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	<title><![CDATA[Signet Loupe: Blogs de La loupe: Août 2025]]></title>
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	<description><![CDATA[]]></description>
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	<pubDate>Fri, 15 Aug 2025 04:30:39 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[En Alaska, le début cruel d’un nouvel ordre du monde]]></title>
	<description><![CDATA[<p>La rencontre de Trump avec Poutine est évidemment un évènement. Les deux personnages cumulent assez de pouvoirs sur la planète pour que ce le soit. Surtout dans un moment de dislocation géopolitique comme celui-ci. C’est aussi une humiliation de plus pour les vassaux européens et les commensaux de l’OTAN qui tiendront la bougie chez eux pendant que les dominants se passent d’eux pour décider de l’avenir de leur continent. Le contre sens de la politique suivie par les européens à propos de la Russie depuis trente ans s’étale sous leurs yeux. Car la Russie est une composante de l’Europe. Davantage que la Turquie avec qui pourtant les négociations en vue de son adhésion à l’UE sont pourtant censées continuer. Les dirigeants de l’Union européenne ont accepté le scénario conclu en 2008 à Budapest en faveur de l’annexion par l’OTAN de l’Ukraine et de la Géorgie, véritable déclaration de guerre à la Russie. Sur ce blog même j’en avais fait l’analyse et l’alerte. Je n’ai pas été le seul. Il est donc impossible de dire que cela ne se savait pas. De leur côté, les USA ont joué une partie trop compliquée. La Chine ou la Russie, il leur fallait choisir quel était le véritable « adversaire systémique ». Les atermoiements, hésitations et les allers-retours ont embrouillé leur action.  Trop tard maintenant. Poutine a gagné la guerre parce que l’Ukraine ne peut la gagner sans un engagement des USA d’une ampleur qui n’est plus à l’ordre du jour. Pour cause de Chine. Les USA ne peuvent donc pas se tirer d’affaires en vainqueurs. Ils devront accepter qu’une nouvelle carte de l’Europe soit dessinée. Pour finir, l’Europe politique y aura donc laissé sa peau. Elle a prouvé qu’elle n’existe pas et n’en a ni la volonté ni les moyens. Plus que jamais ce sera l’Europe allemande. C’est-à-dire le néant.  </p><p>L’Ukraine pensait pouvoir compter sur les USA surtout et sur les européens aussi pour garantir son indépendance contre l’invasion dont elle fait l’objet. Elle sait à quoi s’en tenir. Elle ne peut plus gagner. Non seulement pour les raisons militaires évoquées. Mais surtout parce que son système politique tient à un fil. Tout concourt à l’effondrement : avoir interdit les syndicats et les partis d’opposition, avoir maintenu Zelenski en place alors que son mandat présidentiel est fini, avoir tenté de sauver les corrompus qui pillent l’effort de guerre, les désertions massives, tout cela a brisé le lien unissant le système Zelenski à son peuple en guerre. Les bonimenteurs sur l’alliance OTAN comme garantie de défense vont manger leur chapeau. La petite gôche atlantiste aussi. Au demeurant, compte tenu de la nature des liens qui unissent les USA et Netanyahu, il est peu probable que le divorce entre atlantistes ait lieu.</p><p>Pour nous plus que jamais, compter sur qui que ce soit d’autre que soi-même pour se défendre est une naïveté qui se paiera toujours très cher. USA, Russes, Allemands et d’autres vont tirer chacun leur jus de cette nouvelle distribution des cartes de la puissance. Sauf la France, faute de politique réaliste et faute d’ambitions, faute de compréhension du moment.</p><p>Les frontières de l’Ukraine seront donc discutées en dehors de la présence des Ukrainiens. Le départ de Zelenski est la condition de l’accord. Tout simplement parce que son mandat est fini et que je ne crois pas la Russie capable de signer quoique ce soit avec quelqu’un bientôt remplacé par un autre qui pourrait tout remettre en cause. Si Trump et Poutine s’entendent sur un dépeçage accepté jusqu’où cela ira-t-il ? Serons-nous contemporains d’un nouveau Yalta, cet accord de partage du monde entre les USA et l’URSS ? Peut-être d’aucuns le voudraient-ils. Mais en l’absence de la Chine aucun arrangement n’a de valeur stable.  Et Poutine ne lâchera pas son alliance chinoise contre les promesses des paltoquets de la fin d’empire US et de leur ribambelle de marionnettes confuses en Europe. Il aura raison. Une telle étape porte en elle d’autres orages. Je note pour mémoire à cette occasion : sur cette base les appétits de bouts d’Ukraine en Pologne et en Hongrie seront rallumés. Dès lors, d’une façon ou d’une autre, la question des frontières va revenir plus forte que jamais. Nous avions proposé une conférence des frontières sous l’égide de l’OSCE en 2016. On me fit le procès stupide de m’accuser de vouloir les changer. J’argumentais qu’elles le feraient sans nous. Et que mieux valait prendre les devant en organisant la discussion que de subir les guerres que ce genre de situation déclenche. On a vu depuis comment l’Ecosse, la Catalogne, la Flandre aujourd’hui belge ont posé un problème. Encore ne fais-je ici que nommer ce que tout le monde sait puisque les intéressés se chargent de le faire savoir. Mais encore une fois, souvenons-nous que les frontières de l’ancien bloc soviétique n’ont jamais été stabilisées comme je l’ai rappelé à l’instant à propos de la Pologne et de la Hongrie. Bref, la rencontre de Trump avec Poutine sur le détroit de Behring peut être un énorme franchissement de seuil. Seul les USA assument un risque dans cette affaire. Celui de revenir sans aucune décision validée. Quant aux européens, ils n’ont aucun moyen de tirer si peu que ce soit quelque avantage que ce soit… Tel est le bilan réel de tous les bavards qui nous ont saoulé depuis 2005 avec leur coup de menton, leur insupportable arrogance atlantiste et leurs ritournelles à l’eau tiède sur l’avenir merveilleux de leurs plans. Leur temps est épuisé comme leur projet. Un gouvernement insoumis aura les mains libres pour engager tout autre chose, tout autrement pour que la France puisse déployer son offre de non-alignement altermondialiste. Une tout autre Europe peut être en vue.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
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	<pubDate>Sat, 09 Aug 2025 17:57:57 +0000</pubDate>
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	<title><![CDATA[Comment s&#039;adresser à... une future retraitée qui ne fait pas son âge]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Elle s’appelle Mylène, Nathalie ou Isabelle. Et non pas Mégane, Héloïse ou Talia. Elle porte encore beau, mais allez-y piano : tout lui est douleur.</p>

<p>Évitez les questions qui fâchent. « Il te reste combien de trimestres ? », « Tu dois travailler jusqu’à quand avant le taux plein ? ». Évacuez tout ce qui a trait à des décisions immobilières horribles (« Tu crois que tu pourras rester rue des Platanes ? »). Ce n’est pas seulement l’effondrement économique qui menace, mais le ralentissement de sa vie sociale. Le toboggan vers l’Ehpad (espérance de vie moyenne : trois ans et quatre mois).</p>

<p>Quant au physique, de grâce, même si bien servie (mince avec chevelure opulente), abstenez-vous de tout commentaire : « Il t’a bien réussi la couleur, cette fois », « La couperose ? La dermato t’enlève ça d’un coup de laser », etc. Si vous avez moins de 35 ans, épargnez-lui les références high-tech déstabilisantes (7G, Bluetooth, Starlink). Ne lui parlez pas de votre mère (« Tu l’adorerais », « Elle aussi kiffe Élisabeth Quin »). N’utilisez pas de vocabulaire moderniste obscur (gaslighting, call out, bails, « je m’en balec », « elle m’a tunnellisé »). N’évoquez aucun chanteur/acteur/milliardaire/influenceur né après 2000 (ne sait pas qui c’est). Parlez moins vite. Plus fort.</p>

<p>À LIRE AUSSI : Écartez les contrefaçons, anticipez les déceptions : mode d'emploi pour approcher une chaudasse </p>

<p>Ne commentez ni n’observez grossièrement l’écran de son iPhone quand elle l’éclaire (lettres énormes, notifications humiliantes : « Catherine, préparer sa retraite est essentiel » et pubs odieuses : devis monte-escalier, convention obsèques…). Ne gloussez pas si par mégarde vous tombez sur son passeport (on dirait sa fille ou une photo filtrée), sa carte Vitale, son billet de TGV ou sa fiche de paie (date de naissance : la gaffe !).</p>

<p>Tenez-lui la porte, aidez-la à enfiler son manteau vintage Alaïa ou son peignoir de ville Mugler (gestes mal coordonnés, dos raide). Mais ne vous précipitez pas pour lui céder la place dans le bus, surtout s’il y a une ancêtre plus légitime dans les parages.</p>

<p>Un peu de discrétion si, par inadvertance, vous tombez sur son sac ouvert, véritable pharmacie de vieille Sioux : Jouvence de l’Abbé Soury (circulation sanguine), crème anticerne (initialement prévue pour réduire les hémorroïdes), cachets multivitaminés (B12, E, A, D… de quoi réveiller les hormones d’une momie), lunettes correction loupe avec chaînette pour ne pas les perdre, prospectus pour cliniques esthétiques en Grèce orné de sirènes nues, voire lubrifi ant intime (chez les aventurières ou utopistes).</p>

<p>À LIRE AUSSI : Le flatter pour le mener à la faute, monter les autres contre lui... Comment gérer un con ?</p>

<p>Maniez le compliment avec une infinie précaution. Quand on a connu les hommages les plus enflammés (« Vous êtes mon idéal féminin »), la litote (« Encore très bien », « Gracieuse », « D’une élégance rare ») vous crucifie. Ne dites rien. Néanmoins, si vous appartenez à une catégorie sociale interlope (dragueur de rue, jeune à cagoule, chauffeur de taxi en goguette, BCBG ivre), peu soupçonnable de tartufferie mondaine, vous pouvez oser un clin d’œil égrillard. Il sera accueilli très favorablement en son for intérieur.</p>

<p>Attention aux références cinéphiliques. Modérez votre vénération pour les actrices antédiluviennes ou trépassées (Charlotte Rampling, Dominique Sanda, Virna Lisi, Delphine Seyrig). Elle pourrait y percevoir une perfidie caramélisée. Tapez dans la « sexa sexy » : vous trouvez Juliette Binoche « super excitante », Monica Bellucci « incroyable », Michelle Pfeiffer « carrément sublime ». À manier avec précaution : Isabelle Huppert (teigne de 1,12 m), Emmanuelle Béart (trop refaite), Tilda Swinton (trop strange).</p>

<p>Ne demandez jamais « C’était quelle année ? » (qu’elle a passé le bac, acheté son appart, s’est cassé les deux pieds à Biarritz). Déni total sur le temporel (amnésie chic). Sujet épineux : la famille. Si elle vous apprend que son petit frère a eu un AVC, n’investiguez pas : « Mais il a quel âge ? » (52 ans). Si vous êtes épris, ne faites pas le fier, ne vous rajeunissez pas. Au contraire, détaillez sans chichi vos bobos (prostate, cataracte, arthrose du genou, diabète type 2). Minaudez : « Mais vous, vous êtes toute jeune, vous n’avez pas encore ces problèmes. »</p>

<p>À LIRE AUSSI : Pas de familiarité, ni de paparazzade en douce : mode d'emploi pour approcher "un people"</p>

<p>N’imaginez pas qu’elle se brade ou qu’elle soit devenue plus indulgente avec les années. Sa méfi ance est intense, ses regrets sont éternels et sa rancune (contre son ex, l’âge, sa future pension riquiqui) est tenace. Bref, c’est une peau de vache. Elle ne laisse rien passer. Quand on lui fait des mamours, elle pense qu’on veut lui emprunter de l’argent. Sentimentalement, c’est Alcatraz. Sexuellement, la banquise : les vieux la dégoûtent (poils dans le nez, oreilles qui poussent…), les jeunes lui font horreur (tabou de l’inceste).</p>

<p>N’appuyez pas sur ses lacunes. Elle souffre en montant l’escalier, a des bouffées de chaleur, des trous de mémoire, mal à la hanche, ne retrouve pas les noms propres et s’agace de les avoir « sur le bout de la langue ». Enchaînez avec une cordiale solidarité : « Ça m’arrive tout le temps aussi. »</p>

<p>Épousez ses centres d’intérêt. Elle a moins de curiosité pour la politique, la mode, les magazines féminins (sauf pages santé, yoga et cuisine), l’érotisme, les sorties en boîte, les guéguerres entre collègues… Tout cela l’ennuie. En revanche, elle se passionne pour la métaphysique, le bouddhisme et les ouvrages tournés vers l’avenir (« Dieu existe », « Les mystères de l’Univers », « L’au-delà pour les nuls »)</p>
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	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
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