<?xml version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" >
<channel>
	<title><![CDATA[Signet Loupe: Articles de blog de La loupe]]></title>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/owner/ememiom?offset=10</link>
	<atom:link href="https://silo.ememiom.fr/blog/owner/ememiom?offset=10" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<description><![CDATA[]]></description>
	
	<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1301/arnaud-montebourg-interroge-jean-philippe-tanguy-depute-rn-sur-le-programme-economique-du-rn</guid>
	<pubDate>Sat, 15 Aug 2026 08:58:23 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1301/arnaud-montebourg-interroge-jean-philippe-tanguy-depute-rn-sur-le-programme-economique-du-rn</link>
	<title><![CDATA[Arnaud Montebourg interroge Jean-Philippe Tanguy, député RN, sur le programme économique du RN]]></title>
	<description><![CDATA[<p><span style="color: rgb(19, 19, 19); font-family: Roboto, Arial, sans-serif; font-size: 14px; white-space: pre-wrap; background-color: rgba(0, 0, 0, 0.05);">Arnaud Montebourg intervient chaque vendredi aux c&ocirc;t&eacute;s de Paola Puerari pour livrer son analyse sur les grands enjeux &eacute;conomiques et g&eacute;ostrat&eacute;giques, notamment en termes de souverainet&eacute; industrielle &amp; &eacute;nerg&eacute;tique de la France et de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne, au c&oelig;ur de L&rsquo;actualit&eacute;.</span></p>
<p><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/KVJW6Rp4MxQ?si=BT89CFaRSblTSEsc" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1300/ingerences-etrangeres-audition-darnaud-montebourg-ancien-ministre-assemblee-nationale-11042023</guid>
	<pubDate>Sat, 15 Aug 2026 08:50:39 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1300/ingerences-etrangeres-audition-darnaud-montebourg-ancien-ministre-assemblee-nationale-11042023</link>
	<title><![CDATA[Ingérences étrangères : audition d&#039;Arnaud Montebourg, ancien ministre - Assemblée nationale // 11/04/2023]]></title>
	<description><![CDATA[<p><span class="ytAttributedStringLinkInheritColor" dir="auto" style="margin: 0px; padding: 0px; border: 0px; background: rgba(0, 0, 0, 0.05); font-family: Roboto, Arial, sans-serif; font-size: 14px; white-space: pre-wrap; color: rgb(19, 19, 19);">La commission d&#39;enqu&ecirc;te, cr&eacute;&eacute;e au titre du droit de tirage parlementaire du RN, poursuit ses auditions, pour &eacute;tablir d&#39;&eacute;ventuelles ing&eacute;rences &eacute;trang&egrave;res sur des relais d&#39;opinion, dirigeants ou partis politiques fran&ccedil;ais. Elle auditionne Arnaud Montebourg, ancien ministre socialiste du Redressement productif et de l&#39;&Eacute;conomie et chantre du &laquo; Made in France &raquo; en mati&egrave;re de consommation. Retrouvez cette audition en int&eacute;gralit&eacute;. </span></p><p><iframe height="345" src="https://www.youtube.com/embed/drTqesKmaQY" width="420"></iframe></p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p><span class="ytAttributedStringLinkInheritColor" dir="auto" style="margin: 0px; padding: 0px; border: 0px; background: rgba(0, 0, 0, 0.05); font-family: Roboto, Arial, sans-serif; font-size: 14px; white-space: pre-wrap; color: rgb(19, 19, 19);">Les auditions de l&#39;Assembl&eacute;e nationale permettent notamment l&#39;information et le contr&ocirc;le de l&#39;action du Gouvernement par les d&eacute;put&eacute;s et elles peuvent aussi avoir pour objet de pr&eacute;parer un projet de loi. Elles consistent &agrave; entendre une personne devant une commission afin d&#39;avoir un &eacute;clairage, un point de vue sur un sujet pr&eacute;cis. Ces personnes auditionn&eacute;es peuvent &ecirc;tre des membres du Gouvernement, des commissaires europ&eacute;ens, des chercheurs, des repr&eacute;sentants des milieux socioprofessionnels... </span></p><p><span class="ytAttributedStringLinkInheritColor" dir="auto" style="margin: 0px; padding: 0px; border: 0px; background: rgba(0, 0, 0, 0.05); font-family: Roboto, Arial, sans-serif; font-size: 14px; white-space: pre-wrap; color: rgb(19, 19, 19);">Abonnez-vous &agrave; la cha&icirc;ne YouTube LCP : </span><span class="ytAttributedStringLinkInheritColor" dir="auto" style="margin: 0px; padding: 0px; border: 0px; background: rgba(0, 0, 0, 0.05); font-family: Roboto, Arial, sans-serif; font-size: 14px; white-space: pre-wrap; color: rgb(6, 95, 212);"><a class="ytAttributedStringLink ytAttributedStringLinkCallToActionColor" force-new-state="true" href="https://www.youtube.com/redirect?event=video_description&amp;redir_token=QUM4Zm9rUnVFTzYwbFFqSzQxZmNUNzVoYmN4VHxBR3JiS2FsbW9EaTA0VV9ZQ21LSXlfUDdIa0FfUzNOWmdmWDgxNzVqQlA3bHZRMU90b0RKcHFoQXlhM2FmS3VqY1gtdV9Pa3lvcXZGN3VUNDBKd1hERTVLeTM2WkJHcjE4alRZ&amp;q=https%3A%2F%2Fbit.ly%2F2XGSAH5&amp;v=drTqesKmaQY" rel="nofollow" style="text-decoration: none; display: inline;" tabindex="0" target="_blank">https://bit.ly/2XGSAH5</a></span></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1299/france-et-europe-renoncements-ou-effacement-montebourg-dec2025-le-figaro</guid>
	<pubDate>Sat, 15 Aug 2026 08:38:39 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1299/france-et-europe-renoncements-ou-effacement-montebourg-dec2025-le-figaro</link>
	<title><![CDATA[France et Europe : renoncements ou effacement ? // MONTEBOURG DEC.2025 / LE FIGARO]]></title>
	<description><![CDATA[<p><iframe height="345" src="https://www.youtube.com/embed/UtofHJKOg7A?si=SpLYNgZHK6bPN2FZ" title="YouTube video player" width="420"></iframe></p><p><span style="color: rgb(19, 19, 19); font-family: Roboto, Arial, sans-serif; font-size: 14px; white-space: pre-wrap; background-color: rgba(0, 0, 0, 0.05);">Retrouvez Esprits Libres pr&eacute;sent&eacute; par Alexandre Devecchio. Il re&ccedil;oit Arnaud Montebourg et Thierry Breton.</span></p><p>&nbsp;</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1289/lalgerie-turco-islamiste-contre-la-kabylie</guid>
	<pubDate>Fri, 14 Aug 2026 05:22:53 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1289/lalgerie-turco-islamiste-contre-la-kabylie</link>
	<title><![CDATA[L&#039;Algérie turco-islamiste contre la Kabylie.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Il faut arrêter de se mentir. Ce qui se joue en Algérie depuis soixante ans n'a rien à voir avec de la pédagogie, de la réforme éducative ou de la décolonisation linguistique. C'est un projet politique totalitaire, méthodique, inavoué : faire disparaître tout ce qui résiste à l'uniformisation turco-islamiste. Le français, le tamazight, la Kabylie elle-même — tout cela n'est qu'un obstacle à éliminer.</p>

<p>Regardons les choses en face. Depuis 1962, l'Algérie n'a pas rompu avec le modèle ottoman. Elle l'a perfectionné. Les Turcs avaient imposé l'arabe comme langue du pouvoir et de la religion pour contrôler les populations berbères. L'État algérien post-indépendance a fait exactement la même chose, mais avec une rhétorique différente : au lieu de dire "nous sommes l'Empire", il a dit "nous sommes la révolution". Même méthode, même objectif : soumettre les esprits par la langue.</p>

<p>L'arabisation forcée n'a jamais été une question d'identité. C'était une question de contrôle. Quand tu imposes une langue que personne ne parle vraiment — l'arabe classique, pas la darija — tu crées une caste de fonctionnaires qui dépendent du pouvoir pour exister. Tu fabriques une élite artificielle, déconnectée du peuple, qui ne doit sa légitimité qu'au régime. C'est exactement ce qui s'est passé. Les cadres arabophones formés dans les universités du Moyen-Orient sont revenus avec une vision du monde qui n'avait rien d'algérien : une vision islamiste, conservatrice, hostile à toute forme de pluralisme.</p>

<p>Aujourd'hui, on nous ressort la même recette avec le français. On le chasse de l'école, des administrations, des médias. On le présente comme un vestige colonial, une insulte à la souveraineté nationale. Mais regardons ce qui se cache derrière ce discours.</p>

<p>Le français, ce n'est pas seulement la langue de Molière. C'est la langue de la mobilité sociale, de l'accès au savoir international, de la capacité à penser hors du cadre. Quand un jeune Kabyle maîtrise le français, il peut lire autre chose que la propagande du régime. Il peut comparer. Il peut comprendre qu'il existe d'autres modèles, d'autres histoires, d'autres façons d'organiser une société. C'est ça qui dérange. Pas la "décolonisation", mais la possibilité d'une pensée libre.</p>

<p>L'anglais qu'on nous vend aujourd'hui comme la langue de la modernité ? C'est une fumisterie. Personne ne croit vraiment que l'anglais va remplacer le français du jour au lendemain. C'est juste un nouvel outil de sélection sociale. Les enfants de la nomenklatura iront dans des écoles privées où on enseigne l'anglais. Les autres ? Ils apprendront un anglais de pacotille qui ne leur servira à rien, pendant qu'on leur aura retiré le français qui leur aurait permis de vraiment s'ouvrir au monde. C'est du mépris de classe pur et simple, déguisé en patriotisme.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1288/la-vision-europeenne-du-general-de-gaulle-selon-un-rapport-declassifie-de-la-cia</guid>
	<pubDate>Wed, 05 Aug 2026 20:22:37 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1288/la-vision-europeenne-du-general-de-gaulle-selon-un-rapport-declassifie-de-la-cia</link>
	<title><![CDATA[La vision européenne du Général de Gaulle (selon un rapport déclassifié de la CIA)]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Le Général de Gaulle exerce une fascination légitime auprès des Européens épris de souveraineté. En France, aucun parti politique n’ose défier le mythe. Mieux : tous se réclament, à intervalle régulier, de son héritage, n’hésitant pas à tordre l’histoire pour mieux servir leur propagande.</p><p>Charles de Gaulle, c’est le fondateur de la 5e République, l’ennemi des pouvoirs Américains, la figure tutélaire de la France libre, celui qui se tient au-dessus des querelles partisanes qu’il juge futiles et dangereuses. Bref, le dernier géant de l’histoire politique de l’Hexagone. Le diptyque La Bataille de Gaulle, sorti cet été, dépeint avec brio le personnage.</p><p>En 1967, de Gaulle est président de la France depuis presque dix ans. Il marque l’histoire par trois grands moments : son fameux cri « Vive le Québec libre ! » à Montréal, sa position sur Israël après la guerre des Six Jours (il qualifie le peuple juif d’« élite, sûr de lui-même et dominateur » - <a href="https://www.youtube.com/watch?v=25hAYHwboFk">voir la conférence de presse</a>), et son veto répété à l’entrée du Royaume-Uni dans le marché commun.</p><p>Cette année-là, la CIA a publié <a href="https://www.cia.gov/readingroom/docs/CIA-RDP79-00927A005600040003-6.pdf">un « rapport spécial »</a>, aujourd’hui déclassifié, décrivant avec acuité la vision européenne du héros de la Deuxième Guerre mondiale. En voici quelques extraits choisis.</p><p>Selon De Gaulle, note la CIA, « l’Europe est déjà bien engagée dans la première phase de l’évolution en trois étapes vers l’unité continentale qu’il préconise depuis longtemps. Le développement du climat de détente en Europe l’encourage à passer à la deuxième étape - l’entente - en direction de la troisième, à savoir une coopération “de l’Atlantique à l’Oural” », incluant peut-être la Grande-Bretagne.</p><p>« …Si nous voulons nous unir au sein d’une Europe organisée, nous affirmons que cela doit se faire sur la base de la réalité des États, et non en les anéantissant dans une intégration dont nul ne sait ce qu’elle serait… »</p><p>Charles de Gaulle, juin 1963</p><p>De Gaulle espère de ses vœux « l’établissement d’une confédération paneuropéenne souple, au sein de laquelle Paris et Moscou collaboreraient afin de maintenir l’Allemagne sous contrôle. Dans l’union qu’il envisage, chaque État conserverait sa souveraineté, mais la prépondérance de la France en tant que porte-parole de l’Europe occidentale serait garantie par sa force nucléaire. »</p><p>Quant à l’URSS, précise la CIA, De Gaulle « rejette l’idée selon laquelle l’attachement de Moscou au communisme l’exclurait de la politique européenne. »</p><p>Sur le plan économique, « l’Europe de De Gaulle constituerait une zone de libre-échange en son sein, sans pour autant exclure des regroupements régionaux plus étroitement intégrés. Sur le plan politique, elle serait composée d’États souverains exerçant l’ensemble des fonctions normales d’entités politiques indépendantes, bien que les ambitions allemandes soient maintenues sous contrôle. Cette Europe serait néanmoins suffisamment unie pour entreprendre des projets communs et fonctionnerait comme une confédération souple d’États pour les questions touchant le continent dans son ensemble. »</p><p>« Il est possible qu’une évolution se produise… qui puisse un jour nous permettre d’établir, de l’Atlantique à l’Oural, une “détente”, puis… une “entente” et… peut-être un jour une coopération… »</p><p>Charles de Gaulle, septembre 1963</p><p>L’essentiel de cette politique est exposé dès 1960, lorsque De Gaulle appelle à un renforcement des échanges commerciaux, des échanges culturels et des visites diplomatiques en Europe de l’Est et en Russie. Autant de premières étapes vers une détente à l’échelle européenne. Pour lui, l’entente devait être obtenue grâce à un certain degré de désarmement contrôlé, « y compris de la part des États-Unis », tandis que la coopération devait prendre la forme d’un effort organisé dans des domaines tels que l’aide aux pays en développement et la collaboration en matière de recherche scientifique.</p><p>La rupture sino-soviétique aurait convaincu De Gaulle que son projet d’une Europe indépendante, s’étendant « de l’Atlantique à l’Oural », devenait plus réalisable. C’est dans ce contexte qu’il a intensifié son rapprochement diplomatique avec les pays d’Europe de l’Est à partir de 1964. En deux ans, la France développa des relations politiques, économiques et culturelles avec la quasi-totalité du bloc de l’Est, culminant avec les échanges de visites entre De Gaulle et le Premier ministre soviétique Alexeï Kossyguine.</p><p>De Gaulle estimait également que sa marge de manœuvre en Europe s’était accrue en raison de l’engagement croissant des États-Unis au Vietnam, signe que Washington ne pouvait guère faire davantage que maintenir une politique de statu quo dans la zone de l’OTAN. « Cela facilita la mise en œuvre de sa décision, mûrie de longue date, de se retirer de l’OTAN - une organisation dont il estimait qu’elle portait atteinte à l’indépendance de la France et perpétuait la guerre froide », souligne la CIA.</p><p>Ce paragraphe du rapport est particulièrement révélateur de la méfiance gaullienne envers les États-Unis :</p><p>« Par ses initiatives en Europe de l’Est et contre l’OTAN, ainsi que par plusieurs autres actions spectaculaires - notamment sa campagne visant à mettre fin à la primauté du dollar dans la finance internationale -, de Gaulle a cherché à réduire le rôle des États-Unis en Europe. Il considère que l’élimination de l’ “hégémonie” américaine est tout aussi essentielle à la réalisation de son rêve d’une “Europe européenne” que la réceptivité des pays de l’Est à ses ouvertures. »</p><p>En outre, ajoute la CIA, « il était résolu à empêcher l’évolution vers le supranationalisme qu’il voyait à l’œuvre dans les propositions avancées par la Commission de la CEE en 1965 dans le cadre d’un “paquet” de mesures relatives aux règles de financement de la politique agricole commune. »</p><p>Le rôle que De Gaulle entendait faire jouer à l’URSS dans son Europe de l’avenir « n’est pas entièrement clair », relève la CIA. « La France comme l’URSS souhaitent toutes deux maintenir l’Allemagne sous contrôle. De Gaulle envisage un accord bilatéral informel avec la Russie, selon lequel Moscou ne chercherait pas à usurper le rôle de la France en Europe occidentale ni à parler au nom de celle-ci sur la scène mondiale. Paris et Moscou, les deux puissances nucléaires du continent, seraient respectivement les porte-parole de l’Europe occidentale et de l’Europe orientale. Chacune disposerait de sa propre sphère d’influence, mais ces deux sphères se chevaucheraient en ce qui concerne l’Allemagne et sur les autres questions exigeant une voix à l’échelle du continent. »</p><p>Avant tout, « De Gaulle veut s’assurer que la France demeure libre de suivre toute ligne d’action qu’elle juge nécessaire. Ainsi, quelle que soit l’évolution des relations de travail entre les deux puissances, elles n’iraient pas jusqu’à constituer une alliance engageant la France aux côtés de l’URSS. Après avoir retiré la France de l’alliance occidentale, De Gaulle éviterait de s’enchaîner à une autre. Il semble convaincu que les Russes rechercheront le soutien de l’Europe occidentale si, et lorsque, la menace chinoise s’intensifie. »</p><p>Selon ce rapport de la CIA, le projet européen de De Gaulle s’inscrivait avant tout dans son ambition de restaurer la puissance et le prestige international de la France.</p><p>L’auteur estime que De Gaulle considérait l’Europe comme un levier permettant à la France de retrouver un rôle de premier plan qu’elle ne pouvait plus assumer par ses seuls moyens nationaux. Le document interprète ainsi sa politique européenne comme une stratégie visant à exercer un leadership français sur l’Europe occidentale, puis, à terme, sur un espace continental plus large.</p><p>Bien sûr, la vision gaullienne fut vivement combattue par Washington et Londres. Elle remettait directement en cause leurs ambitions hégémoniques, reposant sur la vassalisation de l’Europe occidentale et le rejet de tout rapprochement entre la Russie et l’Allemagne (selon la conception exposée par H. J. Mackinder dès 1904). La démission de De Gaulle en avril 1969, après un référendum perdu, sonne le glas de sa vision, qui fut peu ou prou abandonnée par tous les présidents de la 5e République qui lui ont succédé.</p><p>Les articles que je publie ici sont entièrement gratuits. Si vous souhaitez soutenir mon travail et le développement de mon média, Antithèse, considérez un abonnement à ce dernier et faites vivre ainsi l’information libre ! C’est ici: <a href="https://www.antithese.info/abonnements/">https://www.antithese.info/abonnements/</a></p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1286/declin-americain-et-totalitarisme-global</guid>
	<pubDate>Sun, 19 Jul 2026 11:16:17 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1286/declin-americain-et-totalitarisme-global</link>
	<title><![CDATA[Déclin américain et totalitarisme global]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Juillet 2026 – Source <a href="https://nicolasbonnal.wordpress.com/">Nicolas Bonnal</a></p><p></p><p>Par sa bêtise et ses mauvaises manières, Donald Trump est en train de casser (d’achever de casser plutôt) la domination américaine. On arrive vraiment à cet Après l’Empire qu’annonçait Todd parmi tant d’autres. Deux questions émergent : Trump sabote-t-il exprès l’empire et le dollar ? Et qu’aura-t-on après ?</p><p>Pour parler de Trump, de Macron, d’Ursula ou de Lula (très impopulaire au Brésil…), je ne connais rien de mieux que cet extrait de la Biographie universelle, publiée en 1814 et retrouvée par votre serviteur grâce à Google books :</p><p>Étonné d’entendre une vieille femme prier les dieux de conserver les jours de Denys, il voulut connaître le motif d’une prière si extraordinaire, tant il connaissait la haine qu’on lui portait. « Je prie les dieux, lui dit cette femme,  de te donner une longue vie, parce que je crains que celui qui te succédera » ne soit plus méchant que toi, puisque tu es pire que tous ceux qui t’ont précédé.</p><p>Trump pourrait aussi être le dernier président US, dans un occident mondialisé où toutes les nations jadis blanches et chrétiennes finissent broyées et mêlées dans un athanor qui enchante le FMI, l’ONU et Davos. La France a pris la tête de l’autodestruction nationale en Europe avec l’Allemagne comme on sait : quel couple franco-allemand ça nous fait.</p><p>Aux USA ce serait donc au défenseur de MAGA de démolir ce qui peut l’être : avec 20% de baisse du dollar cette année et une impopularité globale de l’Hegemon, on y est presque.</p><p>Dans un très bon texte Arnaud Bertrand rappelait ces jours-ci que mystérieusement Trump embrasse l’Amérique, mais (que) c’est pour l’étouffer :</p><p>Certes, Trump est fondamentalement un impérialiste dans la rhétorique et l’instinct. Ses menaces d’annexer le Groenland et le Canada, ou de transformer Gaza en un lieu de villégiature, devraient dissiper tout doute ou notion romantique. Néanmoins, il est incontestable que lorsque vous examinez la position de l’Amérique sur les principaux fronts stratégiques qui définissent le statut de grande puissance, le schéma d’une retraite est indubitable.</p><p>Au tout début de son administration, le 3 février, <a href="https://x.com/RnaudBertrand/status/1886082749779607997">j’écrivais</a> que nous assistions à l’avènement “d’un ordre mondial post-américain – apporté par l’Amérique elle-même” – un retrait impérial quelque peu contrôlé et déguisé en épreuve de force, plutôt que de le voir s’effondrer sous son propre poids.</p><p>Si l’on regarde les actions plutôt que les mots, cette thèse n’a fait qu’être confirmée depuis.</p><p>La capacité à punir financièrement ceux qui ne se plient pas aux exigences des États-Unis touche à sa fin. Il existe une alternative au réseau du dollar. Et il ne s’agit pas d’une « nouvelle monnaie de réserve ».</p><p>Trump anéantit l’Amérique sur tous les plans : monétaire, économique, militaire, diplomatique et même technologique, rappelle Arnaud. Il en fait une île aux pingouins ou une terre Ubu bis. Le dollar semble dans la ligne de mire.</p><p>Le problème c’est que quelque chose succédera au dollar et que la nouvelle monnaie sera totalitaire, digitale et globale. Alastair Crooke l’a dit :</p><p>L’alternative est la solution envisagée par la Chine : une fusion des plateformes de paiement de détail Fintech avec les cadres numériques bancaires et de la banque centrale, basée sur la blockchain et d’autres technologies numériques.</p><p>Cela n’a pas l’air de l’affoler. Nous si. La dématérialisation de l’argent ce sera la fin de nos haricots stricto sensu.</p><p>On va citer Brandon Smith alors, qui se méfie de Trump depuis toujours : il fournit une opposition corrompue (cf. Epstein) ou inepte au système.</p><p>Brandon <a href="https://lesakerfrancophone.fr/unification-des-cbdc-les-banques-globales-nous-disent-que-la-fin-du-systeme-du-dollar-est-proche">rappelle</a> :</p><p>Les globalistes finiront par avancer deux arguments prévisibles :</p><p>Une monnaie de réserve mondiale sous le contrôle d’une seule nation est injuste et nous, en tant que banquiers mondiaux, devons rendre le système « plus égalitaire ».<br />Pourquoi avoir une monnaie de réserve puisque toutes les transactions sont de toute façon modérées par notre grand livre ? Le dollar n’est pas plus facile à utiliser pour le commerce international que n’importe quelle autre CBDC, n’est-ce pas ?<br />Enfin, le dollar doit mourir parce qu’il fait partie intégrante de l’« ancien monde » des échanges matériels. Les globalistes souhaitent une société sans argent liquide parce que c’est une société facilement contrôlable. Pensez aux confinements Covid et aux tentatives de passeport vaccinal – S’ils avaient mis en place un système sans argent liquide à l’époque, ils auraient obtenu tout ce qu’ils voulaient. Vous refusez le vaccin expérimental ? Nous fermerons vos comptes numériques et vous mourrez de faim.<br />Cela a même été partiellement tenté (pensez aux manifestations des camionneurs canadiens), mais avec de l’argent physique, il y a toujours un moyen de contourner un embargo numérique. Sans argent physique, vous n’avez pas d’autres options, à moins que vous ne prévoyiez de vivre complètement de la terre et de troquer des biens et des services (un mode de vie auquel la plupart des gens du premier monde ont besoin de beaucoup de temps pour s’habituer).</p><p>Brandon se veut optimiste, l’américain étant encore armé :</p><p>Je pense qu’un pourcentage important de la population américaine partira en guerre avant d’accepter une société sans argent liquide, mais en attendant, il faut toujours faire face à l’inévitabilité d’un effondrement du dollar.</p><p>Effondrement que Trump met en place.</p><p>On a beaucoup parlé des Brics. Les textes d’Escobar relèvent de l’hypnose personnalisée : Dieu est revenu sur terre avec ces Brics et le méchant occident va être châtié – alors que tout le monde l’a copié… Et il n’est pas le seul : dans notre manie à chercher des sauveurs, nous en trouvons partout, même et surtout ceux qui sont au pouvoir depuis vingt ans ou plus, et donnent toutes les garanties au système global et à ses agents invisibles (enfin, pour ceux qui refusent de voir).</p><p>Plus terre à terre, Edward Slavsquat déclare :</p><p>Que viennent de déclarer les BRICS ?<br />A l’instar de la déclaration de Kazan – qui a changé la donne, la déclaration des BRICS de cette année sert de manifeste pour l’ordre mondial multipolaire. Contenant 126 engagements, le document se lit comme une Déclaration des droits contre la tyrannie mondiale de l’Occident collectif.<br />Je vous encourage à lire l’intégralité de la déclaration, mais en voici les grandes lignes :<br />Les BRICS s’engagent à améliorer la gouvernance mondiale, les Nations Unies jouant un rôle central dans le système international<br />Les BRICS reconnaissent le FMI comme le centre du filet de sécurité financier mondial, mais s’inquiètent du fait qu’il n’y a pas assez de femmes aux postes de direction du FMI<br />Les BRICS s’engagent à mettre en œuvre l’Agenda 2030 pour le développement durable<br />Les BRICS appellent la communauté internationale à maintenir et à intensifier ses efforts pour lutter contre le changement climatique. Les BRICS passeront à des moyens de transport sans émissions ou à faibles émissions afin de réduire leur empreinte carbone<br />Les BRICS plaident en faveur d’un système international de calcul des émissions de carbone, équitable et inclusif, et collaborent avec le secteur privé pour créer des marchés du carbone<br />Les BRICS reconnaissent le leadership de l’OMS dans la direction et la coordination de l’action sanitaire internationale, notamment en période de crise<br />Les BRICS comprennent qu’une OMS bien financée permettra de garantir des vaccins pour tous et d’atteindre les objectifs de développement durable liés à la santé<br />Les BRICS se félicitent de l’adoption de l’Accord de l’OMS sur les pandémies, qui contribuera à protéger le monde des futures pandémies<br />Après avoir gardé le silence pendant près d’un mois, les BRICS ont exprimé leur vive inquiétude face aux attaques non provoquées d’Israël contre l’Iran, sans mentionner le nom d’Israël<br />Une nouvelle ère de bonne entente et d’inclusion durables…</p><p>Inclusion rime avec illusion. En Europe tous les imbéciles courent après les Brics ou après Trump. On voit bien que cette fausse opposition destinée à tromper la galerie finira par un Enfer global et numérique, un cirque tenu par ceux que l’autre nomma justement un jour « les gnomes de Londres ».</p><p>Le reste était dit par Franck Zappa :</p><p>L’illusion de liberté durera tant qu’il sera rentable de la faire durer. Au moment où l’illusion deviendra trop coûteuse à maintenir, ils enlèveront simplement le décor, ils tireront les rideaux, ils déplaceront les tables et les chaises et vous verrez le mur de briques au fond du théâtre.</p><p>Demandez à Fink et à BlackRock ce qu’ils en pensent…</p><p>Allez, on relit encore Brandon :</p><p>Vous refusez le vaccin expérimental ? Nous fermerons vos comptes numériques et vous mourrez de faim.</p><p><a href="https://nicolasbonnal.wordpress.com/">Nicolas Bonnal</a> sur <a href="https://www.amazon.fr/Nicolas-Bonnal/e/B001K7A4X0#">Amazon.fr</a></p><p>Sources</p>
<p>Brandon Smith – <a href="https://lesakerfrancophone.fr/unification-des-cbdc-les-banques-globales-nous-disent-que-la-fin-du-systeme-du-dollar-est-proche">CDBC</a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1285/l%E2%80%99allemagne-s%E2%80%99effondre-en-silence-l%E2%80%99impuissance-d%E2%80%99un-pouvoir-qui-ne-veut-rien-changer</guid>
	<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 20:29:49 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1285/l%E2%80%99allemagne-s%E2%80%99effondre-en-silence-l%E2%80%99impuissance-d%E2%80%99un-pouvoir-qui-ne-veut-rien-changer</link>
	<title><![CDATA[L’Allemagne s’effondre en silence : l’impuissance d’un pouvoir qui ne veut rien changer.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>En Allemagne, les trains ne circulent plus à l’heure, des ponts autoroutiers sont fermés pour raisons de sécurité et le géant Volkswagen, symbole de l’industrie allemande, prépare la suppression d’environ 100 000 emplois dans le monde, dont une grande partie sur le territoire national. Face à ce déclin, le gouvernement répond par des réformes timides et des haussements d’épaules, habillés de belles paroles sur la modernisation.</p>

<p>L’article du Spectator décrit une Allemagne qui s’effondre tranquillement, sans drame spectaculaire, mais avec une fatalité inquiétante. Les passagers bloqués dans les gares haussent les épaules quand on leur demande leur avis sur les pannes répétées de la Deutsche Bahn. Les citoyens apprennent que des ponts majeurs sont fermés du jour au lendemain sans que cela ne suscite d’indignation particulière. C’est devenu « la normale ».</p>

<p>Le projet pharaonique de la gare de Stuttgart 21, lancé il y a plus de vingt ans, ne sera pas terminé avant 2031 au mieux. Un pont sur le Rhin, artère vitale, a été fermé sans préavis parce qu’il était structurellement dangereux. Dans le cœur industriel du pays, un pont autoroutier sur trois nécessite des travaux urgents. Et pourtant, rien ne semble vraiment changer.</p>

<p>Volkswagen, incarnation de la puissance industrielle allemande, se retrouve vulnérable face à la concurrence chinoise des voitures électriques bon marché, après des années de transition énergétique trop brutale et trop rigide. Le gouvernement, au lieu de reconnaître les erreurs de stratégie, propose des réformes fiscales et sociales limitées, qui ressemblent surtout à des ajustements techniques déjà imposés par les tribunaux. Sur le sujet central des prix de l’énergie, qui pénalise lourdement l’industrie, le silence est total.</p>

<p>Le chancelier Friedrich Merz, arrivé au pouvoir avec la promesse d’un « grand bond en avant » pour la compétitivité allemande, semble incapable d’enrayer ce mouvement. Son gouvernement se contente du plus petit dénominateur commun entre partenaires de coalition réticents. Résultat : un pays qui se croyait le moteur de l’Europe perd progressivement sa capacité à entretenir ses infrastructures et son tissu industriel.</p>

<p>Ce qui est peut-être le plus triste dans ce constat, c’est que cette impuissance persiste alors que les dirigeants sont souvent ceux que l’on peine le plus à évincer. Comme en France, les responsables les plus installés ou les plus visibles politiquement ne sont pas forcément ceux dont on arrive à se débarrasser, même quand leur action (ou leur inaction) contribue à affaiblir le pays. On a parfois le sentiment que tout cela suit une trajectoire presque inéluctable : une désindustrialisation progressive, une perte de souveraineté économique, et à terme un alignement toujours plus étroit sur un modèle technocratique européen où les nations perdent peu à peu la maîtrise de leur destin.</p>

<p>L’article du Spectator conclut que tant que la classe politique allemande continuera à traiter ces problèmes comme des détails gênants plutôt que comme l’enjeu central, le fatalisme des Allemands ne fera que s’aggraver. Et l’Allemagne continuera à s’effondrer… tranquillement.</p>

<p>Source : <a href="https://spectator.com/article/germany-is-quietly-falling-apart/">The Spectator, article de Henry Donovan, 6 juillet 2026.</a></p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1284/l%E2%80%99inferiorite-quasi-ontologique-du-juif-dans-la-psyche-arabo-musulmane-parait-difficile-a-depasser</guid>
	<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 20:11:19 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1284/l%E2%80%99inferiorite-quasi-ontologique-du-juif-dans-la-psyche-arabo-musulmane-parait-difficile-a-depasser</link>
	<title><![CDATA[L’infériorité quasi ontologique du Juif dans la psyché arabo-musulmane paraît difficile à dépasser.]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>"On peut considérer sans grand risque, et entre gens raisonnables, que la solution à deux États paraît la moins mauvaise des solutions. Voire la plus logique. Mais voilà près de quatre-vingt-dix ans déjà qu’on le dit car, a contrario des idées reçues, la partie arabe a refusé depuis 1937, et à six reprises, le partage de la Palestine en deux États. Refus du plan Peel en juillet 1937, refus du Livre blanc britannique de mai 1939 qui prévoyait pourtant l’indépendance de la Palestine dans un délai de dix ans. Refus de la résolution 181 des Nations unies du 29 novembre 1947 préconisant le partage de la Palestine en deux États. Et trois « non » successifs à la proposition d’un État palestinien au côté d’Israël émise par les premier ministre israélien Ehud Barak en 2000 et 2001 et Ehud Olmert en 2007. Le projet de 2001 rétrocédait aux Palestiniens 95% du territoire de la Cisjordanie et acceptait le principe d’une cosouveraineté sur Jérusalem. Tout se passe comme si accepter l’État palestinien revenait, de fait, à accepter le fait national israélien et c’est là que le bât blesse pour une grande part de l’opinion arabe qui ne souhaite qu’un seul État. Mais à la place d’Israël.</p>

<p>Pourquoi cet État de Palestine réclamé aujourd’hui comme le remède à tous les maux de la région n’a-t-il pas vu le jour entre 1949 et 1967, en Cisjordanie et à Gaza où il n’y avait alors ni Juif ni Israélien ? Deux territoires dont nul ne disait à cette époque qu’ils étaient palestiniens et qui ne le sont devenus qu’avec l’occupation israélienne de juin 1967. Maintes fois posée, cette question demeure sans réponse.</p>

<p>Comprendre ces blocages implique d’en référer à la place du Juif dans l’économie psychique du monde musulman où, par-delà l’abolition de la dhimma, cette condition minorée et dominée perdure dans les esprits. Quand un système de croyances s’effondre, il ne disparaît pas mais prend d’autres formes, et à cet égard, l’infériorité quasi ontologique du Juif dans la psyché arabo-musulmane paraît difficile à dépasser.</p>

<p>Depuis 1948 toutefois, elle est durement démentie par un État d’Israël souverain dont l’armée inflige défaite sur défaite à des musulmans. Au sens premier du terme, c’est là un impensable qui rend compte de déclarations outrancières, mais sincères sur le fond, balançant entre le déni de réalité (« l’entité sioniste ») et les appels sans filtre à la destruction de l’État juif. Un conflit prend sa source dans les mentalités sédimentées qui constituent son substrat culturel le plus profond. C’est là qu’en commence l’analyse. [...]</p>

<p>Dans une époque sans projet collectif structurant, convoquer le combat des grands ancêtres semble donner sens à une réalité médiocre. Mais la « reductio ad <br />Hitlerum » est aussi le signe d’une inculture historique et d’une paresse intellectuelle quand, au lieu de penser à nouveaux frais une réalité nouvelle (le présent par définition étant ce qui n’a jamais été vécu), on plaque sur elle des schémas anciens en prenant le risque de ne rien comprendre ni au présent que nous vivons ni au passé que l’on convoque.</p>

<p>C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’usage du mot génocide à propos du conflit à Gaza. Mais pas seulement car l’usage de ce mot, dès qu’il s’agit d’Israël, est aussi ancien que l’État d’Israël lui-même. En France par exemple, c’est dès 1948 que la vieille extrême droite collaborationniste qui commence à redresser la tête, accuse l’État d’Israël par la voix de Maurice Bardèche de « génocide contre les Arabes ». Pour autant, la matrice principale de cette accusation est ailleurs, dans la propagande soviétique communiste mâtinée de vieil antisémitisme russe (cf. le procès Slansky tenu à Prague en novembre 1952 où 9 des 12 accusés, tous juifs, étaient accusés de « sionisme cosmopolite », et à Moscou même, en 1952-1953, le <br />« complot dit des Blouses blanches ») qui publie à partir de 1950, dans une multiplicité de langues, des millions de brochures « antisionistes » où « le sionisme de Tel-Aviv » (sic) est accusé de mettre ses pas dans ceux du nazisme.</p>

<p>La rhétorique arabe reprend à son compte cette accusation délirante tout en accueillant à bras ouverts, en Syrie et en Égypte en particulier, les anciens nazis devenus conseillers en matière de répression. À l’image d’Aloïs Brunner, dernier commandant du camp de Drancy, qui assiste le Syrien Hafez el-Assad dans ses œuvres de mort.</p>

<p>Les plus incultes, qui voient dans l’antisionisme une idéologie « progressiste », ignorent sans doute que l’antisionisme apparaît dès la tenue du premier congrès sioniste (Bâle, 1897) dans les milieux nationalistes d’extrême droite et cléricaux intégristes. Après la Grande Guerre et jusqu’en 1945, le nazisme et le IIIe Reich se font les champions de l’antisionisme comme le montre l’idéologue Rosenberg dès 1920 et Hitler lui-même dans Mein Kampf en 1925. Hitler, qui promet à plusieurs reprises qu’avec lui jamais un État juif ne verra le jour. À l’inverse, c’est à Paris qu’est créée fin 1946 la Ligue française pour la Palestine libre (au sens d’un État juif), qui compte parmi ses membres Jean-Paul Sartre, Jules Romains, Vercors, Raymond Aron, Simone de Beauvoir, Paul Claudel, Vladimir Jankélévitch, Louis Jouvet, Emmanuel Mounier, André Breton, Paul Éluard, François Mauriac, Maurice Merleau-Ponty et Raymond Queneau. [...]</p>

<p>Si aujourd'hui, la « reductio ad Hitlerum » se fait au détriment des Juif, c’est moins un paradoxe qu’une évolution logique que l’on voit ici à l’œuvre quand il s’agit de retourner notre culpabilité contre les Juifs dont la seule présence rappelle le crime commis par nos ascendants. Cette culpabilité est lourde à porter. Accuser les Juifs d’aujourd’hui d’un crime dont leur peuple a failli périr tout entier, c’est une habile façon de se débarrasser de ce poids moral. [...]</p>

<p>Les références aux années 1930 ou à la Seconde Guerre mondiale omniprésentes dans le débat public traduisent en premier lieu une perte de repères et réfère à un processus plus large de dépolitisation qui transforme l’histoire en tribunal et l’historien en procureur. En réalité, c’est tout le champ du politique qui migre aujourd’hui vers le terrain d’un moralisme fadasse, cette posture du bien dans laquelle se fige une conscience fière d’elle-même. Ces dernières semaines, le conflit israélo-arabe a donné lieu à la publication de nombreuses tribunes où des « Juifs sublimes » venaient dire combien l’action de l’armée israélienne à Gaza avait <br />« endolori leur judaïsme ». Mais sans nous dire comment venir à bout d’une organisation islamiste totalitaire et de nature génocidaire qui use de sa population civile pour protéger ses armes. À ce sujet, tout a déjà été dit et documenté ad nauseam, mais apparemment en vain. Car la situation était piégée dès le 8 octobre et l’État d’Israël ne pouvait pas éviter ce piège. Qu’il attaque ou non, il avait déjà perdu la bataille de l’opinion face au Hamas qui espérant de son côté le plus de victimes civiles possible, savait qu’il entraînerait l’État juif dans sa chute et dégraderait son image internationale. Cela, tout le monde le sait aujourd’hui. D’où cette question : pourquoi chez certains, le besoin ostentatoire de vertu, par souci de posture sociale, a-t-il contribué à occulter la complexité de cette guerre ? [...]</p>

<p>Alors qu’il y a cinquante ans, la Shoah existait à peine dans la Seconde Guerre mondiale, aujourd’hui le conflit mondial est souvent ramené à la Shoah. C’est un écran au double sens du terme qui permet de voir en même temps qu’il empêche. Cette tyrannie de la mémoire dont parlait souvent Pierre Nora contribue à rendre notre présent plus opaque encore. C’est ainsi qu’à propos du Rassemblement national, on convoquera sur-le-champ le régime de Vichy, et qu’à propos de Giorgia Meloni, on évoquera le fascisme italien. Récemment, un de ces « Juifs sublimes » écrivait de Netanyahou qu’il était l’héritier de Menahem Begin, et ce dernier de Jabotinsky, celui-là même, expliquait-il, dont les militants s’entraînaient jadis dans une base navale de l’Italie fasciste. CQFD. Netanyahou est donc bien l’héritier de la <br />« marche sur Rome » de 1922. Cette stupidité généalogique enferme dans les racines quand la vie, elle, les transcende pour prendre le visage d’identités en mouvement. [...]</p>

<p>L’accusation réitérée de génocide lancée contre l’État d’Israël est inséparable de la vieille accusation de déicide. À ce grief des temps religieux correspond dans les temps séculiers le crime suprême de génocide, deux crimes qui vous excluent de l’espèce humaine.</p>

<p>Seule l’histoire de la longue durée permet de comprendre que la menace existentielle qui pèse sur l’État d’Israël est la même depuis 1948, et que depuis cette date elle n’a qu’une seule cause, indéfiniment répétée et indéfiniment masquée, le refus arabe d’une souveraineté juive sur une partie de cette terre. Ce refus a beau être maquillé de mille façons et déguisé en combat anticolonialiste et progressiste, il reste un combat raciste au sens de l’impossibilité d’accepter les Juifs sur un plan d’égalité. Un combat « sudiste » (Nathan Weinstock) incapable d’accepter l’émancipation des anciens dominés. Un combat injuste quand celui qui a tout dispute des miettes de territoire à un peuple qui n’a rien.</p>

<p>L’histoire désaliène quand elle met à nu la formidable inversion qui caractérise ce conflit et qui, à ce titre, mérite notre admiration. Quand l’agresseur est grimé en agressé, quand le colonisateur est grimé en colonisé et quand le partisan de la dhimma (cf. l’article 31 de la Charte du Hamas) est maquillé en victime de l’ <br />« apartheid israélien ». Alors qu’au terme d’une sourde purification ethnique, il ne reste aujourd’hui quasiment plus de Juifs dans le monde arabe. On retrouve cette inversion dans l’histoire de la démonologie antisémite quand ce « peuple d’élite » accusé de dominer le monde comme l’assuraient les Protocoles des Sages de Sion  (1903), est anéanti quarante ans plus tard à Treblinka comme un « pauvre <br />troupeau ». C’était donc ça les « maîtres du monde » ? Des foules sérialisées et anéanties plongées dans une déréliction sans appel.</p>

<p>C’est la même inversion à laquelle on assiste aujourd’hui entre une puissance grimée en « colonialiste génocidaire » et la réalité d’un îlot de peuplement juif menant un combat existentiel au cœur d’un Proche-Orient arabe et musulman. Un État accusé de génocide quand c’est précisément le crime qu’on rêve de lui faire subir comme le montrent les déclarations des chefs du Hamas. Et du régime iranien. Mais le réel ici n’a plus de prise, il n’a même plus aucune importance, car <br />« l’important n’est pas ce qui est vrai, mais ce qui est cru » (Talleyrand). Le vrai a disparu pour laisser place au bien.</p>

<p>L’histoire aide à comprendre à la condition de ne pas commencer l’étude d’une situation par la fin. Ici par la désolation de Gaza en 2025. Mais de partir du milieu du dix-neuvième siècle quand le sursaut hébraïque (et national) venu de la Palestine ottomane (rejoint par le mouvement sioniste né en Europe orientale), se voit opposer un refus inentamé et quasi inentamable d’émancipation sur la terre des ancêtres. Un refus déguisé aujourd’hui en combat anticolonial.</p>

<p>Peut-être étudiera-t-on demain comme un cas d’école cette inversion de la réalité telle qu’on la voit à l’œuvre dans les systèmes totalitaires. En 1933, au plus fort de l’Holodomor, le quasi-génocide par la faim organisé en Ukraine par le Parti communiste de l’URSS, le premier responsable de cette catastrophe, Joseph Staline, évoquait devant le comité central de son parti « l’homme, ce capital le plus <br />précieux ». Si l’histoire, dont Paul Valéry se méfiait au plus haut point, a quelque fonction, c’est au moins celle-là, démonter les supercheries du loup déguisé en agneau et du combat réactionnaire déguisé en lutte anticoloniale de libération."</p>

<p>Georges Bensoussan, propos recueillis par Alexandre Devecchio, pour Le Figaro, le 26 juin 2025.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1283/poutine-un-agent-de-zelensky</guid>
	<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 09:44:33 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1283/poutine-un-agent-de-zelensky</link>
	<title><![CDATA[Poutine, un agent de Zelensky ?]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>"Passer cinq ans à dénoncer les scélérats au pouvoir à Kiev tout en les protégeant plus que ses propres soldats, n'est pas normal"...</p>

<p>(Paul Craig Roberts - ci-dessous: un exemple de publication circulant sur les réseaux sociaux russes.)</p>

<p>Les critiques concernant la manière absurde et destructrice dont Poutine mène la guerre se répandent en Russie et ne se limitent plus aux milieux militaires et aux experts en politique étrangère.</p>

<p>Après cinq années passées à simuler une guerre contre l'Ukraine au prix de nombreuses victimes, le seul résultat de Poutine est de convaincre le monde que la Russie n'est qu'un tigre de papier. Certains commencent même à se demander si Poutine n'est pas un agent de Zelensky.</p>

<p>Si Poutine continue d'éviter une victoire militaire, la guerre se déplacera en Russie, loin du champ de bataille ukrainien. Autrement dit, l'incompétence de Poutine aura étendu le conflit au point d'exiger une riposte spectaculaire de la Russie pour éviter la défaite. Il semble que cette guerre sans fin et qui ne cesse de s'étendre, que je relate depuis si longtemps, se rapproche de l'apocalypse.</p>

<p>Le titre de la publication sur les réseaux sociaux souligne que ce sont les Russes ordinaires qui paient de leur vie depuis cinq ans, tandis que les élites russes font semblant de mener une guerre.</p>

<p>«Alors, qu’est-ce que vous faites? Vous allez vous battre ? Laissez-moi rassembler un peloton composé des fils d’oligarques, de bureaucrates et de députés de la Douma, et la guerre sera finie demain.»</p>

<p>L’ennemi se fiche de ce qui vous tue, pourvu que vous mouriez.</p>

<p>L’ennemi se moque des personnes âgées, des enfants, des femmes: plus il y a de Russes qui meurent, mieux c’est.</p>

<p>L’ennemi implore l’Occident de lui fournir des armes, et l’Occident s’exécute.</p>

<p>L’ennemi est prêt à ramper à genoux s’il le faut pour obtenir des armes et tuer des Russes.</p>

<p>L’ennemi vole des milliards. Nous aussi, nous volons, même par milliards, mais l'ennemi n'hésite pas à dépenser quinze drones pour un seul de nos soldats, alors que pour nous, ce nombre est censé durer longtemps, et malheur à celui qui tombe en panne ou se perd! Il faudra payer pour lui.</p>

<p>L'ennemi frappe Kronstadt, des raffineries de pétrole. Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg est plongé dans un épais nuage de fumée noire, et ils tentent de frapper Moscou presque quotidiennement. Nous annonçons avoir pris le village de Chevtchenko, dans l'oblast de Kharkiv, qui était désert en 2022.</p>

<p>Ils nous font la guerre, et nous, on se la coule douce (excusez l'expression, mais comme la plupart des Russes, je suis, pour le moins, complètement abasourdi par ce qui se passe). Vous faites quoi? Vous allez vous battre? Où sont les frappes «systématiques et régulières» contre l'ennemi?</p>

<p>Passer cinq ans à dénoncer les scélérats au pouvoir à Kiev tout en les protégeant plus que ses propres soldats n'est pas normal. Fermer les yeux sur les problèmes en pensant que tout finira par s'arranger n'est pas normal non plus. Parler de négociation est un signe de réticence à gagner. Comment cette réticence pourrait-elle motiver les soldats à se battre?</p>

<p>Bien sûr, vous pouvez nous faire taire, nous emprisonner, nous interdire d'écrire sur les sujets qui préoccupent le public, mais le problème ne vient pas de nous. Le problème ne disparaîtra pas simplement parce que le paysage médiatique est ravagé. Bloquer Internet ne résoudra pas le problème de la prolifération des drones volant loin derrière nos lignes. L'ennemi continuera de nous tuer. Il n'est plus nécessaire d'ouvrir Internet pour savoir qu'une frappe a eu lieu quelque part en Russie.</p>

<p>Être anxieux n'est pas une mauvaise chose. Une personne anxieuse envisage toutes les possibilités, même les pires, et s'y prépare. Je souhaite que notre gouvernement devienne plus anxieux. Pour cesser d'ignorer l'ampleur des problèmes croissants, pour arrêter de célébrer sans raison et de gaspiller inutilement de l'énergie, comme Oreshnik, il faut être plus sérieux. La réponse à l'ennemi doit être ferme, voire impitoyable – et non pas une énième déclaration, désormais risible, selon laquelle tout le monde sera puni. Tout le monde qui? Ils rient aux éclats des déclarations des politiciens russes. Pas un seul n'a été puni. Ils sont tous vivants et continuent de nous frapper.</p>

<p>Zapashny racontait un jour l'histoire d'une lionne qu'il dressait. Elle lui obéissait et semblait avoir peur de lui. Mais un jour, devant elle, il trébucha. Et elle se mit à le chasser. Elle réalisa que cet homme, qui lui avait paru une force surhumaine, pouvait trébucher. Il pouvait être faible, perdre le contrôle, perdre l'équilibre. Nous avons trébuché – et pas qu'une seule fois – et nous continuons de faire preuve de faiblesse en essayant de ménager tous nos ennemis.</p>

<p>Je me fiche de ce que Sun Tzu, Lao Tzu ou même Staline ont dit. Je vis ici et maintenant. Ici et maintenant, j'absorbe et j'analyse les informations. Non seulement en tant que citoyenne de ma Russie bien-aimée, mais aussi en tant que mère de quatre enfants. Je constate que ce jeu de la soumission, ce capitalisme corrompu qui s'est répandu et a infiltré l'armée et l'économie civile, jusqu'au niveau le plus élémentaire, remet en question l'existence même de ma patrie – et donc la vie de mes enfants.</p>

<p>Je suis née et j'ai grandi en Russie. Je n'ai pas d'autre patrie et je n'en aurai jamais, et elle est en train d'être détruite.</p>

<p>Ne laissez pas l'ennemi agir ainsi que ceux qui le laissent faire. Cessez de brader la Russie. Luttez contre l'ennemi. Mobilisez-vous. Lorsque l'élite se mobilisera, cet élan se propagera instantanément à tous les secteurs et à tous les domaines, et le peuple en sera galvanisé.</p>

<p>Il est douloureux de constater notre faiblesse actuelle, car nous ne sommes pas faibles. Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg a été particulièrement pénible et écœurant: aucun sujet profond, sérieux ou véritablement utile pour l'économie. Ce n'est pas une plateforme économique, mais une tribune médiatique — une énième conférence de presse mondiale sur tout et n'importe quoi, qui, au final, ne sert à rien.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/1282/emmanuel-todd-l%E2%80%99europe-a-choisi-la-guerre</guid>
	<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 07:41:44 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/1282/emmanuel-todd-l%E2%80%99europe-a-choisi-la-guerre</link>
	<title><![CDATA[Emmanuel TODD :&quot;L’Europe a choisi la guerre.&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>MERCI #vincenthoudou </p>

<p>Une interview magistrale d’Emmanuel Todt</p>

<p>Chaque jour, je prie pour que les Russes ne s’énervent pas.</p>

<p>Je la recommande vivement !</p>

<p>L’Europe a choisi la guerre. C’est une guerre curieuse, en partie imaginaire, c’est-à-dire qu’elle ne mourra pas, mais qu’elle fournira aux Ukrainiens tout ce dont ils ont besoin pour tuer le plus de Russes possible. Il semble que l’Europe et les États-Unis aient décidé de se battre jusqu’au dernier Ukrainien. Chaque jour, je prie pour que les Russes ne s’énervent pas. Je pense que les Russes sont intelligents, je pense que les Iraniens sont intelligents, je pense que les Chinois sont intelligents, et je pense qu’ils ont compris les règles du jeu qu’ils doivent jouer. Donc, logiquement, ils devraient jouer pour l’effondrement du système ennemi afin d’être tranquilles, dit l’historien, démographe et anthropologue français Emmanuel Todt.</p>

<p>Et plus encore :</p>

<p>- L’Ukraine est finie. C’est un pays qui n’existera pas. L’Ukraine est un pays qui disparaîtra à long terme. La grande différence entre les Occidentaux et les Russes, c’est qu’ils n’ont pas la même conception du temps. C’est-à-dire que les Russes pensent à long terme, comme des historiens du temps long. Maintenant, les Russes attendent la crise finale de l’Union européenne. Et dès que l’Union européenne entrera en crise – cela pourrait être une crise de pays à pays ou au sein de différentes sociétés –, le régime ukrainien sera livré à lui-même, il s’effondrera et ce sera la fin de l’Ukraine, de l’Ukraine telle que nous la connaissons.</p>

<p>- Ce que les gens voient, c’est que la Russie est entrée en Ukraine, qu’il y a eu une invasion et je comprends pourquoi les gens réagissent comme ça, c’est-à-dire qu’il y a une visibilité directe de l’invasion. Mais la réalité, la raison de cette invasion, c’est que les Ukrainiens voulaient reconquérir tout le Donbass, qui, bien sûr, se trouvait dans les frontières administratives de l’Ukraine soviétique, mais qui était peuplé de Russes. Par conséquent, en termes ethnopolitiques, nous, les Occidentaux, soutenons une guerre agressive. En Iran, les États-Unis sont l’agresseur. D’abord, ils ont envoyé les Israéliens, ensuite ils y sont allés avec les Israéliens, mais la réalité, c’est qu’il y a un Occident malade, extrêmement violent, qui vit très mal son déclin global en tant que puissance économique et qui se comporte de manière très dangereuse. Mais l’idée qu’il faille prier Poutine, les dirigeants iraniens et les Chinois de rester calmes reste quand même très étrange.<br />------<br />La première étape de l’analyse, c’est que nous sommes effectivement passés à un système oligarchique. Il est vrai qu’il y a des gens très riches, très protégés. En fin de compte, faire la guerre économiquement à la Russie, c’est recréer les problèmes qui ont été créés pour les « gilets jaunes » avec l’augmentation de l’accise sur le carburant, mais maintenant en mettant des gens qui sont au bord de la survie dans une situation où ils vont mourir. Mais avoir des classes dirigeantes qui nous gardent et nous jettent dans le conflit, nous y maintiennent, contre tous nos intérêts, en nous privant d’abord de l’énergie russe, puis de l’énergie du golfe Persique, et qui s’en fichent et obéissent aux Américains, parce que l’idée d’une dissidence européenne est une blague, l’OTAN est toujours dirigée par les Américains, c’est un jeu de marionnettes, une marionnette c’est l’OTAN, une autre marionnette c’est la CIA et les Européens obéissent toujours aux Américains. Ce n’est jamais clair si nos dirigeants, les dirigeants français, obéissent aux Américains ou aux Allemands. C’est clair qu’ils n’obéissent pas aux Français. Je me demande comment c’est possible. Et ce n’est pas une question d’intérêt, ce n’est pas pour gagner plus d’argent.</p>

<p>- Il y a de la servilité.</p>

<p>- Il y a de la servilité, du sadisme, le mot nihilisme est une forme d’autodestruction et ici nous revenons à l’histoire de la décadence religieuse. Ce qui vient après le stade de la religion active et le stade de la religion zombie, c’est la religion zéro, et la religion zéro signifie zéro patriotisme. Donc, ce qui doit vraiment être expliqué à propos de la France et de nombreux pays, c’est le manque de patriotisme. Apparemment, les gens ont oublié que le patriotisme était une force économique.</p>
]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>
</item>

</channel>
</rss>