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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de France]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
	
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	<pubDate>Sun, 10 May 2026 11:13:29 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Le Général DE GAULLE pour l&#039;accueil des cendres du Maréchal Lyautey aux Invalides :]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>10 mai 1961, superbe discours du Général de Gaulle à l'occasion de la cérémonie d'accueil des cendres du Maréchal Lyautey aux Invalides :</p>

<p>« C'est en terre française, à Paris, aux Invalides, que le Maréchal Lyautey va poursuivre son dernier sommeil. Pour lui, il paraît donc sembler que tout soit définitif. Il n'en est rien cependant. Si noble que puisse être le décor offert finalement à ses cendres, l'esprit et les actes de Lyautey ne sauraient être ensevelis. Dans un monde où tout change, la flamme qui l'animait est vivante, l'exemple qu'il donna reste bon, la leçon qu'il a léguée, demeure féconde. Vingt-sept années après sa mort, années qui virent se transformer de fond en comble les conditions de son époque, voici qu'il nous apparaît comme un homme d'à présent car ce que fit ce grand romantique de la pensée et de l'action, porte l'empreinte d'une œuvre classique, c'est-à-dire valable en tous cas et en tous temps parce que ce fut une œuvre immense.</p>

<p>Saint-cyrien, officier de troupe, officier d'état- major investi de missions militaires, administratives, politiques, dont l'importance allait en croissant, ministre de la guerre au pire moment d'une grande épreuve, mais aussi homme parmi les hommes, c'est avant tout de ses semblables qu'il était sans cesse occupé. Il l'était d'abord et de la manière la plus attrayante et la plus éclatante, dans son comportement personnel. Passionné d'idées, prodigue de sentiments, ayant eu le génie du contact, il excella à séduire les esprits, à s'attacher les cœurs et à susciter les efforts.</p>

<p>Mais s'il voulait conduire les autres — quel chef fut plus chef que lui — il brûlait de les servir. Tout ce qu'il fit, tout ce qu'il dit, témoigna de la passion qu'il avait d'élever ceux à qui il avait offert de mettre, suivant ses propres termes, une parcelle d'amour dans chacune des entreprises qu'il construisait avec eux.</p>

<p>Officier, c'est le rôle social offert à celui qui commande qu'il pratiquait et qu'il mettait en relief. Colonisateur, c'est, je le cite, l'action constructive et bienfaisante au profit et avec l'aide des populations intéressées, leur progrès social, moral, économique, le souci de les comprendre, le devoir de respecter leurs mœurs et leurs traditions, qui l'animaient et qu'il prescrivait.</p>

<p>Politique, ce n'est pas du tout à l'abaissement d'un empire et à la domination d'un pays qu'il tendit son action de résident général de France au Maroc, mais au contraire à la consolidation d'un Etat souverain, au développement d'une élite et d'un peuple pour les aider à devenir capables de porter un jour les responsabilités de l'indépendance et de la civilisation.</p>

<p>Voici en quels termes il exprimait cela dans un rapport au gouvernement : « Il faut regarder bien en face, écrivait-il, la situation du monde, notamment du monde musulman et ne pas se laisser devancer par les événements. Ce n'est pas en vain qu'ont été lancées à travers le monde les formules du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et les idées d'émancipation<br />et d'évolution dans le sens révolutionnaire. Il faut bien se garder de croire que les Marocains échappent ou échapperont longtemps à ce mouvement général. »</p>

<p>Qu'y eut-il de plus clairvoyant et de plus fort que ce que le maréchal écrivait sur l'ensemble de l'Afrique du Nord en 1920, c'est-à-dire au moment même où notre victoire dans la grande guerre plaçait au plus haut notre confiance en nous-mêmes et notre prestige dans<br />l'univers : « Il y a lieu de prévoir, disait-il, qu'en<br />un temps plus ou moins lointain, l'Afrique du Nord, évoluée, vivant de sa vie autonome~ se détachera de la métropole. Il faut qu'à ce moment-là, ajoutait-il, cette séparation se fasse sans douleur et que les Africains continuent toujours de se tourner vers la France. »</p>

<p>Parce que son œuvre était humaine elle fut essentiellement française. L'ascension et l'affranchissement des pays sous-développés, affranchissement et ascension réalisés par la France de ces pays sous-développés qu'elle avait pris sous son aile, bien loin qu'il y vit les effets de la faiblesse ou de l'abandon, étaient pour lui, bien au contraire, des objectifs dignes des desseins et de la puissance d'un grand peuple. Mais il était réaliste en même temps que généreux et ne confondait pas du tout le respect qu'on doit avoir des autres, avec la démagogie.</p>

<p>C'est ainsi que pour réaliser son grand but, la naissance du Maroc moderne, il appliqua à la fois la fermeté du gouvernement — rien en effet ne se crée que dans l'ordre — l'influence de la culture, car tout procède de l'esprit, le sort de l'économie dont il fit une sorte de miracle, car il savait bien qu'il n'y a pas d'avenir ailleurs que dans le développement, enfin et surtout la force et la gloire des armes, parce que jamais parmi des peuples immobiles ne fut frayée la route aux réformes et aux progrès sinon par l'effort, les peines et le sang des soldats. La marque que Lyautey mit à la réussite, c'était donc l'empreinte que la France en définitive et à travers toutes les secousses, met en tout temps et partout à ce qu'elle veut accomplir.</p>

<p>En vérité, le maréchal Lyautey n'a pas fini de servir la France. »</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1264/9-mai-%C2%AB-journee-de-leurope-%C2%BB-commemorant-la-%C2%AB-declaration-schuman-%C2%BB-oui-mais</guid>
	<pubDate>Sun, 10 May 2026 06:35:34 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1264/9-mai-%C2%AB-journee-de-leurope-%C2%BB-commemorant-la-%C2%AB-declaration-schuman-%C2%BB-oui-mais</link>
	<title><![CDATA[[9 mai : « journée de l&#039;Europe » commémorant la « déclaration Schuman ». Oui, mais...]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>[9 mai : « journée de l'Europe » commémorant la « déclaration Schuman » du 9 mai 1950 à l'origine de la création de la CEE, ancêtre de l’UE]</p>

<p>Le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, publiait une déclaration co-écrite avec son principal conseiller Jean Monnet, dans laquelle il proposait de mettre en commun les productions française et allemande de charbon et d'acier.</p>

<p>Cette déclaration déboucha sur la création, en 1951, de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), puis sur celle, en 1957, de la Communauté économique européenne (CEE). Elle est donc considérée comme l’acte fondateur de la construction européenne.</p>

<p>En vérité, c’est indéniable aujourd’hui, cette « naissance de l’Europe » fut le début de la mort des Nations !</p>

<p>Et le parcours des hommes qui ont créé la CEE est édifiant !</p>

<p>Voyez plutôt…</p>

<p>Robert Schuman, né allemand puisque la Moselle était alors allemande, d’un père allemand et d’une mère luxembourgeoise, n’était devenu français qu’en 1919. Cette même année, il se fit élire député et le resta pendant 30 ans. Se sentant plus européen que français, il était naturellement européiste, convaincu que la paix ne pourrait s’installer en Europe qu’à la faveur de la construction d’un organisme fédéral au sein duquel les pays européens mutualiseraient leur politique économique (une économie libérale, évidemment…). En juin 1940, sous-secrétaire d'État aux Réfugiés dans le gouvernement Reynaud, il fut avec le maréchal Pétain un des principaux partisans de l'armistice. Le 10 juillet 1940, à Vichy, il fit partie des parlementaires qui lui accordèrent les pleins pouvoirs. À la Libération, en 1944, il fut déchu de ses droits civiques. Il écrivit au général de Gaulle pour le supplier de les lui rendre, ce que ce dernier fit grâce à l’intervention de quelques résistants gaullistes qui avaient connu Schuman avant-guerre. Il put ainsi continuer sa carrière politique comme député en 1945 puis président du Conseil et ministre des Affaires étrangères en 1947.</p>

<p>Jean Monnet, de son côté, était fils de commerçant et commerçant lui-même. Très tôt, il considéra lui aussi que le meilleur moyen d’installer la paix était de mondialiser les échanges commerciaux. Dès 1904, il partit vivre à Londres, où il devint négociateur en cognac. Pendant la Première Guerre mondiale et dans les années 1920, il vécut à New York et devint haut fonctionnaire à la Société des nations, puis banquier. Il passa ensuite l’entièreté de la Seconde Guerre mondiale à Washington comme collaborateur du président Roosevelt, dont il entretint la méfiance à l’égard du général de Gaulle, au point qu’en 1944, à la Libération, les Américains ont tenté - heureusement en vain - de faire de la France un territoire administré par leurs soins, à la manière du Japon ! Il était convaincu que les États-Unis étaient l’avenir de la planète et que les pays européens devaient se placer sous leur protection, pour ne pas dire sous leur autorité. En 1945, une fois la guerre finie, il revint vivre en France après plus de 40 ans à avoir vécu à Londres, New York et Washington et devint le plus proche collaborateur de Schuman.</p>

<p>Afin de bâtir cette Europe qu’ils appelaient de leurs vœux, ces deux hommes travaillèrent étroitement avec Walter Hallstein, un ancien soldat de la Wehrmacht parti après la guerre aux États-Unis, où il fut incorporé, comme beaucoup d’autres anciens nazis, à des groupes de travail américains lors desquels ils transmirent à l’administration américaine toutes les connaissances scientifiques et économiques qu’ils avaient accumulées en travaillant au sein du IIIe Reich.</p>

<p>Schuman, Monnet et Hallstein furent surnommés « les pères de l’Europe » et sont aujourd’hui encore vantés comme tels par l’UE et par tous les européistes… qui se gardent bien de rappeler leur passé, tout en ayant le toupet de clamer sur tous les toits que la création de la CEE est l’œuvre de résistants soucieux d’éviter le retour de l’extrême droite et de la guerre sur le continent européen !</p>

<p>Les décennies qui suivirent la création de la CECA de la CEE, journalistes et hommes politiques ont enjolivé tout cela et mis sous le tapis les éléments gênants, qui n’apparaissent pas davantage dans les manuels scolaires, où l’on décrit la construction européenne d’une manière très édulcorée.</p>

<p>Nos dirigeants font en sorte, via les programmes scolaires, de persuader chaque nouvelle génération que la raison pour laquelle la paix perdure en Europe depuis 1945, c’est la CEE puis l’UE. Cela pour nous faire avaler leur politique mondialiste, européiste, libérale, atlantiste et multiculturaliste !</p>

<p>Mais tout cela est faux.</p>

<p>Si nous sommes en paix aujourd’hui, c’est surtout parce que le chancelier allemand Konrad Adenauer, très proche du général de Gaulle, a eu l’intelligence politique de décider d’en finir avec les visées expansionnistes de l’Allemagne, qui duraient depuis un siècle et avaient donné lieu à trois guerres.</p>

<p>La raison pour laquelle nous vivons une paix durable aujourd’hui, c’est parce que l’Allemagne et l’Italie, après la guerre, sont enfin devenues de véritables démocraties et se sont réconciliées avec la France et l’Angleterre. L’amitié entre les peuples : voilà ce qui fait la paix. Et certainement pas la globalisation économique et le règne de l’argent-roi.</p>

<p>L’Union européenne est une énorme escroquerie. Comme disait De Gaulle, c’est un « machin » voulu par les États-Unis pour soumettre les nations européennes à leurs désirs.</p>

<p>Parler de souveraineté européenne est un parfait oxymore. Il ne peut pas y avoir de souveraineté européenne, car il n’y a pas de peuple européen. L’Europe est un continent, rien de plus. En démocratie, la souveraineté appartient au peuple, et ce qui définit un peuple, c’est l’appartenance à un pays, à une Nation. Non, il n’y a pas (et il n’y aura jamais) de peuple européen, pas plus qu’il n’y a de peuple américain, asiatique, africain ou océanien ! C’est d’ailleurs pourquoi, si l’expression « souveraineté européenne » est un oxymore, l’expression « souveraineté nationale » est quant à elle un pléonasme. La souveraineté est forcément nationale, puisque la souveraineté, C’EST la Nation ! La démocratie, c’est le peuple souverain. C’est au peuple, par l’intermédiaire de ceux qu’il élit, de décider du sort du pays, et à personne d’autre. Et certainement pas à une instance supranationale imposée aux peuples par les élites !</p>

<p>La CEE n’a été créée, comme son nom l’indique, que pour des raisons économiques, et a toujours été soumise aux États-Unis, notamment via l’OTAN. C’est ce que De Gaulle a toujours dénoncé et c’est pourquoi il avait retiré la France de l’OTAN en 1966 et entretenait ostensiblement des relations avec l’URSS et la Chine sans se préoccuper de ce qu’en pensaient les Américains. Hélas, après son départ, ses successeurs ont fait le choix de retourner dans le giron américain et, depuis, la France s’est complètement fondue dans l’idéologie mondialiste, européiste, libérale, atlantiste et multiculturaliste. Elle a même réintégré l’OTAN (sur décision de Sarkozy) !</p>

<p>Mais déjà, dès après la Première Guerre mondiale, sous l’influence de Jean Monnet (déjà lui !), les dirigeants français successifs avaient abandonné les idéaux républicains et cédé à la globalisation et au libéralisme que les Américains appelaient de leurs vœux, imposant au peuple français une politique dont il ne voulait majoritairement pas.</p>

<p>Comme on peut le voir, le passage du général de Gaulle à la tête de l’État (mai 1958-avril 1969) n’a donc finalement été qu’une parenthèse républicaine dans le régime libéral, technocratique et mondialiste dans lequel nous sommes englués depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Et, la parenthèse De Gaulle exceptée, il n’y a plus vraiment de République en tant que telle en France depuis Clemenceau, soit depuis plus d’un siècle, car il n’y a pas de véritable République sans souveraineté du peuple, or, le peuple est continuellement bafoué et son opinion ignorée depuis des décennies maintenant…</p>

<p>L’amitié entre les peuples, oui ! La coopération entre pays européens, oui ! La confiscation des souverainetés nationales par une poignée de technocrates non-élus plaçant l’économie (libérale, de surcroît) avant la politique et expliquant, via des directives, aux dirigeants comment ils doivent gouverner leur pays, non !</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 02 May 2026 20:54:41 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Les relations troubles d’Emmanuel Macron avec l’Algérie]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Site Mondafrique<br />Nicolas Beau</p>

<p>Dans son livre fort documenté « le grand manipulateur », Marc Endeweld revient sur les liens que le président français, Emmanuel Macron, aidé par Alexandre Benalla, a tissés avec deux oligarques algériens, Ali Haddad et Issad Rebrab.</p>

<p>La diplomatie française, qui redoutait par dessus tout une transition politique algérienne dominée par Gaïd Salah, ce chef d’état major fort éloigné des intérêts français, a tout mis en oeuvre pour soutenir le président Abdelaziz Bouteflika en fin de course.</p>

<p>De façon plus surprenante, le président français, Emmanuel Macron, a mis les bouchées doubles pour soutenir un régime algérien à l’agonie. La lecture passionnante du livre de Marc Endeweld sur les réseaux opaques du président français avec de riches hommes d’affaires algériens fournit quelques clés d’explication de cette posture surprenant de l’Elysée face à la transition démocratique algérienne.</p>

<p>Un tweet à contre temps<br />On se souvient du tweet ahurissant envoyé par le président français, le 12 mars dernier alors qu’il se trouvait en voyage officiel à Djibouti. La veille, le clan Bouteflika à l’agonie avait proposé une dérisoire feuille de route appelant, après vingt ans de rêgne, à des réformes fondamentales et à une nouvelle constitution. Depuis trois semaines, la rue algérienne dénonçait l’incurie du régime et demandait le départ des principaux dirigeants politiques honnis par le peuple. Et bien Emmanuel Macron ne trouva rien de mieux à faire que de soutenir, par un tweet, le régime finissant.</p>

<p>« La jeunesse algérienne, expliquait Emmanuel Macron, a su exprimer son espoir de changement avec dignité. La décision du Président Bouteflika ouvre une nouvelle page pour la démocratie algérienne. Nous serons aux côtés des Algériens dans cette période nouvelle, avec amitié et avec respect ». L’association des valeurs démocratiques et du nom de Bouteflika était à l’évidence d’une totale maladresse. Cette prise de position aura pour seul effet de renforcer la mobilisation populaire et la détestation du régime en place.</p>

<p>Pourquoi le président français affichait-il une position aussi peu prudente? Comment pouvait-il prendre le risque de faire huer son nom dans les manifestations qui se multiplient en Algérie, en apparaissant comme l’ultime rempart d’un système corrompu? Pour quelle raison montrait-il une telle précipitation en se substituant par les réseaux sociaux aux canaux diplomatiques habituels?</p>

<p>Des cadavres dans le placard<br />L’essai fort instructif du journaliste Marc Endeweld explique ce soutien par les liens étroits qu’Emmanuel Macron a tissés avec les hommes d’affaires les plus influents du régime algérien. A savoir Ali Haddad, l’ex patron des patrons et Issad rebrab, l’homme le plus riche d’Algérie. Le premier aura été la tirelire du clan Bouteflika dont il a servi les pires turpitudes. Le second fut le principal homme d’affaires soutenu par l’ex DRS, cette police politique qui fut, pendant un quart de siècle, la colonne vertébrale du système algérien.</p>

<p>Plus grave, le profil des intermédiaires franco–algériens à l’oeuvre dans ces relations suspectes, Alexandre Benalla en tète, laissent entrevoir des arrangements que la morale politique réprouve.</p>

<p>A la lecture du livre de Marc Endeweld, on a le sentiment en effet que les relations entre Emmanuel Macron et l’Algérie dissimulent quelques cadavres dans les placards.</p>

<p>L’échappée belle vers Alger<br />Lorsqu’au coeur de sa campagne électorale en vue de la dernière Présidentielle, Emmanuel Macron se rendit à Alger, les 13 et 14 février 2017, le candidat d' »En Marche » se trouvait dans une situation financière très périlleuse. Dans les derniers mois qui ont précédé le scrutin de 2017, note Marc Endeweld, « l’argent manquait terriblement pour poursuivre sa campagne, le budget était très entamé ».</p>

<p>Reçu comme un chef d’état par le pouvoir algérien qui misait beaucoup sur son élection, Emmanuel Macron se montrera très favorablement impressionné par Ramtane Lamamra, ministre alors des Affaires Etrangères, et Abdeslam Bouchouareb, ex ministre de l’Industrie et propriétaire d’un bel appartement à Paris, dont la réputation affairiste n’est plus à faire. Depuis, ces deux hommes sont régulièrement consultés par l’Elysée sur le dossier algérien.</p>

<p>Durant le même voyage, Emmanuel Macron qualifia la colonisation, dans une interview à la chaine de télévision Echorouk News, de « crime contre l’humanité ». Des propos surprenants dans le cadre d’une campagne qui se veut consensuelle et provenant d’un homme qui en 206, expliquait au « Point », que l’occupation de l’Algérie s’était accompagnée d' »éléments de civilisation ». Une telle audace fut payante auprès des dirigeants algériens qui, dès lors, virent en Emmanuel Macron un interlocuteur privilégié .</p>

<p>Mais durant ce même voyage, plusieurs « rencontres discrètes » furent organisées, apprend-on dans le livre d’Endeweld, « le grand manipulateur ». Plusieurs personnalités, dont l’avocat Jean Pierre Mignard et l’homme d’affaires François Touazi, avaient préparé le voyage en amont. L’ancien ministre Jean Louis Borloo et Yasmina Benguigui avaient également mis leurs carnets d’adresses au service du candidat Macron. Enfin Alexandre Benalla, le fidèle garde du corps, participait à l’expédition.</p>

<p>Ali Haddad courtisé<br />« Le 14 février, en fin de matinée, explique Marc Endeweld, un petit déjeuner est organisé sur la terrasse de l’hôtel El Aurassi avec les représentants du FCE, le forum des chefs d’entreprise, l’équivalent du Medef ». Le patron des patrons algérien et intime du clan Bouteflika, Ai Haddad, était « tout sourire », face à un Emmanuel Macron qui prend des engagements vis à vis de l’Algérie en matière d’énergies renouvelables.</p>

<p>Quelques heures plus tôt dans le même hôtel, le même Haddad prenait un autre petit déjeuner, celui-ci très discret, avec Emmanuel Macron. De cette rencontre, il ne filtrera rien.</p>

<p>A l’époque, Alexandre Djouhri, dit Alex, un ‘intermédiaire flamboyant qui est proche à la fois de Dominique de Villepin, l’ancien Premier ministre de Chirac et de Maurice Gourdault-Montagne, l’actuel secrétaire général du Quai d’Orsay, séjournait fréquemment en Algérie. Cet habitué de l’hôtel Aurassi entretenait des relations étroites avec Ali Haddad. « Selon trois sources différentes, affirme l’auteur du « Grand Manipulateur », l’homme d’affaires algérien a bien rencontré à cette occasion le futur président ». Ce que Djouhri dément.</p>

<p>Symbole de la corruption qui rêgna sous Abdelaziz Bouteflika, Ali Haddad n’est certainement pas un modèle de vertu ni de modernité. Pourquoi Emmanuel Macron prend-il le risque de le rencontrer à deux reprises? Quel profit en retirer? Autant de questions que pose, entre les lignes, l’ouvrage de Marc Endeweld.</p>

<p>Un petit monde<br />La veille de ces deux petits déjeuners avec Ali Haddad, le candidat Macron dinait avec Issad Rebrab, l’homme le plus riche d’Algérie qui fit fortune grâce à sa proximité avec les services algériens dirigés pendant un quart de siècle par le fameux général Mohamed Mediène L’homme d’affaires est au plus mal à l’époque avec le clan Bouteflika qui cherche à lui tondre la laine sur le dos et à le marginaliser. L’homme d’affaires kabyle est parfois même présenté comme un opposant au pouvoir en place</p>

<p>Pourtant Emmanuel Macron, au risque de mécontenter le clan Bouteflika, accepte l’invitation à diner de Rebrab. Première raison de cette visite peu protocolaire, le candidat connaissait bien l’industriel kabyle qui investissait massivement en Franc alors qu’il était secrétaire général adjoint à l’Elysée puis ministre de l’industrie durantle candidat François Hollande.</p>

<p>Deuxième raison de cette rencontre, les liens sont très nombreux entre les entourages du candidat et de l’oligarque. Rebrab est en effet un intime de François Touazi depuis fort longtemps. Le groupe Cevital que l’homme d’affaires a fondé a fait travailler Alexandre Benalla à l’époque où ce dernier avait créé, depuis le Maroc, la société de sécurité « Velours ». Enfin Rebrab s’est fait aider dans ses investissements en France par un ancien trader Franco-Algérien du nom de Farid Belkacemi qui participa également à la préparation du voyage d’Emmanuel Macron. Cerise sur le gâteau, Farid Belkacem est un proche ami d’Alexandre Benalla qu’il aida à se reconvertir lorsqu’il dut quitter l’Elysée au mois de juillet dernier.</p>

<p>Depuis son élection comme Président de la République, Emmanuel Macron n’a cessé de témoigner de son amitié pour l’industriel kabyle qu’il a reçu à plusieurs reprises, notamment au Château de Versailles en janvier 2019 lors du sommet « Choose France ». Une amitié est née dont on ne connait pas encore tous les ressorts.</p>

<p>Des interpellations spectaculaires<br />De là à imaginer des sources de financement algériennes dans la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, il y a un pas que plusieurs sources à Alger franchissent en privé, mais sans preuves et au sein d’un microcosme où courent les rumeurs les plus folles.</p>

<p>Ali Haddad et Issad Rebrab ont été placés, ces dernières semaines, en détention par le pouvoir militaire algérien. Qu’ils soient l’un et l’autre des amis de la France n’arrange pas leurs affaires. Le chef d’état major, Gaïd Salah, au mieux avec les Russes et apprécié par les Américains, entretient en effet des relations très tendues avec la diplomatie française. D’où cette interrogation: leurs bonnes relations avec Emmanuel Macron n’ont-elles pas aggravé leur situation?</p>

<p>Haddad et Rebrab ont été interpellés l’un et l’autre au prix de mises en scène savamment orchestrées. Les caméras ont été autorisées à filmer le premier d’entre eux alors qu’il était hué par la foule et, contre tout usage, alors qu’il se trouvait dans l’enceinte du tribunal militaire.</p>

<p>Depuis, la diplomatie française est bien silencieuse et Emmanuel Macron a renoncé à commenter la situation algérienne par tweets.</p>

<p>L’avertissement du pouvoir militaire algérien aurait-il été entendu?</p>

<p>« Le grand manipulateur, les réseaux secrets de Macron », Marc Endeweld, Stock, 20,5 euros</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1260/emmanuel-macron-et-la-tirelire-algerienne</guid>
	<pubDate>Sat, 02 May 2026 20:48:18 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1260/emmanuel-macron-et-la-tirelire-algerienne</link>
	<title><![CDATA[EMMANUEL MACRON ET LA TIRELIRE ALGÉRIENNE]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Facebook de Martine AGOSTINI-BAUDOZ<br /><a href="https://ememiom.fr/iom/blog/view/1261/les-relations-troubles-d%E2%80%99emmanuel-macron-avec-l%E2%80%99algerie"><br />Fait écho à l'article concernant le livre de Marc Endeweld</a></p>

<p>Soupçons de financement occulte de campagne électorale, trafic d'influence, association de malfaiteurs </p>

<p>Le général Teo Luzi, ex responsable au ministère de l'intérieur aujourd'hui conseiller de la Banque d'Italie, relate l'affaire </p>

<p>Lundi 13 février 2017 le candidat Macron arrive à Alger <br />Sa campagne traverse alors de graves difficultés de trésorerie, seulement 5M € collectés et le prêt bancaire de 11M € ne sera effectif que début avril, le budget est intenable <br />Le 13 février au soir et le 14 au matin, M. Macron dîne et déjeune avec les grandes fortunes d'Alger espérant un accord financier <br />Messieurs Issad Rebrab, Ali Haddad et Redha Kouniref poussés par l'homme fort du moment Saïd Bouteflika conviennent selon M. Alexandre Djouhri d'une aide de 18M €<br />M. Djouhri, buffer de luxe (intermédiaire) s'en est même vanté, estimant avoir "donné 18M à Macron"</p>

<p>C'est Mme Joan Polaschik, alors ambassadrice US en Algérie qui signale "un problème" au nouveau Secrétaire au Trésor tout juste nommé le 14 février 2017 M. Steven Mnuchin qui lance une enquête du FinCEN (Financial Crimes enforcement network) en liaison avec Ted Docks du FBI et la sénatrice Kelly Ayotte, ex procureure générale <br />Donald Trump est tenu informé </p>

<p>Pour le général Teo Luzi, c'est Mme Ayotte qui est chargée du dossier 'Macron à Alger' encore à l'heure actuelle, puisqu'entre 2020 et 2025 sous l'ère Biden rien n'avançait </p>

<p>De retour d'Alger, la campagne ne connut plus le moindre souci de trésorerie, du cash était distribué par M. Benalla en mars 2017 à des personnels non déclarés pour la sécurité de la campagne </p>

<p>Comme le disait à M. Macron le ministre algérien Ahmed Attaf:</p>

<p>"Il n'y a pas de cadeau à sens unique !"</p>

<p>M. Macron avait donc dû pour trouver un financement reconnaître au préalable le 14 février "des crimes contre l'humanité" de la colonisation française </p>

<p>Beaucoup d'autres génuflexions vinrent ensuite en échange de valises de billets ou de virements de Yusr financial</p>

<p>Le procédé de l'affaire libyenne est similaire ici <br />La sénatrice Kelly Ayotte et l'agent spécial Ted Docks ont relevé des versements suspects de Yusr financial sur des trusts en mars 2017 comme Focol holding (Nassau) ou Orrdale (Panama)<br />Ces deux trusts offshore ne révèlent dans leur historique que deux pics d'activité correspondant aux élections présidentielles puis législatives de 2017 </p>

<p>Mme Polaschik, n°2 de l'ambassade US en Libye avant d'être nommée en Algérie, a identifié Alexandre Djouhri en tant que 'buffer' (tampon) entre Khadafi et Sarkozy <br />Son rôle fut "forcément le même dans le cas algérien", confirme le général Luzi </p>

<p>Les échanges de cash via Alexandre Djouhri avaient lieu à l'Orient de Marseille, au sein de la loge Bélisaire dont Ali Haddad était membre tout comme l'émir Abd el-Kader devenu maçon de la loge Les Pyramides au XIXe s.</p>

<p>À Paris le cash passait par le MEDEF, Yasmina Benguigui et le couple Guigou pour atterrir dans la campagne Macron </p>

<p>"En février il n'y avait plus rien, en mars le cash arrivait, à tel point que le prêt accordé le 4 avril de 11M € sembla presque inutile pour la campagne de 1er tour, l'argent coulait déjà à flot" estime l'ex sénatrice Kelly Ayotte qui suit encore le dossier </p>

<p>"C'est vraiment facile de faire des campagnes ainsi, il suffit de claquer des doigts et l'argent arrive de partout, de Libye en 2007, d'Algérie en 2017, c'est comme un égout d'immoralité", a dénoncé l'ex sénatrice et procureure générale du New Hampshire </p>

<p>"Mme Polaschik a rapporté des faits impliquant le président Emmanuel Macron et les autorités de l'Algérie qui a déjà condamné lourdement la plupart des gens concernés sur des faits similaires, la partie française est la seule restée impunie à ce jour"</p>

<p>Comme l'avait hélas deviné le sénateur Hagerty du Tennessee :</p>

<p>"Ces politiciens français sont des créatures du Mal !"</p>

<p>C'est la quatrième procédure fédérale ouverte aux États-Unis où M. Macron est cité.<br />MERCI À MARTINE WINGEL</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1254/et-si-le-progres-n%E2%80%99en-etait-pas-toujours-un</guid>
	<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 21:21:19 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1254/et-si-le-progres-n%E2%80%99en-etait-pas-toujours-un</link>
	<title><![CDATA[Et si le progrès n’en était pas toujours un ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Pour Jean-Yves Autexier, ex-membre du cabinet de Jean-Pierre Chevènement à l’Intérieur sous Lionel Jospin, l’ancien Premier ministre incarna à la fois l’exigence du débat et les contradictions du social-libéralisme. Il revient sur un parcours où les arbitrages politiques ont généré, estime-t-il, des fractures durables et placé la gauche dans l’impasse.</p>
<p>La haute stature de Lionel Jospin a dominé les débats et contradictions internes de la gauche durant des décennies. On se souvient des moments-clés. L’affaire du voile des lycéennes de Creil en 1989, renvoyée à la sagesse du Conseil d’État par le ministre de l’Éducation de l’époque, éclairait déjà le débat sur la laïcité. « L’enfant au centre de l’École », mis en exergue par la loi d’orientation de 1989, polarisait la controverse entre le pédagogisme et l’esprit républicain. Et n’oublions pas le congrès de Rennes de 1990, qui campa son opposition frontale à Laurent Fabius pourtant adoubé par François Mitterrand. L’homme goûtait le débat d’idées. C’était donc un rude contradicteur.</p><p>Quand la dissolution hasardeuse de 1997 plaça Lionel Jospin au premier rang, les amis de Jean-Pierre Chevènement souhaitaient évidemment peser sur les choix, et d’abord sur les orientations européennes. L’euro allait sortir des nuées. Lionel Jospin accepta un accord substantiel avec le Mouvement des citoyens : pas d’euro sans l’Italie et l’Espagne, une modification des statuts de la Banque centrale européenne pour inscrire la croissance et l’emploi dans ses objectifs (mais il ne s’engagea pas sur les conséquences en cas de refus de nos partenaires européens). Et une affirmation claire du lien entre démocratie et nation. De sorte que la gauche plurielle semblait partir d’un bon pied. « Dans la Nation, faire retour à la République », « Le retour aux sources de notre République », « L’État véritablement expression de la Nation », « L’Europe ne doit pas se substituer à la Nation » : ces phrases ne sont pas issues d’un livre de Jean-Pierre Chevènement mais du <a href="https://www.vie-publique.fr/discours/163833-declaration-de-politique-generale-de-m-lionel-jospin-premier-ministre" target="_blank" rel="noopener">discours de politique générale du Premier ministre Lionel Jospin</a>, le 19 juin 1997.</p><p>[embedded content]</p><p>De fait, dans les premiers temps, Lionel Jospin veilla aux équilibres de sa majorité plurielle ; des réunions de ministres issus des différentes sensibilités y concouraient. Mais peu à peu, la technostructure habilement dirigée par le directeur de cabinet de Matignon remplaça les dialogues politiques. <a href="https://www.marianne.net/politique/le-premier-reniement-de-letat-hollande" target="_blank" rel="noopener">Olivier Schrameck</a> était au cœur de la toile d’araignée qui reliait tous les directeurs de cabinet des ministères ; les choix étaient préparés de longue main et s’imposaient comme les seuls possibles. L’arbitrage technocratique supplantait l’accord politique entre les composantes de la majorité plurielle. Et de fait, au fil des mois, la « majorité plurielle » s’étiola.</p>
<p>L’affaiblissement de l’État</p>
<p>La justice des mineurs fut une pomme de discorde. Lionel Jospin trancha en faveur d’Elisabeth Guigou et la réforme fut enterrée. L’<a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/affaires-sensibles/le-scandale-de-la-mnef-7790613" target="_blank" rel="noopener">affaire Dominique Strauss-Kahn et la MNEF</a> mit fin à la « dream team ». Dominique Voynet trahissait son mandat pour nuire, à Bruxelles, au nucléaire français ; le Premier ministre n’en tint pas compte, il avait déjà décidé de l’abandon de Superphénix, prix de l’accord avec les Verts. Martine Aubry se débattait avec les 35 heures, réforme dont elle doutait fortement auparavant. Certes, le sociétal faisait une entrée en majesté : parité aux élections législatives, Pacs… Mais <a href="https://www.vie-publique.fr/discours/140868-article-de-m-lionel-jospin-premier-ministre-dans-le-nouvel-observate" target="_blank" rel="noopener">l’affaire corse</a> allait poser un problème autrement redoutable.</p><p>Était-il acceptable pour un gouvernement républicain de négocier avec un mouvement minoritaire indépendantiste faisant parler les armes ? Était-il possible d’accepter une « délégation du pouvoir législatif » à une Assemblée de Corse, sans défaire l’unité de la nation ? Était-il sage de choisir un mode de scrutin qui ferait des indépendantistes les maîtres du jeu ? Là encore, Lionel Jospin se trouvait à la source d’une faille qui allait diviser le pays. Le clivage entre démocrates et républicains, entre l’Europe des régions et l’unité de la nation, était patent.</p>
<p>À lire aussi : <a target="_blank" href="https://revue-laudace.fr/economie/linsecurite-energetique-une-volonte-politique/">L’insécurité énergétique, une volonté politique</a></p>
<p>Un autre débat allait concerner le rôle de l’État : dans l’économie, en premier lieu, avec la privatisation de France Télécom, de Thomson-CSF, du Crédit lyonnais, l’ouverture du capital d’Air France. Face à la fermeture de l’usine Renault à Vilvoorde ou aux suppressions d’emplois, la formule du Premier ministre est restée : « Il ne faut pas attendre tout de l’État ou du gouvernement. » Le rôle de l’État était aussi au cœur des polémiques concernant la sécurité ou l’immigration. Dans les deux cas, Lionel Jospin était sans doute tenté par la fermeté, mais sa volonté était tempérée par les options de ses alliés… et de ses amis ; la justice des mineurs n’a pas pu évoluer du fait de l’opposition d’Elisabeth Guigou, l’esprit du <a href="https://www.vie-publique.fr/rapport/25592-des-villes-sures-pour-des-citoyens-libres-actes-du-colloque-de-villepi" target="_blank" rel="noopener">colloque de Villepinte</a> d’octobre 1997 sur la sécurité peina à s’imposer.</p><p>S’agissant de l’enjeu européen, les prudences énoncées en juin 1997 s’évanouirent lorsqu’il s’agit de signer le 2 octobre 1997 le traité d’Amsterdam, qui mit en place notamment la politique étrangère et de sécurité commune, compatible avec l’Otan, renforça le rôle d’initiative de la Commission et étendit les domaines de vote à la majorité qualifiée (au lieu et place de l’unanimité). Suivra, en mars 2002, le sommet de Barcelone, la décision d’ouverture progressive des marchés électriques et gaziers, la mise en concurrence des services publics… Les fruits de la fin de mandat n’ont pas tenu la promesse des fleurs de 1997.</p>
<p>Un rapport à la France trop désincarné ?</p>
<p>Avec un contradicteur de la stature de Lion Jospin, l’échange était réel. Il était d’ailleurs loyal, ce qui peut surprendre dans le climat d’aujourd’hui, où la communication remplace l’argumentation. Que ces débats, dont l’un entraîna le départ de Jean-Pierre Chevènement du gouvernement, soient placés sous le regard du suffrage universel n’a donc rien de surprenant en démocratie. On pouvait sans doute s’étonner de voir Christiane Taubira, qui ne s’était jamais distinguée des choix gouvernementaux, faire acte de candidature en 2001, mais en faire le reproche à Jean-Pierre Chevènement était une erreur. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il incarnait des choix différents de ceux du gouvernement qu’il avait quitté en 1999. D’ailleurs, les bons esprits n’oublient pas que l’appareil socialiste de la rue de Solférino s’employait à encourager les candidatures Mamère ou Taubira, à trouver les signatures pour la candidature Besancenot, en espérant faciliter de bons désistements de second tour. On sait que les citoyens en décidèrent autrement en plaçant Jean-Marie Le Pen en deuxième position.</p><p>Avec un peu de recul, on distingue mieux le dilemme de ces années Jospin : l’impossibilité de sortir des ornières d’un social-libéralisme qui croyait pouvoir remplacer le social par le sociétal, qui acceptait sans broncher la tutelle de Bruxelles et les règles imposées par le néolibéralisme alors triomphant. Mais sans mesurer vraiment l’impact sur les milieux populaires. La sortie des urnes le 21 avril 2002 fut sans appel : 13 % des ouvriers et 13 % des employés avaient voté Jospin. Un niveau très faible pour un chef de gouvernement de gauche, après cinq années d’exercice. Jamais cependant les socialistes – à de rares et brillantes exceptions – ne firent l’analyse de l’échec, préférant l’imputer aux autres candidats et s’interdisant de ce fait de renouveler leur logiciel, qu’il s’agisse de l’Europe, de l’énergie, de l’industrie, de la sécurité… On se prend à rêver d’un Lionel Jospin combattant pour l’emploi, l’industrie, pour l’indépendance énergétique, rejetant les oukases de Bruxelles, défenseur du rôle de l’État, luttant « sans naïveté » pour le respect de la loi et de la sécurité publique, ramenant à leur place les indépendantistes corses… Sans doute le verdict populaire aurait-il été plus clément.</p><p>« La sortie des urnes le 21 avril 2002 fut sans appel : 13 % des ouvriers et 13 % des employés avaient voté Jospin. »</p><p>Peut-être aussi son rapport à la France était-il apparu trop désincarné à beaucoup de Français. La rigueur et le parler vrai n’empêchaient pas chez Pierre Mendès France un lien très intime avec les citoyens et avec une idée de la nation forgée il est vrai dans la Résistance et la France libre. Lionel Jospin écrivait dans son dernier livre une phrase éclairante sur lui-même : « La place prise par Napoléon Bonaparte dans l’imaginaire national m’intrigue. » À force de se défier des dérives démagogiques, s’est-il interdit d’embrasser tout l’imaginaire populaire ? N’y a-t-il pas là une clé pour comprendre la distance jamais brisée entre lui et les Français ?</p><p>Il reste, pour tout citoyen engagé à cette époque, la nostalgie de la vivacité d’un débat public qui n’effaçait pas le respect dû à son contradicteur. Certes, déjà, les dernières vagues du social-libéralisme s’opposaient au réveil de la souveraineté populaire, les illusions européistes étaient déjà entamées par les réalités. Ces débats préfiguraient ceux d’aujourd’hui. Du moins étaient-ils incarnés par des hommes convaincus et intègres, partisans de la discussion argumentée en raison, un tableau qui alimente les regrets d’aujourd’hui. Ce qui n’empêcha pas le cours des choses de s’imposer et les espoirs de s’enliser dans les sables du néolibéralisme.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
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	<pubDate>Sun, 29 Mar 2026 16:39:20 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[L’imaginaire politique préempte la question sociale]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Je partage l’essentiel de ce qui a été dit sur la réalité objective de la question des « catégories populaires ». Au total, les catégories populaires au sens des familles d’employés et d’ouvriers existent même si on est passé du secteur de l’industrie aux services ; elles sont majoritaires dans le pays et le corps électoral et elles font et défont les majorités électorales selon leurs décisions ou pas d’aller aux urnes et leurs choix électoraux. Enfin les catégories populaires sont situées géographiquement. De ce point de vue, j’ai été vivement intéressé par les précisions apportées par Monsieur Guilluy.</p>
<p>Jean-Pierre Chevènement ne pose pas la question des catégories populaires mais celle du peuple, de la représentation qu’ont les catégories populaires d’elles-mêmes.</p><p>Ma méthode, pour répondre à la question « Où est passé le peuple ? », est radicalement différente de celle de nos amis qui partent d’une réalité géographique ou sociologique (considérant les faits sociaux comme des faits). Cette démarche est décisive. Ma méthode est de confronter cette réalité aux discours et conduite des catégories populaires. Cette confrontation nécessaire est féconde pour expliquer les paradoxes apparents et aussi répondre à la question que pose Jean-Pierre Chevènement, celle du caractère superstructurel, sur la responsabilité des forces politiques traditionnelles, des élites, des média (des « opérateurs historiques », dit-il).</p><p>Professionnel de l’opinion, je pars donc des représentations que les individus ont de la société et d’eux-mêmes afin de les confronter à leurs conduites et à la réalité décrite par les travaux de nos amis sociologues économistes, géographes. Cette façon de procéder m’amène à constater que les conduites ne collent pas aux représentations et donc que les individus, les catégories sociales et les peuples ont un imaginaire. Cet imaginaire n’est ni la réalité, ni une illusion de la réalité mais une façon pour les peuples, les catégories sociales et les individus, de s’approprier une réalité qui leur échappe. Je suis parvenu à cela en essayant pendant vingt ans de comprendre les contradictions, les paradoxes apparents entre perceptions et réalités.</p><p>Premier paradoxe, depuis quinze ans, la société française a eu tendance à voir ses inégalités sociales et spatiales s’accroître alors même que je constate un recentrement idéologique des représentations des Français, touchant les catégories populaires et classes moyennes, qui s’est opéré, à partir du début des années 1990, autour de notions dont il faut dire qu’un petit nombre autour de Jean-Pierre Chevènement ont été les premiers à gauche à les porter ou à les porter à nouveau : l’idée républicaine, l’idée de citoyenneté et l’idée de nation.</p><p>Comment se fait-il que, dans un pays qui s’écartèle en termes d’inégalités spatiales et sociales, les individus recourent, non pas à la « dispute sociale », mais au retour de valeurs comme la République et la Nation qui sont des valeurs du « commun » ? Pourquoi peut-on, quand on subit les inégalités sociales, se détourner de la gauche qui fait de la lutte contre les inégalités la priorité et voter à droite en France et en Europe ?</p><p>C’est que ces phénomènes n’affectent pas tant les classes sociales perçues comme entités « en soi et pour soi » que des réponses d’individus qui, privés d’appartenances sociales collectives, recherchent une sécurisation commune au travers d’un imaginaire collectif.</p><p>Il faut prendre une perspective historique pour en rendre compte. Le capitalisme managérial, en invitant les individus à se projeter dans la promesse d’un meilleur avenir socioprofessionnel, a désenclavé, au sein des catégories populaires, les ouvriers de leur identité construite au travers de leur conscience de classe, en leur permettant de se construire une identité individuelle au travers de leur distinction par la consommation et la recherche d’identités plurielles (génération, genre, culture ….). Le commun se projetait insensiblement vers une meilleure distribution sociale pour accéder à la consommation. Lors d’une discussion relatée par Malraux dans ses Antimémoires (1), le Général de Gaulle, part d’un éclat de rire à l’évocation de la question de la révolution en mai 1968 : « La révolution ? Il n’y a plus que le niveau de vie ! ». La perspective pour la classe ouvrière de se projeter dans un accès à la société au travers de la consommation et du niveau de vie, au travers d’une bataille ici et maintenant pour la redistribution sociale des fruits du travail, a dissous la conscience de classe autour de l’idée que la mobilité sociale qu’autorisait le capitalisme managérial leur permettait de se déployer en revendiquant eux aussi l’accès aux droits économiques, sociaux et culturels liés à ce stade du capitalisme.</p><p>Parallèlement la gauche politique accompagnait idéologiquement ce mouvement de perte d’identité de classe. Jusque dans les années 1970, le Parti communiste mettait en avant le fait que les ouvriers étaient, non pas des exclus, mais l’avenir de l’humanité. Georges Marchais, à partir de 1981, opte pour le misérabilisme en indiquant que le PC est : « le parti des pauvres ». Dans le même temps le Parti socialiste se centre sur les classes moyennes, devient opérateur de la « modernisation » de la France et laisse à eux-mêmes les ouvriers. Les catégories populaires ont le sentiment que la gauche s’éloigne d’eux pendant qu’à droite, au gaullisme visant à donner aux ouvriers une place au sein de la nation au travers d’une alliance explicite entre le capital et le travail, étaient préférés le capitalisme et l’actionnariat populaire d’Édouard Balladur.</p><p>Le vote Front national, au début des années 1980, n’est pas seulement le fait d’un électorat populaire communiste puis socialiste qui se serait déplacé vers le vote Front national, mais aussi celui d’un électorat ouvrier qui votait à droite. La nature du vote Front National de catégories populaires visait – non plus au travers de la question sociale, préfiguration demain du commun socialiste, abandonnée par la gauche, ni de l’alliance capital-travail au sein du commun immédiat de la nation, abandonné par les gaullistes – à donner aux ouvriers comme individus une place au sein d’une nation excluante par sa géographie au travers de la « préférence nationale ».</p><p>Incidente : le vote populaire frontiste s’est porté en 2007 sur le candidat Sarkozy, non par défaut (comme le vote Le Pen), sur les thèmes de l’immigration et du nationalisme, mais positivement, sur celui de la place de chacun au sein de la nation, en construisant une cohérence individuelle et collective, sociale et nationale au travers du triptyque : « travail – mérite – pouvoir d’achat ». Sarkozy a récupéré cet électorat par la nation et non le nationalisme.</p><p>Au début des années 1990 le passage du capitalisme managérial au capitalisme patrimonial, celui non plus du manager mais celui de l’actionnaire, va entraîner le fait que ce sont les classes moyennes qui vont rejoindre les catégories populaires en basculant, face à la contingence de leur devenir social porté par la prévalence de la finance sur l’économie, dans l’antilibéralisme idéologique.</p><p>Au total tout cela nous ramène à ce que j’appelais dans un récent papier du Débat l’imaginaire national. Dans notre pays, l’individu construit son identité au travers d’un imaginaire qui est une dispute commune. Sous le capitalisme paternaliste, dans l’entrechoc frontal de classes, il y a de vives disputes idéologiques sur la question politique et sociale. Avec un État faiblement régulateur, les individus sont à l’abri d’appartenances collectives de classes (paysannerie, classe ouvrière, cadres, patrons) qui mènent ici et maintenant une bataille en légitimité pour définir qui porte l’intérêt général justifiant la question immédiate du partage des richesses. Sous le capitalisme managérial avec un État redistributeur, la promesse que demain soit meilleur qu’aujourd’hui libère l’individu de la nécessité de recourir à l’insertion de la classe pour définir son identité…C’est l’individu qui alors choisit son rapport au collectif par phénomène de reconnaissance ou de distinction par la mobilité sociale et la consommation médiées par le politique. Le moment 68 sera la conjonction à la fois d’un anticapitalisme et de l’individualisme dressés contres les figures des autorités verticales au sein de la société (l’État, le Général, le macho, le petit chef, le bureaucrate, le mandarin, le patron, le gradé). Comme le commun est assuré dans le futur meilleur on peut se disputer ici et maintenant.</p><p>C’est le capitalisme patrimonial qui, en retirant le commun d’un avenir meilleur individuellement et collectivement, entraîne le retour à des notions collectives communes défensives comme la nation, la République… Face à la contingence et la peur du déclassement, la dispute sociale se retire. Revient alors la question de ce qui lie ensemble les individus privés de références communes de classes.<br />La dispute sociale cède le pas devant la recherche de communion dans des appartenances collectives. L’accroissement des inégalités, au lieu d’exacerber la question sociale en rendant le destin des individus contingent, les amène à rechercher ce qui fait le commun dans leurs insertions.<br />Pourquoi le pays vote-t-il massivement pour Nicolas Sarkozy, y compris au sein des familles des catégories populaires? Ce n’est pas tant que les ouvriers ne soient plus sensibles à la question sociale. C’est qu’il faut d’abord définir un commun avant de pouvoir se déployer dans une dispute dans la projection d’un meilleur possible.</p><p>Les inégalités se creusent alors mais surtout, l’avenir n’étant plus balisé, cela n’entraine pas le retour des classes mais la recherche de valeurs de communion, soit inclusives à gauche soit exclusives à droite. Au total, idéologiquement le pays est à gauche sur le souhaitable et politiquement à droite sur le possible.</p><p>La forme particulière de bonapartisme qu’incarne Nicolas Sarkozy est la résolution de cette contradiction. La forte participation à l’élection présidentielle et le score de Nicolas Sarkozy tiennent au fait que ce candidat a su, chemin faisant, articuler la question de la dispute, non pas comme une dispute sociale mais comme une dispute morale entre le bon grain et l’ivraie, le travailleur et l’assisté, le bon jeune de la « racaille », la « France qui se lève tôt » de celle qui se lève tard, « l’immigré choisi » et « l’immigré subi ». C’est ce qui nourrit le vote de premier tour. Au deuxième tour il construit un récit national, porté par Henri Guaino en sollicitant les figures historiques, Jaurès, de Gaulle.</p><p>A la présidentielle le Bonaparte Sarkozy remet à l’Elysée le lieu de la définition de notre identité politique au travers d’une dispute commune qui n’est plus portée à gauche par l’idée de « progrès », à droite par l’idée de « marché » et par tous par « l’Europe comme la France en grand » et qui explique le retour de la participation électorale. C’est une articulation entre la dimension temporelle, au travers de la distinction et la sécurisation morale qu’il offre aux catégories populaires désaffiliées, et la dimension spirituelle dans un propos de communion en forme de récit national, au second tour qui lui permet de faire un score historique.</p><p>Je suis donc intéressé par la géographie sociale décrite par Christophe Guilluy. Si la France des banlieues est, socialement et de façon ascendante, mobile, elle peut, nonobstant la question ethnique, se projeter positivement dans un avenir relativement meilleur, plus facilement que la France populaire reléguée et isolée dans le périurbain qui a besoin d’un Bonaparte qui tienne ensemble la société dans l’imaginaire des Français. Le vote en faveur de Ségolène Royal dans les banlieues serait dû, non seulement au fait qu’elle dit aux Français d’origine immigrée : « Vous faites partie de la communion nationale », mais à une mobilité suffisante pour que les individus se satisfassent du discours de la gauche sur le « commun égalitaire » et le refus de trier entre le bon grain de l’ivraie.</p><p>Les catégories populaires qui votent pour Nicolas Sarkozy ont en tête, non pas la question sociale qui est celle de la dispute, mais la question du « commun ». Nicolas Sarkozy propose une double sécurisation morale et temporelle : « Vous êtes du bon côté de la barrière de l’exclusion sociale » et une appartenance nationale et spirituelle : « Vous êtes dans un commun national ».</p><p>Selon ma grille de lecture, au travers de la façon dont se construit notre « imaginaire national », le moteur de l’évolution actuelle – y compris de la radicalité dans les entreprises – n’est pas la question de la dispute sociale mais la question de l’insertion dans le « commun ». Les ouvriers veulent avoir la garantie qu’ils font toujours partie de la communauté sociale et de l’entreprise et les électeurs des catégories populaires veulent qu’on leur dise qu’ils font toujours partie de la communauté nationale. Donc, plus les individus sont insécurisés économiquement et socialement, plus ils ont besoin d’être sécurisés moralement. C’est ce qu’a apporté Nicolas Sarkozy à la dernière élection présidentielle. Dans d’autres pays d’Europe, on appelle cela le populisme. Chez nous ce n’est pas le populisme, c’est le bonapartisme, dont la fonction historique est la résolution de contradictions. Nicolas Sarkozy incarne aujourd’hui cette fonction. Durant la présidentielle, il a été capable de fabriquer une clef de résolution de la contradiction entre l’antilibéralisme idéologique du pays (dû au fait que la crise du capitalisme et le capitalisme financier l’empêchent de se projeter dans un avenir meilleur) et le fait que ce pays n’est pas anticapitaliste. Le pays est antilibéral, il n’est pas anticapitaliste. Contrairement à ce qui était attendu par Marx, l’État se retirant de la nation dans le stade actuel du capitalisme, c’est le salariat qui souhaite le maintien des rapports sociaux et de ses compromis antérieurs et la bourgeoisie transnationale qui développe à l’échelle internationale les forces productives.</p><p>Le lien de Nicolas Sarkozy avec les Français se rompt fin 2007, début 2008 quand, par le contournement du pouvoir d’achat, il délite son projet temporel « travail + mérite = pouvoir d’achat » qui, réhabilitant la fierté du travail, redonnait aux ouvriers leur place dans l’imaginaire social. Au même moment, la surexposition de sa vie privée ébranle le rapport spirituel à la Nation.<br />Aujourd’hui, les Français se demandent à nouveau quel est le « commun » dans la société.<br />Si le lien de Nicolas Sarkozy avec les Français s’est délité, il garde le monopole de l’imaginaire politique.</p><p>La difficulté de la gauche, au plan national, vient de son incapacité à construire une cohérence entre la question de l’incarnation, c’est-à-dire la question de l’imaginaire, du projet, et la question du levier de ses politiques. C’est ce qui explique le paradoxe apparent de ses bons résultats dans les élections intermédiaires. En effet, les politiques municipales offrent, a minima, la promesse d’une cohérence entre incarnation du maire, le projet municipal commun et politiques locales portées par la gauche. Alors un commun spatial et égalitaire est possible.</p><p>Dans les temps de crise, la fonction du politique est de donner aux individus une place dans l’imaginaire de la société. J’ai été vivement intéressé par la question de l’imaginaire des banlieues. Selon les sondages que j’avais réalisés pendant la crise des banlieues, 80% des Français souhaitaient un couvre-feu en banlieue. Ce que vous avez dit, concernant les banlieues, sur la différence entre l’imaginaire des médias et ce que vous observez est intéressant. Mais les Français ont besoin d’un imaginaire sur les banlieues, alors même que cet imaginaire ne correspond pas à la réalité. Cet imaginaire, dans l’espace, est similaire à celui qui permet à l’ouvrier pauvre de se distinguer des assistés. Chacun a besoin de fixer mentalement dans son imaginaire la zone de l’autre dont on ne souhaite pas être. On tient à cet imaginaire qui permet de se rassurer en se disant qu’on ne fait pas partie des banlieues. C’est cet imaginaire qui pointe, au sein de l’immigration, l’immigré le plus récent. Les choses vont très vite, les comportements politiques le montrent : au bout de la première génération – c’est une marque de la réussite de l’intégration – l’avant-dernier arrivé veut refermer la porte aux nouveaux immigrés. Les individus qui n’arrivent pas à se projeter dans l’avenir ont besoin d’avoir dans l’imaginaire la marque de celui qui est tout à fait différent. J’ai été le premier en France à faire des études auprès des SDF. Des entretiens, il ressortait toujours que le voisin d’à côté (« vraiment alcolo ») était encore plus exclu. C’est le même processus dans les prisons où on « fait la peau » aux pédophiles. On se sécurise moralement en pointant l’autre tant on est soi-même inquiet de ne plus être dans la communion. Le politique, plus dans notre pays qu’ailleurs, a en charge de résoudre ces contradictions car chez nous la réussite individuelle ne fait pas société.</p><p>L’erreur du Parti socialiste de la « nouvelle synthèse » que je pointais avant la présidentielle de 2002 fut de penser que les « exclus » étaient une catégorie sociale et que l’on pouvait impunément fragiliser les catégories populaires au travers de cette référence « inclus/exclus ». L’exclusion est un processus, pas une catégorie, encore moins une identité. Plus on est exclu objectivement, moins on se reconnaît dans l’idée d’être exclu. La marque de la déconnexion du Parti socialiste d’avec les catégories populaires s’exprime dans l’impasse sur le « travail » et sa « fierté » dans une forme de misérabilisme social au travers de l’idée que les plus en difficulté pourraient se reconnaître comme appartenant à une catégorie reléguée.</p><p>Avant la pauvreté, avant l’exclusion, la préoccupation des individus c’est de faire partie d’un « commun ». Plus on fait partie de ce « commun », plus on peut se déployer dans la dispute sociale. Plus la dispute est là, plus elle se fait sur un objet commun.</p><p>Voilà la façon dont j’interprète la raison pour laquelle le peuple ne se retrouve pas dans le moment actuel, alors même que s’accroissent les inégalités sociales, dans le peuple défini au travers d’une dispute sociale.</p><p>——–<br />1/ Les « Antimémoires » d’André Malraux (première publication en 1967) composent avec « La Corde et les souris » l’ensemble intitulé « Le Miroir des limbes » achevé et entré dans la Pléiade en 1976</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 11 Jan 2026 17:56:04 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Le Bêtisier de Maastricht]]></title>
	<description><![CDATA[<p>En 1997, cinq ans après le référendum sur le traité de Maastricht, Jean-Pierre Chevènement publiait "Le Bêtisier de Maastricht" (Editions Arléa). Voici quelques extraits des citations mises en exergue dans le livre. La crise de la zone euro jette une lumière crue sur le surréalisme de ces dernières.</p>
<p>« [Les partisans du "non"] sont des apprentis sorciers. […] Moi je leur ferai un seul conseil : Messieurs, ou vous changez d'attitude, ou vous abandonnez la politique. Il n'y a pas de place pour un tel discours, de tels comportements, dans une vraie démocratie qui respecte l'intelligence et le bon sens des citoyens. » (Jacques Delors à Quimper, 29.8.92)</p>
<p>« Ce qui n’était pas prévu, c’est que les peuples puissent refuser ce que proposent les gouvernements. » (Michel Rocard, International Herald Tribune, 28.7.92)</p><p>« Le traité de Maastricht fait la quasi-unanimité de l’ensemble de la classe politique. Les hommes politiques que nous avons élus sont tout de même mieux avertis que le commun des mortels.» (Élisabeth Badinter, Vu de Gauche, septembre 1992)</p><p>« Maastricht apporte aux dernières années de ce siècle une touche d’humanisme et de Lumière qui contraste singulièrement avec les épreuves cruelles du passé. » (Michel Sapin, ministre socialiste des finances, Le Monde, 6.5.92)</p><p>« Interrogez les peuples de Bosnie, de l’ex-Yougoslavie, de Pologne et des autres pays. Ils nous disent : “ chers amis français, entendez-nous. Apportez-nous votre soutien et votre oui. Ce sera un oui à la française, à l’amitié, à la paix, à l’union. Votre oui à l’union fera tâche d’huile dans nos pays où nous souffrons tant ”. Les gens qui sont aujourd’hui sous les bombes seraient désespérés si les Français tournaient le dos à l’unité européenne. » ( Jack Lang, France Inter, 18.9.92)</p>
<p>« Oui, pour aller de l’avant dans les conquêtes sociales, il n’est d’autre avenir que la Constitution de l’Europe.» ( Julien Dray, Assemblée nationale, 6.5.92)</p>
<p>« Mon raisonnement est profondément socialdémocrate. À vrai dire, je n’ai pas encore compris pourquoi les libéraux veulent de cette Europe-là» (Michel Rocard, Libération, 3.8.92)</p><p>« Le traité de Maastricht agit comme une assurance-vie contre le retour à l’expérience socialiste pure et dure. » (Alain Madelin à Chalon-sur-Saône, 4.9.92)</p><p>« Si le “non” l’emporte, on ne reparlera plus de l’Europe mais des batailles qui se sont déroulées au cours des siècles passés.» (Simone Veil, 14.9.92)</p><p>« Un “non” au référendum serait pour la France et l’Europe la plus grande catastrophe depuis les désastres engendrés par l’arrivée de Hitler au pouvoir. » (Jacques Lesourne, Le Monde, 19.9.92) « Je suis persuadé que les jeunes nazillons qui se sont rendus odieux à Rostock votent “non” à Maastricht. » (Michel Rocard, Le Figaro, 17.9.92)</p><p>« En votant “non”, nous donnerions un magnifique cadeau, sinon à Hitler, à Bismarck. » (Alain-Gérard Slama, Le Figaro, 18.9.92)</p><p>« Moi aussi, j’ai peur de l’Allemagne. [...] Il ne faut pas prendre l’Allemagne pour un gros chien dressé parce qu’elle a été irréprochablement démocratique depuis quarante-cinq ans. » (Françoise Giroud, Le Nouvel Observateur, 3.9.92)</p><p>« M. De Villiers, donc s’installa à l’Elysée. [...] Le “non” français à Maastricht fut interprété, de fait, comme un encouragement aux nationalismes. Il relança la guerre dans les Balkans. [...] Si bien que, sans aller, comme certains, jus- qu’à imputer à ce maudit “non” le soulèvement transylvain, la nouvelle guerre de Trente ans, entre Grèce et Macédoine, les affrontements entre Ossètes du Nord et du Sud, puis entre Russes et Biélorusses, bref, sans aller jusqu’à lui attribuer toutes les guerres tribales, ou paratribales, qui enflammèrent l’Eu- rope de l’Est, on ne peut pas ne pas songer que c’est lui, et lui seul, qui offrit à Berlin l’occasion de son nouveau “Reich”.» (BHL, Le Figaro, 18.9.92)</p><p>«Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir: la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie » (Michel Rocard, Ouest-France, 27.8.92)</p><p>« Si le Traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, RTL, 30.7.92)</p><p>« Le traité d’union européenne se traduira par plus de croissance, plus d’emplois, plus de solidarité. » (Michel Sapin, ministre socialiste des finances, Le Figaro, 20.8.92)</p><p>«L’Europe, ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry à Béthune, 12.9.92)</p><p>« Avec Maastricht, on rira beaucoup plus. » (Bernard Kouchner, Tours, 8.9.92)</p><p>« Si vous voulez que la Bourse se reprenne, votez “oui” à Maastricht ! » (Michel Sapin, université d’été du PS à Avignon, 31.8.92)</p><p>« Pour pouvoir dîner à la table de l’Europe [monétaire], encore faut-il savoir se tenir à cette table et ne pas manger avec ses doigts. [...] Si la monnaie unique a un mérite, et un seul, c’est d’obliger les pays à se conduire correctement.» (Jean-Marc Sylvestre, France Inter, 18.9.92)</p><p>« La France est une locomotive. Elle n’a pas le droit d’être dans le wagon de queue. [...] Le train de l’espoir ne passe pas deux fois. » ( Jack Lang, RTL, 23.8.92)</p><p>----<br />Quelques exemplaires d'occasion sont encore disponibles <a class="liens" href="http://www.amazon.fr/gp/offer-listing/2869593481?tag=chevenement20-21&amp;linkCode=sb1&amp;camp=2386&amp;creative=8474">à la vente sur Amazon</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 03 Jan 2026 17:07:15 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Frédéric Chatillon : l’éminence brune du RN]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1215/frederic-chatillon" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="Frédéric CHATILLON" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1215/medium"></a> C’est un proche que Marine Le Pen veut à tout prix cacher. Mouillé dans les affaires de financement du parti, ce gudard pur et dur partage les obsessions « antisionistes » d’Alain Soral, tout en se passionnant pour Assad et Poutine.</p>

<p>­défense (GUD) dont il devient le président en 1991. Cette filiale d’Ordre nouveau, spécialisée dans le tabassage des gauchistes, manie la barre de fer avec la même délicatesse que l’humour : ses troupes se nomment joyeusement les « Waffen Assas ». Mais ça, c’était avant, bien sûr.</p>

<p>Désormais chef d’entreprise, à la tête d’une petite société au nom breton (Riwal) qui prépare et imprime tous les kits de campagne du RN, Frédéric Chatillon est censé avoir changé. C’est du moins ce qu’affirmait Marine Le Pen en 2017 pour justifier le recours à ce prestataire de services douteux, qu’elle qualifie de « très bon fournisseur » et « compétent ». Et tant pis s’il a pu avoir, à 20 ans, des « engagements à l’extrême droite » comme d’autres politiques en ont eu à « l’extrême gauche ». Pour Denis Le Moal, un ancien gudard qui rappelle que Chatillon organisait « chaque année un dîner pour le jour anniversaire du Führer » dans sa jeunesse, la seule chose qui cloche dans la qualification de « néonazi » à son sujet serait « l’emploi abusif de 'néo' ».</p>

<p>Avec sa carrure de boxeur, ses 54 printemps et ses cheveux plaqués n’ont rien lissé de ses convictions passées. Avant de devenir le conseiller en communication de la présidente du RN, Chatillon était déjà le chouchou des Le Pen. À commencer par le père. Riwal sera mise au service des trois mairies remportées par le FN en région PACA, dès sa création, en 1995.</p>

<p>Les liaisons dangereuses<br />La proximité avec Jean-Marie Le Pen est telle que ce dernier devient le parrain d’une de ses filles. Le « Menhir », comme l’appellent ses fidèles, est aussi le parrain d’une fille de Dieudonné – que Chatillon adore. Lorsque l’humoriste décerne à Robert Faurisson le « prix de l’infréquentabilité » sur la scène du Zénith en 2008, Chatillon multiplie les quenelles dans la salle en chantant la ritournelle « Shoah nanas ». Rien d’anormal pour ce fan de Faurisson, de Roger Garaudy (deux grandes figures du négationnisme français) et de Léon Degrelle. Le célèbre Waffen-SS belge, à qui il a rendu visite en Espagne en 1992, lui aurait dit : « Si j’avais eu un fils, j’aurais voulu qu’il soit comme vous. »</p>

<p>En Italie, où il vit le plus souvent, Chatillon fréquente volontiers les dirigeants de la Ligue du Nord et de l’extrême droite fasciste. C’est d’ailleurs en sa compagnie que Marine Le Pen a effectué sa tournée italienne de 2011, l’un des rares moments où les deux amis de trente ans ont été pris en photo côte à côte . D'habitude, ils veillent à ne pas apparaître ensemble en public.</p>

<p>Tout en laissant Marine Le Pen prendre la lumière et le pouvoir, Chatillon et quelques autres n’ont jamais cessé de rêver au « Front de la foi », à savoir l’alliance des islamistes et des nationalistes chrétiens contre les juifs. Soit la ligne d’égalité & Réconciliation. Animé par Alain Soral, le mouvement, parrainé en coulisses par Chatillon, a été cofondé en 2017 par deux de ses hussards, comme lui anciens nervis du GUD : Jildaz Mahé O’Chinal (directeur marketing de Riwal) et Philippe Péninque, une autre éminence grise de Marine Le Pen, l’homme avec qui elle a mené la purge contre Bruno Mégret.</p>

<p>À l'occasion, Frédéric Chatillon ne dédaigne pas le nationalisme arabe, particulièrement syrien. La famille Assad, qui a contribué à financer le GUD dès 1994, est un peu sa seconde famille d’adoption. Au point de s’en faire le principal propagandiste en France via sa société Riwal Syria. Ah ! la Syrie des Assad… ces financiers du Hezbollah – que Chatillon soutient – et ces grands ennemis historiques d’Israël ! « Ce n’est pas parce que je vais en Syrie que je suis antisémite », se défend l’intéressé. On sourit.</p>

<p>Chatillon, qui partage les obsessions de Soral et Dieudonné, leur a fait découvrir la Syrie et ses tyrans lors d’un premier voyage en 2006, en compagnie de Thierry Meyssan. Dix ans plus tard, il emmenait cette fois une délégation rassemblant des personnalités d’extrême droite et des élus Républicains, dont Thierry Mariani. Et comme les amis d’Assad sont souvent ceux de Poutine, Chatillon est un parfait rouge-brun auquel on peut ajouter une touche de vert.</p>

<p>En 2009, on a pu l’apercevoir lors d’une manifestation contre le « génocide palestinien », posant aux côtés du collectif Cheikh Yassine d’Abdelhakim Sefrioui, l’islamiste ayant mené campagne contre Samuel Paty. On comprend pourquoi Marine Le Pen tient à le cacher. Pourtant, il joue un rôle capital au sein du RN. En 2013, par exemple, c’est lui qui a obtenu un prêt de 10 millions d’euros de banques italiennes pour renflouer les caisses du parti.</p>

<p>Mis en examen à trois reprises, Chatillon a été condamné le 16 juin 2020 à trente mois d’emprisonnement, dont dix ferme, et 250 000 euros d’amende pour « escroquerie » et « abus de biens sociaux » dans l’affaire des « kits de campagne » du FN. Riwal est accusée d’avoir surfacturé des tracts fournis au FN pour gonfler le remboursement des frais de campagne aux législatives de 2012. L’appel est en cours. Un bracelet électronique dispense Chatillon d’un séjour en prison. Un jugement récent lui interdit en principe d’entretenir une « relation commerciale avec le FN ». Qu’à cela ne tienne : il a cédé sa place au sein de la société Riwal à Alex Loustau, son fidèle associé et ancien du GUD lui-même.</p>

<p>Tapi dans l’ombre, Frédéric Chatillon n’apparaît plus dans l’organigramme du RN, dont la devanture ripolinée est plus présentable que celle du FN. Il n’empêche : son arrière-boutique renferme encore quelques articles peu ragoûtants. </p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sun, 21 Sep 2025 11:11:57 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[&quot;L’Europe est la région du monde la plus tolérante vis-à-vis de l’immigration irrégulière&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[
<p><a href="https://ememiom.fr/iom/file/view/1154/didier-leschi" class="embed-insert"><img class="elgg-photo" alt="Didier LESCHI" src="https://ememiom.fr/iom/serve-icon/1154/medium"></a> </p>

<p>Publié le 20/09/2025 à 16:00</p>

<p>Le directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, auteur du tract « Ce grand dérangement », dresse, sans détour, un<br />tableau de la situation migratoire en France et en Europe.</p>

<p>Marianne : Quel est le bilan de la poussée migratoire en Europe qui a débuté en 2015 </p>

<p>Didier Leschi : En 2015, l’Europe a accueilli, en proportion, plus d’immigrants que les États-Unis : 2,4 millions pour 509 millions<br />d’habitants, contre 1,1 pour 320, soit un taux de 4,7 % contre 3,4 %,<br />confirmant ainsi qu’elle est une grande zone d’immigration. En son sein, la part des personnes nées étrangères à l’étranger est plus importante que sur d’autres continents. Elle tourne autour de 13 %. En Asie et en Afrique, elle est respectivement à 1,8 % et à 1,9 %. En Amérique latine et dans les Caraïbes, à 2,3 %. L’Europe est loin d’être une forteresse. Depuis 2015, plus de 10 millions de demandeurs d’asile ont pu y accéder.</p>

<p>Quels sont les effets sociaux de cette crise ?</p>

<p>Ce qui est appelé « crise migratoire » résulte des effets de la mondialisation. Ils ont soulevé, d’un bout à l’autre de la terre, des<br />mouvements de population à la mesure des dénivellements abyssaux qui ont été creusés entre les nantis et les autres. S’ajoutent à cela les échecs<br />économiques et sociaux des indépendances des années 1950 et 1960. Nombre de perdants des chaos du monde désirent l’Europe du fait que ses conditions d’accueil sont vues comme généreuses.<br />Quant aux effets sociaux, ils sont fonction des pays et des immigrations.<br />Des personnes qualifiées, ou douées en langue, n’ont pas les mêmes<br />parcours d’insertion sociale ou d’intégration que celles qui sont peu ou ne sont pas qualifiées. Les écarts culturels peuvent générer des problèmes sociaux. Or les écarts culturels entre nos pays d’accueil et les pays de<br />départ ne cessent de s’agrandir. Nous sommes un continent de la diversité, l’inverse de bien des pays de départ.</p>

<p>Les actuels mouvements d’opinion en Grande-Bretagne, qui touchent toutes les sensibilités politiques sont liés aux difficultés sociales et<br />culturelles générées par des arrivées massives en quelques années. Depuis le début du siècle, l’immigration dans la population est passée de 8 % à 18<br />%. Depuis le Brexit, l’immigration non européenne a pris le pas sur l’européenne. Enfin, à la forte immigration légale, 1,2 million de<br />personnes en 2022, s’ajoutent les traversées irrégulières de la Manche…</p>

<p>Vous dites que l’immigration est autant un sujet de nombre qu’une question sociale…</p>

<p>Quelle est l’ampleur de ce qu’une collectivité peut assumer en matière de solidarité sociale en dehors de son obligation morale d’accueillir les<br />persécutés ? La crainte que la non-maîtrise des frontières ne détériore les conditions sociales de tous est-elle légitime ? Voilà ce qui est le cœur des débats.</p>

<p>Dix ans plus tard, qu’en est-il du rêve d’intégration en Allemagne ?</p>

<p>Même s’il y a des succès, l’Allemagne fait face à des difficultés. Le taux de chômage des Syriens est de 38 % (48 % pour les femmes), contre 4 % pour l’ensemble de la population. Les Afghans et les Irakiens connaissent les<br />mêmes difficultés. L’accès au logement, dont les prix ont augmenté de 56<br />% en dix ans, est difficile. Ce pays assume aujourd’hui de ne plus pouvoir y arriver, d’autant que sont arrivés aussi 1 million d’Ukrainiens. Il refoule des demandeurs d’asile vers la Pologne, organise des expulsions de<br />sortants de prison vers l’Afghanistan, renvoie vers la Syrie… Il suspend pour deux ans le droit au regroupement familial pour une partie des réfugiés.<br />Enfin, confronté à des manifestations antisémites qui percutent le cœur de sa reconstruction démocratique depuis 1945, le pays exige que chaque personne qui souhaite devenir allemande reconnaisse la responsabilité de l’Allemagne dans la Shoah, au risque de se la voir refuser pour antisémitisme. De même, la contestation du droit d’Israël à exister est<br />considérée comme antisémite.</p>

<p>Où en sont les États concernés par l’accueil ?</p>

<p>Quelle que soit la couleur politique de ceux qui les dirigent, ils<br />manifestent leur volonté de diminuer les flux légaux et l’immigration irrégulière. Et même, pour certains, de réduire un droit d’asile considéré comme détourné.</p>

<p>Quel est l’enjeu du nouveau pacte migratoire européen ?</p>

<p>L’Europe est la région du monde la plus tolérante face à l’immigration irrégulière. Qu’elle maîtrise ses frontières et que son droit interne ne<br />favorise pas celui qui n’est pas le bienvenu est devenu son enjeu majeur. Le pacte tente d’y répondre.<br />Aujourd’hui, la France est le premier pays de la demande d’asile…<br />Comme entre 2003 et 2011. Cela est dû, entre autres facteurs, aux fortes arrivées de Subsahariens francophones congolais, guinéens, ivoiriens… Mais aussi aux Haïtiens en Guyane. Alors que la demande d’asile a<br />diminué de 20 % en Europe entre 2024 et 2025, la baisse n’est que de 3 % en France.<br />La France est-elle un pays plus ouvert que les autres à l’immigration ?<br />Dans l’Union, les situations sont très diverses. Contrairement à nos<br />principaux voisins, la France est un pays d’immigration de longue date.<br />Avec une accélération indéniable des arrivées. Le nombre de titres de<br />séjour pour des personnes venant de pays tiers à l’Union est passé de 3,5 millions en 2020 à 4,3 millions en 2024. Près de la moitié de nos<br />immigrés sont nés en Afrique. Ils étaient, jusqu’aux années 1980, d’abord européens. Près de 60 % d'entre eux viennent du Maghreb.<br />L’immigration algérienne, particulièrement importante depuis l’indépendance, est la première. Et s’accélère. Un Algérien sur deux est arrivé après l’an 2000. En 2024, plus de 10 000 jeunes Algériens fuyant<br />leur pays ont traversé la Méditerranée. Au Maghreb s’ajoute l’Afrique. Le nombre des originaires du Sahel, de Guinée ou d’Afrique centrale a<br />doublé depuis 2006 et atteint presque le million.</p>

<p>Comparativement aux autres pays de l’OCDE – l’Allemagne, le Royaume-Uni et, bien sûr, les pays d’immigration choisie comme le Canada, l’Australie ou les États-Unis –, notre immigration a un faible niveau éducatif, ce qui accentue les difficultés d’employabilité dans un pays où les emplois industriels ou peu qualifiés ont considérablement diminué. Ce qui explique que plus de 30 % des immigrés ont un niveau<br />de vie inférieur au seuil de pauvreté. Près de trois fois plus que celui des personnes sans ascendance migratoire. Il est de plus de 39 % chez les<br />immigrés nés en Afrique, de 36 % chez ceux qui sont nés en Asie (hors Asie du Sud-Est). Il n’est que de 19,5 % pour les immigrés originaires d’Europe.<br />Cette précarité nécessite des prises en charge. Un ménage algérien sur<br />deux vit en logement social, un peu moins d’un marocain sur deux ; 57 % des immigrés sahéliens et 52 % des immigrés issus de l’Afrique guinéenne ou centrale. Dans le même temps, le nombre de personnes sans titre de<br />séjour progresse, comme l’atteste l’évolution des bénéficiaires de l’AME, plus de 70 % en dix ans, pour dépasser aujourd’hui les 480 000. À bien des égards, la France a un régime intérieur plus favorable aux immigrations que bien des pays dans l’accès aux droits sociaux ou encore à la<br />nationalité pour les bénéficiaires d’un titre de séjour. Et même pour les clandestins qui, en plus de l’AME, ont droit à l’hébergement inconditionnel. En Espagne, par exemple, les bénéficiaires de leur AME, comme les nationaux, ont un reste à charge important. Pas en France.<br />Pour bon nombre de libéraux, l’immigration de travail est une  solution à la crise démographique. Selon eux, avec des voies légales plus fortes, l’immigration irrégulière baisserait…<br />Certes, on peut penser que l’immigration de travail peut répondre à des<br />besoins précis de l’économie et qu’à long terme son apport est supérieur à la dépense sociale initiale. Mais cela est âprement discuté. Ceux qui<br />préconisent d’augmenter l’immigration, comme Terra Nova, se détournent, de fait, de ceux qui, ici, ne sont pas employés. Ils renoncent à leur offrir des perspectives. Il existe déjà une voie légale d’immigration de travail. En 2024, plus de 58 000 titres de séjour ont été délivrés pour des motifs économiques. Le double de 2020.<br />Le paradoxe, c’est que nous accordons, tous les ans, des centaines de milliers de visas, des dizaines de milliers de nouveaux titres de séjour à des ressortissants de pays qui sont aussi ceux à partir desquels arrivent des clandestins. Ces mêmes pays se refusent à les reprendre, remettant ainsi en cause toute coopération. La Tunisie en est l’exemple type. En 2024, 108 000 visas ont été délivrés à des Tunisiens, 1 visa pour 111<br />habitants ; 22 456 nouveaux titres de séjour ont été accordés, 1 pour 540 Tunisiens. Et malgré cela, les autorités tunisiennes ne coopèrent pas à la reprise de leurs nombreux nationaux venus clandestinement.</p>

<p><a href="https://www.marianne.net/auteur/isabelle-vogtensperger"><br />Isabelle Vogtensperger <br /></a></p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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	<pubDate>Sat, 24 May 2025 13:52:41 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Traité de Maastricht : exception d&#039;irrecevabilité défendue par Philippe Séguin (5 mai 1992)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>
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	<a href="https://ememiom.fr/iom/blog/view/1132/discours-prononce-par-m-philippe-seguin-le-5-mai1992-a-lassemblee-nationale-page-2" style="padding-bottom: 4px; font-size: 17.28px;">Page 2</a><br />
	<a href="https://ememiom.fr/iom/blog/view/1133/discours-prononce-par-m-philippe-seguin-le-5-mai1992-a-lassemblee-nationale-page-3" style="padding-bottom: 4px; font-size: 17.28px;">Page 3</a><br />
	<a href="https://ememiom.fr/iom/blog/view/1134/discours-prononce-par-m-philippe-seguin-le-5-mai1992-a-lassemblee-nationale-page-4" style="padding-bottom: 4px; font-size: 17.28px;">Page 4</a><br />
	<a href="https://ememiom.fr/iom/blog/view/1135/discours-prononce-par-m-philippe-seguin-le-5-mai1992-a-lassemblee-nationale-page-5" style="padding-bottom: 4px; font-size: 17.28px;">Page 5</a></h3>
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	</li>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
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