts.</p><p>Aux Pays-Bas, le centre de pharmacovigilance (<a href="https://www.lareb.nl/" class="external" target="_blank">bijwerkinden centrum</a> <a href="https://www.lareb.nl/" class="external" target="_blank">- LAREB</a>) fait un point mensuel sur la vaccination et ses effets indésirables, ces derniers étant principalement signalés par les citoyens. Dans sa dernière <a href="https://www-lareb-nl.translate.goog/pages/update-van-bijwerkingen?_x_tr_sl=nl&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=ajax,sc,elem,se" class="external" target="_blank">actualisation du 4 juillet 2021</a>, il faisait état de 16,5 millions de doses administrées, principalement le Pfizer (11,8 millions de doses, contre 2,8 millions pour AstraZeneca, 1,3 million pour Moderna et 600 000 pour Janssen). A cette date, 93 453 déclarations d’effets indésirables avaient été remontées concernant les conséquences de la vaccination anti-covid, parmi lesquels les thromboses dans le cas des vaccins AstraZeneca et Janssen. Enfin, le centre comptait 448 décès rapportés comme liés à la vaccination, concernant principalement des personnes âgées et principalement le vaccin Pfizer.</p><p>En Europe, le site de pharmacovigilance de l’Agence européenne du médicament est particulièrement difficile à manier informatiquement, le chargement des <a href="https://www.adrreports.eu/fr/search_subst.html" class="external" target="_blank">données concernant les vaccins anti-Covid</a> est compliqué à trouver et extrêmement long à réaliser, quand il fonctionne. Deux chercheurs français les ont cependant étudiées patiemment à la fin du mois de juin et présenté <a href="https://odysee.com/@ColCovMed-Reunion:9/CSI-N%C2%B0-12---Vincent-Pavan---Emmanuelle-Darles---Pharmacovigilance-du-vaccin-Pfizer-:6" class="external" target="_blank">dans cette vidéo</a>. A la fin du mois de juin, la pharmacovigilance européenne avait déjà enregistré environ 9 000 décès liés à la vaccination uniquement pour le vaccin de Pfizer, notamment du fait de complications cardiaques, pulmonaires ou cérébro-vasculaires, inclues des morts par Covid (un comble pour les vaccins anti-covid…). Par ailleurs, ces données livrent également un deuxième constat très préoccupant, qui est le fait que ces risques d’effets indésirables graves concernent non seulement les personnes âgées de plus de 65 ans, mais aussi les nourrissons et les adolescents (12-17 ans). En d’autres termes, les vaccins génétiques anti-covid utilisés en Europe présentent des risques d’effets indésirables graves (pouvant aller jusqu’à la mort) dans des catégories de la population qui ne sont nullement menacées par la Covid. Les professionnels de santé du collectif ReinfoCovid et de la Coordination Santé Libre ont ainsi montré que, en dessous de l’âge de 45 ans, <a href="https://www.aimsib.org/2021/07/25/la-comparaison-entre-mortalite-par-covid-et-letalite-due-aux-vaccins-est-juste-catastrophique/" class="external" target="_blank">la balance bénéfice/risque est très défavorable à la vaccination génétique anti-covid</a>. Concernant les enfants et les adolescents, elle relève même d’une forme de violence sur mineurs qu’il serait par conséquent criminel de généraliser.</p><p>Enfin, aux États-Unis, où la pharmacovigilance (comme la transparence des données d’administration publique de manière générale) est beaucoup mieux organisée et plus contraignante que dans beaucoup de pays européens, des données très précises peuvent être exploitées sur <a href="https://vaers.hhs.gov/data.html" class="external" target="_blank">le site de la Vaccine Adverse Event Reporting System (VAERS)</a>. Et, contrairement à l’argument des industriels, répétés en boucle par les journalistes français (à l’image des fact-checkers déjà cités), ces données sont très largement fiables. <a href="https://www.researchgate.net/publication/352837543_Analysis_of_COVID-19_vaccine_death_reports_from_the_Vaccine_Adverse_Events_Reporting_System_VAERS_Database_Interim_Results_and_Analysis" class="external" target="_blank">Six chercheurs anglais viennent ainsi d’analyser</a> un échantillon de 250 déclarations de décès attribués aux vaccins anti-covid dans la VAERS. Il en résulte que les deux tiers des déclarations ont été faites par des médecins et qu’elles sont fiables à 86%. Or le constat qui ressort des données américaines est plus saisissant encore. En recherchant dans ces données les décès liés à la vaccination, il est possible non seulement d’avoir un comptage détaillé pour chaque vaccin anti-covid, mais de surcroît de pouvoir comparer ces résultats avec ceux de tous les autres vaccins administrés depuis plus de 30 ans dans ce pays. Au 16 juillet 2021, date à laquelle 160 millions d’Américains avaient été intégralement vaccinés, les vaccins anti-covid sont liés à plus de 6 000 décès, 91% d’entre eux étant attribuables aux seuls vaccins de Moderna et Pfizer (deux entreprises pharmaceutiques/biotechnologiques américaines, Janssen étant la filiale belge d’une autre entreprise pharmaceutique américaine, Johnson &amp; Johnson). Nous avons reconstitué le tableau ci-dessous qui donne le détail de ces chiffres.</p><p>Source : <a href="https://wonder.cdc.gov/controller/datarequest/D8;jsessionid=3E4511F66596003FFCFC92C1DA52" class="external" target="_blank">VAERS</a>, calcul réalisé sur les données datant du 16 juillet 2021</p><p>.</p><p>.</p><p>Par ailleurs, ces fichiers permettent donc de comparer cette mortalité des vaccins anti-covid à la mortalité vaccinale globale dans ce pays depuis 30 ans (concernant des centaines de vaccins). Ce fichier donne un total de 16 605 décès pour l’ensemble des vaccins sur toute la période. A elle seule et en seulement 6 mois, la vaccination anti-covid représente donc 36% de la totalité de la mortalité vaccinale dans ce pays depuis 30 ans. Par comparaison, dans la même base de données, nous avons compté le nombre de morts occasionnés par l’administration des différents vaccins contre la grippe saisonnière (influenza seasonal). En 30 ans (1990-2020), ces vaccins ont occasionné 1 106 décès, ce qui représente 6,66% du total de la mortalité vaccinale depuis 30 ans. Une autre façon d’exprimer ces résultats est donc de dire que, aux Etats-Unis, en 6 mois, la vaccination anti-covid a tué 5 fois plus de personnes que la vaccination anti-grippe en 30 ans. Ceci confirme d’une autre façon encore que nous sommes bien en présence de vaccins d’un nouveau genre, dont la dangerosité est inédite. </p><p>Conclusion </p><p>La question des effets indésirables graves des vaccins anti-covid fait l’objet d’un déni et d’un silence proprement scandaleux de la part du gouvernement et des principales agences sanitaires (Agence nationale de sécurité du médicament, Haute autorité de santé, Haut conseil de santé publique, etc.). Tout se passe comme s’il s’agissait d’un véritable tabou, en France comme dans la plupart des autres pays occidentaux. L’importance de ces effets apporte en effet une contradiction trop flagrante et dévastatrice pour l’idéologie de la vaccination intégrale qui guide des gouvernements ayant choisi de s’abandonner dans les bras de l’industrie pharmaceutique. Cette dernière est en effet au cœur de toute la gestion d’une épidémie qui constitue pour elle une aubaine inédite dans l’histoire : quel produit commercial breveté a pour marché potentiel la totalité de l’humanité, renouvelable chaque année qui plus est ? Patrons et actionnaires de ces firmes pharmaceutiques et biotechnologiques sont en train de <a href="https://www.alternatives-economiques.fr/covid-19-tres-chers-vaccins/00099304" class="external" target="_blank">devenir immensément riches</a>. Au vu de la façon (dans l’urgence, pour générer un maximum de profits) dont ces industries ont travaillé, notamment aux Etats-Unis et en Angleterre, pour mettre au point ces nouveaux vaccins génétiques (ADN ou ARN), on pouvait ainsi dès le départ redouter que ces produits ne soient pas de très bonne qualité. Mais la réalité dépasse ces craintes et montre que ces vaccins ont davantage d’effets indésirables plus ou moins graves qu’aucun autre avant eux. Nous avons vu ainsi qu’aux Pays-Bas l’on parvient à un taux de 2,7 morts pour 100 000 vaccinés (16,5 millions de vaccinés, 448 morts). En France et aux Etats-Unis, ce taux monte à environ 3,7 morts pour 100 000 vaccinés. Et en Grande-Bretagne, ce taux grimpe même à 4,3 morts pour 100 000 vaccinés, très probablement en raison de la prépondérance du vaccin AstraZeneca que l’on sait <a href="https://www.sudouest.fr/sante/coronavirus/vaccin/vaccin-astrazeneca-les-pays-bas-suspendent-a-leur-tour-son-utilisation-1672594.php" class="external" target="_blank">depuis le mois de mars 2021</a> être le plus dangereux des quatre vaccins couramment utilisés en Occident (en particulier du fait des nombreuses thromboses qu’il provoque et qui commencent à être documentées dans la littérature scientifique médicale, voir par exemple <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2104840" class="external" target="_blank">ici</a> et <a href="https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2104882" class="external" target="_blank">là</a>), ce qui n’est guère surprenant lorsque l’on connaît <a href="https://www.nytimes.com/2020/12/07/business/china-vaccine-astrazeneca.html" class="external" target="_blank">les conditions dans lesquelles il a été fabriqué en Chine</a>. Au passage, nous avons également signalé que ce fut le premier vaccin administré en France, dès février 2021, aux professionnels de santé. De là une des raisons rationnelles probables de la grande réticence à la vaccination anti-covid que manifestent une partie d’entre eux.</p><p>Cette mortalité vaccinale (qui n’est que la pointe émergée de l’iceberg des effets indésirables graves) est donc inédite, elle est particulièrement grave et sa dissimulation l’est plus encore. Soyons clair : dissimuler d’une façon ou d’une autre un tel danger est tout simplement criminel vis-à-vis de la population. Même réduite à ses plus élémentaires principes de déontologie (primum non nocere), l’approche de cette question en termes de santé publique devrait conduire à suspendre d’urgence la campagne vaccinale, à étudier beaucoup plus en détail les données de cette pharmacovigilance (en particulier selon les classes d’âge et en fonction des différents facteurs de risque) et, au terme d’une analyse bénéfices/risques méticuleuse, à déterminer à quelles catégories bien précises de la population il est possible de proposer la vaccination sans risque que les effets indésirables graves soient plus nombreux que les formes graves de la Covid dont elle sensée les protéger. Tout autre approche ne relève pas de la santé publique mais de postures idéologiques ou d’un marketing commercial. Et l’histoire a déjà montré (sur le tabac, sur les pesticides, sur la pollution aux hydrocarbures, etc.) que ces postures et ce marketing étaient responsables de véritables crimes contre les populations civiles. Que ces crimes soient commis au nom du Bien ou au nom de la Santé ne devrait en aucun cas aveugler sur leur réalité et leur nature. Toutes celles et ceux qui s’y adonnent pourront être désormais considérés comme complices de cette nouvelle mortalité vaccinale inédite dans l’histoire de la médecine.</p><p>Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/662/ils-prevoient-un-krach-boursier-aux-proportions-bibliques</guid>
	<pubDate>Thu, 08 Jul 2021 16:34:52 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/662/ils-prevoient-un-krach-boursier-aux-proportions-bibliques</link>
	<title><![CDATA[Ils prévoient un krach boursier aux proportions bibliques]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Publié8 juillet 2021, 06:53</p><p>
Dans la foulée de Michael Burry, un des visionnaires de «The Big Short», de plus en plus d’experts prévoient un effondrement prochain des marchés.
</p><p>Michael Burry, en 2015, lors de la première new-yorkaise de «The Big Short», film hautement recommandable tiré du best-seller homonyme. Il fut un des rares qui anticipèrent à leur profit l’explosion de la bulle spéculative immobilière qui conduisit à l’effondrement de 2008.</p>
<p>Getty Images via AFP</p>
<p>Mars 2020, débâcle historique sur les marchés mondiaux. Mars 2021, records battus à Wall Street, à Francfort… En un an, les marchés boursiers mondiaux sont passés du krach à l’exaltation, à une <a href="https://www.lematin.ch/story/les-records-sur-les-marches-boursiers-presagent-ils-une-veritable-crise-financiere-213792791999">vitesse qui inquiète</a> certains observateurs, constatait l’Agence France Presse lors d’un de ses précédents états des lieux.</p><p>Ce qui ressemble à un miracle va inéluctablement se transformer en cauchemar, claironnent de plus en plus fort quelques grands noms de la finance mondiale faisant fi de toute nuance. «Il va y avoir du sang sur le sol» se risque même à affirmer l’un d’entre eux. La raison? Une intense spéculation alimentée par les interventions massives des États pour soutenir l’économie mise à l’arrêt par les vagues pandémiques. Quelque «24’000 milliards de dollars» d’argent frais ont été injectés à l’échelle mondiale, indique à l’AFP Kokou Agbo-Bloua, responsable mondial de la recherche macroéconomique chez Société Générale,</p><p>Premier sur une liste des lanceurs d’alerte établie par «Market Insider», Michael Burry est ressorti de son silence en juin pour décrire l’état des marchés comme «la plus grande bulle spéculative de tous les temps en toutes choses». Cet investisseur a acquis une certaine notoriété pour avoir détecté (et d’en avoir à terme profité), deux ans au moins avant que les faits ne lui donnent raison, que quelque chose ne tournait pas rond dans les chiffres obscurs du marché immobilier américain. Une bulle spéculative qui lorsqu’elle explosa provoqua la crise économique mondiale de 2008.</p><p>C’est «la mère de tous les krachs» qu’entrevoit désormais celui qui a été incarné par Christian Bale dans «The Big Short – Le casse du siècle», l’excellente comédie dramatique (visible sur Prime Video) tirée du best-seller homonyme qui mis en lumière ceux qui virent arriver la crise avant tout le monde.</p><p>
Jeremy Grantham
</p><p>Jeremy Grantham, en 2013 à Boston.</p>
<p>Boston Globe via Getty Images</p>
<p>Et il n’est pas le seul à jouer les Cassandre. En janvier dernier, le cofondateur du fonds GMO, Jeremy Grantham, qualifiait d’«épique» la bulle spéculative qui prospère en 2021. «Lorsque vous avez atteint ce niveau de super-enthousiasme, la bulle a toujours, sans exception, éclaté au bout de quelques mois, et non au bout de quelques années». Et de préciser: «Nous devrons vivre, potentiellement, probablement, avec la plus grande perte de valeur perçue des actifs que nous ayons jamais vue».</p><p>
Leon Cooperman
</p><p>Leon Cooperman, de sortie en 2015.</p>
<p>Getty Images</p>
<p>En mai dernier, un autre investisseur milliardaire, Leon Cooperman, prévenait «Quand ce marché aura une raison de baisser, il baissera si vite que vous aurez la tête qui tourne.» Tout en précisant que toutes les conditions pour que cela survienne n’étaient pas encore tout à fait présentes.</p><p>
Kevin O’Leary
</p><p>Kevin O’Leary, en 2019 à Los Angeles.</p>
<p>Getty Images</p>
<p>Animateur vedette de l’émission de télé-réalité financière américaine «Shark Tank», Kevin O’Leary, ne voit également pas d’autre scénario qu’un prochain effondrement. «La correction arrive — je ne sais pas quand, je ne sais pas ce qui la déclenchera…», affirme-t-il. La génération qui boursicote actuellement n’ayant jamais connu un tel retournement, le présentateur – qui semble croire aux vertus éducatives de l’expérience – assure qu’elle en tirera la leçon.</p><p>
Stanley Druckenmiller
</p><p>Investisseur milliardaire et chef du Duquesne Family Office, Stanley Druckenmiller est plus précis sur la question du quand. Il a indiqué en mai dernier qu’il retirerait ses actifs dans quelques mois. «Je serai surpris si nous ne sortons pas du marché boursier d’ici à la fin de l’année, simplement parce que les bulles ne peuvent pas durer aussi longtemps».</p><p>
Robert Kiyosaki
</p><p>Mais qui est cette personne au côté de Robert Kiyosaki? Photo prise ici en 2006.</p>
<p>Patrick McMullan via Getty Image</p>
<p>Le gourou de la finance personnelle, Robert Kiyosaki, ne fait pas dans la dentelle: «ÊTES-VOUS PRÊTS?" a-t-il tweeté en avril. "Boom, faillite, folie, crash, dépression. (…) Préparez-vous au plus grand krach et à la plus grande dépression de l’histoire mondiale.»</p><p>
Gary Shilling
</p><p class="Quote_quoteText__1fnOf">À un moment donné, mon garçon, il va y avoir beaucoup de sang sur le sol.</p><p>Gary Shilling en 1983.</p>
<p>Denver Post via Getty Images</p>
<p>C’est en avril dernier que Gary Shilling, président du fonds A. Gary Shilling &amp; Co, a livré sa grande prédiction: «Les spéculations dépassent toute logique et ce sera probablement le cas pour celle-ci. Mais à un moment donné, mon garçon, il va y avoir beaucoup de sang sur le sol.». Tout en prévenant: «Je ne fais aucune prédiction ferme quant au moment où tout cela va s’effondrer». Au moins, c’est dit.</p><p>
Eric Bourguignon
</p><p>De tous les experts s’étant exprimé dernièrement, Eric Bourguignon, responsable des activités sur titres pour compte de tiers de Swiss Life AM, compte parmi les plus modérés. À l’AFP, il indiquait: «Surendettement majeur, des secteurs qui ont été laminés définitivement, une économie tenue à bout de bras… il va falloir beaucoup de doigté pour maintenir dans la durée (ce) système.»</p><p>(JChC)</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/610/comment-les-pionniers-francais-de-l%E2%80%99arn-ont-decapite-la-poule-aux-oeufs-d%E2%80%99or</guid>
	<pubDate>Wed, 26 May 2021 13:38:05 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/610/comment-les-pionniers-francais-de-l%E2%80%99arn-ont-decapite-la-poule-aux-oeufs-d%E2%80%99or</link>
	<title><![CDATA[Comment les pionniers français de l’ARN ont décapité la poule aux œufs d’or]]></title>
	<description><![CDATA[<p>En 1993, la France avait toutes les cartes en mains pour développer le premier vaccin à ARN messager. Une expérience réussie, des ambitions dans les biotechnologies, un groupe pharmaceutique créé par une famille de visionnaires, les Mérieux. Mais il y avait des risques et encore pas mal de travail. Le premier projet de vaccin à ARN messager sera finalement suicidé. Et 20 années perdues.</p><p>C’est une histoire de relation à l’innovation assez typiquement française. Elle marque une première renaissance des technologies à base d’ARN messager au moment même où elles entrent dans un long hiver aux États-Unis (<a href="https://www.heidi.news/explorations/arn-messager-la-revanche-des-outsiders" rel="nofollow noopener" target="_blank">voir les épisodes précédents</a>). Une recherche brillante au plan fondamental, suivie par un abandon industriel lorsqu’il s’est agi de développer son application clinique: this is so French, diront les Anglo-saxons.</p><p>Il faut remonter à 1979. Cette année-là, Robert Lattès, un spécialiste du capital-risque de la banque Paribas ainsi que son patron, Pierre Moussa, un inspecteur des finances devenu banquier, veulent mettre la France en pole position dans la course de l'industrie naissante des biotechnologies. La star de ce secteur, Genentech a été fondée trois ans plus tôt en Californie. A Genève, le biologiste moléculaire suisse Charles Weissmann vient de lancer Biogen avec d’autres scientifiques. Amgen, Chiron et Genzyme s’apprêtent à être portés sur les fonts baptismaux par les capital-risqueurs de la Silicon Valley et de Boston.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
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	<pubDate>Fri, 14 May 2021 20:15:49 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/556/des-chercheurs-de-lepfz-decouvrent-le-talon-dachille-du-covid-19-rtsch</link>
	<title><![CDATA[Des chercheurs de l&#039;EPFZ découvrent le talon d&#039;Achille du Covid-19 - rts.ch]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Des chercheurs de l'EPFZ ont mis au jour un point faible important du coronavirus, qui permet d'inhiber la multiplication de l'agent pathogène. Cette découverte pourrait permettre le développement d'un médicament efficace contre tous les variants.</p><p>Le décalage du cadre de lecture est au coeur des recherches menées par des chercheurs de l'EPFZ et les universités de Berne, Lausanne et Cork (Irlande). Dans ce phénomène génétique, le ribosome - l'usine à protéines de la cellule - se trompe et omet des lettres lorsqu'il lit la séquence de l'ARN messager.</p><p>Cette situation arrive rarement dans les cellules saines car cela entraînerait un dysfonctionnement des protéines. Mais certains virus, comme le coronavirus ou le VIH, dépendent au contraire de ce décalage pour réguler la production de leurs protéines.</p><p>Le SARS-CoV-2, à l'origine du Covid-19, induit un décalage du cadre de lecture en repliant son ARN d'une manière inhabituelle et complexe, écrit l'équipe de recherche vendredi <a href="https://ethz.ch/en/news-and-events/eth-news/news/2021/05/the-achilles-heel-of-the-coronavirus.html">dans un communiqué</a>. "Les composés chimiques ciblant cet ARN viral spécialement replié pourraient être utilisés comme médicaments antiviraux".</p><p>&gt;&gt; La vidéo publiée par l'EPFZ:</p>
<p>[embedded content]Gel du ribosome</p>
<p>Mais jusqu'à présent, il y avait trop peu d'informations précises sur cet ARN viral. Les chercheurs ont réussi à observer ce processus, est-il indiqué dans le dernier numéro de la revue scientifique "Science".</p><p>Ils ont pu, grâce à des expériences biochimiques sophistiquées, "geler" le ribosome au niveau du site de décalage du cadre de lecture de l'ARN du coronavirus. Les scientifiques ont ensuite pu étudier le complexe moléculaire à l'aide de la microscopie cryo-électronique.</p><p>Ils sont aussi allés plus loin en essayant d'influer sur le processus avec des substances chimiques. Résultat: deux composés chimiques réduisent la réplication virale de mille à dix mille fois, sans être toxiques pour les cellules traitées.</p>
<p>Efficace contre les variants</p>
<p>Comme tous les types de coronavirus reposent sur le décalage du cadre de lecture, un médicament ciblant ce processus pourrait permettre de traiter les infections causées par des variants.</p><p>Les futurs travaux de l'équipe se concentreront sur la compréhension des mécanismes de défense cellulaire qui suppriment ce décalage dans les cas de virus. Cela pourrait être utile pour développer des médicaments basés sur ce phénomène, a expliqué Nenad Ban, professeur de biologie moléculaire à l'EPFZ et co-auteur de l'étude.</p><p>&gt;&gt; Revoir le sujet de La Matinale consacrée au séquençage du coronavirus:</p>
<p><a href="//www.rts.ch/video/la-1ere/l-eclairage-d-actualite/12039692-comment-surveilleton-les-variants-du-coronavirus-video.html" data-media-urn="urn:rts:video:12039692"><br /><br /><br /><br /></a><br />Comment surveille-t-on les variants du coronavirus ? (vidéo) / La Matinale / 3 min. / le 12 mars 2021</p>
<p>ats/boi</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/537/deconstruire-ca-peut-se-faire-a-tout-age</guid>
	<pubDate>Sat, 08 May 2021 16:38:25 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/537/deconstruire-ca-peut-se-faire-a-tout-age</link>
	<title><![CDATA[&quot;Déconstruire, ça peut se faire à tout âge&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="article-text article-body__item">Meufcocotte n'est pas n'importe quelle institutrice. Sur son compte Instagram, elle jouit d'une certaine popularité. Un peu plus de 39.500 personnes la suivent et likent, à l'envi, ses différentes publications au ton, le plus souvent, féministe. Parfois même, comme ce mercredi 2 décembre 2020, elle "parle de [son] travail", partage ses expériences et donne quelques astuces à suivre. Dans celle-ci, elle annonce : "On me demande souvent si je parle en inclusif à mes élèves, voici comment je procède".</p><p class="article-text article-body__item">Ses élèves ont "quatre ou cinq ans", précise-t-elle. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas les mettre à la page. "Par défaut, la langue française prévoit que le masculin l'emporte sur le féminin, or dans ma classe, je m'efforce de toujours utiliser les deux en même temps lorsque je m'adresse à toute ma classe". Pour illustrer son propos, elle donne un exemple : "Voyons qui sont les absentes et les absents aujourd'hui". Une initiative insignifiante ? "Certes cette utilisation de la langue est très binaire, se justifie-t-elle. Mais il est à mon sens compliqué et peu pertinent de faire plus complexe à l'âge de mes élèves". Pourtant, à lire la centaine de commentaires d'enseignants, comme ils se présentent, certains vont bien plus loin, jusqu'à faire de l'écriture inclusive une matière (presque) à part entière.</p>
<p>Faire "avancer" les mentalités</p>
<p class="article-text article-body__item">Comme elle, Anne, qui se présente sur son compte comme "enseignante qui dénonce les discriminations à l'école", fait son "petit pas inclusif" en classe. Pour sa part, c'est en écrivant au tableau "les listes d'adjectifs à apprendre avec le point de séparation : content.e ; intelligent.e. Ça ne coûte rien, ça ne les choque pas, et je me dis qu'ils seront habitués à cette façon d'écrire quand ils la verront". Alison, maîtresse en moyenne section, explique de son côté simplement rebondir sur leurs "remarques" pour œuvrer en faveur d'une "société plus inclusive". Même si, "comme ils sont encore petits", il est "difficile de parler de non-binaire, de transgenre"…</p><p class="article-text article-body__item">Autre écueil, soulevé cette fois par une certaine Hellauw : il est compliqué d'employer l'écriture inclusive à l'oral en classe car "impossible à prononcer sans prendre ça pour du féminin (ex : heureux.se)". Heureusement, Sasha vient à sa rescousse : "Pour heureux-se, il y a heureuxe qui se dit heureukse". Ouf ! Un autre internaute abonde : "Quand je m'exprime au neutre, je mets le X après le mot. Par exemple, "je suis content.x". Il y a aussi des articles neutres comme Lo, ael, celleux, ellui etc".</p><p class="article-text article-body__item">Contactés, ces enseignants n'ont pas souhaité nous répondre. Ne s'estimant pas assez "légitimes" ou "représentatifs", pour la plupart, pour s'exprimer, quand d'autres n'ont tout simplement pas donné suite à nos sollicitations. Mais ils ne sont pas les seuls à, désormais, vouloir faire entrer l'écriture inclusive dans la tête des élèves dès le plus jeune âge. Rencontrée sur un groupe Facebook de profs, Agnès*, 32 ans, enseignante d'une classe de CE2 dans le Val d'Oise, tente elle aussi de faire "avancer les mœurs et les esprits" en distillant des petites touches "d'inclusion". "Il n'y a pas d'âge pour prendre conscience du principal défi de notre génération et des générations futures, l'égalité", nous précise-t-elle, par téléphone.</p>
<p>Des mots épicènes pour inclure</p>
<p class="article-text article-body__item">Agnès a un modèle, répète-t-elle à plusieurs reprises : Paulo Freire, pédagogue brésilien décédé en 1997 connu pour sa méthode d'alphabétisation des "opprimés". Elle n'applique pas vraiment ses vues, "trop complexes à ce niveau", qui sont censées pousser les enseignants à se saisir de l'expérience sociale des élèves pour les amener à la problématiser, dans le but de leur faire prendre conscience des rapports sociaux inégalitaires qui organisent la société. Simplement, elle suit cette volonté de tourner la pédagogie vers l'engagement politique, donc vers l'égalité.</p><p class="article-text article-body__item">"Tous les cycles sont bons pour les amener à réfléchir à certains relents conservateurs de la société, explique-t-elle. Déconstruire certains clichés, ça peut se faire à tout âge. Par exemple en disant que le rose n'est pas forcément une couleur de fille, ou en expliquant que tout le monde a le droit d'être cité dans une phrase censée s'adresser à tous. Femmes, hommes, et même les autres. Et là, c'est le moment d'expliquer qui sont les non-binaires et pourquoi ils ont le droit d'être respectés". Pour Agnès, l'apprentissage de l'inclusion s'arrête là, même si elle avoue avoir déjà touché "un ou deux mots" à ses élèves à propos des "mots épicènes" (non-genrés). "Il existe des mots nouveaux, des articles comme des pronoms, pour inclure le maximum de personnes. C'est une démarche positive, je ne vois donc aucun problème à leur dire qu'un monde nouveau s'ouvre. Ensuite à eux de voir s'ils veulent en faire partie".</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="http://marianne.net/agora/tribunes-libres/une-ecriture-excluante-qui-s-impose-par-la-propagande-32-linguistes-listent-les">Une "écriture excluante" qui "s’impose par la propagande" : 32 linguistes listent les défauts de l’écriture inclusive</a></p><p class="article-text article-body__item">Clarissa et Juliette, 29 et 34 ans, elles aussi enseignantes - et elles aussi anonymes pour s'éviter une éventuelle visite de l'inspection, consciente que leur démarche peut "déranger" - sont du même avis. "Il n'est jamais assez tôt pour former des citoyens éclairés", scande la première, enseignante d'une classe double niveau CM1-CM2 dans les Hauts-de-Seine. "Il y a quelque chose de ludique dans cette nouvelle langue française qui se dessine", sourit la seconde, qui exerce dans une école primaire bordelaise, à l'évocation de cette écriture inclusive qu'elle amène parfois à portée de regard de ses élèves.</p>
<p>"Mots mutants"</p>
<p class="article-text article-body__item">Toutes les deux assument : oui, elles ont animé des ateliers, à la fin d'un cycle ou avant de voir s'ouvrir des vacances scolaires, autour de cette "langue en mutation". "Simplement pour les ouvrir à autre chose, pas pour les endoctriner", balaie Clarissa. Au tableau, cette dernière a rédigé une liste de nouveautés à examiner. De nouveaux articles définis neutres (lo, lu, au lieu de le ou la), ou inclusifs (lia, li). Ce fameux pronom : iel, fusion de il et elle. Ou quelques déterminants possessifs inclusifs venus de loin : maon ou taon, fusion de mon et ton. La seconde, elle, après avoir distribué quelques polycopiés comprenant ces "mots mutants", comme s'en est amusé un élève, a lancé un exercice collectif : transformer des phrases du quotidien avec ces nouvelles données.</p><p class="article-text article-body__item">"C'était très amusant, rapporte-t-elle. Dans un premier temps, il ne voyait pas l'intérêt, ils trouvaient ça ridicule, puis ça les a amusés. Ils ont fini par me demander, il y a peu, que l'on fasse à nouveau ce genre d'activités. J'ai été très heureuse de cette réaction que je traduis par une volonté de se saisir d'outils nouveaux". Avant-gardistes les enfants ? Ou simplement clients de l'ubuesque ?</p><p class="article-text article-body__item">Surtout, est-ce vraiment rendre service à ces jeunes enfants que de les initier à ce langage dès l'école ? Dans une tribune publiée sur le site <a href="https://theconversation.com/debat-faut-il-enseigner-lecriture-inclusive-147336">The Conversation</a>, trois spécialistes du domaine s'interrogent (Anne Dister, linguiste, Dominique Lafontaine, professeur en sciences de l'éducation, et Marie-Louise Moreau, professeur de sociolinguistique) et concluent : "L’adoption de ces nouvelles normes se traduit par un plus grand écart entre l’oral et l’écrit. Cela engendre aussi une complexification évidente des règles orthographiques, alors que les modifications proposées sont loin d’être stabilisées et qu’elles entrent en conflit avec les normes ordinaires". Et d'ajouter : "Si on sait qu’une proportion importante d’enfants – plusieurs recherches sont là-dessus convergentes – maîtrisent mal les accords orthographiques en genre et nombre à l’entrée dans le secondaire, on peut pressentir que les nouvelles formes seront moins libératrices que génératrices de difficultés accrues, et donc d’exclusion".</p>
<p>Des mots au service d'une idéologie ?</p>
<p class="article-text article-body__item">Si les enseignants interrogés se défendent en brandissant leur liberté pédagogique, Pierre Favre, vice-président du Syndicat national des écoles (SNE) s'en insurge : "La liberté, c'est celle d'utiliser tous les moyens pour transmettre des savoirs. Or, la langue est le premier des savoirs, c'est l'instrument essentiel, celui qui résume tout, c'est ce qui fait la France. La liberté pédagogique ne peut donc être celle de pouvoir intenter à la langue. C'est donc une démarche interdite et n'importe quel inspecteur au courant de telles pratiques mettrait le hola immédiatement".</p><p class="article-text article-body__item">S'il est convaincu qu'il faut faire de la langue "un objet de plaisir", il voit dans ces pratiques tout de même peu répandues une "déformation de la langue" au service d'une idéologie. "C'est penser que l'instrument va modeler les esprits, avance-t-il. Je sais bien l'intention qui se cache derrière cette démarche : 'Il faut créer les conditions pour que les gens n'aient pas d'autres idées que les nôtres et ça passe par le vocabulaire. En imposant les mots, nous imposons nos idées'".</p><p class="article-text article-body__item">À LIRE AUSSI : <a href="http://marianne.net/politique/gouvernement/les-batailles-perdues-de-jean-michel-blanquer">Les batailles perdues de Jean-Michel Blanquer</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/515/%C2%ABzero-covid%C2%BB-contre-%C2%ABstop-and-go%C2%BB-une-etude-dresse-un-bilan-comparatif-sans-appel</guid>
	<pubDate>Thu, 29 Apr 2021 11:03:38 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/515/%C2%ABzero-covid%C2%BB-contre-%C2%ABstop-and-go%C2%BB-une-etude-dresse-un-bilan-comparatif-sans-appel</link>
	<title><![CDATA[«Zéro covid» contre «stop and go»: une étude dresse un bilan comparatif sans appel]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Vivre avec le virus, ou bien lui déclarer la guerre? Ces deux stratégies sanitaires ont coexisté depuis le début de la pandémie. Pour quels résultats? Une équipe européenne d’économistes, de sociologues et de spécialistes de santé publique a examiné la question.</p><p>Ses conclusions, qui paraissent ce 29 avril sous forme de <a href="http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)00978-8/fulltext" target="_blank" rel="noopener noreferrer">commentaire</a> dans la revue The Lancet, sont sans appel: les pays qui ont appliqué la tolérance zéro face au coronavirus s’en sont beaucoup mieux sortis que ceux qui ont pratiqué le «stop and go», à l’image de la Suisse, la France ou l’Allemagne.</p><p>Lire aussi: <a href="https://www.letemps.ch/sciences/antoine-flahault-leurope-sinterroger-lopportunite-strategie-zero-covid" target="_blank" data-hovercard="https://www.letemps.ch/sciences/antoine-flahault-leurope-sinterroger-lopportunite-strategie-zero-covid">«L’Europe devrait s’interroger sur l’opportunité de la stratégie zéro covid»</a></p><p>Les scientifiques ont examiné la gestion de la pandémie lors des 12 premiers mois au niveau mondial, et comparé plus en détail les 37 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), majoritairement constituée de pays développés. Ils ont en particulier analysé les décès imputés au Covid-19, la croissance du PIB et la dureté des mesures sanitaires, et vérifié si des différences notables existaient selon les deux types de stratégie, mitigation ou élimination.</p><p>La mitigation est la stratégie du «vivre avec» qui s’est imposée dans la majorité des pays occidentaux. Elle repose sur un relatif laisser-faire et n’impose de mesures fortes que lorsque les systèmes hospitaliers sont menacés de saturation.</p><p>On a souvent entendu que la gestion de la pandémie était une affaire de compromis entre la santé et l’économie. Nos résultats montrent le contraire</p>
<p>Miquel Oliu-Barton, Université Paris-Dauphine</p>
<p>L’autre voie, l’élimination, parfois appelée stratégie du «zéro covid», consiste en des mesures fortes (fermetures, quarantaines obligatoires, etc.) qui, prises précocement, font s’effondrer la circulation virale à de très faibles niveaux. Une fois ce stade atteint, la vie reprend presque normalement, mais des mesures de lockdown, le plus souvent ponctuelles et au niveau local, sont mises en place à la moindre réapparition du virus. Des contrôles aux frontières sont pratiqués, de même que le contact tracing – ce qui est rendu plus aisé par le faible nombre de cas.</p>
<p>De meilleures performances économiques</p>
<p>Au niveau médical, les pays ayant opté pour une telle stratégie (Australie, Nouvelle-Zélande, Japon, Corée du Sud et Islande) ont observé une mortalité par million d’habitants 25 fois inférieure aux autres. Le lien de cause à effet n’est cependant pas établi, mais l’association est significative.</p><p>«On a souvent entendu que la gestion de la pandémie était une affaire de compromis entre la santé et l’économie. Nos résultats montrent le contraire», déclare Miquel Oliu-Barton, de l’Université Paris-Dauphine. La comparaison est même «accablante», d’après le communiqué publié par son équipe. Les pays du club «élimination» «ont connu une meilleure performance économique presque à chaque période [la croissance du PIB a été prise en compte semaine après semaine]. Cela leur a permis de retrouver un niveau de croissance pré-covid, soit en moyenne 10 points au-dessus des autres pays.» Le PIB a par exemple reculé en Suisse de 3% en 2020, tandis que celui de Taïwan (non inclus dans l’étude), qui a appliqué une stricte politique d’élimination du virus, a progressé de 3% sur cette période. Les mesures fortes entraînent initialement une baisse du PIB, qui est compensée sur le long terme, détaille Miquel Oliu-Barton.</p><p>Lire aussi: <a href="https://www.letemps.ch/economie/confinement-fautil-fermer-un-bref-moment-mieux-rebondir" data-hovercard="https://www.letemps.ch/economie/confinement-fautil-fermer-un-bref-moment-mieux-rebondir">Confinement: faut-il tout fermer un bref moment pour mieux rebondir?</a></p><p>Coauteur de l’étude, l’économiste Philippe Aghion de la London School of Economics, estime que «la stratégie stop and go est préjudiciable à la croissance économique car elle empêche les entreprises de planifier à long terme. Au lieu d’investir dans l’innovation, ils épargnent pour faire face au prochain confinement et privilégient des embauches en contrats de courte durée.»</p>
<p>Le «stop and go» serait plus liberticide</p>
<p>Autre signataire de l’article, <a href="https://www.letemps.ch/monde/ilona-kickbusch-loms-sort-souvent-renforcee-crises" target="_blank" data-hovercard="https://www.letemps.ch/monde/ilona-kickbusch-loms-sort-souvent-renforcee-crises">Ilona Kickbusch</a>, spécialiste en santé globale de l’Institut de hautes études internationales et du développement, à Genève, ajoute: «Les pays qui ont opté pour l’élimination ont fondé leur stratégie sur un objectif commun et de solidarité. D’autres devraient prendre cet apprentissage, montrer une action décisive et mettre de côté les arguments polarisés et non scientifiques afin de regagner le soutien de la population.»</p><p>Parmi les arguments en faveur des stratégies de mitigation figure celui des libertés individuelles, sacrées en Occident et dont le bâillonnement serait incompatible avec des mesures strictes propres au «zéro covid». Ce point est également balayé par la présente étude. En se penchant sur l’Oxford Stringency Index, une valeur permettant d’évaluer la dureté des mesures sanitaires, les auteurs estiment que c’est justement dans les pays du «vivre avec» que les libertés ont été le plus bafouées. Les mesures strictes liées au «zéro covid», plus ponctuelles et plus locales, ont été jugées moins liberticides, d’après ces estimations.</p>
<p>Appel à une coordination internationale pour éliminer le SARS-CoV-2</p>
<p>Voilà pour le bilan. Mais avec des vaccins à l’horizon, est-il judicieux de changer de cap? Les stratégies d’élimination gardent toute leur pertinence, assure Miquel Oliu-Barton: «Le coronavirus ne sera pas éradiqué dans les trois mois. L’histoire rappelle que les éradications prennent toujours plus longtemps que prévu. Le coronavirus continuera hélas probablement à circuler pendant une longue période car tout le monde ne sera pas vacciné, ou alors pas forcément immunisé malgré une vaccination, ou encore parce que des variants échappant à l’immunité pourraient émerger», prédit-il.</p><p>La mise en place d’une stratégie d’élimination ne serait pas une sinécure, mais elle ne serait pas insurmontable non plus. Elle reposerait notamment sur un découpage géographique de l’Europe en grandes régions selon la prévalence virale, avec des contrôles aux frontières entre celles-ci. «Les pays qui ont opté pour l’élimination ont agi rapidement et localement pour contrôler les résurgences du virus. Ils ont pu ainsi créer et protéger des «zones vertes» où le virus est maîtrisé et où la vie peut revenir à la normale – reprise des activités sociales et des voyages en toute sécurité. C’est pourquoi nous renouvelons notre appel à une coordination internationale avec pour objectif l’élimination du Covid-19», détaille Miquel Oliu-Barton dans le communiqué. «C’est le moment idéal pour le faire, a-t-il ajouté lors d’un entretien. Mais c’est une décision qui revient aux politiques.»</p><p>Lire aussi: <a href="https://www.letemps.ch/opinions/controler-pandemie-sauver-leconomie" data-hovercard="https://www.letemps.ch/opinions/controler-pandemie-sauver-leconomie">Contrôler la pandémie pour sauver l’économie</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/477/faut-il-jeter-le-recyclage-documentaire</guid>
	<pubDate>Sun, 18 Apr 2021 08:37:20 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/477/faut-il-jeter-le-recyclage-documentaire</link>
	<title><![CDATA[Faut-il jeter le recyclage ? [Documentaire]]]></title>
	<description><![CDATA[<p>
Pourquoi ne remet-on pas en question notre consommation en vente à distance également qui génère beaucoup de pollution ?
Par Caroline</p><p>En ce qui concerne notre périmètre, celui de l’emballage, de nombreux projets sont actuellement en cours pour limiter l’impact des colis en vente à distance : un format adapté au produit, qui se plie facilement et dont les consignes de tri sont bien visibles, pour faciliter son tri, puis son recyclage. Les acteurs du secteur y travaillent !</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/456/stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja</guid>
	<pubDate>Thu, 15 Apr 2021 16:52:28 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/456/stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja</link>
	<title><![CDATA[Stellantis, la nouvelle étoile automobile qui pâlit déjà]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Stellantis est désormais un nom à retenir parmi les grandes multinationales automobiles. Il est issu de la fusion de deux constructeurs européens majeurs, PSA et FCA, c’est-à-dire Peugeot et Fiat.</p><p>L’opération a été annoncée dès le 30 octobre 2019. Ensuite, les équipes des deux entreprises ont planché durant un an sur un accord qui puisse être acceptable pour les deux parties. Ce dernier a été proposé aux actionnaires et aux autorités européennes de concurrence qui l’ont approuvé. Stellantis a vu la jour ce 16 janvier 2021.</p><p>Officiellement, c’est FCA, basé à Amsterdam, qui reprend PSA. L’échange se déroule sur base de 1,7452 actions de FCA pour une action de PSA [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 4 janvier 2021." id="nh1">1</a>]. Mais le but est d’obtenir une parité totale 50%-50%. Le titre est coté sur les Bourses de New York (Wall Street), de Milan et de Paris-Amsterdam-Bruxelles (Euronext).</p><p>Le choix du nom est particulier, car il est issu du latin stello qui signifie « briller d’étoiles ». Et les superlatifs volent pour décrire la naissance de ce mégagroupe. John Elkaan, le représentant de la famille Agnelli qui contrôlait Fiat, s’écrie qu’il s’agit d’une « fusion historique », prédisant [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb2" class="spip_note" rel="appendix" title="L’Echo, 4 janvier 2021." id="nh2">2</a>] : « Nous jouerons un rôle de premier plan au cours de la prochaine décennie… » Louis Gallois, l’ancien président du conseil de surveillance de PSA affirme pour sa part [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb3" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 4 janvier 2021." id="nh3">3</a>] : « Nous vivons la plus grande fusion dans l’industrie automobile depuis son origine. »</p><p>Mais les étoiles annoncées risquent de tourner autour des têtes de salariés groggys, quand ils seront confrontés aux conséquences concrètes de l’opération.</p>
<p>De quelle couleur sera la nouvelle géante ?</p>
<p>Stellantis s’installe clairement à la troisième ou quatrième place du secteur automobile. En 2019, s’il avait existé, le groupe aurait vendu 8,453 millions de véhicules, dont 3,878 pour PSA et 4,575 pour FCA. C’est derrière Volkswagen (10,956 millions), Toyota (10,74 millions) et l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors (10,18 millions), pour autant que celle-ci fonctionne réellement comme un groupe, et au coude à coude avec General Motors (7,718 millions en 2019, mais 8,384 millions en 2018) [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb4" class="spip_note" rel="appendix" title="Sur base des chiffres de 2020, qui sont évidemment conditionnés par la (...)" id="nh4">4</a>].</p><p>C’est clairement un titan au pays des voitures. Sa base est européenne, mais il dispose de solides installations en Amérique, au nord comme au sud. Il opère à partir de 14 marques différentes : Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall (issues du Groupe PSA) et Fiat, Alfa Romeo, Lancia, Abarth, Maserati, Chrysler, Jeep, Dodge, RAM (issues du Groupe FCA). Les dirigeants n’escomptent pas en supprimer une, du moins à court terme.</p><p>PSA possède 18 usines d’assemblage, 13 unités produisant des composants, essentiellement des moteurs, des transmissions et des boîtes de vitesse, et 5 centres de recherche. En outre, il participe à 7 joint-ventures dans la fabrication de véhicules, dont certaines sont importantes (Kolin avec Toyota, Sevelsud avec FCA et DCPA avec le constructeur chinois Dongfeng), et réalisent des modèles à partir d’accords de coopération où des sites fournissent des voitures supplémentaires en fonction des ventes [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb5" class="spip_note" rel="appendix" title="Calculs sur base des données fournies par PSA, Document d’enregistrement (...)" id="nh5">5</a>]. FCA, pour sa part, apporte 94 sites de production industrielle et 39 centres de recherche [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb6" class="spip_note" rel="appendix" title="Calculs sur base de FCA, Annual Report and Form 20-F 2019, p.22, 27 et 266. (...)" id="nh6">6</a>].</p><p>Au total, Stellantis devrait comptabiliser un chiffre d’affaires de 163 milliards d’euros, derrière Volkswagen (253 milliards), Toyota (245 milliards) et Daimler (173 milliards) [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb7" class="spip_note" rel="appendix" title="Nous avons additionné le montant de FCA (108 milliards) et PSA (75 (...)" id="nh7">7</a>]. Il emploiera quelque 292 000 salariés, 115 000 venant du groupe Peugeot et 177 000 de Fiat-Chrysler [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb8" class="spip_note" rel="appendix" title="Nous avons procédé de même que pour le chiffre d’affaires." id="nh8">8</a>]. Fin 2019, la capitalisation boursière des deux firmes, soit la valeur totale des actions placées en Bourse, s’élevait à quelque 40 milliards d’euros, loin derrière Toyota (206 milliards), Volkswagen (88 milliards), Daimler (53 milliards) ou même BMW et General Motors (47 milliards tous deux), et Honda (46 milliards) [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb9" class="spip_note" rel="appendix" title="Renault, Document d’enregistrement universel 2019, p.63." id="nh9">9</a>]. Début février 2021, ce montant n’avait progressé qu’à 42 milliards, avec une tendance à la baisse depuis la mise sur le marché des nouvelles parts de capital [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb10" class="spip_note" rel="appendix" title="Bloomberg Markets, 5 février 2021. Durant la pandémie, le titre de FCA a (...)" id="nh10">10</a>].</p><p>Le nouveau groupe, uni à parités égales, présente la physionomie suivante.</p>
<p>Schéma simplifié du nouveau groupe fusionné Stellantis. Source : PSA FCA – EU Prospectus, 20 novembre 2020, p.140.</p>
<p>La nouvelle structure a pour vocation de se consacrer quasi exclusivement à la production des véhicules du futur et d’y consacrer l’essentiel des investissements. Dès lors, Fiat a promis de vendre sa filiale robotique, Comau [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb11" class="spip_note" rel="appendix" title="Son nom complet est COnsorzio MAcchine Utensili, qu’on peut traduire par (...)" id="nh11">11</a>], dont le chiffre d‘affaires évalué se monte à plus d’un milliard d’euros et qui occupe 9000 salariés environ. Cette firme créée en 1973 a installé le parc de machines et d’automates dans de nombreuses usines italiennes d’assemblage. Elle a dernièrement refondé à l’aide de 187 robots l’équipement du site Mirafiori à Turin pour lui permettre de monter des batteries électriques sur les nouvelles Fiat 500. La tôlerie a également été mise en adéquation pour ce projet [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb12" class="spip_note" rel="appendix" title="Yahoo ! Finance, 27 novembre 2020." id="nh12">12</a>]. Mais la direction estime préférable de se détacher de ce secteur pour lui permettre d’approvisionner d’autres constructeurs et de ne pas consacrer les capitaux nécessaires à son développement. Avant la pandémie, elle escomptait que cette cession lui rapporterait entre 1,5 et 2 millions d’euros.</p><p>Pour sa part, PSA a décidé de se séparer de Faurecia, sa société spécialisée dans la production de composants automobiles et dont il détient le contrôle du capital, avec 46,3% des parts, mais 63% des droits de vote [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb13" class="spip_note" rel="appendix" title="Faurecia, document d’enregistrement universel 2019, p.326." id="nh13">13</a>]. Cette participation résulte de la volonté ancienne des firmes automobiles de posséder l’entièreté de la chaîne de fabrication. En outre, la filiale n’a cessé de s’agrandir en fusionnant ou en rachetant d’autres équipementiers : Bernard Faure, Sommer-Allibert… Aujourd’hui, les géants de la voiture ont abandonné les départements réalisant des pièces à des sous-traitants, à l’exception de ce qui caractérise un bolide, le moteur, la transmission, voire la boîte de vitesse. En 2018, le dernier d’entre eux à céder sa filiale n’était autre que Fiat qui a vendu Magneti Marelli pour 5,8 milliards d’euros. Avant l’arrivée du Covid-19, les analystes pensaient que Peugeot pouvait retirer 2,7 milliards d’euros de cette transaction [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb14" class="spip_note" rel="appendix" title="Financial Times, 31 octobre 2019." id="nh14">14</a>].</p><p>Avec ses projets de cession, la Commission européenne n’a pas trouvé grand-chose à redire à la fusion. Sa seule inquiétude portait sur le marché des petits véhicules utilitaires légers où les parts des deux constructeurs cumulés étaient importantes, voire même très élevées, dans certains pays [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb15" class="spip_note" rel="appendix" title="Belgique, Tchéquie, France, Grèce, Italie, Lituanie, Pologne, Portugal et (...)" id="nh15">15</a>]. Les autorités de la concurrence craignaient alors une hausse des prix pour les clients. Elles ont donc proposé deux aménagements : d’abord, dans l’accord qui lie Peugeot et Toyota, par lequel le premier produit les automobiles que vend le second ; il est demandé que la proportion allouée à la firme japonaise soit augmentée ; ensuite, pour les réparations et entretiens de ces véhicules, il doit être possible aux concurrents d’avoir accès aisément aux réseaux conjoints de FCA et de PSA [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb16" class="spip_note" rel="appendix" title="Commission européenne, « Concentrations : la Commission autorise la (...)" id="nh16">16</a>].</p><p>Après le feu vert donné par la Commission, les principaux actionnaires des deux multinationales n’ont plus eu qu’à avaliser le projet, Stellantis était né.</p>
<p>Un petit coin de paradis… fiscal</p>
<p>Même si les centres opérationnels demeurent en France, en Italie et aux États-Unis, le nouveau groupe a installé ses quartiers généraux à Lijnden, à quelques encablures de Schiphol, l’aéroport international d’Amsterdam. En fait, il a repris les installations de FCA, qui, suite à la fusion entre Fiat et Chrysler en 2014 [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb17" class="spip_note" rel="appendix" title="En réalité, il s’agissait d’un rachat de Chrysler en quasi-faillite par Fiat. (...)" id="nh17">17</a>], avait choisi la capitale néerlandaise comme port d’attache. Il avait également établi sa direction financière à Londres. Cette fois, Brexit oblige, tout sera concentré aux Pays-Bas.</p><p>Stellantis n’est pas le premier holding à fixer sa base dans la capitale néerlandaise. L’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors y a aussi placé son centre névralgique, tout comme EADS, le géant européen de l’aéronautique qui produit les Airbus, et bien d’autres. Mais qu’est-ce qui pousse ces multinationales à opter pour le nord de l’Europe pour y loger leur siège social ?</p><p>Certes, les Pays-Bas forment généralement un emplacement plutôt neutre par rapport à des conglomérats aux influences françaises, allemandes, italiennes, britanniques… Mais c’est loin d’être le seul atout. Et ce n’est certainement pas le principal.</p><p>En fait, l’État néerlandais a organisé un véritable parc d’attractions à l’intention des grands groupes financiers. En tout premier lieu, il est aux petits soins pour ces investisseurs. Il fournit une aide juridique et une simplification administrative permettant d’enregistrer rapidement la nouvelle société.</p><p>Un des aspects les plus intéressants de la législation batave est la procédure de tax ruling pour les sociétés financières. L’entreprise négocie avec l’administration le niveau d’impôt qu’elle paiera durant les cinq ou dix ans à venir, peu importe les modifications de taux qui pourraient intervenir par la suite. Auparavant, l’opacité complète était assurée. Avec les différents scandales, les Pays-Bas publient les accords obtenus, mais en taisant le nom des firmes impliquées [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb18" class="spip_note" rel="appendix" title="Marianne, 27 mai 2020." id="nh18">18</a>]. Ils sont aussi tenus de répondre aux autres États qui demanderaient des renseignements sur certains arrangements avec des firmes opérant chez eux.</p><p>La Commission européenne considère ce système comme une aide publique déguisée. Elle a interpelé le gouvernement de La Haye sur ce point et l’a condamné dans l’un des cas d’avantages fiscaux. Immédiatement, le pouvoir néerlandais a interjeté appel de cette décision devant la Cour de Justice européenne [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb19" class="spip_note" rel="appendix" title="PwC, Doing Business in the Netherlands 2020, p.25." id="nh19">19</a>]. L’affaire est en attente.</p><p>Mais le système qui attire tous les groupes multinationaux européens est celui qui exonère de toute taxe les dividendes et les plus-values provenant des filiales. Ceci vaut pour les relations entre sociétés mères et leurs succursales en Europe. Mais depuis 2018, cela s’applique aussi pour les États avec lesquels un traité bilatéral a été signé avec La Haye. Cela représente un peu moins d’une centaine de pays [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb20" class="spip_note" rel="appendix" title="PwC, op. cit., p.28." id="nh20">20</a>]. Mais, même si un tel pacte n’existe pas, la firme peut encore bénéficier d’une réduction d’impôt. Il suffit que celle-ci montre qu’elle a des activités réelles sur le sol néerlandais, que ce n’est pas une coquille vide.</p><p>En outre, les pouvoirs publics ont mis en place à partir de 2018 une innovative box (une boîte à innovations), permettant aux firmes de ne payer un impôt sur les bénéfices tirés des brevets ou autres formes de propriété intellectuelle de 7% (9% à partir de 2021), contre 20 à 30% ailleurs. Aux Pays-Bas, cette taxe sur les profits s’élève à 25%. Mais elle a été abaissée à 21,5% à partir de 2021. Ce mécanisme d’optimisation fiscale a été largement mis à profit par les géants des technologies : en effet, il suffit de facturer aux filiales sous forme de redevance le droit d’utiliser la marque ou autre particularité du groupe [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb21" class="spip_note" rel="appendix" title="Marianne, 27 mai 2020." id="nh21">21</a>]. Et les fonds glissent naturellement vers le paradis néerlandais, où ils sont peu taxés.</p><p>Lancé dans une course pour définir la voiture de demain, électrique, autonome, connectée, Stellantis va pouvoir utiliser à loisir toutes ces dispositions fiscales pour récolter à l’avantage de ses actionnaires les fruits de ces innovations.</p>
<p>Deux familles en or et en argent</p>
<p>La parité complète s’impose entre les deux groupes, car chacun est contrôlé et dirigé par une ancienne famille industrielle européenne, les Peugeot et les Agnelli. Aucune des deux ne veut abandonner la mise et, si elles projettent de s’associer, c’est par nécessité pour résister face à des concurrents de plus en plus puissants.</p><p>L’origine dynastique des Peugeot remonte au XVIIIe siècle, lorsque Jean-Pierre est recensé comme meunier à Hérimoncourt, au sud-est de Montbéliard. Il y dirige une entreprise de teinturerie et de meunerie d’huiles et de céréales. En 1810, ses deux fils aînés investissent dans la métallurgie, pendant que deux autres développent l’activité textile. En 1885, c’est Armand qui lance la firme dans la production de bicyclettes. Six ans plus tard, il s’associe à Émile Levassor, qui fabrique des moteurs sous licence Daimler, et sort la première automobile. L’usine principale est, dès 1897, celle d’Audincourt, quasiment dans les faubourgs de Montbéliard. Elle est déplacée en 1912 à Sochaux, qui deviendra le centre industriel historique du constructeur.</p><p>La compagnie devient une des premières parmi les sociétés françaises ainsi que parmi les multinationales du secteur. En 1974, elle prend une participation dans Citroën, moribond. Puis, elle en prend le contrôle intégral deux ans plus tard. En 1978, elle acquiert les actifs européens de Chrysler. Cela signifie une unité de production à Poissy sous la marque Simca, une autre à Madrid et une troisième à Ryton en Angleterre. En 2017, elle rachète la filiale de General Motors sur le vieux continent, soit Opel (et Vauxhall en Grande-Bretagne). En 2019, PSA, (Peugeot société anonyme) est le dixième constructeur mondial en ce qui concerne la vente de véhicules [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb22" class="spip_note" rel="appendix" title="Pro L’Argus, 17 avril 2020. Le classement ne compte pas l’Alliance (...)" id="nh22">22</a>].</p><p>Pour sa part, la famille Agnelli trouve ses origines chez des seigneurs féodaux comme les comtes de Loreto avant le Xe siècle, connus sous le nom de Nielli d’Alba, une région au sud de l’actuel Piémont. Mais, au XVIIIe siècle, une erreur d’écriture a transformé leur nom en Agnelli. Ce sont des propriétaires terriens, lorsque Giovanni, passionné de mécanique, se lance dans des tentatives infructueuses d’entreprises dans ce secteur. En 1896, il s’installe à Turin et, trois ans plus tard, fonde Fiat [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb23" class="spip_note" rel="appendix" title="Fabbrica Italiana Automobili Torino (Usine automobile italienne de (...)" id="nh23">23</a>].</p><p>En 1915, il érige à Lingotto ses installations d’inspiration fordienne. En 1936, il ira encore plus loin essayant de reproduire le complexe River Rouge de Dearborn de Ford à Mirafiori, toujours au sud de Turin. Il s’impose comme le principal producteur de véhicules dans la péninsule. Il se diversifie dans d’autres activités mécaniques et même dans la presse, La Stampa, ou le football, la Juventus reprise en 1923. Il prendra la carte de membre du parti national fasciste en 1932. Il meurt en 1945.</p><p>Ses successeurs sont ses petits-fils, Gianni, dit L’Avocato, parce qu’il a suivi des études de droit (mais jamais exercé), et Umberto. Ils sont trop jeunes pour diriger. C’est donc Vittorio Valletta qui assure la « régence ». Dès la reprise après la guerre, les dirigeants de Fiat collaborent avec la CIA entre autres pour empêcher que le parti communiste italien, le plus puissant à l’époque en Europe occidentale, d’accéder au gouvernement de Rome.</p><p>En 1966, Gianni devient président de Fiat et prend les rênes du conglomérat. Il avait épousé treize ans plus tôt la princesse Marella Caracciolo di Castagneto. Il prend une dimension internationale, étant un des fondateurs en 1973 de la Trilatérale, ce club d’hommes influents de la Triade (Europe, Amérique du Nord, Japon) [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb24" class="spip_note" rel="appendix" title="Il a été membre du comité de direction du groupe de Bilderberg. Cette (...)" id="nh24">24</a>]. Dix ans plus tard, il est l’un des inspirateurs de la Table ronde des industriels européens, ce lobby d’une cinquantaine de dirigeants de multinationales qui a eu une telle importance dans la construction européenne.</p><p>Il rachète progressivement tous les concurrents de la péninsule : Autobianchi en 1968, Lancia en 1969, Abarth en 1971, Alfa Romeo en 1986 au nez et à la barbe de Ford, Maserati en 1987. En 1969, Fiat acquiert 50% de Ferrari. Vingt ans plus tard, la spécialiste de formule un devient une filiale du groupe turinois.</p><p>Gianni meurt en 2003. Son frère Umberto lui succède, mais pour un an seulement, car il décède à son tour. À ce moment, aucun héritier n’est en mesure de diriger la structure. La famille est obligée de recourir à un manager indépendant, Sergio Marchionne, administrateur délégué de Fiat de 2004 jusqu’à sa mort, en 2018. C’est progressivement John Elkann, petit-fils de Gianni [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb25" class="spip_note" rel="appendix" title="En fait, il est l’aîné de Margherita Agnelli de Pahlen, fille de Gianni, et de (...)" id="nh25">25</a>], qui reprendra le flambeau dynastique, devenant président de la célèbre marque en 2010.</p><p>À partir de 2009, le constructeur italien reprend Chrysler, quasiment en faillite. En 2014, ce dernier est totalement intégré et la société change de nom en FCA (Fiat Chrysler Automobiles). En 2019, il se classe au huitième rang des constructeurs mondiaux en termes de ventes mondiales [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb26" class="spip_note" rel="appendix" title="Pro L’Argus, 17 avril 2020." id="nh26">26</a>].</p><p>Ces deux familles de notables au rayonnement international ont donc une longue tradition industrielle derrière eux. Il n’est pas aisé de les réunir dans un même projet qui les lie pour l’avenir à parités égales.</p>
<p>Le grand théâtre des négociations</p>
<p>Ce n’est pas faute d’essayer. Depuis des lustres, on évoque leur association. Mais, à chaque fois, les rumeurs sont démenties. Dès 1978, ils fondent une nouvelle société ensemble, Sevel [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb27" class="spip_note" rel="appendix" title="Società Europea Veicoli Leggeri." id="nh27">27</a>], pour réaliser des véhicules utilitaires et des monospaces légers. Ils installent une usine pour les fabriquer à Atessa dans les Abruzzes. Ensuite, ils se les répartissent en modèles Fiat, Peugeot ou Citroën. Les premières automobiles sortent en 1981.</p><p>L’expérience est un succès, car elle permet de produire en diminuant les coûts de production sur un volume de plus de 200 000 voitures [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb28" class="spip_note" rel="appendix" title="En général, le volume minimal pour une usine automobile s’élève à 200 000 (...)" id="nh28">28</a>] (ce qui n’aurait pas été possible si les deux firmes avaient investi séparément), que les deux compères lancent en 1993 une petite sœur à Hordain, près de Valencienne, intitulée Sevel Nord. L’entité française est managée par Peugeot, pendant que le site italien est géré par Fiat. Mais, en 2011, le groupe turinois, embarqué dans la reprise de Chrysler, ne juge plus la filiale nordiste nécessaire. Il se retire, laissant PSA le soin de trouver un partenaire ou de fermer l’entité. C’est la première solution qui est choisie avec l’arrivée de commandes pour Toyota.</p><p>Plusieurs manœuvres de rapprochement sont tentées ensuite, notamment en 2009 et en 2014. Sans succès. Mais la situation change. D’abord, il y a la crise économique, qui affecte les deux multinationales. Fiat est embourbé dans les dettes après la reprise de Chrysler. PSA est quasiment acculé à la faillite en 2013. Il ne doit sa survie qu’à l’apport de capitaux venant de l’État français et de son partenaire chinois Dongfeng. De ce fait, la famille Peugeot n’est déjà plus seul maître à bord. Lors des discussions à l’intérieur du holding familial, certains plaidaient pour abandonner l’automobile.</p><p>Ensuite, il y a les mutations technologiques qui doivent apporter la voiture du futur comme un produit électrique, donc théoriquement peu polluant, autonome, capable de se diriger sans pilote, et connecté, pour pouvoir se diriger dans un espace déterminé. Cela nécessite d’énormes investissements et des connaissances que ne maîtrisent pas habituellement les constructeurs.</p><p>À partir de juillet 2018, les négociations secrètes entre les deux groupes reprennent. Elles s’intensifient même. Le 1er avril 2019, les deux firmes acceptent de s’échanger les informations confidentielles pour envisager concrètement la coopération [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb29" class="spip_note" rel="appendix" title="PSA FCA – EU Prospectus, 20 novembre 2020, p.69." id="nh29">29</a>]. Les réunions entre collaborateurs se multiplient.</p><p>Seulement, parallèlement, John Elkaan et Carlos Ghosn, le tout-puissant patron de Renault, prennent contact également [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb30" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 6 juin 2019." id="nh30">30</a>]. Les Agnelli semblent davantage demandeurs d’une alliance. Ils y tiennent absolument, peu importe les conséquences. L’ancien directeur général, Sergio Marchionne, en était convaincu : seuls les plus puissants subsisteront dans l’industrie automobile. En 2015, il essaie d’entamer une fusion avec General Motors, mais la firme de Detroit fait la sourde oreille.</p><p>Les pourparlers avec Renault aboutissent en premier. Le 27 mai 2019, FCA propose officiellement une intégration des deux groupes. Sans doute, les Agnelli voient le cours de l’entreprise française s’effondrer suite à l’arrestation de son patron au Japon et son incarcération [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb31" class="spip_note" rel="appendix" title="Voir Henri Houben, « Tsunami sur Renault », Gresea, 20 décembre (...)" id="nh31">31</a>]. Ils pensent obtenir un accord avantageux avec cette firme à la tête de l’Alliance. C’est une véritable opportunité.</p><p>Les termes avancés par FCA sont particuliers, car ils ressemblent comme deux gouttes d’eau à ceux qui seront conclus plus tard avec PSA. En effet, la fusion doit être à parités égales, avec le même nombre d’administrateurs, cinq chacun. John Elkann aurait la présidence et Dominique Senard, le PDG qui a succédé à Carlos Ghosn, le poste de directeur général, donc le patron exécutif de la structure [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb32" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 27 mai 2019." id="nh32">32</a>]. La société issue de l’accord serait installée à Amsterdam. Les actionnaires du constructeur italien bénéficieront d’un dividende exceptionnel pour compenser l’écart de valorisation boursière entre les deux conglomérats. Le but affiché est de mettre en commun les capitaux nécessaires pour investir dans la voiture de demain. Il n’y aurait pas de fermeture d’usines, promet-on.</p><p>Carlos Tavares, le président de PSA et ancien numéro deux de Renault avant de se faire larguer par le roi soleil de l’époque, l’autre Carlos [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb33" class="spip_note" rel="appendix" title="En 2013, lors d’une interview, Tavares déclare vouloir diriger un groupe (...)" id="nh33">33</a>], est outré. De suite, il rédige un mémo qui fait le tour de Paris, de quoi mettre de l’huile sur le feu. Il y est écrit effectivement : « La valorisation actuelle de Renault explique en grande partie l’intérêt de Fiat pour une fusion. » De ce fait, l’opération est qualifiée de « prise de contrôle virtuelle de Renault par Fiat » [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb34" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 30 octobre 2019." id="nh34">34</a>].</p><p>Mais surtout les dirigeants de l’ancienne régie ne parlent pas de ces discussions avec leurs partenaires de l’Alliance. Nissan apprend la nouvelle par Fiat la veille du jour de l’officialisation des fiançailles [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb35" class="spip_note" rel="appendix" title="La Tribune, 28 mai 2019." id="nh35">35</a>]. C’est la douche froide à Yokohama. Depuis les accusations de malversations financières contre l’ancien patron, Carlos Ghosn, les tensions s’accroissent avec Renault. Ne pas être tenu au courant des négociations en cours avec FCA, ce qui manifestement déséquilibrerait encore un peu davantage l’Alliance, ne plaît pas du tout aux responsables japonais. Diplomatiquement, ils demandent à étudier le dossier avant de se prononcer.</p><p>Comprenant que leur partenariat avec Nissan est en danger, les représentants de l’État français, principal actionnaire de Renault, même s’ils sont favorables au projet avec le groupe turinois, exigent un peu de temps pour réfléchir aux conséquences d’une telle initiative. Mais ce qui intéresse les Agnelli dans l’opération, c’est justement la percée possible sur l’immense marché asiatique lucratif et en plein développement qu’offrent aussi bien Nissan que Mitsubishi Motors [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb36" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 26 mai 2019." id="nh36">36</a>]. La multinationale turinoise est peu présente dans ces territoires.</p><p>Fiat presse donc les dirigeants français à prendre position. Le 30 mai, les négociateurs italiens lancent un ultimatum [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb37" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 30 mai 2019." id="nh37">37</a>] : « L’offre de FCA n’est pas négociable. (…) Cette proposition semble équitable, elle a été approuvée par le conseil d’administration. C’est à prendre ou à laisser, et rapidement ! » Il est probable que les responsables piémontais se sont rendu compte que Nissan allait refuser l’accord, puisque leurs managers avaient été tenus soigneusement à l’écart du projet. De plus, leur firme allait être minorisée au sein du nouveau groupe tentaculaire, au moment où celle-ci exige une revalorisation au sein de l’Alliance, considérant qu’elle en est le principal noyau, alors qu’au niveau du capital c’est Renault le propriétaire. Or, sans l’apport nippon, l’association est beaucoup moins intéressante pour Turin.</p><p>L’État français essaie de tergiverser et demande des délais supplémentaires. Mais rien n’y fait. Fiat annonce le 6 juin que l’offre ne tient plus.</p><p>Carlos Tavares en profite. Il réanime les contacts avec Turin. Auparavant, les querelles de clocher dominaient encore les négociations. « Ni les Peugeot ni les Agnelli ne voulaient céder leur affaire », explique une personne participant aux pourparlers [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb38" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 28 mai 2019." id="nh38">38</a>]. Ils n’étaient ni d’accord sur la valorisation de leur entreprise ni d’accord sur le futur contrôle du nouvel ensemble. Mais, cette fois, le patron portugais de Peugeot ne veut plus rien entendre. Il faut aboutir.</p><p>Les deux groupes mettent en route leurs experts financiers pour résoudre toutes les difficultés éventuelles dès juillet. Ainsi, Erik Maris de Messier Maris &amp; Associés [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb39" class="spip_note" rel="appendix" title="Il s’agit d’une banque d’investissement créée par l’ancien patron vedette de (...)" id="nh39">39</a>] et la banque américaine Morgan Stanley représentent Peugeot, tandis que Alain Minc et Goldman Sachs négocient pour FCA [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb40" class="spip_note" rel="appendix" title="Ce genre d’opérations est souvent une aubaine pour les sociétés financières de (...)" id="nh40">40</a>]. Le 27 octobre, lors d’une entrevue entre Carlos Tavares et John Elkann, les deux firmes acceptent l’idée d’une fusion à parités égales et la distribution d’un dividende exceptionnel aux actionnaires après la vente des filiales Comau et Faurecia [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb41" class="spip_note" rel="appendix" title="PSA FCA – EU Prospectus, 20 novembre 2020, p.71." id="nh41">41</a>].</p><p>Le 17 décembre, l’annonce de l’intégration future des deux groupes est officialisée. Ceux-ci se donnent un an pour finaliser l’accord et pour présenter le projet aux autorités de la concurrence. Peugeot accepte de racheter une partie de la participation de Dongfeng dans le constructeur français [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb42" class="spip_note" rel="appendix" title="Il existe une clause de stand still (rester immobile) qui lie les trois (...)" id="nh42">42</a>]. Ce même jour, les deux conseils d’administration approuvent les termes du partenariat [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb43" class="spip_note" rel="appendix" title="PSA FCA – EU Prospectus, 20 novembre 2020, p.73." id="nh43">43</a>].</p><p>Finalement, le processus aboutit au dépôt du plan de fusion le 20 novembre 2020. Un mois plus tard, la Commission renvoie son avis favorable. Les actionnaires de deux multinationales se déclarent sans surprise partisans de l’opération, le 4 janvier 2021. Celle-ci peut donc se conclure dans la création de Stellantis le 16 janvier 2021.</p>
<p>Un contrôle vraiment paritaire ?</p>
<p>Les deux partenaires ont fortement insisté sur le caractère équilibré de l’entité issue de la fusion. Il n’y aurait pas d’avantages pour une famille par rapport à l’autre. Elles auraient toutes deux un pouvoir quasi équivalent, aussi bien dans le capital que dans les organes de direction.</p><p>En fait, l’inégalité apparaît dès que l’on consulte ce qui est le nouvel actionnariat de Stellantis. Le tableau 1 reproduit l’évolution de celui-ci des deux groupes intégrés à la nouvelle structure.</p><p>Tableau 1. Actionnariat de PSA et de FCA en 2019 et de Stellantis en 2021 (en %)</p>
<p>PSA<br />Exor</p>

<p> 28,7<br />14,4<br />Peugeot<br />12,2</p>

<p>7,2<br />Dongfeng<br />12,2</p>

<p>5,6<br />État français (BPI)<br />12,2</p>

<p>6,2<br />Autres<br />63,3<br />71,3<br />66,6<br />Total<br />100,0<br />100,0<br />100,0</p>
<p>Sources : PSA, document d’enregistrement universel 2019, p.301, FCA, Annual Report and Form 20-F 2019, p.19, et PSA FCA – EU Prospectus, 20 novembre 2020, p.231.</p><p>Il est très clair de cet aperçu que l’actionnaire principal sera la famille Agnelli qui contrôle le holding Exor à 53%44. Celui-ci est le bras industriel actif de la dynastie. Fondé en 1927 sous le nom d’Istituto Finanziario Industriale (Institut financier italien ou IFI), il prendra le nom actuel en 1993.</p><p>Le tableau 2 reprend ses principales participations.</p><p>Tableau 2. Principales participations du groupe Exor en 2019 (en %)</p>
<p>Firme<br />Secteur<br />Parts<br />Droits de vote<br />% du total<br />PartnerRe<br />assurances<br />100,0<br />97,2<br />30,0<br />Ferrari<br />automobile de luxe<br />22,9<br />35,8<br />24,6<br />FCA<br />automobile<br />28,7<br />42,4<br />22,2<br />CNH Industrial<br />machines, véhicules utilitaires<br />26,9<br />42,2<br />13,5<br />Juventus<br />football<br />63,8<br />63,8<br />4,0<br />The Economist<br />presse<br />43,4<br />20,0<br />1,2<br />Autres</p>

<p>4,5</p>

<p>100,0</p>
<p>Source : Exor, Rapport annuel 2019, p.6.</p><p>Cela va de l’assurance à l’automobile et à la construction de machines en passant par la presse et le football. À chaque fois, Exor est clairement le propriétaire de référence, assurant le contrôle total sur ces entreprises. Le holding a son siège social également à Amsterdam. Grâce au dividende extra obtenu avec la fusion, il est en train de placer ses fonds dans l’habillement de luxe. Il a ainsi pris 24% de la firme Christian Louboutin, spécialisée dans la chaussure, pour un montant de 541 millions d’euros. Il détient une part équivalente aux fondateurs [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb44" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 8 mars 2021." id="nh44">44</a>].</p><p>En 1984, Gianni a réuni les intérêts de la famille, composée d’une centaine de représentants, dans une société en commandite limitée [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb45" class="spip_note" rel="appendix" title="Une société en commandite distingue des commanditaires qui apportent des (...)" id="nh45">45</a>], la Giovanni Agnelli B.V., installée à la même adresse qu’Exor. C’est cette firme qui détient les 53% de la famille dans cette dernière. La dynastie est divisée en deux branches principales : les Agnelli proprement dits, descendants d’Edoardo Agnelli et de Virginia Bourbon del Monte, qui détiennent près de 72% des parts (dont 38% pour John Elkann) ; les Nasi, descendants de Carlo Nasi et Aniceta Agnelli, qui en possèdent 21% ; le reste étant un autocontrôle (pour 6%) et la propriété de la Fondation Giovanni Agnelli (pour 1%). John Elkann est le président des deux entités.</p><p>Pour sa part, la famille Peugeot est représentée officiellement aussi par un holding, le groupe FFP (anciennement Société foncière financière et de participation) [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb46" class="spip_note" rel="appendix" title="Début 2021, cette entreprise s’est rebaptisée Peugeot Invest." id="nh46">46</a>]. À côté de la participation dans PSA, cette compagnie conserve également 5% de SEB (Société d’Emboutissage de Bourgogne), leader mondial du petit équipement domestique, 0,7% de Safran, groupe d’aéronautique et de défense, 5% d’Orpea, chaîne de maisons de repos, 2,4% de Total Eren, une collaboration entre deux groupes (Total et Eren) dans l’énergie renouvelable. Elle devrait conserver un contrôle sur Faurecia [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb47" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 22 février 2021." id="nh47">47</a>].</p><p>Ce sont les Établissements Peugeot Frères qui en sont les principaux actionnaires avec 80% des parts, mais près de 90% des droits de vote. Les autres titres sont disséminés dans le public. Inutile d’ajouter que le conseil d’administration est composé essentiellement des membres de la famille, dont Roger le président.</p><p>L’accord entre les deux multinationales prévoit un organe de direction paritaire, cinq membres désignés par PSA, cinq autres par FCA. Le onzième est le directeur général, à savoir Carlos Tavares. John Elkann acquiert le titre de président de l’ensemble et Roger Peugeot celui de vice-président.</p><p>Le tableau 3 présente la composition de ce premier conseil d’administration de Stellantis.</p><p>Tableau 3. Membres du premier conseil d’administration de Stellantis</p>
<p>Nom<br />Pays<br />Fonction<br />Nommé par<br />Autres fonctions<br />Carlos Tavares<br />Portugal<br />Directeur général<br />PSA<br />Ancien n°2 Renault<br />John Elkann<br />Italie-USA<br />Président<br />Exor<br />Président Exor<br />Robert Peugeot<br />France<br />Vice-président<br />Famille Peugeot<br />Président FFP<br />Andrea Agnelli<br />Italie<br />Administrateur<br />Exor<br />Président Juventus<br />Henri de Castries<br />France<br />Administrateur<br />PSA<br />Ancien président Axa<br />Fiona Clare Cicconi<br />Italie-GBR<br />Administrateur<br />FCA<br />DRH Google et AstraZeneca<br />Nicolas Dufourcq<br />France<br />Administrateur<br />BPI<br />Directeur général BPI<br />Ann Frances Godbehere<br />Canada-GBR<br />Administrateur<br />PSA<br />Directrice Shell<br />Wan Ling Martello<br />USA<br />Administrateur<br />FCA<br />Cofondatrice BayPine<br />Jacques de Saint-Exupéry<br />France<br />Administrateur<br />PSA<br />Représentant salariés<br />Kevin Scott<br />USA<br />Administrateur<br />FCA<br />Vice-président Microsoft</p>
<p>Sources : PSA FCA – EU Prospectus, 20 novembre 2020, p.141, et Stellantis, <a href="https://www.stellantis.com/fr/groupe/gouvernance/leadership" class="spip_out" rel="external">Gouvernance, Leadership</a> [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb48" class="spip_note" rel="appendix" title="Nous avons précisé la nomination à partir des actionnaires des multinationales (...)" id="nh48">48</a>].</p><p>En fait, il y a assez peu d’administrateurs venant directement de FCA et de PSA. Ceux-ci restent sans doute en poste dans ce qui est devenu des filiales du groupe.</p><p>Il est à noter que, dans les dix membres nommés, il y a deux représentants du personnel : Jacques de Saint-Exupéry pour Peugeot et Fiona Clare Cicconi pour Fiat. Cela a donné lieu à une polémique avec les syndicats. En effet, le qualifié français est le résultat d’une négociation avec les délégués du personnel. Ce n’est pas du tout le cas pour sa collègue italo-britannique, qui a été désignée par la direction turinoise.</p><p>Dans un communiqué, la Fim Cisl [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb49" class="spip_note" rel="appendix" title="La FIM-CISL est la Fédération italienne des métallurgistes (Federazione (...)" id="nh49">49</a>] indique : « Nous exprimons notre insatisfaction et notre déception quant au manque d’implication des syndicats dans l’identification de la personne représentant les travailleurs de FCA. » Elle ajoute [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb50" class="spip_note" rel="appendix" title="La Tribune, 29 septembre 2020." id="nh50">50</a>] : « C’est une erreur de FCA qui a décidé de "choisir seul" ce représentant. » Pour leur part, la Fiom-Cgil [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb51" class="spip_note" rel="appendix" title="Confederazione Generale Italiana del Lavoro (Confédération générale italienne (...)" id="nh51">51</a>] et l’Uilm [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb52" class="spip_note" rel="appendix" title="Unione italiana lavoratori metalmeccanici (Syndicat italien des (...)" id="nh52">52</a>] ont également regretté cette nomination sans la participation des travailleurs.</p><p>Pour l’instant, c’est la lune de miel. Sans doute, avant la lutte de fiel. En effet, la plupart des fusions entre égaux se transforment en domination d’une partie sur l’autre. Les exemples sur ce point sont nombreux : le cimentier français Lafarge englouti dans Holcim, le chimiste Aventis, issu de l’intégration entre Rhône-Poulenc et Hoescht, absorbé par Sanofi, les assurances UAP mangées par la puissante Axa, Daimler qui s’empare de Chrysler en 1998, néglige le partenaire américain, pour le rejeter complètement en 2007, deux ans avant la faillite du constructeur de Detroit et la reprise progressive par Fiat…</p><p>Lors de l’annonce du mariage avec Renault, la CGT s’inquiétait fortement d’une telle éventualité [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb53" class="spip_note" rel="appendix" title="Le Point, 27 mai 2019." id="nh53">53</a>] : « Dans le cadre d’une fusion Renault-FCA à 50-50, la famille Agnelli serait l’actionnaire de référence (avec une minorité de blocage) avec 15 % du capital (...), l’État français descendrait à 7,5 %, perdrait sa minorité de blocage et il n’aurait plus de représentant dans le nouveau conseil d’administration. (…) Autrement dit, rien n’empêcherait l’actionnaire italien de privilégier sa base nationale. » La situation n’est guère différente dans le cas présent, il suffit de remplacer Renault par Peugeot.</p><p>Ce qui a convaincu les Sochaliens d’accepter cette inégalité est la possibilité pour le holding FFP de racheter 2,5% des actions de Dongfeng et du partenaire public, la BPI [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb54" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 2 novembre 2019." id="nh54">54</a>]. Cela permettrait à la dynastie française de remonter à 12,2% et de se rapprocher des 14,4% d’Exor. C’est une option obtenue pour huit ans. Mais sera-ce suffisant ?</p><p>Un analyste de Renault affirmait à l’époque [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb55" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 28 mai 2019." id="nh55">55</a>] : « Il suffit de se souvenir de ce que les Agnelli ont fait avec Chrysler : ils ont trait la vache à lait sans investir pour le futur et en laissant Fiat dépérir. » Et un banquier ajoute [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb56" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 28 mai 2019." id="nh56">56</a>] : « Tout le monde sait bien que l’un doit prendre le dessus. » Sur ce plan, les Agnelli sont incontestablement en meilleure position que les Peugeot.</p>
<p>Des capitaux pour les défis technologiques et environnementaux</p>
<p>Dans un communiqué conjoint, les deux groupes ont déclaré que l’ambition de la nouvelle entité était « d’unir leurs forces pour construire un leader mondial » [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb57" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 30 octobre 2019." id="nh57">57</a>]. En clair, il s’agissait de se retrouver dans le peloton de tête du secteur.</p><p>Mais, en réalité, l’objectif est clairement de réunir les capitaux nécessaires pour investir dans le véhicule de demain, à savoir électrique, autonome et connecté. Ainsi, Louis Gallois, président du conseil de surveillance de PSA, explique [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb58" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 4 janvier 2021." id="nh58">58</a>] : « Il sera plus facile de fabriquer des batteries compétitives avec un ’marché interne’ de quelque 8 millions de voitures. »</p><p>Le but premier est de réduire les émissions de CO2, vu les réglementations de plus en plus strictes exigées par les différents pays. Les spécialistes estiment à 250 milliards d’euros le montant nécessaire d’ici à 2025 pour obtenir ce résultat [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb59" class="spip_note" rel="appendix" title="Libération, 27 mai 2019." id="nh59">59</a>]. Ces sommes colossales en jeu seront mieux financées par des constructeurs de plus en plus puissants.</p><p>Romain Gillet, analyste chez IHS Markit [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb60" class="spip_note" rel="appendix" title="IHS Markit est une entreprise américano-britannique d’information (...)" id="nh60">60</a>], précise : « Oui, la taille critique est beaucoup plus importante aujourd’hui qu’il y a 15 ans. Notamment parce que les investissements sont plus importants qu’avant. On ne fait plus du ’business as usual’ [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb61" class="spip_note" rel="appendix" title="Des affaires comme d’habitude." id="nh61">61</a>]. Les contraintes réglementaires liées à la réduction des émissions de CO2, par exemple, obligent les constructeurs à électrifier leur gamme, que ce soit avec des véhicules hybrides ou 100 % électriques. Le développement des voitures connectées aussi impose aux constructeurs d’investir dans la R &amp; D, dans des domaines qui sont en dehors de leurs compétences traditionnelles. Atteindre une taille critique, en fusionnant avec un autre fabricant, permet de partager ces investissements. Si Fiat Chrysler est en retard dans l’électrification de sa gamme, PSA a aussi besoin de l’apport de FCA pour continuer de développer cette technologie et atteindre des volumes plus importants [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb62" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 31 octobre 2019." id="nh62">62</a>]. »</p><p>Effectivement, le rachat de Chrysler a entraîné le doublement des dettes à long terme du groupe italo-américain de 12 milliards d’euros en 2008 à 26 milliards en 2014 [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb63" class="spip_note" rel="appendix" title="Données bilantaires de Fiat." id="nh63">63</a>]. Dans ces conditions, Sergio Marchionne sacrifie en quelque sorte les investissements. FCA dépense 8 milliards et même 5,4 milliards en 2018, là où Volkswagen avance 20 milliards et Toyota 28 milliards ou Nissan 14 milliards.</p><p>Pour réduire l’impact des emprunts, le conglomérat turinois vend à tour de bras, notamment l’équipementier Magneti Marelli, au japonais Calsonic Kansei, en octobre 2018 pour 5,8 milliards d’euros. Dans cette perspective, la voiture électrique sera pour plus tard. L’année suivante, la multinationale, qui avait misé sur le diesel dont les ventes chutent, a constitué un pool avec Tesla, le champion du véhicule électrique et qui ne donc ne consomme pas de CO2, pour passer ensemble les tests de l’Union européenne et des États-Unis en matière de pollution [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb64" class="spip_note" rel="appendix" title="Au lieu que ce soit un constructeur qui présente les émissions de CO2 de sa (...)" id="nh64">64</a>]. C’est un accord de 1,8 milliard d’euros pour trois ans (jusqu’en 2022). Cela lui a permis d’éviter de payer une amende de 390 millions d’euros en 2019 [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb65" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 6 mai 2019." id="nh65">65</a>] et de deux milliards en 2021 [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb66" class="spip_note" rel="appendix" title="BfmTV, 8 février 2021. Ces pools se multiplient pour échapper aux sanctions (...)" id="nh66">66</a>].</p><p>Ce n’est qu’en juin 2018 que le groupe se lance dans un projet de 9 milliards d’euros sur cinq ans pour verdir sa gamme de modèles [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb67" class="spip_note" rel="appendix" title="Yahoo ! Finance, 27 novembre 2018." id="nh67">67</a>]. Le point d’orgue de cette stratégie est l’installation de 187 robots par Comau dans l’usine de Mirafiori en juillet 2019 de sorte à pouvoir sortir des chaînes une version électrique de la nouvelle Fiat 500 [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb68" class="spip_note" rel="appendix" title="Yahoo ! Finance, 27 novembre 2020." id="nh68">68</a>]. Les autres véhicules devraient suivre. Parallèlement, FCA a conclu en juillet 2020 un contrat avec Waymo, filiale d’Alphabet, la maison mère de Google et leader de la technologie de conduite sans pilote, pour développer des automobiles autonomes [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb69" class="spip_note" rel="appendix" title="Financial Times, 22 juillet 2020." id="nh69">69</a>]. Le but est d’équiper les camionnettes Ram de ces systèmes sophistiqués.</p><p>Actuellement, sur ce projet de véhicules sans conducteur, deux ensembles mènent la danse au niveau international : celui qui regroupe BMW, FCA (Fiat), Audi (VW) et Intel/Mobileye [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb70" class="spip_note" rel="appendix" title="Mobileye est une société israélienne qui développe des systèmes d’assistance à (...)" id="nh70">70</a>] et l’autre reprenant Toyota, GM et Nvidia, entreprise californienne spécialisée dans les technologies d’informatique visuelle.</p><p>Si Fiat est à la traîne, même avec une volonté de rattraper son retard, PSA, par contre, avance à grands pas. Depuis 2019, tous les types sont déclinés en format électrique. Entre 2019 et 2021, le groupe présente sept modèles hybrides et cinq électriques, produits sur les mêmes lignes que les voitures à combustion [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb71" class="spip_note" rel="appendix" title="Groupe PSA, Performance industrielle : ." id="nh71">71</a>]. De ce fait, il dispose d’une gamme complète avec des technologies diversifiées, allant de l’hybridation légère à l’électrique pur, en passant par l’hybride rechargeable et même l’hydrogène [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb72" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 30 octobre 2019." id="nh72">72</a>].</p><p>En outre, PSA est à la pointe dans le projet de créer un grand producteur européen de batteries électriques, qui représente un tiers de la valeur du véhicule de ce type. Pour l’instant, le vieux continent est très en retard, derrière le chinois Contemporary Amperex Technology (CATL, 23 % de l’offre mondiale), le japonais Panasonic (22 %), un autre chinois BYD (13 %), les Sud-Coréens LG-Chem (10 %) et Samsung-SDI (5,5 %). La part de marché des firmes européennes ne s’élève jusqu’à ce jour qu’à un petit pourcent [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb73" class="spip_note" rel="appendix" title="Ouest France, 2 mai 2019." id="nh73">73</a>].</p><p>Aussi la Commission a décidé de prendre les taureaux par les cornes. Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission et commissaire en charge de l’Énergie à l’époque, a lancé en octobre 2017 une plateforme European Battery Alliance (Alliance européenne pour les batteries), réunissant autour de ce projet sept États membres (France, Allemagne, Italie, Pologne, Belgique, Suède et Finlande), 17 firmes industrielles dont BMW, PSA, Saft (filiale de Total depuis 2016), BASF et Solvay, 70 partenaires externes et la Banque européenne d’investissement [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb74" class="spip_note" rel="appendix" title="The Good Life, 26 octobre 2020." id="nh74">74</a>]. Il s’agit de créer un géant dans le secteur. On qualifie parfois cette initiative d’Airbus des batteries, en raison de sa dimension politique et franco-allemande [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb75" class="spip_note" rel="appendix" title="La Tribune, 3 septembre 2020." id="nh75">75</a>].</p><p>Le programme est financé à concurrence de 3,2 milliards d’euros par les pays participants et de 5 milliards par le privé. Il s’échelonne en plusieurs étapes. Dans un premier temps, en janvier 2020, une unité pilote de Saft à Nersac, près d’Angoulême, a été préparée pour effectuer les essais techniques, de sorte à vérifier la faisabilité de produire des batteries électriques de nouvelle génération. Elle est devenue opérationnelle en septembre. À ce moment, PSA et Saft ont décidé de créer une co-entreprise, Automotive Cells Company (ACC), administrée par le directeur industriel du constructeur sochalien, Yann Vincent. Un centre de recherche dédié a été implanté à Bruges, une commune du nord de Bordeaux. Celui-ci devrait accueillir 50 salariés, alors que le site industriel de 170 personnes devrait voir les effectifs monter à 320 [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb76" class="spip_note" rel="appendix" title="Le Figaro, 12 septembre 2019." id="nh76">76</a>].</p><p>À un deuxième stade, à partir de 2022-2023, deux usines, appelées pour l’occasion « gigafactories », devraient être complètement orientées vers la production de masse de batteries. Elles appartiennent toutes deux au groupe Peugeot-Opel, puisqu’il s’agit de Douvrin, près de Lens, et de Kaiserslautern en Allemagne. La première, inaugurée en 1969, avait été créée par la Française de Mécanique, une filiale conjointe des deux multinationales françaises, Renault et Peugeot, jusqu’en décembre 2013, lorsque l’ancienne régie s’est retirée. La seconde est active depuis 1966 pour approvisionner les unités d’Opel. Jusqu’à présent, les deux entités fabriquaient des moteurs à essence ou diesels.</p><p>Au départ, elles utiliseront une capacité de 8 GWh [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb77" class="spip_note" rel="appendix" title="Symbole de gigawatt-heure, unité de mesure d’énergie qui correspond à la (...)" id="nh77">77</a>] pour progressivement atteindre une puissance cumulée de 48 GWh sur l’ensemble des deux sites, à l’horizon de 2030. Cela devrait correspondre à la production d’un million de voitures électriques, soit environ 10% du marché estimé pour l’époque [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb78" class="spip_note" rel="appendix" title="PSA, « Les Groupes PSA et Total créent « Automotive Cells Company », (...)" id="nh78">78</a>]. L’ambition est à terme de favoriser l’émergence de 10 à 20 usines géantes pour approvisionner en batteries le marché européen.</p><p>Les concepteurs du projet et les dirigeants de PSA espèrent créer 1500 emplois sur les deux sites dédiés. En revanche, globalement, les postes de travail devraient diminuer parce que le nombre de composants à monter sur la voiture est moins important : « Les véhicules électriques ont moins de pièces mobiles et une durée de vie plus longue et nécessitent moins d’heures de fabrication par véhicule et moins d’entretien et de réparation. Selon le cabinet de conseil AlixPartners, les heures nécessaires pour assembler un moteur à combustion interne s’élèvent à 6,2 par véhicule, ce qui passe à 9,2 heures par véhicule pour les hybrides et diminue à 3,7 heures par voiture avec un moteur électrique [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb79" class="spip_note" rel="appendix" title="International Labor Organisation (Organisation internationale du travail), (...)" id="nh79">79</a>]. » Les experts de McKinsey prévoient une diminution de quelque 300 000 postes en Europe entre 2018 et 2030 due à l’avènement du véhicule électrique [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb80" class="spip_note" rel="appendix" title="McKinsey Center for Future Mobility, Race 2050. A Vision for the European (...)" id="nh80">80</a>].</p><p>Le problème de PSA est qu’il est, par rapport aux enjeux du secteur, trop petit et trop européen. Avec 3,5 millions de véhicules vendus en 2019, dont 3 millions sur le seul vieux continent [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb81" class="spip_note" rel="appendix" title="2,1 millions sur 2,5 en 2020 (Stellantis, Résultats de l’année 2020 de FCA et (...)" id="nh81">81</a>], c’est trop peu par rapport aux concurrents comme Volkswagen, Toyota, General Motors, Ford, Hyundai ou l’Alliance. « Ses volumes sont insuffisants pour amortir les investissements colossaux à effectuer dans la voiture de demain, connectée, électrique et autonome », estime un expert [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb82" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 30 octobre 2019." id="nh82">82</a>]. D’où l’intérêt à la fusion.</p>
<p>Nouveau soleil, étoile filante ou supernova ?</p>
<p>En général, lors d’une opération de mariage, les fiancés se jettent des fleurs. « C’est la plus grande fusion de l’histoire automobile. » « Avec notre nouveau partenaire, notre avenir est assuré. » « Maintenant, nous disposons des moyens financiers pour investir dans la mobilité de demain. » « Dorénavant, nous avons les atouts pour peser sur le secteur. »</p><p>La réalité est beaucoup moins rose. Ni PSA, ni FCA ne sont en bonne position. Leur situation financière est délicate. Ces deux groupes subissent des restructurations à répétition pour revenir dans la course.</p><p>Les tableaux suivants reprennent les principales données pour les deux multinationales. Le premier porte sur la situation de PSA.</p>
<p>Tableau 4. Principaux indicateurs de PSA 2009-2019 (en millions d’euros)</p>
<p>Le chiffre d’affaires n’est revenu au niveau de 2007 qu’en 2018. Sur les onze années présentées, quatre montrent des pertes nettes. Le montant total des profits accumulés sur la période ne s’élève qu’à 2,3 milliards d’euros, soit sept fois moins que le seul gain de Toyota sur 2019. Il n’y a que quatre exercices durant lesquels les actionnaires ont été rémunérés et il ne s’agit nullement d’une volonté délibérée de la direction. Les sommes allouées à l’investissement et à la recherche ne progressent réellement que sur les deux ou trois derniers bilans. Le niveau de l’emploi est celui de 2006, mais avec l’apport de 38 000 salariés venus d’Opel.</p><p>La situation n’est guère plus rose à FCA, comme l’indique le tableau 5.</p>
<p>Tableau 5. Principaux indicateurs de FCA 2009-2019 (en millions d’euros)</p>
<p>Les statistiques sont perverties par la fusion avec Chrysler qui fournit environ 60 milliards d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires et, en définitive, environ 80 000 emplois. Le problème est que la prise de contrôle s’est déroulée progressivement. Donc les comptes du constructeur américain sont eux aussi consolidés petit à petit. Néanmoins, on peut voir que les bénéfices ne sont pas mirobolants, se chiffrant au total de ces onze ans à 18 milliards d’euros, soit à peine plus que le profit net de Toyota en 2019 (17 milliards). Le versement des dividendes est faible, pas nettement supérieur à celui de PSA, sauf en 2019. On observe clairement que le rapprochement avec la firme de Detroit a provoqué une hausse nette des dettes à long terme, qu’il a fallu rembourser par la suite. Cela a affecté les sommes consacrées à la recherche.</p><p>La plupart des spécialistes du secteur notent les fragilités de Fiat. Ainsi, Bernard Jullien, maître de conférences à l’université de Bordeaux, note au moment de l’annonce du mariage possible avec Renault [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb83" class="spip_note" rel="appendix" title="Les Echos, 4 juin 2019." id="nh83">83</a>] : « FCA ne dispose que de deux vaches à lait, Jeep et RAM, tandis que ses autres marques, Dodge, Chrysler, Fiat ou Alfa Romeo, sont en déshérence totale. Tout est à refaire. »</p><p>L’investissement dans les usines italiennes s’est réalisé tardivement. Les estimations, qu’elles émanent de cabinets de conseil et d’analyse ou des organisations syndicales, sont d’accord pour établir le taux d’utilisation des capacités de production de ces dernières à 60%, voire moins [<a href="https://multinationales.org/Stellantis-la-nouvelle-etoile-automobile-qui-palit-deja#nb84" class="spip_note" rel="appendix" title="L’évaluation en 2018 de LMC Automotive donne un taux inférieur à 60% (Les (...)" id="nh84">84</a>]. Ce sont des niveaux très faibles, qui normalem</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/431/a-new-documentary-highlights-the-visionary-behind-space-settlement</guid>
	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 22:47:55 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/431/a-new-documentary-highlights-the-visionary-behind-space-settlement</link>
	<title><![CDATA[A new documentary highlights the visionary behind space settlement]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://cdn.arstechnica.net/wp-content/uploads/2021/04/Gerard-ONeill_1.jpg" class="enlarge-link" data-height="2118" data-width="2870">Enlarge</a> / Physicist Gerry O'Neill popularized the notion of space settlement.</p>

<p><a title="52 posters participating" class="comment-count icon-comment-bubble-down" href="https://arstechnica.com/science/2021/04/a-new-documentary-highlights-the-visionary-behind-space-settlement/?comments=1"><br />reader comments<br />98 with 52 posters participating</a></p>

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<p>A new movie brings to life the legacy of a physicist who has played an influential—but largely unheralded—role in shaping the vision of space settlement.</p><p>The documentary The High Frontier: The Untold Story of Gerard K. O'Neill takes its name from the 1977 book The High Frontier: Human Colonies in Space authored by Princeton University physicist Gerard K. O'Neill. The movie will be released on April 17, and it's an excellent film for those seeking to better understand the future humans could have in outer space.</p><p>O'Neill popularized the idea of not just settling space, but of doing so in free space rather than on the surface of other planets or moons. His ideas spread through the space-enthusiast community at a time when NASA was about to debut its space shuttle, which first flew in 1981. NASA had sold the vehicle as offering frequent, low-cost access to space. It was the kind of transportation system that allowed visionaries like O'Neill to think about what humans could do in space if getting there were cheaper.</p><p>The concept of "O'Neill cylinders" began with a question he posed to his physics classes at Princeton: "Is a planetary surface the right place for an expanding industrial civilization?" As it turned out, following their analysis, the answer was no. Eventually, O'Neill and his students came to the idea of free-floating, rotating, cylindrical space colonies that could have access to ample solar energy.</p><p>Much of the material needed to construct these massive cylinders was available on the Moon, in the form of oxygen, silicon, and aluminum locked away in lunar rocks, as well as on asteroids. O'Neill and other physicists developed the concept of a "mass driver" to eject material from the surface of the Moon into lunar orbit, where it could be processed. It was a grand vision, and from a purely physics standpoint, nothing was magical.</p>
<p>Space settlement</p>
<p>One of the most important legacies of O'Neill is the rationale for space settlement that he laid out, explaining why humans should venture from Earth and attempt to find resources and new places to live.</p>
<p>Advertisement</p>
<p>"I see before us two basic choices," O'Neill says, in archival footage. "There can be more wars, more restrictions on individual freedom, as we battle in what has to be a zero-sum game over the resources of our planet. Or, a new flowering of opportunity, with wealth for all of humanity and the arts, as we open a new frontier in space with more than a thousand times the land area and resources of planet Earth."</p>
<p>[embedded content]<br />Official trailer for The High Frontier: The Untold Story of Gerard K. O'Neill.</p>
<p>O'Neill spawned a generation of true believers—dubbed "Gerry's kids"—who formed organizations like the L-5 Society and carried his views forward. As someone who grew up a generation after O'Neill set down his ideas, it was wonderful to see some of the people who have deeply influenced my thinking and served as mentors appear in the film: people such as Rick Tumlinson, Lori Garver, James Muncy, Jeff Manber, and more. The movie offered a deeper understanding of where their passion for space settlement was kindled.</p><p>Of course, none of O'Neill's ambitions has come to pass. The space shuttle, while allowing NASA to ultimately construct the International Space Station and deploy critical instruments like the Hubble Space Telescope, never lived up to its billing. The vehicle flew, on average, fewer than five times a year. And its per-flight costs over the lifetime of the program were about $1.5 billion per mission. This was no transportation system that enabled humans to move deeper into the cosmos, access its resources, and create economic activity.</p>
<p>Back to the future</p>
<p>O'Neill died from leukemia in 1992 at the age of 65. Despite the lack of progress toward his goals, those he influenced have carried his vision forward. Now, three decades after his death, we may be taking the first steps toward the future he outlined.</p><p>This is because Elon Musk, with SpaceX, and Jeff Bezos, with Blue Origin, have both dedicated their companies to developing low-cost access to space through reusable rockets. Musk was not directly influenced by O'Neill and strongly believes that Mars offers humanity the best place to begin settling other worlds. Bezos, however, is an O'Neill disciple.</p>
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<p>Bezos said he read The High Frontier multiple times in high school and attended Princeton University starting in the fall of 1982. Although Bezos never took a physics class from O'Neill, he attended his seminars that were open to anyone on campus.</p><p>In 2000, Bezos founded Blue Origin. He described its efforts to create a road to space as the "most important work" he is doing in his lifetime. In 2019, <a href="https://arstechnica.com/science/2019/05/jeff-bezos-unveils-his-sweeping-vision-for-humanitys-future-in-space/">when Bezos unveiled the full scope of his vision</a>, O'Neill cylinders were front and center of what he was trying to accomplish. "You don't choose your passions—your passions choose you," he said at the time. In speaking about life in these cylinders, Bezos added, "This is Maui on its best day all year long. No rain. No earthquakes. People are going to want to live here." And when they need to, he said, they could easily fly back to Earth.</p>
<p>An artist's rendering of a manufactured environment that could exist in space in the future.</p>

<p>The design was inspired by Gerard O'Neill, a professor Jeff Bezos met when he was a student at Princeton University.<br />Blue Origin</p>

<p>Bezos said the cylinders could have natural environments or cities within.<br />Blue Origin</p>

<p>Up to 1 million people could live in each habitat.<br />Blue Origin</p>

<p>Bezos views this as a more viable outcome for human growth than other worlds such as Mars.<br />Blue Origin</p>
<p>So far, Musk has moved far faster toward Mars than Bezos has toward O'Neill cylinders. But both are working toward the larger goal of spreading humanity beyond Earth, tapping into the Solar System's resources, and expanding our sphere of economic activity. Each is working toward space settlement in his own way and contributing the essential first step in affordable space transportation systems.</p><p>Dylan Taylor, 50, is another of O'Neill's devotees. After making his mark on real estate, Taylor became an angel investor in new space. Seeking to share the story of O'Neill with a new generation, he spearheaded this documentary film's development and backed it financially. Now chief executive of Voyager Space Holdings, Taylor is seeking to create a nucleus of space companies to develop space sustainably and take further steps into the high frontier. Both efforts are tributes to O'Neill.</p><p>There will be a free, live premiere of The High Frontier on April 17—<a href="https://thehighfrontiermovie.com/">for details, see here</a>. Beginning the following day, it will be available as a video-on-demand from Amazon, iTunes, Google Play, Vudu, Fandango, and Microsoft Stream.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Apr 2021 20:58:38 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Fr / Les avantages inattendus de l&#039;écriture cryptée]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Admettons, devons-nous, que la liberté doit avoir son propre espace.</p><p>J'ai passé environ la dernière décennie de ma vie à développer des outils de prise de notes et de gestion de fichiers, dont le plus important est une application de prise de notes cryptée. Et quand je parle aux autres de la façon dont leur vie a changé une fois qu’ils savaient que leurs pensées et leurs paroles étaient privées, la réponse est toujours la même: «Je me sens libre», c’est ce que j’entends. Ils parlent de la différence subtile mais puissante que la vie privée vous apporte. Vous vous habituez au luxe de savoir que ce que vous dites ne sera jamais répété.</p><p>Ceux qui n'ont pas essayé la vie privée en ligne me demandent ce que c'est. Eh bien voilà:</p><p>Imaginez que vous étiez dans une pièce avec 50 personnes. Tout autour de vous, dans toutes les directions, des personnes respirent le même air en circulation que vous. Il y a beaucoup de monde. L'environnement change radicalement vos pensées. Vous êtes distrait. Vous êtes influencé par ce que vous entendez. Vous n'avez pas les mêmes pensées que si vous étiez seul.</p><p>Maintenant, imaginez que tout ce que vous avez dit dans cette pièce a 1% de chance d’être entendu par quelqu'un d’autre. Changements de vie. Soudain, vous vous inquiétez de ce que vous avez dit. Que pourriez-vous dire? Vous êtes une personne totalement différente. Vous devenez une version modérée de vous-même, limitée dans votre créativité et votre dynamisme.</p><p>La vie sur Internet consiste à être dans une pièce avec 50 millions de personnes. Nous ne sommes pas nous-mêmes là. Nous devons être beaucoup plus prudents envers nous-mêmes. Nous nous adaptons où que nous soyons. Et nous nous multiplions. Nous sommes une centaine de personnes différentes, en fonction de l'endroit où nous nous trouvons sur le Web ce jour-là. Je sais que lorsque je parle avec des amis sur Slack ou que je rédige une note sur Evernote ou Google Docs, il y a toujours 1% de chances que ce que je tape soit un jour lu par quelqu'un d'autre. Et avec cette pensée persistante dans le fond de mon esprit à tout moment, je n'écris pas comme j'écrirais dans un journal privé. J'écris comme si un public était présent. Je marque une pause entre chaque phrase pour regarder dans les deux sens.</p><p>J'écris comme pour dire: "si cela se présentait, en quoi cela me ferait-il paraître? Que penseraient les autres de moi?" Et de cette façon, mon écriture perd sa partie la plus importante: moi.</p><p>C'est pourquoi j'ai passé du temps sur le cryptage et la confidentialité. Je ne veux pas l'inquiétude et le souci des autres qui me surveillent. Je ne veux pas avoir à vérifier mes portes tous les soirs. Je veux savoir que je suis en sécurité pour être moi. Et sûr d'avoir mes meilleures pensées. Ecrire sans souci de perfection.</p><p>Je veux juste écrire comme si c'était l'affaire de personne</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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