<?xml version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" >
<channel>
	<title><![CDATA[Signet Loupe: Blogs de La loupe]]></title>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/owner/ememiom?offset=580</link>
	<atom:link href="https://silo.ememiom.fr/blog/owner/ememiom?offset=580" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<description><![CDATA[]]></description>
		<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/616/lorigine-de-lislam-nouveaux-regards</guid>
	<pubDate>Sat, 29 May 2021 17:08:15 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/616/lorigine-de-lislam-nouveaux-regards</link>
	<title><![CDATA[L&#039;origine de l&#039;islam. Nouveaux regards]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Un homme reçoit dans le désert d’Arabie un message de Dieu ; il s’appelle Mahomet <a class="lexique" href="https://www.scienceshumaines.com/l-origine-de-l-islam-nouveaux-regards_fr_41132.html#1">(1)</a>. C’est un Bédouin, né dans le désert d’Arabie. Vers 610, l’ange Gabriel lui annonce qu’il est l’ultime prophète choisi par Dieu pour éclairer l’humanité. La révélation divine sera fixée plus tard par écrit pour éviter qu’elle ne s’efface des mémoires : ainsi naîtra le Coran.</p><p>Que contient cette révélation ? Qu’il n’y a qu’un Dieu, « Allah », et qu’il faut lui obéir. Mahomet se met à prêcher la nouvelle prophétie. D’abord à La Mecque, sa ville de naissance, mais seuls quelques proches le suivent. Persécuté par les membres de sa tribu, il se réfugie à Médine. Cet exil a lieu en l’an 622, date de « l’hégire », le début du calendrier islamique.</p><p>À Médine, Mahomet réussit à convertir plusieurs tribus. Il devient leur chef.</p><p>À la tête d’une petite armée, il se lance alors à la conquête de La Mecque, qu’il soumet, puis d’une partie de l’Arabie.</p><p>Après la mort de Mahomet en 632, les califes qui lui succèdent se lancent à la conquête du monde « dans la voie de Dieu ». En un siècle, l’islam se répand en un immense empire qui s’étend de l’Espagne à l’Afghanistan. La civilisation musulmane est née.</p><p>Voici, en peu de mots, l’histoire canonique des débuts de l’islam telle qu’elle est racontée par la tradition musulmane. On la retrouve dans tous les manuels d’introduction aux religions. C’est également ce récit qui a longtemps servi de cadre général aux historiens.</p>
<p>Une histoire révisée</p>
<p>Mais voilà qu’une nouvelle génération d’historiens (voir encadré) remet radicalement en cause ce scénario. Un autre paradigme des origines bouleverse de fond en comble le « grand récit » traditionnel. Que dit cette histoire ?</p><p>Que Mahomet ne fut pas le premier musulman, mais qu’il se serait converti à une forme de judéo-christianisme présent dans tout le Moyen-Orient à son époque.</p><p>L’islam comme religion séparée, avec sa doctrine, ses rites et sa législation serait donc une création plus tardive. Elle se serait progressivement mise en place durant les premiers siècles dans un contexte de conquête impériale, au moment de l’instauration d’un nouveau pouvoir califal. C’est dans ce contexte de création d’un État théocratique que l’islam aurait été inventé et qu’un récit de fondation aurait été forgé.</p><p>Jusqu’à présent, les sources musulmanes faisaient remonter l’origine de l’islam aux années 610, date des premières prédications de Mahomet. Auparavant, nous disait la tradition religieuse, l’Arabie vivait dans « l’âge de l’ignorance », vouant un culte à des idoles, les divinités tribales. Or les choses apparaissent sous un tout autre angle dès lors qu’on s’interroge sur ce qui se passait au Moyen-Orient et en Arabie au tournant du 7e siècle et dans toute la région. Au moment où Mahomet entre sur la scène de l’histoire, le judaïsme et le christianisme poursuivent leur expansion dans le Moyen-Orient : des royaumes chrétiens et juifs sont implantés tout autour de l’Arabie, et de nombreuses tribus arabes se sont déjà ralliées au dieu unique des juifs et chrétiens (voir carte).</p><p><a class="inline" href="https://www.scienceshumaines.com/images/CARTE_royaumes.chretiens_.png"></a><br /> </p>
<p>Domination chrétienne, conversions arabes</p>
<p>Observons plus précisément la situation. Au nord et à l’est de l’Arabie, l’empire chrétien (byzantin) étend sa domination de l’actuelle Syrie à l’Égypte. Pour défendre ses frontières des attaques, l’empire byzantin fait appel à des tribus arabes comme celle des Ghassanides <a class="lexique" href="https://www.scienceshumaines.com/l-origine-de-l-islam-nouveaux-regards_fr_41132.html#2">(2)</a>, installées dans la Jordanie actuelle. Leurs chefs se sont ralliés au christianisme <a class="lexique" href="https://www.scienceshumaines.com/l-origine-de-l-islam-nouveaux-regards_fr_41132.html#3">(3)</a>. La tribu princière des Ghassan combat une autre tribu arabe : les Lakhmides, qui sont majoritairement christianisés. Leur roi, contemporain de la jeunesse de Mahomet, a fini par se convertir. Les caravaniers de La Mecque sont en contact avec des marchands venus d’Égypte, alors dominée par les élites chrétiennes. Plus au sud, le grand royaume éthiopien d’Aksoum est aussi chrétien (d’obédience nestorienne). C’est d’ailleurs en Éthiopie que trouveront refuge les compagnons du prophète persécutés à La Mecque. Indice intéressant, l’histoire canonique rapportée par la tradition musulmane nous dit qu’ils seront très bien accueillis par le roi chrétien avec qui Mahomet entretenait de bonnes relations <a class="lexique" href="https://www.scienceshumaines.com/l-origine-de-l-islam-nouveaux-regards_fr_41132.html#4">(4)</a>. Le royaume d’Aksoum étend sa domination jusqu’au sud de l’Arabie et combat le royaume juif d’Himyar, situé dans l’actuel Yemen. Plusieurs routes caravanières relient ces royaumes chrétiens et juifs. La Mecque est l’un des carrefours où se croisent les Bédouins arabes de différentes obédiences : juifs, chrétiens, païens.</p><p>Lors de ces contacts, de nombreux Arabes se convertissent à l’idée d’un dieu unique, fascinés aussi bien par la puissance et la richesse des représentants de ces royaumes que par la rigueur et l’unité de leur dieu. Mahomet fut-il l’un de ces convertis, parmi bien d’autres ? Par qui aurait-il été converti ? Et à quel type de monothéisme ? La question n’est pas tranchée et n’est pas près de l’être. Mais beaucoup d’historiens penchent aujourd’hui en faveur d’un des groupes judéo-chrétiens présents dans la région. (voir encadré : « Les nouveaux historiens de l’islam »). En effet, le judaïsme ou le christianisme alors présents en Orient ne sont pas homogènes. Ni les communautés juives, ni les chrétiens des premiers siècles ne se soumettent à un dogme unique (et donc à l’autorité de Rome ou Byzance). Chacune des communautés chrétiennes qui s’est formée autour de la Méditerranée – Égypte, Grèce, Turquie, Syrie –, correspondant aujourd’hui à ce que l’on nomme les « chrétiens d’Orient <a class="lexique" href="https://www.scienceshumaines.com/l-origine-de-l-islam-nouveaux-regards_fr_41132.html#5">(5)</a> », a longtemps gardé son autonomie doctrinale et organisationnelle. Même au temps de Mahomet, 600 ans après la mort de Jésus, les chrétiens débattent encore du statut du Christ. En Égypte, on trouve des communautés chrétiennes byzantines et des « arianistes », pour qui Jésus est fils de Dieu mais distinct de son père <a class="lexique" href="https://www.scienceshumaines.com/l-origine-de-l-islam-nouveaux-regards_fr_41132.html#6">(6)</a> ; les nestoriens (très présents en Turquie) professent une autre doctrine selon laquelle coexistent en Jésus deux natures : l’une divine, l’autre humaine. Il existe encore une doctrine dite « monophysiste » qui postule que la nature humaine de Jésus a été entièrement « absorbée » dans la divinité : il n’aurait donc rien d’humain. D’autres variantes existent, marcionisme, sabéisme, etc. Les divergences doctrinales cachent aussi des conflits communautaires et des enjeux de pouvoir. Pour une Église locale, se rallier à une doctrine officielle imposée par l’Empire revient à se soumettre et perdre son autonomie. Parmi les différentes variantes chrétiennes, il en est certaines qui tiennent une place particulière dans l’histoire des origines de l’islam, celle des groupes « judéo-chrétiens » qui sont à la fois juifs et chrétiens.</p>
<p>Mahomet et l’hypothèse judéo-chrétienne</p>
<p>Ces religieux restent juifs (ils pratiquent la circoncision, ne mangent pas de porc, observent le shabbat, etc.), mais reconnaissent Jésus comme un nouveau prophète. Toutefois, à la différence des autres chrétiens, ils refusent de le considérer comme « fils de Dieu » et donc de nature divine. Or, cette doctrine d’un Jésus prophète (et non Dieu) est très proche de celle qui se trouve exprimée dans le Coran : Jésus s’y trouve cité à maintes reprises, mais toujours comme « fils de Marie » pour souligner son ascendance humaine, et non divine. Cette convergence entre groupes a conduit des historiens <a class="lexique" href="https://www.scienceshumaines.com/l-origine-de-l-islam-nouveaux-regards_fr_41132.html#7">(7)</a> à considérer que Mahomet a été en contact avec des judéo-chrétiens. Parmi les nombreux historiens appuyant cette thèse (voir encadré), Edouard-Marie Gallez pense que ces judéo-chrétiens sont des « Nazaréens » (qui sont cités par certains pères de l’Église comme des hérétiques). E.-M. Gallez suggère que c’est vraisemblablement Waraqa, le cousin de la première femme du prophète, qui aurait converti Mahomet au judéo-christianisme nazaréen. Waraqa est explicitement cité dans la tradition musulmane <a class="lexique" href="https://www.scienceshumaines.com/l-origine-de-l-islam-nouveaux-regards_fr_41132.html#8">(8)</a> comme un moine chrétien, mais avec qui Mahomet entretenait d’excellentes relations. Pour Dominique Bernard, autre spécialiste des premières communautés chrétiennes, ce sont les « Ébionites » (un autre groupe judéo-chrétien qui aurait été en contact avec Mahomet et ses premiers compagnons). De nombreux passages de leur credo correspondent en tout point à certains passages du Coran <a class="lexique" href="https://www.scienceshumaines.com/l-origine-de-l-islam-nouveaux-regards_fr_41132.html#9">(9)</a>.</p><p>Tous les historiens ne partagent pas cette thèse. Mais beaucoup admettent la possibilité de « l’hypothèse judéo-chrétienne », compte tenu de la présence massive du christianisme et du judaïsme en Arabie.</p><p>Mahomet ne serait donc pas le fondateur d’une religion nouvelle issue d’une révélation, mais un converti au monothéisme judéo-chrétien, peut-être un peu plus intransigeant que d’autres. Son but : imposer à ses semblables le respect d’une loi (celle du Dieu unique) que les païens ignorent et que les autres monothéistes comme lui ne pratiquent pas avec assez de zèle.</p><p>Outre la présence importante des juifs et des chrétiens dans l’entourage du Prophète et les correspondances entre les prédications musulmanes et judéo-chrétiennes, d’autres arguments sont avancés pour soutenir cette thèse. Les mots même « Coran », « sourates », « verset », ne sont pas arabes mais d’origine syriaque, araméenne et hébraïque (langues pratiquées par les chrétiens et juifs de la région). Dans le Coran, ni les juifs, ni les chrétiens ne sont désignés d’un seul bloc <a class="lexique" href="https://www.scienceshumaines.com/l-origine-de-l-islam-nouveaux-regards_fr_41132.html#10">(10)</a>. Les juifs bannis de Médine le sont pour trahison et non pour raisons doctrinales. Les chrétiens apparaissent sous le nom de « Nazaréens », ou « d’associationnistes <a class="lexique" href="https://www.scienceshumaines.com/l-origine-de-l-islam-nouveaux-regards_fr_41132.html#11">(11)</a> ». Dans le Coran apparaissent aussi les mystérieux « hanifs », mot qui désigne les « monothéistes » qui partagent les mêmes convictions que Mahomet mais ne sont pas à proprement parler musulmans : tout simplement parce que l’islam comme religion n’existe pas encore !</p>
<p>Écrire la loi de Dieu</p>
<p>Selon l’historien américain Fred Donner, Mahomet et ses compagnons ne se considèrent pas comme des musulmans mais comme des Croyants (« believers  <a class="lexique" href="https://www.scienceshumaines.com/l-origine-de-l-islam-nouveaux-regards_fr_41132.html#12">(12)</a> »). C’est aux siècles suivants que l’islam se serait imposé comme une religion distincte des autres monothéismes. Mais alors, comment ?</p><p>Pour répondre à cette question, il faut d’abord comprendre que l’islam n’est pas contenu dans le Coran. En effet, le Coran reste vague ou allusif concernant la pratique religieuse : ni la liturgie (Comment faire ses prières ? Combien de fois par jour ?), ni la législation musulmane (droit pénal, droit de la famille, droit commercial), ni la théologie, ni la morale commune ne font l’objet de descriptions précises dans le Coran. Par ailleurs, le texte peut paraître contradictoire : A-t-on le droit de boire du vin ? Un verset l’interdit, un autre indique qu’il faut s’abstenir de venir à la prière si on est ivre. L’adultère ? Il est sévèrement condamné, mais dans un verset, il est puni de mort, dans un autre verset, il est puni de coup de fouets ; le Coran ne dit pas si le fait d’avoir une concubine (le prophète en avait plusieurs) relève de l’adultère… Le port du voile ? Il est évoqué de façon allusive et ne porte que sur les femmes du prophète qui doivent se retirer derrière un voile (un rideau ?) quand leur compagnon entre chez lui. La polygamie ? Le Coran précise qu’il faut avoir au maximum quatre épouses, mais seulement si on a les moyens de les entretenir. Le prophète lui-même en a eu onze ou treize selon les sources (dont une femme juive et une autre chrétienne).</p>
<p>Batailles entre héritiers</p>
<p>Comment construire un édifice théologique, juridique, moral, liturgique, à partir de prescriptions aussi lacunaires ? En forgeant des réponses nouvelles. Cette édification va faire l’objet de violentes luttes intestines. Dès les premières décennies, on assiste à de sévères batailles entre héritiers (qui ne se disputent pas seulement un héritage spirituel, mais la gestion d’un empire en formation). Pour les descendants d’Ali (compagnon de Mahomet et quatrième calife), la seule parole légitime est celle des « imams », descendants directs de la famille du prophète, qui ont un statut de « sainteté ». D’autres pensent qu’en matière de droit ou de théologie, il faut sortir d’une lecture littérale du Coran, faire appel à sa raison et rechercher l’esprit du texte plutôt que la lettre <a class="lexique" href="https://www.scienceshumaines.com/l-origine-de-l-islam-nouveaux-regards_fr_41132.html#13">(13)</a>. Pour d’autres encore, la seule source de légitimité doit se trouver dans la « tradition » (sunna). Quand le Coran n’apporte pas de réponse, il faut prendre pour modèle ce qu’a dit et fait le prophète Mahomet, même en dehors de sa révélation. Comment s’est-il comporté par exemple face aux esclaves ? Et face aux juifs ou aux chrétiens ? Et par rapport aux femmes ? Combien de fois priait-il par jour ? C’est ainsi que les paroles (hadits) et la vie (sira) du prophète ont donné lieu à toute une science : la science du hadith. Elle vise à retrouver les paroles authentiques du prophète à travers les dizaines de milliers de hadits qui circulaient dans l’empire. Quelques décennies après sa mort, certains rapportent de « source sûre », qu’untel a entendu dire qu’untel a vu le prophète dire du haut de sa chaire « on ne jugera les actions que sur les intentions », etc. Mais comment être sûr que ces paroles ont bien été prononcées ?</p>
<p>La sacralisation d’un homme</p>
<p>De grands recueils de hadiths vont être constitués, mais plus de deux siècles après la mort du prophète.Pour garantir l’authenticité de tel ou tel hadith , des savants comme al-Bukhari consacrent leur vie à étudier la « traçabilité » des propos attribués à Mahomet. Et pour sacraliser les paroles, il faut encore considérer Mahomet non comme un homme ordinaire, mais comme un homme parfait qui a en tout point suivi la voie de Dieu. Une biographie (la sira) – une hagiographie en fait – est donc composée, comportant quelques moments miraculeux comme cette opération à cœur ouvert faite par deux anges alors qu’il était enfant, pour « purifier son cœur » ou comme l’épisode du « voyage nocturne » (isar et mijrad) ou l’ange Gabriel lui aurait permis de visiter les cieux et les enfers.</p><p>L’islam se serait ainsi construit progressivement avec sa théologie, sa liturgie, sa juridiction, sa morale commune en s’appuyant sur une tradition (sunna) construite tardivement en fonction des besoins. En fait, il faudrait dire « les islams » car cette construction progressive ne s’est pas faite dans la concorde mais au contraire dans de furieux combats (fitna) entre factions rivales.</p>
<p>Récréation et autonomisation</p>
<p>Les califes qui ont succédé à Mahomet ont dû à la fois mener des guerres de conquête, créer un État pour construire un droit, une administration (des populations soumises) et asseoir leur légitimité, le tout dans le cadre de batailles entre candidats à la direction de la communauté des croyants (Umma). Le climat est sanglant. Rappelons que sur les quatre successeurs de Mahomet, trois sont morts assassinés (et certaines sources anciennes soupçonnent qu’il a lui-même été empoisonné <a class="lexique" href="https://www.scienceshumaines.com/l-origine-de-l-islam-nouveaux-regards_fr_41132.html#14">(14)</a>). La famille d’Ali a été massacrée, les tribus arabes qui ont fait défection ont été sévèrement réprimées (ce sont « les guerres d’apostasie »), la mise en place de la première dynastie ommeyade est le fait d’un coup d’État ; quant à la dynastie abbasside qui lui succède, elle s’est mise en place à la suite d’une guerre civile lors de laquelle toute l’élite omeyyades a été décimée.</p><p>Pour Mohammad Ali Amir-Moezzi, qui a dirigé le Dictionnaire du Coran, on ne peut pas comprendre la naissance de l’islam en séparant l’étude textuelle du Coran de ce contexte historique. On imagine mal des gens qui se déchirent dans la journée et se réunissent le soir pour discuter posément de l’authenticité des paroles du prophète.</p><p>Les nouveaux historiens de l’islam sont donc en train de bouleverser la lecture traditionnelle des origines de l’islam. À la vulgate qui fait de la révélation reçue par Mahomet la seule force motrice de l’histoire, impulsant dans son sillage une religion, un empire et une civilisation, ils substituent une autre thèse : Mahomet aurait été un homme de son temps, converti comme d’autres à une religion monothéiste alors en plein essor dans la région ; il a pris la direction de tribus arabes, servi par des circonstances historiques favorables. Ce n’est que plus tard, au fil des victoires et des pouvoirs acquis que l’islam s’est détaché du monothéisme judéo-chrétien et s’est affirmé comme une religion autonome. Cette autonomisation s’est accompagnée de l’écriture de sa propre histoire. Cette lecture est certes éloignée du récit traditionnel. Mais elle correspond mieux, comme écrit l’historien américain Robert Hoyland « aux normes habituelles du comportement humain <a class="lexique" href="https://www.scienceshumaines.com/l-origine-de-l-islam-nouveaux-regards_fr_41132.html#15">(15)</a> ».</p>
<p>Les nouveaux historiens de l’islam</p>
<p>Depuis le début des années 2000, un nouveau paradigme s’est imposé dans les études des origines de l’islam. La plupart des historiens partagent deux idées clés.</p><p>D’une part, l’islam serait né dans le cadre d’une diffusion du judéo-christianisme en Arabie.</p><p>D’autre part, l’islam comme religion séparée a été instauré par les califes après la mort de Mahomet, dans le cadre de la mise en place d’un empire conquérant et d’un pouvoir califal théocratique.</p><p>La naissance de cette religion a donné lieu à des conflits internes d’héritages très violents. Cette thèse est aujourd’hui défendue par des auteurs divers : Alfred-Louis de Prémare (qui fut enseignant à l’Université d’Aix-Marseille), Les Fondations de l’islam. Entre écriture et histoire, Paris, Le Seuil, 2002 ; Françoise Micheau (professeure émérite, Paris 1), Les débuts de l’Islam. Jalons pour une nouvelle histoire, Téraèdre, 2012, Suleiman Mourad (Smith College, USA), La Mosaïque de l’islam, Fayard, 2016, Mohammad Ali Amir-Moezzi (EPHE), Le Coran silencieux et le Coran parlant, éd. CNRS 2011, Jacqueline Chabbi (Université Paris 8), Le Coran décrypté, Fayard, 2008 ; Fred Donner (Université de Chicago, USA), Muhammad and the Believers, 2010 ; Tilman Nagel (Professeur émérite, Göttingen, Allemagne), Mahomet : histoire d’un Arabe, invention d’un prophète, Ed. Labor et Fides, 2012.</p>
<p>Qu’est-ce que le Coran ?</p>
<p>Le Coran se présente comme un texte dicté par Dieu à Mahomet. Il se divise en 114 sourates (ou chapitres), elles-mêmes découpées en versets. Le Coran contient un message essentiel : Allah est le dieu unique auquel il faut se rallier ; ceux qui refusent seront châtiés, les fidèles seront récompensés au jour du jugement dernier. Le texte comprend de nombreuses histoires de prophète : Adam, Noé, Moïse jusqu’à Jésus considéré comme un prophète (mais pas fils de Dieu). Des sourates évoquent des événements ayant eu lieu au temps du prophète à La Mecque ou à Médine. Quelques principes juridiques sont énoncés (sur l’adultère, le vol, l’héritage), mais parfois avec des ambiguïtés ou des contradictions.</p>
<p>Quand a-t-il été écrit ?</p>
<p>Selon la tradition, le Coran a été dicté oralement à Mahomet, qui l’aurait transmis à ses compagnons. La mise par écrit daterait du troisième calife Utham, qui aurait fixé le canon coranique vers 650, pour éviter les dérives et rester fidèle à la révélation.</p><p>Les historiens actuels optent, pour la plupart, pour une rédaction progressive et une canonisation plus tardive. Certains suspectent qu’auraient circulé plusieurs versions, mais personne n’en a trouvé trace. Seul le manuscrit de Sana a été retrouvé en 1972, et fait actuellement l’objet d’une traduction complète.</p><p>Les historiens Fred Donner ou François Desroches considèrent que le Coran fut fixé vers la fin du 7e siècle. Le califat d’Abd al-Malik (5e calife de la dynastie omeyyade) aurait constitué un moment déterminant de cette canonisation. La doctrine du Coran « éternel et incréé » est plus tardive. Elle daterait de deux siècles environ après la mort du Prophète, dans le cadre de l’opposition au courant rationaliste mutaziliste.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/615/pour-la-gauche-woke-un-pouce-leve-d%25E2%2580%2599eric-zemmour-vaut-condamnation-morale</guid>
	<pubDate>Sat, 29 May 2021 06:08:20 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/615/pour-la-gauche-woke-un-pouce-leve-d%25E2%2580%2599eric-zemmour-vaut-condamnation-morale</link>
	<title><![CDATA[Pour la gauche woke, un pouce levé d’Éric Zemmour vaut condamnation morale]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Hier a vu naître une énième polémique navrante, dont les réseaux sociaux se sont fait une spécialité. Invité dans l’émission de Paris Première, “Zemmour et Naulleau”, le journaliste de Marianne Hadrien Mathoux (<a href="https://frontpopulaire.fr/o/Content/co260236/on-peut-interroger-l-indulgence-troublante-de-melenchon-envers-l-islamisme">que nous avons déjà eu le plaisir d’interroger</a>) est devenu la cible du soir d’une partie de la France Insoumise. Qu’avait-il donc bien pu faire, bien pu dire pour mériter une telle déferlante d’attaques ? Rien du tout. S’il a été attaqué, c’est à cause d’Éric Zemmour. Car Hadrien Mathoux a eu comme seul tort de voir le polémiste adhérer à ses propos, en levant le pouce.</p><p>Voilà qui était suffisant pour cette gauche (militants LFI en tête) qui ne sait plus penser, et ne vit que par l’image et les séquences tronquées. Lors de cette courte vidéo d’environ 2 minutes, Hadrien Mathoux a déclaré que : “La gauche n’est plus le parti de la sécurité économique et sociale, mais c’est le parti de l’insécurité culturelle et identitaire”. C’est à la fin de cette déclaration que l’éditorialiste du Figaro a levé le pouce.</p><p>Un plaidoyer pour une gauche économique et sociale</p><p>Probablement que certains à gauche se sont vus un peu trop concernés par ce triste constat. C’est notamment le cas de David Guiraud, porte-parole Jeunesse de la France Insoumise qui a twitté : “Normalement quand tu es de gauche c’est censé faire tilt pendant que tu parles cette image. Mais non la le (sic) journaliste de Marianne continue tranquille sans se demander s’il n’y a pas comme un — léger — souci”. Imaginez, Hadrien Mathoux n’a pas osé s’arrêter en plein raisonnement parce que Zemmour appréciait le constat fait. Un tweet sectaire, approuvé entre autres par le YouTubeur débauché par MediapartUsul et, plus surprenant (quoique), le journaliste et présentateur d’Arrêt sur images Daniel Schneidermann.</p><p>Mais ont-ils seulement écouté la suite de la séquence ? Si tel était le cas, ils auraient entendu Hadrien Mathoux recentrer son propos sur “la première partie” qui “est importante, attention, on l’oublie trop souvent”. À savoir donc, un plaidoyer pour une gauche économique et sociale avant tout, une gauche qui retrouverait ses racines. Mais comment peut-on s’affirmer de gauche et désapprouver ce propos ? Quand bien même Éric Zemmour approuverait le constat ? À quel degré de malhonnêteté intellectuelle faut-il être pour aboutir à ce résultat ?</p><p>Un propos argumenté et concis, résumé à un pouce levé d’Éric Zemmour</p><p>C’est là l’un des drames de l’époque : on traque le dérapage, on isole la petite phrase, la petite image pour ensuite dénoncer, balancer, et alimenter l’infernale machine à buzz. Le propos, argumenté et concis, d’Hadrien Mathoux se retrouve résumé à un pouce levé d’Éric Zemmour. Cette partie de la France Insoumise est incapable de se défendre sur le fond, de défendre son virage sociétal. David Guiraud et ses supporters n’ont sans doute pas apprécié ce constat du journaliste : “Il y a un décalage de la gauche sur ce que pense une majorité de Français sur l’immigration, l’islamisme et l’insécurité.”</p><p>Quelque part, la suite était écrite. L’auteur de l’ouvrage “Mélenchon : la chute — Comment la France Insoumise s’est effondrée” est devenu un ennemi de la gauche insoumise. À la fin de la séquence, il avait d’ailleurs complété cette dernière citation ainsi : “Vous avez une partie (de la gauche) qui va accuser ceux qui en parlent de fascisme”. Bien évidemment, l’histoire lui a vite donné raison, l’adhésion de Zemmour étant devenu un synonyme de fascisme pour cette gauche devenue incapable de penser autrement que par raccourcis.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/614/le-haut-de-gamme-porte-l%25E2%2580%2599horlogerie-a-bout-de-bras</guid>
	<pubDate>Fri, 28 May 2021 16:14:01 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/614/le-haut-de-gamme-porte-l%25E2%2580%2599horlogerie-a-bout-de-bras</link>
	<title><![CDATA[Le haut de gamme porte l’horlogerie à bout de bras]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Comme attendu, le mois d’avril s’est révélé explosif pour les exportations horlogères suisses. Après un déclin de 81,3% l’an dernier provoqué par les mesures de confinement strictes au niveau planétaire, elles affichent un rebond de 446,1% sur un an. Un chiffre jugé non pertinent par la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH), qui préfère une comparaison sur deux ans. Par rapport à avril 2019, <a href="https://www.letemps.ch/economie/tassement-exportations-horlogeres-suisses-avril" data-hovercard="https://www.letemps.ch/economie/tassement-exportations-horlogeres-suisses-avril">qui montrait des signes de tassement</a>, la hausse se monte à 2%, à 1,8 milliard de francs.</p><p>«Les exportations ont atteint un niveau élevé le mois dernier, ce qui confirme le retour à la normale amorcé en mars (1,9 milliard). Les prochains mois seront déterminants pour confirmer cette tendance. Jusqu’ici, le niveau cumulé depuis le début de l’année (-0,4%) est identique à celui affiché il y a deux ans», précise le communiqué publié jeudi.</p><p>Lire aussi notre analyse «<a href="https://www.letemps.ch/economie/horlogerie-gare-lexces-doptimisme" data-hovercard="https://www.letemps.ch/economie/horlogerie-gare-lexces-doptimisme">Horlogerie: gare à l’excès d’optimisme</a>»</p>
<p>Un quart des volumes perdus</p>
<p>Si les nouvelles sont positives du point de vue de la valeur globale, les statistiques détaillées traduisent une forte polarisation du marché. Seules les montres à plus de 3000 francs – prix export – affichent une croissance, de 4,1% en volume et de 10,1% en valeur. Avec 12% des volumes totaux, elles ont généré les trois quarts de la valeur de l’horlogerie suisse.</p><p>Tous les segments de prix inférieurs dégringolent. «Le nombre de garde-temps exportés s’est situé très en dessous du niveau affiché deux ans auparavant (-25,8%), en raison principalement de la baisse des produits en acier (-24%) et de ceux de la catégorie «autres matières» (-43,4%)», dans laquelle figurent notamment les montres en plastique.</p><p>Lire aussi: <a href="https://www.letemps.ch/economie/exportations-horlogeres-retrouvent-croissance" data-hovercard="https://www.letemps.ch/economie/exportations-horlogeres-retrouvent-croissance">Les exportations horlogères retrouvent la croissance</a></p><p>Par rapport à avril 2019, ce sont ainsi 408 000 montres de moins qui ont été envoyées vers l’étranger. Le recul est de 34,4% en Europe, de 28,1% en Asie, tandis que les Amériques croissent de 1%. Depuis le début de l’année, la chute des volumes totaux s’élève à 31,5%.</p><p>Contacté, le président de la FH, Jean-Daniel Pasche, ne s’émeut pas de cette baisse qui témoigne des difficultés que rencontrent encore l’entrée et le milieu de gamme: «Ce n’est pas un phénomène nouveau et cela ne constitue pas vraiment une surprise. Nous sommes heureux de voir que l’évolution globale est positive et qu’elle répond à nos attentes».</p><p>En valeur, les Etats-Unis (+14,6%) reprennent la tête des principaux marchés d’exportation devant la Chine (+75%). La contraction reste marquée à Hongkong (-24,8%) et au Japon (-11,7%), tandis que l’Europe se situe toujours «en retrait» (-5,1%).</p>
<p>Chute des exportations globales</p>
<p>Tous secteurs confondus, les exportations suisses ont stagné à 20 milliards de francs en avril, indique jeudi l’Administration fédérale des douanes, qui se base sur des comparaisons mensuelles. Elles avaient bondi de 5,9% le mois précédent. Les plus fortes baisses sont enregistrées par les produits chimiques et pharmaceutiques (-151 millions) ainsi que la bijouterie et la joaillerie (-229 millions).</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/613/pompe-a-chaleur-solaire-thermique-solaropac-technique-innovation</guid>
	<pubDate>Thu, 27 May 2021 20:38:45 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/613/pompe-a-chaleur-solaire-thermique-solaropac-technique-innovation</link>
	<title><![CDATA[Pompe à chaleur + solaire thermique = SolaroPAC Technique-Innovation]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Les pompes à chaleur dont la source froide est constituée de capteurs solaires thermiques basse température sont développées par plusieurs industriels français et atteignent des rendements élevés.</p><p>Il existe plusieurs technologies pour associer pompes à chaleur et énergie solaire. La première, très classique, est la Pac en relève de capteurs solaires thermiques. C’est notamment la technologie déployée dans le cadre des Chauffe-Eau Solaires Individuels (CESI), lorsqu’ils sont constitués d’une Pac et de capteurs thermiques.</p><p>La seconde possibilité consiste à alimenter la pompe à chaleur par des panneaux solaires photovoltaïques en autoconsommation. La troisième technologie utilise des capteurs solaires thermiques basse température comme évaporateur des pompes à chaleur. La quatrième solution associe capteurs thermiques comme évaporateurs et capteurs photovoltaïques en autoconsommation pour alimenter la Pac.</p><p>La seconde et la quatrième possibilité sont notamment explorées par le programme européen <a rel="nofollow" target="_blank" href="https://www.sunhorizon-project.eu/">SunHorizon</a>. Nous en avons <a class="lienbatirama" href="https://www.batirama.com/article/34529-pompes-a-chaleur-et-solaire-comment-associer-efficacement-ces-deux-technologies.html">déjà parlé</a>. Evaluées dans SunHorizon, l’association de Pac air/eau ou de chauffe-eau thermodynamiques air/eau de BDR-Thermea avec des capteurs hybrides (thermiques + photovoltaïques) du français DualSun donne d’excellents résultats. De nouveaux éléments alimenteront un prochain article sur ce thème.</p><p>Dans cet article, voici une présentation de la troisième technologie. Baptisée SolaroPAC, elle utilise des capteurs solaires basse température en guise d’évaporateurs.</p>
<p>SolaroPAC : une technologie déjà éprouvée</p>
<p>L’emploi de capteurs solaires basse température en guise d’évaporateurs de pompes à chaleur est déjà ancienne. Deux marques françaises, Giordano Industries et Heliopac, ont développé cette solution depuis plus de 20 ans. Pour Giordano Industries, il s’agit de son offre S<a rel="nofollow" target="_blank" href="https://giordano.fr/chauffe-eau-solaire-collectif-solarpump/">olar Pump</a>.</p><p>Tandis qu’Heliopac dispose de plusieurs solutions : <a rel="nofollow" target="_blank" href="https://www.heliopac.fr/nos-solutions/heliopacsystem/">heliopacsystem</a> à base de capteurs thermiques basse température, <a rel="nofollow" target="_blank" href="https://www.heliopac.fr/nos-solutions/heliopacsystem-plus/">heliopacsystem+</a> qui exploite les panneaux hybrides DualSun et utilise à la fois leur chaleur et leur production d’électricité PV en autoconsommation.</p><p><a rel="nofollow" target="_blank" href="https://www.enerplan.asso.fr/">ENERPLAN</a>, le syndicat des professionnels de l’énergie solaire, a lancé un groupe de travail dans le but de faire reconnaître les SolaroPAC par le Fonds Solaire, géré par l’Ademe, et de les rendre accessible à des financements par les CEE. Enerplan travaille également a inclure la solution SolaroPAC directement dans le moteur de calcul RE2020.</p>
<p>Solar Pump + Polytub 4N chez Giordono Industries</p>
<p>Giordano Industries a donc développé la Solar Pump une pompe à chaleur eau glycolée / eau, capable de produire de l’ECS en grandes quantités et de l’eau pour le chauffage. Associées à des capteurs solaires Polytub 4N, également développés par Giordano Industries, le système est capable de produire de la chaleur à 65°C dans toutes les zones géographiques, jusqu’à une température extérieure de -10°C. Les Solar Pump peuvent donc produire de l’ECS toute l’année, sans appoint électrique par effet Joule, dans la plupart des régions.</p><p>Ces machines sont également utilisables en version 4 tubes pour produire de l’eau glacée utilisable en rafraîchissement. Pour l’instant, les Pac Solar Pump fonctionnent au R404A. Une nouvelle machine sera commercialisée dès 2022 et utilisera le propane R290 (GWP = 3), un fluide naturel, non-soumis à la réglementation européenne F-Gas.</p><p>Toutes les machines sont dès à présent connectées, soit à la GTB du bâtiment par une prise RJ45, soit par une liaison sans fil de type Sigfox ou Lora. Giordano Industries monitore à distance les paramètres de fonctionnement de ses machines et et relaye les éventuels dysfonctionnements vers le Maître d'Ouvrage ou l'entreprise de maintenance.</p><p>Le capteur solaire Polytub® 4N est un panneau en Polypropylène, constitué de faisceaux de tubes disposés en 4 couches et soudés aux extrémités sur des tubes collecteurs. Chaque couche constitue une nappe. Cette conception en couches divise par deux l’espace occupé au sol ou en toiture, par rapport à un capteur thermique classique.</p><p></p><p>Le capteur Polytub 4N capte l’énergie du soleil, du vent, de la pluie et de l’air ambiant et réchauffe une boucle d’eau glycolée (propylène glycol). Ce circuit de tubes constitue l’évaporateur de la pac. Les capteurs bénéficient du certificat SOLAR KEYMARK n° PSK-012 / 2016. ©Giordano Industries</p><p>Le capteur Polytub 4N mesure 3,10 x 1,30 m et offre une surface d’absorbeur de 3,60 m² environ, pour un poids à vide de 9 kg/panneau et de 26 kg/panneau en charge. Chaque panneau contient 17,10 l d’eau glycolée et fonctionne sous une pression de 4 bar au maximum.</p><p></p><p>L’association de la Solar Pump® avec le capteur Polytub® 4N bénéficie d’un TITRE V RT 2012 par arrêté du 26 Juin 2015. Le système Solar Pump® est intégré dans les principaux logiciels de calcul règlementaire, qui permettent de dimensionner la surface de capteurs adaptée à tous les besoins en eau chaude des bâtiments collectifs, de 2000 à 20.000 litres / j à 60°C. ©Giordano Industries</p><p></p><p>Les Solar Pump sont disponibles en 10, 15 et 23 kW pour l’Europe et en 10, 14, 17, 19 et 27 kW pour les climats chauds hors d’Europe. Pour une énorme production d’ECS quotidienne de 12 000 l, Giordano Industries propose 2 Solar Pump de 23 kW, associées à 32 panneaux Polytub 4N. ©Giordano Industries</p>
<p>L’architecture modulaire des systèmes Heliopac</p>
<p>Heliopac, pour sa part, propose deux solutions.</p><p></p><p>heliopacsystème, l’offre de base, est constituée de modules de pompes à chaleur eau/eau, couplées à des capteurs souples en élastomère (EPDM) en guise d’évaporateurs. Cet échangeur récupère la chaleur du soleil. Mais la nuit et durant les jours couverts, il récupère aussi la chaleur de la pluie et de l‘air extérieur. ©Heliopac</p><p>Les capteurs sont garantis 10 ans et sont donnés pour une durée de vie de 30 ans. Chaque capteur est fabriqué sur mesures pour répondre aux contraintes d’implantation des divers chantiers. Il est testé en pression avant le départ usine. Pour faciliter la manutention, cette « moquette solaire » est livrée sur site sous forme de bobines de 35 kg maxi. Elles sont ensuite déroulées et assemblées entre elles sur chantier.</p><p>La pompe à chaleur eau glycolée/eau Solerpac® est modulaire et utilise un savant cocktail de R32 et de HFO. L’augmentation de puissance est obtenue par raccordement en série de plusieurs modules. Deux puissances de modules sont disponibles : 8 et 12 kW. La compacité et le relativement faible poids de la pac – 108 kg tout de même - facilitent son implantation en local technique.</p><p>Les pac Solerpac d’Heliopac atteignent une température de sortie d’eau de 65°C au condenseur et acceptent une température d’entrée à l’évaporateur comprise entre -5 et +55°C. Les capteurs en EPDM supportent une température de stagnation de 55°C en été. Heliopac fournit aussi la solution de régulation et de connexion de ses systèmes et propose un service de suivi des installations à distance.</p><p></p><p>Heliopacsystem a été installé sur le «Novela », un immeuble neuf (RT2005) de 54 logements à Marseille : 2 pac de 12 kW au R134a, 100 m² de capteurs, un stockage de 6000 litres et un appoint par résistance électrique. En année moyenne, l’appoint électrique par effet Joule représente 0,1% de l’énergie consommée pour la production d’ECS. ©Heliopac</p>
<p>heliopacsystem+ : pompe à chaleur et capteurs solaires hybrides</p>
<p></p><p>Egalement destinée à la production d’Eau Chaude Sanitaire, la seconde solution, heliopacsystem+ repose sur les mêmes pac Solerpac d’Heliopac, alimentées cette fois-ci par des capteurs solaires hybrides Spring de DualSun. Cette solution permet d’atteindre un taux de couverture de la production d’ECS de 90%. La température de stagnation maximale est de 75°C dans les capteurs. ©Heliopac</p><p></p><p>A Toulouse, dans les Jardins du Parc, un immeuble neuf de 31 logements, la solution heliopacsystem+ était composée d’un module Solerpac de 12 kW, d’un stockage de 4000 l, de 36 modules Spring (60 m²) et d’un appoint électrique. En année moyenne, Seulement 14% de l’énergie consommée vient du réseau. Tandis que la partie photovoltaïque des panneaux hybride fournit le reste de l’électricité nécessaire au fonctionnement des pac : 86% de l’énergie consommée annuellement pour la production d’ECS collective est gratuite.</p><p>Cette installation rejette seulement 0,4 t CO2eq/an, attribuable en totalité à l’électricité acheté au réseau. Il faudra attendre les premières simulations RE2020 pour évaluer l’intérêt de ces solutions SolaroPAC du point de vue de leur empreinte carbone.</p><p><br />Source : batirama.com / Pascal Poggi</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/612/lenergie-photovoltaique-fait-sa-revolution-avec-des-panneaux-souples-et-autocollants</guid>
	<pubDate>Wed, 26 May 2021 15:07:16 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/612/lenergie-photovoltaique-fait-sa-revolution-avec-des-panneaux-souples-et-autocollants</link>
	<title><![CDATA[L&#039;énergie photovoltaïque fait sa révolution avec des panneaux souples et autocollants]]></title>
	<description><![CDATA[<p class="delta py0p5">Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur le photovoltaïque. Heliatek, une start-up allemande révolutionne le secteur et l'ouvre à tous car ces panneaux photovoltaïques d'un nouveau genre peuvent se poser partout, plus exactement se coller sur toutes sortes de matériaux : métal, béton, membrane, verre, bitume et autres supports. Une initiative technologique repérée par l'ONG Energy Observer Solutions.</p><p>Cela vous intéressera aussi</p><p class="mt1"> [EN VIDÉO] Quels sont les principaux obstacles au développement de l'énergie photovoltaïque ?  Quelque 8.000 fois la consommation énergétique mondiale. C’est la quantité d’énergie que la Terre reçoit du Soleil. Pourtant, les technologies solaires photovoltaïques peinent à s’imposer dans le paysage énergétique. Marion Perrin, docteur en électrochimie, nous explique, en vidéo, quels sont les principaux obstacles au développement massif de cette énergie renouvelable. </p><p class="zeta py0p5">Et si les arrêts de bus, les <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/maison/definitions/maison-toit-10941/" class="tooltip-link" data-color="dark-yellow" data-title="Toit" data-number="" data-copy="Le toit est une surface qui recouvre la partie supérieure d'un bâtiment ou d'une habitation pour assurer une protection de l'intérieur de l'édifice contre les intempéries, en particulier la pluie.&lt;br /&gt;Les différents types de toits&lt;br /&gt;Il existe un nombre important de toits différents, dont les formes..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/7/6/8/768339152c_50037634_aftnn-rooftops-of-prague-02.jpg" data-url="/maison/definitions/maison-toit-10941/" data-more="Lire la suite">toits</a> des écoles, les bâtiments pouvaient produire de l'<a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/energie-energie-15884/" class="tooltip-link" data-color="purple" data-title="Énergie" data-number="" data-copy="Les physiciens emploient le terme d'énergie pour désigner une capacité à modifier un état ou à produire un travail entraînant un mouvement ou générant un rayonnement électromagnétique – de la lumière, par exemple – ou de la chaleur. Le mot vient d’ailleurs du grec et signifie «&amp;nbsp;force en..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/c/5/a/c5afae0dcb_92507_energie.jpg" data-url="/sciences/definitions/energie-energie-15884/" data-more="Lire la suite">énergie</a> ? Imaginez que toutes les surfaces exposées au <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/univers-soleil-3727/" class="tooltip-link" data-color="purple" data-title="Soleil" data-number="" data-copy="Etoile centrale du système solaire. &lt;br /&gt;Le Soleil est l'étoile la plus proche de la Terre, dont elle est distante d'environ 150 millions de kilomètres. Le Soleil est situé à 8,5 kparsecs du centre de la Voie lactée. Dans la classification des étoiles, le soleil est une étoile de type G2.&lt;br /&gt;La masse..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/1/d/9/1d9cd1d45f_50034577_eruption.jpg" data-url="/sciences/definitions/univers-soleil-3727/" data-more="Lire la suite">soleil</a> puissent produire de l'électricité.  C'est le rêve réalisé par <a href="https://www.heliatek.com/de/produkte/heliasol/" title="Le site Heliatek" target="_blank">Heliatek</a> avec ses panneaux <a href="https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/energie-renouvelable-quest-ce-energie-solaire-photovoltaique-14/" title="Qu'est-ce que l'énergie solaire photovoltaïque ?">photovoltaïques</a>, souples et autocollants, qui peuvent être posés partout et faire entrer la production d'énergie solaire dans une nouvelle dimension. La start-up allemande a mis au point des panneaux solaires souples et autocollants entièrement organiques qui peuvent être installés absolument n'importe où, même aux endroits où les solutions photovoltaïques habituelles ne peuvent pas l'être.</p>
<p>Cette transition énergétique si urgente</p>
<p class="zeta py0p5">Les <a href="https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/energie-renouvelable-sont-cinq-types-energies-renouvelables-4134/" title="Quels sont les cinq types d'énergies renouvelables ?">énergies renouvelables</a> ne représentent aujourd'hui que 2 % de la production mondiale d'électricité, tandis que les <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/energie-renouvelable-energie-fossile-6632/" class="tooltip-link" data-color="light-green" data-title="Énergie fossile" data-number="" data-copy="Une énergie fossile est une énergie dont les réserves se sont constituées voilà très longtemps, il y a des millions d’années, par décomposition sédimentaire de matériaux organiques. Des réserves, en d’autres mots, composées principalement de carbone. Et des réserves non renouvelables, car elles..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/b/4/7/b4787786df_134926_energie-fossile-charbon.jpg" data-url="/planete/definitions/energie-renouvelable-energie-fossile-6632/" data-more="Lire la suite">énergies fossiles</a> rejettent toujours plus de <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/climatologie-gaz-effet-serre-5381/" class="tooltip-link" data-color="light-green" data-title="Gaz à effet de serre" data-number="" data-copy="Les gaz à effet de serre (GES) sont les gaz qui participent à l'effet de serre. L'augmentation de leur concentration dans l'atmosphère terrestre est à l'origine du réchauffement climatique.&lt;br /&gt; Pour appréhender le réchauffement climatique, il faut comprendre son lien avec le phénomène naturel de..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/b/9/f/b9f0872ae1_50084221_ges2011-poilaumenton-flickr-01.jpg" data-url="/planete/definitions/climatologie-gaz-effet-serre-5381/" data-more="Lire la suite">gaz à effet de serre</a>, accélérant le <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/changement-climatique-rechauffement-climatique-13827/" class="tooltip-link" data-color="light-green" data-title="Réchauffement climatique" data-number="" data-copy="Le réchauffement climatique est une augmentation de la température moyenne à la surface de la Terre.&lt;br /&gt;Causes et conséquences du réchauffement climatique&lt;br /&gt;Selon les experts du Giec, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat, un réchauffement global de la planète..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/e/3/b/e3b72826bf_114784_rechauffement-climatique-illustration.jpg" data-url="/planete/definitions/changement-climatique-rechauffement-climatique-13827/" data-more="Lire la suite">réchauffement climatique</a>. Les scientifiques fixent à 2030 <a href="https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/rechauffement-climatique-changement-climatique-temps-nous-reste-t-il-avant-point-non-retour-14508/" title="Changement climatique : combien de temps nous reste-t-il avant le point de non-retour ?">le point de non-retour</a>. Heliatek contribue à une <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/developpement-durable-transition-energetique-15371/" class="tooltip-link" data-color="light-green" data-title="Transition énergétique" data-number="" data-copy="Dans les esprits, l’expression «&amp;nbsp;transition énergétique&amp;nbsp;» fait référence au passage d’un système énergétique reposant presque exclusivement sur des sources d’énergie fossile à un système centré sur des énergies renouvelables.La réalité est un peu plus complexe. En effet, le mix..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/b/5/a/b5adf76a1b_82650_transition-energetique.jpg" data-url="/planete/definitions/developpement-durable-transition-energetique-15371/" data-more="Lire la suite">transition énergétique</a> durable en inventant l'avenir du <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/developpement-durable-panneau-photovoltaique-7973/" class="tooltip-link" data-color="light-green" data-title="Panneau photovoltaïque" data-number="" data-copy="Dispositif transformant l’énergie de la lumière en électricité. Il utilise l’effet photoélectrique, par lequel un photon incident (la lumière, donc) peut arracher un électron à un atome.&lt;br /&gt;Description d'un panneau&amp;nbsp;photovoltaïque&lt;br /&gt;Un panneau photovoltaïque est constitué d’une série de cellules..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/8/6/b/86b2fad6e9_50036008_panneausolairephotovoltaique-siliciummonocristallin.jpg" data-url="/planete/definitions/developpement-durable-panneau-photovoltaique-7973/" data-more="Lire la suite">panneau photovoltaïque</a>.</p>
<p>Vers des bâtiments à énergie zéro et une économie neutre en carbone</p>
<p class="zeta py0p5">Les panneaux solaires classiques pèsent jusqu'à 25 kilos et génèrent d'énormes quantités de <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-chaleur-15898/" class="tooltip-link" data-color="purple" data-title="Chaleur" data-number="" data-copy="Dans le langage courant, le terme de chaleur est employé pour qualifier la sensation que donne un corps chaud.&lt;br /&gt;Les physiciens qualifient&amp;nbsp;la chaleur d'énergie thermique. Dans le système international, elle se mesure donc en joules (J). La chaleur correspond plus précisément à un transfert..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/7/3/5/735709801b_92578_chaleur.jpg" data-url="/sciences/definitions/physique-chaleur-15898/" data-more="Lire la suite">chaleur</a>, ce qui limite le nombre de structures, bâtiments, pouvant les accueillir. La solution d'Heliatek ne dépasse pas quelques grammes et permet de produire jusqu'à 85 <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-watt-370/" class="tooltip-link" data-color="purple" data-title="Watt" data-number="" data-copy="Unité légale de puissance (symbole: W). Equivalent à 1J/s ou à 1 V.APuissance d'un système dans lequel est transférée uniformément une énergie de 1 joule pendant 1 seconde." data-url="/sciences/definitions/physique-watt-370/" data-more="Lire la définition">watts</a> par mètre carré de surface. Son principe : des nano-molécules de <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/chimie-carbone-3873/" class="tooltip-link" data-color="purple" data-title="Carbone" data-number="" data-copy="Élément indispensable à la vie et en chimie organique, le carbone forme plus de composés que tous les autres éléments chimiques réunis.&lt;br /&gt;Généralités&lt;br /&gt;Symbole : CNuméro atomique : 6Électrons par niveau d’énergie : 2, 4Masse atomique : 12,011 uIsotopes les plus stables : 12C stable avec six..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/2/1/9/2198868bcb_69707_carbone.jpg" data-url="/sciences/definitions/chimie-carbone-3873/" data-more="Lire la suite">carbone</a> déposées sur un film <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/chimie-polyethylene-2889/" class="tooltip-link" data-color="purple" data-title="Polyéthylène" data-number="" data-copy="Le polyéthylène est une des résines thermoplastiques les plus répandues dans le monde. Il possède une excellente résistance aux agents chimiques et aux chocs. &lt;br /&gt;Suivant le procédé de polymérisation, les polyéthylènes peuvent être dits de &quot;basse densité&quot; (PEbd), de &quot;haute densité&quot; (PEhd),..." data-url="/sciences/definitions/chimie-polyethylene-2889/" data-more="Lire la suite">polyéthylène</a>, capables de transformer la <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-lumiere-326/" class="tooltip-link" data-color="purple" data-title="Lumière" data-number="" data-copy="On désigne&amp;nbsp;par le terme de «&amp;nbsp;lumière visible »&amp;nbsp;le spectre du rayonnement électromagnétique perceptible par l’œil humain.&lt;br /&gt;La lumière blanche&lt;br /&gt;Les longueurs d’ondes&amp;nbsp;de la lumière visible&amp;nbsp;s’échelonnent d’environ 380 nm (violet) à 780 nm (rouge).&amp;nbsp;Le spectre visible est..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/b/6/9/b697a0c09f_85912_lumiere.jpg" data-url="/sciences/definitions/physique-lumiere-326/" data-more="Lire la suite">lumière</a> en électricité. Des panneaux qui nécessitent peu d'entretien, résistent aux intempéries et s'installent facilement. Les possibilités d'installation sont sans limites. <a href="https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/energie-renouvelable-energies-renouvelables-ont-avenir-radieux-grace-petites-unites-solaires-78013/" title="Les énergies renouvelables ont un avenir radieux grâce aux petites unités solaires">Chaque surface exposée</a> au soleil (abribus, <a data-tooltip="" href="https://www.futura-sciences.com/maison/definitions/maison-mur-10786/" class="tooltip-link" data-color="dark-yellow" data-title="Mur" data-number="" data-copy="Un mur est une structure verticale et solide. Généralement façonné par l'Homme, il est constitué d'un assemblage de matériaux tels que des pierres, des briques, du gyproc ou du plâtras et est destiné à séparer ou délimiter des espaces. &lt;br /&gt;Fonction du mur&lt;br /&gt;Au niveau architectural, un mur peut..." data-image="https://cdn.futura-sciences.com/buildsv6/images/midioriginal/d/a/6/da67dbed4e_50037481_mur-simple.jpg" data-url="/maison/definitions/maison-mur-10786/" data-more="Lire la suite">murs</a>, bâtiments, véhicules, vêtements, etc.) pourrait devenir source d'énergie.</p><p>[embedded content]</p><p>Intéressé par ce que vous venez de lire ?</p><p>Liens externes</p><p>Définition associée</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/611/cette-innovation-pour-les-centrales-solaires-thermodynamiques-produira-de-lenergie-a-moindre-cout</guid>
	<pubDate>Wed, 26 May 2021 14:22:19 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/611/cette-innovation-pour-les-centrales-solaires-thermodynamiques-produira-de-lenergie-a-moindre-cout</link>
	<title><![CDATA[Cette innovation pour les centrales solaires thermodynamiques produira de l&#039;énergie à moindre coût]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Cette innovation pour les centrales solaires tehermodynamiques peut produire de l'énergie à moindre coût</p><p>Aux côtés de l’entreprise espagnole Tekniker et de huit autres organismes européens, la PME française Sirea participe au développement d’un nouveau système de centrale solaire thermodynamique (CSP) dans le cadre du projet européen MOSAIC. L’objectif est de produire de l’électricité à moins de 0,10 €/kWh.</p><p>Connue depuis l’antiquité, comme nous le rappelle la légende des «miroirs ardents» d’Archimède, la technologie du  « solaire thermodynamique » ou « solaire à concentration » (CSP<a href="https://www.revolution-energetique.com/cette-innovation-pour-les-centrales-solaires-thermodynamiques-produira-de-lenergie-a-moindre-cout/#_ftn1">[1]</a>) consiste à disposer une <a href="https://www.revolution-energetique.com/avenir-radieux-pour-le-solaire-a-concentration/">grande quantité de miroirs</a> pour focaliser les rayons solaires vers des tubes dans lesquels circule un fluide caloporteur, généralement de l’huile ou un sel fondu.</p><p>Ce fluide est ainsi chauffé à des températures de l’ordre de 250 à 1 000°C et peut, après avoir échangé sa chaleur avec un fluide secondaire (généralement de la vapeur), produire de l’électricité dans des turbines qui entraînent des alternateurs.</p><p>Publicité</p><p>Ce procédé de production d’énergie est encore relativement peu développé au niveau mondial. Mais des perfectionnements techniques récents permettent d’améliorer la compétitivité de la technologie.</p><p></p>
<p>Un concept innovant</p>
<p>Le projet, baptisé « MOSAIC » auquel participe la PME française <a href="https://www.sireagroup.com/2021/05/17/prototype-mosaic-phase-finale/?utm_source=rss&amp;utm_medium=rss&amp;utm_campaign=prototype-mosaic-phase-finale" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sirea</a> vise à déployer et valider un concept innovant de centrale solaire thermodynamique (CSP) à haut rendement et faibles coûts de mise en œuvre. Doté d’un budget de 5 millions d’euros financé par l’Union Européenne dans le cadre du programme Horizon 2020, le projet est coordonné par l’entreprise espagnole Tekniker. Le consortium vient de terminer la construction du prototype de 300 kWth. L’installation thermique est désormais complète et tous ses composants sont opérationnels.</p><p>Faisant suite aux étapes d’analyse, de conception et d’optimisation, un nouveau système de tracking va être déployé sur l’installation pilote du Centre National des Énergies Renouvelables (CENER) à Sanguesa, en Espagne. Basé sur un système « cinématique parallèle », le tracker pilotera à l’aide de huit câbles, le positionnement du récepteur mobile afin de recueillir le rayonnement solaire concentré au-dessus du champ de miroirs.</p><p>« La mise en service du tracker aura lieu dans les semaines à venir dans le but de tester en conditions réelles le positionnement idéal du récepteur selon le niveau de précision recherché » nous explique David Grand, chargé de communication chez Sirea. Viendront ensuite les phases d’essais du récepteur, de la boucle thermique et du champ solaire. Une fois chaque sous-système validé, des tests fonctionnels seront effectués sur l’ensemble de la centrale à partir de l’été 2021 jusqu’à l’automne.</p><p></p>
<p>Faible coût et rendement élevé</p>
<p>Impliquée dans le projet depuis son lancement en 2016, l’entreprise tarnaise Sirea, spécialisée dans l’énergie et l’automatisme industriel, a été chargée de l’ensemble des études électriques et a également développé le système de contrôle et de commande de la centrale. « Un tiers de nos 35 collaborateurs a travaillé sur ce projet d’envergure et de notoriété internationale » nous précise David Grand.</p><p>L’objectif du projet MOSAIC (MOdular high concentration SolAr Configuration) consiste à déployer et valider un concept de centrale CSP caractérisé par un faible coût de mise en œuvre pour des niveaux d’efficacité élevés par rapport aux technologies actuelles. Il permettra également de réduire le coût de production de l’électricité.</p><p>La centrale se compose d’un concentrateur sphérique fixe, agencé dans une configuration « semi-Fresnel », et d’un récepteur mobile avec un système d’entraînement en boucle fermée. Cette architecture permet de réduire le nombre de pièces mobiles et donc le coût du champ de miroirs, en maintenant des niveaux élevés de concentration des rayons solaires. Ainsi, les températures restent élevées, les rendements du cycle thermodynamique aussi, rendant l’utilisation du système de stockage thermique plus efficace.</p><p><a href="https://www.revolution-energetique.com/cette-innovation-pour-les-centrales-solaires-thermodynamiques-produira-de-lenergie-a-moindre-cout/#_ftnref1">[1]</a> CSP : concentrated solar power. Le terme est aussi utilisé en français</p><p>Publicité</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/610/comment-les-pionniers-francais-de-l%25E2%2580%2599arn-ont-decapite-la-poule-aux-oeufs-d%25E2%2580%2599or</guid>
	<pubDate>Wed, 26 May 2021 13:38:05 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/610/comment-les-pionniers-francais-de-l%25E2%2580%2599arn-ont-decapite-la-poule-aux-oeufs-d%25E2%2580%2599or</link>
	<title><![CDATA[Comment les pionniers français de l’ARN ont décapité la poule aux œufs d’or]]></title>
	<description><![CDATA[<p>En 1993, la France avait toutes les cartes en mains pour développer le premier vaccin à ARN messager. Une expérience réussie, des ambitions dans les biotechnologies, un groupe pharmaceutique créé par une famille de visionnaires, les Mérieux. Mais il y avait des risques et encore pas mal de travail. Le premier projet de vaccin à ARN messager sera finalement suicidé. Et 20 années perdues.</p><p>C’est une histoire de relation à l’innovation assez typiquement française. Elle marque une première renaissance des technologies à base d’ARN messager au moment même où elles entrent dans un long hiver aux États-Unis (<a href="https://www.heidi.news/explorations/arn-messager-la-revanche-des-outsiders" rel="nofollow noopener" target="_blank">voir les épisodes précédents</a>). Une recherche brillante au plan fondamental, suivie par un abandon industriel lorsqu’il s’est agi de développer son application clinique: this is so French, diront les Anglo-saxons.</p><p>Il faut remonter à 1979. Cette année-là, Robert Lattès, un spécialiste du capital-risque de la banque Paribas ainsi que son patron, Pierre Moussa, un inspecteur des finances devenu banquier, veulent mettre la France en pole position dans la course de l'industrie naissante des biotechnologies. La star de ce secteur, Genentech a été fondée trois ans plus tôt en Californie. A Genève, le biologiste moléculaire suisse Charles Weissmann vient de lancer Biogen avec d’autres scientifiques. Amgen, Chiron et Genzyme s’apprêtent à être portés sur les fonts baptismaux par les capital-risqueurs de la Silicon Valley et de Boston.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/609/jour-1-les-nazis-sont-gentils-les-antifas-sont-mechants</guid>
	<pubDate>Wed, 26 May 2021 13:27:28 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/609/jour-1-les-nazis-sont-gentils-les-antifas-sont-mechants</link>
	<title><![CDATA[Jour 1 : &quot;les nazis sont gentils, les antifas sont méchants&quot;]]></title>
	<description><![CDATA[<p>Mardi 25 mai s’est tenu le premier jour du procès des responsables de la mort de notre camarade Clément : après la constitution du jury et un rapport du président du tribunal sur <a href="https://lahorde.samizdat.net/Proces-en-appel-des-neonazis-responsables-de-la-mort-de-Clement" class="spip_in">la motivation et la condamnation prononcées en première instance</a>, les débats ont principalement tourné autour de la personnalité d’Esteban Morillo, reconnu coupable des coups mortels.<br class="autobr">
Morillo a un nouvel avocat : Jérôme Triomphe, proche des milieux catholiques traditionalistes. Quinze jours après la mort de Clément, il participait à une conférence de l’Agrif au Centre Charlier avec Bernard Antony et Vivien Hoch sur le thème « les racismes anti-français et anti-chrétiens et face à la culture de mort du socialisme »…</p>
<p><a href="https://lahorde.samizdat.net/IMG/jpg/triomphe-min.jpg" title="Jérôme Triomphe en 2013." type="image/jpeg"></a><br />Jérôme Triomphe en 2013.</p>
<p>Cet avocat très politique a rapidement adopté une défense elle aussi très politique qu’on pourrait résumer ainsi : Morillo est facho mais gentil, les méchants violents ce sont les antifas, il n’a fait que se défendre. C’est donc logiquement que Morillo invoque la légitime défense, et que son avocat va chercher, probablement durant les quinze jours du procès, à le faire passer pour la victime dans ce procès (Triomphe a osé l’emploi du mot « rescapés » pour qualifier Morillo et Dufour).<br class="autobr">
Face aux avocats des parties civiles, Morillo est pourtant surtout dans le déni. « Travail, famille, patrie » qu’il a tatoué sur le bras ? Il ne sait pas ce que ça signifie, il trouvait ça « beau ». Ses bagues à croix gammée, son profil Facebook où il considère Mein Kampf comme son livre préféré (« je ne l’ai pas lu » concède-t-il) montrent pourtant une certaine connaissance de la Seconde Guerre mondiale… Mais tout comme sa panoplie de skinhead de l’époque, il n’en a « aucun souvenir », ou alors celles et ceux qui l’ont vu, policiers des renseignements généraux compris, inventeraient les faits.<br class="autobr">
Concernant son engagement à Troisième Voie, dont il a le logo tatoué sur le cœur (le fameux trident que Triomphe, qu’on aurait pensé davantage expert en héraldique, a appelé improprement un « blason »), il le nie là aussi, ou bien l’évalue à « deux ou trois mois » alors qu’il en a fait partie de 2010 jusqu’à son arrestation en 2013 (« C’est une période que j’essaye d’occulter » déclara-t-il dans un rare moment de lucidité). De toute façon il dit qu’il n’en connaissait pas l’idéologie (il qualifie pourtant le mouvement de « solidariste ») : c’était pour boire et se faire des amis qu’il se rendait au Local de Serge Ayoub. Les conférences qui s’y déroulaient plusieurs fois par mois ? « Impossible, c’était trop petit. »</p>
<p><a href="https://lahorde.samizdat.net/IMG/png/local-conferences-min.png" title="Deux exemples des conférences régulières qui se sont déroulées au Local, et que Morillo dit qu'elles n'ont pas eu lieu…" type="image/png"></a><br />Deux exemples des conférences régulières qui se sont déroulées au Local, et que Morillo dit qu’elles n’ont pas eu lieu…</p>
<p>Ayoub ? Il lui trouve « du charisme » mais dans le même temps il prétend ne lui avoir « jamais dit plus que bonjour, au revoir ». Encore plus gros, « je m’étais éloigné de Troisième Voie en 2013 » ose-t-il, alors qu’on le voit en mai 2013, moins d’un mois avant qu’il ne tue Clément, au premier rang de la manif de Troisième Voie, tendant fièrement son drapeau…</p>
<p><a href="https://lahorde.samizdat.net/IMG/png/morillo-min.png" title="Morillo au premier rang dans une manif de Troisième Voie dont il se serait &quot;éloigné&quot; à l'époque : pas flagrant… [Photo : La Horde]" type="image/png"></a><br />Morillo au premier rang dans une manif de Troisième Voie dont il se serait "éloigné" à l’époque : pas flagrant… [Photo : La Horde]</p>
<p>« On a compris qu’il était facho ! » interrompt Triomphe, au mépris du respect le plus élémentaire de la parole de la partie adverse. Et d’en rajouter une couche au moment de ses questions qui sont vite devenues une plaidoirie : « Il est facho, on est d’accord. Mais ce n’est pas le sujet. »<br class="autobr">
Car oui Morillo est un néonazi, mais un néonazi gentil. Un néonazi non violent, ami des bêtes. La preuve, il a un ami malgache et des collègues « de couleur » (sic). Sa mère « lui avait appris à tendre la main » : ce n’est pas de sa faute si son fils a préféré tendre le bras… Bref, un naziboloss sensible, qui pleure quand son chef lui fait remarquer qu’il est en retard au travail (authentique).<br class="autobr">
Mais Morillo aurait aussi été un néonazi qui vivait dans la peur des antifas : c’est pour ça qu’il avait des poings américains sur lui et chez lui (il ne les avait pas pour s’en servir mais parce qu’il trouve ça « beau » comme un slogan vichyste). Les « preuves » de la violence supposée des antifas ? Triomphe va les chercher en évoquant des affaires non jugées et postérieures à 2013… Mais peu importe la vérité des faits, car la stratégie est claire : faire passer les accusés pour les victimes, justifier l’injustifiable, inverser les rôles.<br class="autobr">
Cette stratégie alliant à la fois le déni voire le mensonge du côté du principal accusé et une attitude agressive de son avocat envers les parties civiles est certainement celle de la dernière chance. Triomphe a l’air sûr de lui, mais rien ne dit que sa stratégie sera payante, tant lui-même est insupportable d’arrogance et Morillo peu crédible.<br class="autobr">
Elle met en tout cas les nerfs des proches de Clément et de leurs soutiens sont soumis à rude épreuve, ce qui est probablement là aussi un piège tendu par la défense, qui espère certainement, par son attitude provocatrice, les faire sortir de leurs gonds ; à nous de ne pas lui donner ce plaisir.<br class="autobr">
Reste à voir demain quelle sera l’attitude de Dufour et de son avocat…</p><p>La Horde</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/608/des-pistes-pour-des-cryptomonnaies-plus-durables</guid>
	<pubDate>Wed, 26 May 2021 08:30:41 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/608/des-pistes-pour-des-cryptomonnaies-plus-durables</link>
	<title><![CDATA[Des pistes pour des cryptomonnaies plus durables]]></title>
	<description><![CDATA[<p>En <a href="https://www.letemps.ch/economie/elon-musk-plus-jamais-parrain-cryptos" data-hovercard="https://www.letemps.ch/economie/elon-musk-plus-jamais-parrain-cryptos">se détournant du bitcoin à cause de la consommation d’énergie «folle» qu’il nécessite</a>, Elon Musk a relancé mi-mai le débat sur l’empreinte écologique des cryptomonnaies. Une seule transaction engloutit plus de 1300 kWh, l’équivalent de la consommation d’un ménage américain pendant 45 jours, selon le site Digiconomist. Sur un an, le réseau qui soutient le bitcoin consomme environ 120 térawatt-heure, soit dix fois plus que Google et pratiquement autant que la Norvège. Et la majorité de cette énergie est d’origine fossile, souvent issue de centrales électriques chinoises alimentées au charbon. Deux pistes se distinguent pour améliorer l’empreinte carbone des cryptomonnaies.</p><p>Première option: privilégier les énergies renouvelables pour le minage d’une cryptomonnaie. «Le problème de la surconsommation d’énergie liée au bitcoin va devenir de plus en plus aigu, car le réseau va devenir plus complexe, les calculs à effectuer également et le nombre de mineurs va augmenter, ce qui va se traduire par une hausse de la consommation d’énergie», observe Stéphane Muller, de Lian Group, une société genevoise qui a investi dans une ferme de minage utilisant de l’électricité d’origine hydraulique en Norvège.</p>
<p>Certificat d’origine propre</p>
<p>Le coût de l’énergie demeure la variable clé pour le minage de cryptomonnaie, ce qui pousse les mineurs à adopter du courant vert s’il est moins cher, poursuit Stéphane Muller. Cette tendance se retrouve également lorsque des mineurs se regroupent dans des «pools», afin de mutualiser leur puissance de calcul et d’augmenter ainsi leurs chances de résoudre les calculs complexes nécessaires pour la validation des transactions: «De plus en plus de pools visent à utiliser davantage d’énergie renouvelable.»</p><p>Un bitcoin produit avec ce type d’électricité pourrait être considéré comme propre, ou durable. A condition que les sources d’énergie utilisées soient certifiées par un organisme indépendant, relève Jean-Marc Seigneur, responsable du CAS Blockchain de l’Université de Genève: «C’est ce que propose notamment l’Energy Web Foundation, basée à Zoug. La structure, qui regroupe de grands acteurs internationaux du marché de l’énergie, veut valoriser les projets cryptos plus respectueux de l’environnement.»</p>
<p>Désigner un validateur</p>
<p>Deuxième possibilité pour alléger l’empreinte carbone des cryptomonnaies: favoriser celles dont le fonctionnement est moins énergivore que celui du bitcoin. Tout dépend du mécanisme de validation des transactions, poursuit Jean-Marc Seigneur: «Au lieu d’attribuer une récompense au mineur qui aura résolu de complexes calculs informatiques, certaines cryptomonnaies désignent un validateur parmi leurs utilisateurs. Sa mission consiste essentiellement à vérifier que les transactions à valider ont été signées correctement; le validateur reçoit de la crypto en récompense mais il ne doit résoudre aucun problème complexe.» L’opération ne consomme quasiment pas d’énergie, précise le spécialiste de l’Université de Genève, par ailleurs actif dans la finance décentralisée responsable.</p><p>Cette méthode, dite de «proof of stake» par opposition au «proof of work» utilisé par le bitcoin, a été retenue par le cardano ou le <a href="https://www.letemps.ch/economie/blockchain-mode-french-touch" data-hovercard="https://www.letemps.ch/economie/blockchain-mode-french-touch">tezos</a> notamment. L’ether, la deuxième plus importante crypto au monde, est en passe de l’adopter. Or ce fonctionnement n’est pas pour autant idéal: «Les validateurs ne sont pas choisis au hasard, mais en fonction de la quantité de cryptomonnaie qu’ils détiennent. Cela signifie que ceux qui sont arrivés en premier dans un projet et possèdent beaucoup de cryptos sont avantagés; cela limite la décentralisation.» Selon l’Université de Cambridge, la consommation d’énergie du bitcoin a peu de chances de reculer à moins que sa valeur ne chute, car il deviendrait moins rentable d’en miner. Un bitcoin vaut actuellement environ 37 000 dollars.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
<item>
	<guid isPermaLink="true">https://silo.ememiom.fr/blog/view/607/le-nouvel-esprit-public-peau-de-caste</guid>
	<pubDate>Tue, 25 May 2021 21:41:23 +0000</pubDate>
	<link>https://silo.ememiom.fr/blog/view/607/le-nouvel-esprit-public-peau-de-caste</link>
	<title><![CDATA[Le Nouvel Esprit public - Peau de Caste]]></title>
	<description><![CDATA[
<p>Introduction</p>
<p class="intro-podcast aerian">Philippe Meyer :<br />  Thierry Breton, vous avez été entrepreneur, et vous avez notamment réussi un redressement spectaculaire de Thomson, vous avez été ministre de l’économie et des finances, et vous avez axé votre politique sur la modernisation de l’économie, sur la réduction de la dette et sur la valorisation du patrimoine immatériel. Depuis novembre 2019 vous êtes commissaire européen chargé de la politique industrielle, du marché intérieur, du numérique, de la défense et de l'espace.<br />Au cours des douze derniers mois, c’est l’industrie pharmaceutique qui a occupé le devant de la scène. Si les laboratoires ont réussi à développer très rapidement des vaccins, l’outil industriel n’a pas suivi. « La science a dépassé l'industrie » a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, devant le Parlement européen, le 10 février dernier.<br />Autre souci : en juin 2020, pour garantir l’approvisionnement et faciliter le déploiement des vaccins, la Commission et les États membres ont adopté une approche européenne commune. 2,3 milliards de doses de vaccins ont été commandées à six fournisseurs différents (Pfizer-BioNtech, Moderna, AstraZeneca, Curevac, Janssen, Sanofi). Pour le moment, quatre d’entre eux ont obtenu l’autorisation de mise sur le marché, délivrée par l’Agence européenne des médicaments. Confrontés début 2021 à une troisième vague épidémique aggravée par des variants plus contagieux et plus mortels, et à des retards de livraison des vaccins commandés par l’UE, certains Etats membres ont rompu les rangs et se sont tournés vers Moscou. La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré le 19 mars : « En ce qui concerne le vaccin russe, je suis d'avis que tout vaccin autorisé par l'Agence européenne du médicament devrait être utilisé dans l’UE ». Mais « si celle-ci n'intervenait pas alors l'Allemagne devrait agir pour elle-même et c'est ce que nous ferions ». Le Premier ministre italien, Mario Draghi, a tenu un discours semblable alors que la péninsule pourrait produire le vaccin russe dès juillet. Vous avez répliqué récemment que l’Union aura, d’ici mi-juillet, la capacité de fournir aux États de quoi administrer une double dose de vaccin pour au moins 70% de leur population d’ici mi-juillet.<br />Dans ce contexte de pandémie, Bruxelles a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2021passées de 4,2% à 3,8%, En 2020, son économie s'était contractée de 6,8%. En outre, neuf mois après son adoption, seuls 16 des 27 pays membres de l’Union ont ratifié le plan de relance européen.<br />Avec la Turquie, le récent pataquès protocolaire surnommé sofagate n’a pas montré une parfaite harmonie entre la Présidente de la Commission et celui du Conseil alors qu’ils venaient discuter avec le président Erdogan de l'accord entre son pays et l’Union, de la question de l'union douanière et des visas, ou encore de cette conférence sur la Méditerranée orientale tant voulue le chef de l’État turc.<br />Dans le ciel, plus précisément dans l’espace, l’Europe fait preuve de davantage d’unité. Elle pilote trois programmes :<br />Govsatcom doit permettre les communications gouvernementales par satellite dès 2020 et garantir la sécurité des services de communication aux organisations et aux opérateurs jugés stratégiques pour l'UE.<br />Galileo, système de positionnement par satellites (radionavigation).<br />Copernicus, système d'observation de la terre très important pour l'étude du changement climatique et dont on a pu écrire qu’il « confère à l'Europe un réel pouvoir de persuasion dans les relations internationales, comme en témoigne la couverture des incendies qui ont ravagé la Sibérie et l'Amazonie au cours de l'été 2019 ».<br />En réunissant l’industrie de défense et l’industrie spatiale dans une même Direction Générale, l’Union européenne a d’ailleurs pris acte de la dimension stratégique du secteur spatial.</p>
<p>Kontildondit ?</p>
<p class="intro-podcast aerian">Nicole Gnesotto :<br />Monsieur le commissaire, dans cette crise, on a l’impression que l’Union Européenne est capable du pire comme du meilleur. Le meilleur a sans doute été le plan de relance décidé l’été dernier, ou la décision d’acheter collectivement les vaccins. Quant au pire, ce sont les batailles de chiffonniers entre les Etats membres, et les difficultés dans la distribution des vaccins. Mais au delà de la gestion immédiate des crises, on peut déjà tirer quelques leçons de la performance relative de la Commission Européenne.<br />J’aimerais vous interroger non pas sur la politique, mais sur la méthode, et même sur la culture de la Commission. Il me semble que dans la crise actuelle, nous payons l’interdiction (faite par les Etats membres il y a 70 ans) pour la Commission de penser en termes politiques. On l’a confinée dans des compétences économiques et commerciales, si bien que c’est sur le mode commercial qu’elle a réagi, c’est à dire en négociant sur un temps long, en cherchant le compromis et le meilleur prix, d’où un retard sur la commande qui lui est beaucoup reproché (4 mois pour les vaccins Pfizer/BioNtech) et l’exaspération de certains Etats membres tentés par le chacun pour soi.<br />Comment faire en sorte que la Commission intègre dans ses pratiques commerciales des considérations politiques, voire géopolitiques, qui semblent fondamentales ? La Commission aurait dû acheter les vaccins, non comme des cacahuètes, mais avec l’urgence politique qu’exigeait la situation.</p><p>Thierry Breton :<br />D’abord merci de me permettre de m’exprimer sur ces sujets. Je ne partage pas votre analyse, mais je l’entends souvent, c’est donc pour moi l’occasion de corriger quelques points, et de faire entendre une musique un peu différente.<br />Cette analyse, si elle traduit une impatience tout à fait légitime de nos concitoyens européens, n’est pas vraie pour autant. D’autant qu’il s’y ajoute souvent des comparaisons pas forcément équitables, j’irai même jusqu’à dire qu’il y a une espèce de terrorisme de la comparaison, qui n’a je crois pas grand sens.<br />Voici comment je vois les choses. Tout d’abord, c’est en marchant qu’on apprend à marcher. Nous apprenons, et nous le faisons très vite, parce que les circonstances l’exigent. Non, l’Europe n’a pas négocié et acheté les vaccins comme des cacahuètes. Dès le mois de juin 2020, nous nous sommes réunis pour essayer de voir quel type de vaccins nous pourrions choisir. Et je puis vous dire que ce n’était pas une mince affaire à ce moment là, où tout le monde disait qu’il faudrait entre 5 et 10 ans avant d’avoir un vaccin efficace. Nous avons eu 105 demandes, les avons beaucoup étudiées, avons délibéré, et sélectionné 6 grands laboratoires. C’était d’ailleurs intéressant car il ne s’agissait pas de grands groupes (à part un ou deux dont Sanofi), mais de centres académiques et d’entreprises biotech.<br />Évidemment, nous savions qu’une stratégie vaccinale exigerait une industrialisation massive, nous avons donc demandé à ces biotech de s’associer avec des industriels pour pouvoir produire et livrer leurs vaccins le moment venu. Nous nous sommes positionnés sur des vaccins Oxford avant les Britanniques. Il convient d’ailleurs de noter qu’Oxford était d’abord associé à Merck avant de changer son fusil d’épaule, à la demande du gouvernement britannique, et de travailler avec AstraZeneca. Il est vrai que Pfizer a signé avec les USA quelques semaines avant de le faire avec l’Europe. J’aimerais aussi tordre le cou à cette rumeur selon laquelle nous avons tardé pour avoir un bon prix, ou que les premiers à avoir signé ont été les premiers servis. Il est vrai que nous sommes dans un monde consumériste, et qu’on a l’impression quand on achète quelque chose qu’on sera livré aussi vite qu’avec Amazon. Or il n’en va pas de même avec des vaccins.<br />C’est la deuxième phase dans laquelle nous entrons : le processus industriel. Il y eut donc d’abord les commandes, puis l’excellente surprise que des vaccins efficaces aient été mis au point dès la fin novembre, et approuvés par les autorités de santé. Je rappelle qu’entre décembre et janvier, l’Agence Européenne du Médicament approuve trois vaccins : Pfizer, Moderna et AstraZeneca. Il s’agit ensuite de les fabriquer. Après l’exploit scientifique, il s’agit d’accomplir un exploit industriel. J’en profite pour signaler que l’exploit scientifique est largement européen : BioNtech, Janssen, CureVac, ou Oxford, ces quatre vaccins ont été développés en Europe et avec des fonds européens. C’est de la recherche européenne, accélérée par la BARDA américaine (Biomédical Advanced Research and Development Authority, un bureau du département de la Santé consacré à la lutte contre les menaces d’ordre biologique). Cette coopération entre l’UE et les USA a permis d’avoir ces vaccins.<br />Quant au défi industriel, il est immense. Il faut augmenter très rapidement la capacité de production, notamment en Europe. D’ordinaire, il faut environ 4 à 5 ans pour créer une entreprise de vaccins ex nihilo. Pour réorienter des chaînes de production déjà existantes (la stratégie que nous avons adoptée), il faut normalement entre 18 et 24 mois. Ici, tout va se faire en moins de dix mois, voire six pour certaines entreprises.<br />Dès lors, pourquoi a-t-on ce sentiment, exprimé par Nicole Gnesotto ? Parce qu’en signant ces accords, l’UE signe avec ces laboratoires. AstraZeneca devait fournir 120 millions de doses au premier trimestre et 180 au deuxième. Or il se trouve que seulement 30 millions de doses seront livrées au premier trimestre. Et c’est là que commencent les comparaisons.<br />On va par exemple prendre l’exemple d’Israël et du Royaume-Uni. Israël est certes un grand pays, mais enfin c’est 9 millions d’habitants. L’Etat hébreu a fourni les données de santé de ses citoyens (anonymisées) à Pfizer, en échange de sept millions de vaccins. Ce n’est pas un chiffre considérable, si on le compare aux 446 millions d’Européens. Les données fournies par Israël seront utiles, elles vont permettre de documenter la qualité et la réceptivité du vaccin. Quant au Royaume-Uni, AstraZeneca y livre 70% de ses doses, et seulement 30% en Europe.<br />Quand je compare ensuite la montée en puissance des deux grandes plateformes industrielles mondiales qui vont régler cette pandémie, c’est à dire les Etas-Unis et l’Europe, nous montons à peu près exactement aux mêmes niveaux de production : 14 millions de doses en janvier, 28 millions en février, 64 millions en mars, 120 millions en avril et 150 millions en mai. Les Etats-Unis, à la suite d’un executive order ont choisi de ne pas exporter de doses tant que l’immunité collective ne sera pas atteinte sur leur territoire. L’Union Européenne a choisi de garder 60% des doses fabriquées en Europe et distribuera les autres 40% aux pays avec lesquels nous avons les relations les plus étroites. Il s’agit principalement du Royaume-Uni, mais aussi des pays de l’OTAN, du Mexique, de l’Arabie Saoudite, du Japon, etc.<br />J’ai été nommé à la tête de la Task Force européenne sur les vaccins le 5 février dernier. J’ai tout de suite commencé à étudier de près cet aspect industriel, en visitant les usines, en essayant de comprendre les problèmes et de repérer les améliorations possibles. J’ai aussi demandé à avoir des outils. Et je puis vous assurer qu’ils sont politiques. C’est ainsi que depuis début février, je donne ou non mon autorisation si des doses doivent quitter l’Europe. Mais cela ne suffit pas, on m’a aussi donné un second instrument, plus géopolitique cette fois. Il s’appuie sur trois principes. La réciprocité d’abord : on ne livre des doses qu’à des pays qui ont tenu leurs engagements envers l’Europe. Deuxièmement, on n’autorise les exportations que dans les pays où la situation épidémiologique est peu près comparable à la nôtre. Et troisièmement, et c’est une évolution très significative, puisque l’on connaît désormais parfaitement les 53 usines qui contribuent à la fabrication des vaccins, nous avons pu inverser le rapport de forces avec l’ensemble des fournisseurs. Désormais, c’est nous qui leur disons « voilà ce que nous attendons pour les prochaines semaines ». Si les termes des contrats sont respectés, les exportations sont autorisées, dans le cas contraire elles sont reportées.<br />Voilà comment les choses se sont passées. Et tout ceci en cinq mois.</p><p>David Djaïz :<br />Vous êtes convaincant sur les vaccins, car je partageais le même scepticisme que Nicole. J’aimerais pour ma part vous interroger sur la transition écologique et l’industrie. A n’en pas douter, les années 2020 vont être le théâtre de grandes mutations économiques, qui seront en partie placées sous le signe de la transition écologique. Le président Xi Jinping annoncé l’automne dernier que la Chine visait la neutralité carbone pour 2060. Cela aura évidemment des conséquences sur la politique industrielle chinoise, dont on voit déjà le début dans le 14ème plan. De son côté, le président Biden investit massivement dans les infrastructures et l’innovation.<br />Sur la transition écologique, l’Europe a longtemps été la première de la classe en se fixant des objectifs ambitieux. Ne risque-t-elle pas désormais de se retrouver en queue de peloton ? Sur le plan de la technologie et de la réindustrialisation verte, elle est en décrochage.<br />A quelle échelle faut-il penser la réindustiralisation ? On voit qu’il y a des plans un peu dans tous les sens, au niveau national ou européen, sur le quantique, l’aéronautique, l’aérospatial, la défense, les semi-conducteurs ... Cette désorganisation des dépenses ne risque-t-elle pas de nous faire rater le coche technologique ?</p><p>Thierry Breton :<br />C’est précisément pour répondre à ces questions que j’ai présenté une véritable stratégie industrielle dès ma prise de fonctions. C’était le 11 mars 2020, le jour où la pandémie a été déclarée par l’OMS.<br />Il y a trois axes dans cette stratégie industrielle :<br />- la mise en mouvement de l’objectif zéro carbone pour 2050<br />- une accélération de la transition numérique<br />- l’étude de nos chaînes de valeur, pour repérer les points faibles et ainsi gagner en autonomie.<br />C’était il y a un an. L’administration Trump n’était pas emballée, les Chinois ont couru après l’objectif de neutralité carbone (au passage, la leur nécessitera un développement massif du nucléaire). Et puis la crise est arrivée. A la fin du mois d’avril, je présenterai quelques aménagements de cette stratégie industrielle, même si les axes ont été prévus pour le long terme. Il y a d’abord eu le plan de relance de 750 milliards, et nous espérons pouvoir commencer à distribuer la somme dès la fin juin. Sur ces 750 milliards, 37% sont exclusivement consacrés à la décarbonation, avec toutes les conséquences que cela implique pour l’industrie automobile, l’industrie chimique ... Ce sont des sommes tout à fait considérables, qui vont nous donner les moyens de nos ambitions.<br />Pour autant, disposons-nous des outils nécessaires ? Je crois que oui : ces outils s’appellent des Projets Importants d’Intérêt Européen Commun (PIIEC) ; ils permettent à la fois d’avoir des financements publics, de la part des Etats membres, associés à des fonds privés, et sans distorsion de concurrence (un sujet ô combien important pour l’UE). Cela fonctionne plutôt bien, on l’a vu avec les batteries. J’en pousse un autre sur les semi-conducteurs, il y en a un sur l’hydrogène, on en prévoit un autre sur les clouds industriels, et un sur les lanceurs spatiaux. On les limite, et c’est tout l’intérêt de la stratégie industrielle, car cela nous permet de focaliser nos efforts, de nous fixer des priorités, tout en réunissant tous les acteurs autour de la table.<br />L’un de mes premiers patrons, René Monory, qui fut aussi mon mentor en politique, disait toujours : « c’est celui qui paye qui est le patron ». Je n’ai jamais oublié cette leçon. C’est la première fois que la Commission paye. Et massivement. C’est pourquoi j’ai bien l’intention qu’elle soit, sinon le patron, au moins l’un des principaux patrons.<br />En ce qui concerne les industries vertes, là aussi il y a énormément de projets et des fonds non négligeables. Nous avons me semble-t-il des instruments pour aller de l’avant. J’ai enseigné la gouvernance dans une université américaine, et je disais à mes étudiants que lorsqu’on est en situation de leadership et qu’il faut aligner de multiples vecteurs, je n’ai trouvé qu’une solution : aller plus vite que les autres. Quand tout le monde vous court après, tout le monde va dans le même sens.</p><p>Jean-Louis Bourlanges :<br />Je reviens sur la première analyse de Nicole Gnesotto, avec laquelle je suis à la fois d’accord et pas d’accord. Il me semble qu’elle a eu tort d’attribuer une défaillance géopolitique de l’Europe, que nous constatons depuis toujours, à la politique vaccinale. Je pense que les problèmes ont été d’un autre ordre dans ce domaine.<br />En revanche je pense qu’elle a raison de dire que depuis sa naissance, avec le traité de Paris de 1951 instituant la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l‘Acier), l’Union Européenne a eu beaucoup de mal à se situer dans une logique de puissance. Son logiciel était plutôt celui de la réconciliation et de la paix intérieure, des valeurs plutôt que de la défense des intérêts, d’exemplarité plutôt que de réciprocité. Je schématise, mais cette dimension un peu « onusienne » pèse depuis longtemps. Et récemment je constate qu’une vraie mutation est en cours. Vous y tenez une grande place, on le voit à l’étendue de votre portefeuille. En réalité, je pense que vous partagez vous aussi ce diagnostic, même si vous ne le trouvez pas pertinent sur les vaccins.<br />Pourquoi, en termes de puissance, nous autres européens avons tant décroché ces 25 dernières années ? Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui est imputable à l’Union Européenne, qu’est-ce qui est imputable aux sociétés européennes, qu’est-ce qui est imputable aux Etats ? Pourquoi notre communauté scientifique a-t-elle été si peu réactive ? S’agit-il d’un problème de financement ? Les GAFAM nous ont laissé sur place pendant 20 ans.<br />Notre situation me fait penser à celle des Prussiens de 1806. Après la défaite d’Iéna, de nombreux Prussiens (Hardenberg, Humboldt, Clausewitz ...) ont pris en main le destin de la Prusse, ont décidé de tirer toutes les conséquences des modernités apportées par la Révolution Française, et ont fait de leur pays une très grande puissance en quelques décennies à peine. Il me semble que nous en sommes à peu près là : nous avons beaucoup perdu ces 20 dernières années, comment pouvons-nous à votre avis redresser les choses ?</p><p>Thierry Breton :<br />Il y a trois points dans votre propos, me semble-t-il.<br />La Commission Européenne est une institution politique. En tant que telle, le pouvoir y est exercé par ceux qui ont été désignés, nommés, cooptés, ou votés par le Parlement européen. C’est mon cas, et vous êtes bien placés pour savoir que ce n’est pas nécessairement un parcours de santé.<br />En exerçant mes fonctions, qui je le répète sont politiques, je me suis vite aperçu que pour avancer, il fallait en permanence veiller à ce que tous ceux qui ont -légitimement- quelque chose à dire sur ce que vous faites soient constamment rassurés ou remis dans le droit chemin quand ils s’égarent un peu. Il faut en permanence expliquer, et c’est ce que je m’efforce de faire avec la politique vaccinale depuis le 5 février.<br />Vous l’avez rappelé, un certain nombre d’Etats ont été tentés de faire cavalier seul et de se procurer des vaccins Sputnik. Après tout, c’est compréhensible, les doses commandées tardaient à arriver, et le vaccin russe était présenté comme disponible. Au passage, je rappelle que ce vaccin est particulier : la première dose est différente de la deuxième, sa production est donc deux fois plus compliquée que les autres, et aujourd’hui les Russes sont en train de courir après toutes les usines européennes pour le produire. Il n’en demeure pas moins que des choses sont promises ici ou là. Quand j’ai vu que M. Orbán avait commandé pour la Hongrie 500 000 doses de Sputnik, je suis allé le voir, nous avons parlé pendant une heure et demie, et j’ai fait une conférence de presse à la suite de cela. Je me suis également entretenu avec le chancelier Kurz, qui revenait d’un voyage en Israël avec Mette Frederiksen, la Première ministre danoise, pour qu’ils m’expliquent ce qu’ils étaient allés y faire. « Pas grand-chose », m’a-t-il dit. J’ai donc fait une autre conférence de presse avec lui, pour dire qu’il m’avait dit que ce n’était pas grand chose. Voilà comment on réaligne les vecteurs. Je continue en permanence ce travail, il n’est pas impossible que j’aille faire un tour en Bavière bientôt, par exemple.<br />Nous avons aujourd’hui un portefeuille de vaccins considérable, et des usines parmi les plus puissantes au monde. Nous n’avons pas besoin d’autres vaccins, même si cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas bons. Outre l’approche parlementaire et industrielle, il y a aussi celle des Etats, et elle doit être menée par le dialogue, en allant voir les gens, pour maintenir une cohésion et avancer ensemble. Voilà pour le premier point.<br />Le deuxième point concerne cette ambiguïté politique de l’Union : les Etats veulent un pouvoir exécutif, à condition qu’il ne soit pas vraiment puissant et ne leur porte pas ombrage. Il nous faut trouver notre chemin là-dedans, c’est ainsi, et j’en suis tout à fait conscient. Nous ne sommes pas naïfs là-dessus, et composons avec la situation telle qu’elle est.<br />Par exemple nous discutons avec mon collègue Paolo Gentiloni, le commissaire en charge de l’économie, et dès avril 2020, nous tombons d’accord sur le fait qu’il faut absolument que tous les Etats membres s’endettent au même niveau pour sortir de cette crise, sans quoi nous allions créer une énorme distorsion dans le marché intérieur, conduisant à une fragmentation, voire une explosion de l’Union. Nous disons donc : « il faut que la Commission s’endette ». Évidemment, succès d’estime : zéro. C’est pourquoi M. Gentiloni et moi écrivons une tribune qui a provoqué quelques remous (car nous n’avions demandé à personne), mais a aussi fait avancer les choses. Il faut donc s’efforcer de bouger et de prendre des risques, dans le cadre de prudence inhérent à la construction européenne. L’Europe avance par petits pas, mais au moins, elle ne revient pas en arrière, quand un pas est fait, l’avancée est acquise.<br />Troisième point : le sentiment d’un décrochage européen. Je le comprends, et même le partage dans certains domaines. Il me semble qu’après l’arrivée de nos amis britanniques, l’Europe, qui avait commencé à élargir son champ de compétences, notamment en ce qui concerne les règles de concurrence et de commerce extérieur, ont adopté une politique extraordinairement libérale et anglo-saxonne, en sacralisant le consommateur. A mon arrivée, j’ai osé dire : « et si nous mettions l’industrie au même niveau que le consommateur ? ». Je m’efforce de le faire, car derrière l’industrie, il y a des entreprises et des emplois, et il s’agit de les préserver. Enfin, la régulation de l’espace numérique, qui passe par le DSA (Digital Services Act) et le DMA (Digital Markets Act), actuellement en discussion au Parlement et au Conseil, va nous permettre de mieux organiser notre espace informationnel, mais aussi de reprendre la main dans la deuxième vague d’évolution des données, qui concernera les données industrielles, et sera beaucoup plus importante que celle des données personnelles, qui a mené à la création des GAFAM. C’est dans ce domaine que je m’efforce de repositionner l‘Europe.</p><p>Nicole Gnesotto :<br />J’aimerais vous interroger à propos de la souveraineté européenne. La crise pandémique a mis cette notion en avant, et pas seulement sur les questions de santé. Les Etats membres se sont rendus compte du danger que représentait l’interdépendance sur le plan politique, et ces questions de souveraineté ont pris un poids considérable pour l’avenir de l’Union. Dans le portefeuille dont vous avez la charge, il y a au moins trois domaines dans lesquels la souveraineté européenne n’est pas acquise : le numérique, le spatial et la défense. En outre, la coopération entre Etats est parfois conflictuelle à leur propos, au moins s’agissant de la défense.<br />De ces trois domaines, quel est à votre avis celui où nous avons les meilleurs chances de bâtir le plus tôt une souveraineté européenne ?</p><p>Thierry Breton :<br />Je suis assez mal à l’aise avec le concept de souveraineté, car le mot lui-même est un peu polymorphe, et on a souvent tendance à y mettre ce que l’on veut. Plus je voyage et discute en Europe, plus je m’aperçois que chacun en a sa propre définition. Et derrière celle-ci, on trouve associé l’image de soi, l’Histoire, les craintes, les fantasmes ... C’est pourquoi je m’en méfie. Aussi, chaque fois que je l’emploie, je veille à l’accrocher à un autre mot, selon mon interlocuteur, pour m’assurer qu’on parle bien de la même chose ; là encore, pour s’assurer que nous allons dans le même sens. C’est pourquoi je parlerai plus volontiers d’autonomie.<br />Si l’on regarde les choses qui vont qualifier cette nécessité d’autonomie, il y a d’abord la relation très conflictuelle entre les Etats-Unis et la Chine, qui marquera à n’en pas douter les prochaines décennies. Or, nous sommes au milieu, et nous avons des relations et des partenariats avec les USA. Un peu aussi avec la Chine, mais enfin nous sommes clairement des alliés des Etats-Unis, tandis que la Chine était décrite par la précédente Commission comme « un rival systémique ». Voilà où nous en sommes, et cela ne va pas s’améliorer.<br />Dans les domaines dont je m’occupe, il s’agit de faire en sorte d’avoir des points sur lesquels nous sommes incontournables, et autonomes. Il nous faut reprendre une autonomie pour avancer, ou pour conclure des partenariats. Car tout partenariat est un rapport de forces, et l’Europe doit apprendre à gérer ces rapports de force. Ce n’est pas simple dans le contexte actuel, et je me focalise sur les points où nous pouvons retrouver une position incontestable. Vous avez cité le numérique, à l’intérieur duquel figurent les clouds industriels. Il s’agit des réseaux 5G, des objets connectés (« IoT », pour Internet of Things, l’internet des objets), qui vont révolutionner l’ensemble des processus industriels et générer des quantités massives de données industrielles. L’Europe est encore aujourd’hui le premier continent industriel de la planète, et le plus innovant. Il faut donc se mettre en position de capter et traiter correctement ces données.<br />Les semi-conducteurs sont un autre sujet essentiel. Nous étions très bin positionnés il y a 20 ans, beaucoup moins maintenant, car nous sommes passés à des logiques plus anglo-saxonnes là aussi (les « entreprises sans usines » et autres concepts douteux). Il s’agit désormais de corriger le tir, grâce aux PIIEC et au fonds de relance. Je pousse énormément pour cette reconquête industrielle des semi-conducteurs, qui vont devenir un enjeu absolument majeur.<br />Nous sommes la deuxième puissance spatiale mondiale. La France a une longue histoire dans ce secteur, et à présent l’Allemagne s’y met, avec des mini-lanceurs. Concernant la défense, c’est la première fois qu’elle devient, au niveau industriel, l’une des prérogatives de l’Union, à travers le fonds européen de défense, que j’ai poussé avant même d’imaginer que j’en aurais un jour la charge. Nous disposons d’environ 8 milliards d’euros, ils doivent permettre de lever 30 à 40 milliards, qui seront consacrés à la recherche et à l’investissement. C’est un montant tout à fait considérable.<br />Là encore, ma stratégie est assez simple. Il n’agit de ne pas trop se disperser ; il y a quelques domaines importants, comme les drones, la cybersécurité ou le quantique. Nous lançons en ce moment des appels à candidature. Je souhaite qu’un nombre important d’Etats membres répondent présent. Je m’efforce que chacun des pays membres me propose quelques entreprises, même des petites, qui pourraient participer à cet effort commun. Pour que chacun commence à créer un affectio societatis européen au sujet des industries de défense. Cela prendra des années, et même sans doute des décennies, mais cela me paraît indispensable.<br />Pour créer l’équipe qui me permet d’animer tout cela, j’ai demandé à ce que chaque pays me détache un ou une ingénieur de l’armement, pour porter ces projets : les suivre, les négocier les mettre à l’épreuve. Je m’efforce de créer cette dynamique, pour que chacun se sente concerné. Je plaide pour la fin de la naïveté. Fort du petit succès que nous avons eu avec Paolo Gentiloni avec notre tribune sur la nécessité pour l’Europe de s’endetter, j’ai vu que c’était un exercice qui avait ses chances. C’est pourquoi je l’ai aussi proposé à mon ami Josep Borrell sur la fin de la naïveté. Pour chacun de mes autres domaines, je demande à un commissaire européen légitime sur le point en question d’écrire une vision en commun. Cela permet là encore un alignement. Interne à la Commission, cette fois.</p><p>David Djaïz :<br />Pas besoin d’être grand clerc pour voir que la façon dont nous sortirons de cette énorme crise déterminera le jugement que les peuples porteront sur leurs gouvernements, ainsi que sur les institutions européennes. L’Europe joue gros dans cette affaire, et ce travail que vous menez de politisation et d’inflexion sur les vaccins est capital. A vous écouter, on sent bien qu’il y a une nécessité de passer d’une Europe très juridique, fief de juges et de technocrates, à une Europe-puissance, qui fait et produit des choses, et se soucie (entre autres) de l’industrie.<br />Comment est-ce qu’on pivote vraiment ? On a compris ce qu’est la « méthode Breton », un réalignement constant et méticuleux de chacune des parties prenantes, au coup par coup. N’y a-t-il pas aussi une réflexion sur un éventuel « Big Bang » d’après crise ? En France, on adore les grandes conventions et les changements de traités ... J’ai bien conscience qu’il est un peu incongru de vous demander cela alors même que vous êtes en plein milieu du gué, avec de l’eau jusqu’aux genoux, mais je pense que c’est dès maintenant qu’il faut se poser ces questions.</p><p>Thierry Breton :<br />Vous avez parfaitement raison. Au mois d’août dernier, pendant les trois semaines où la Commission s’est arrêtée, j’ai dit à mes collaborateurs : « on s’arrête, et on va s’efforcer d’écrire, toutes les semaines, un article sur les leçons de la crise ». Il s’agissait de prendre un peu de recul, d’examiner ce qui se passait et ce qu’il fallait changer, et comment anticiper les crises à venir. Dans le fond, l’Europe aime les crises, car c’est là qu’elle peut se remettre en question. Ce travail de publication nous a permis de nous engager, ce qui est toujours sain, et d’être transparents. Vous appelez cela un peu facétieusement « la méthode Breton », mais il ne s’agit pas de moi ; il s’agit tout simplement de faire de la politique. C’est à dire qu’il faut avoir une vision, puis l’expliquer, puis il faut mettre les uns et les autres en mouvement, en faisant en sorte que chacun y trouve sa place. C’est ce que je m’efforce de faire.<br />L’avons-nous fait suffisamment ? Je suis mal placé pour répondre à cela, mais ce dont je suis certain, c’est que dans quelque institution que ce soit, dès lors qu’on a de vrais talents disponibles et que l’autorité politique ne joue pas son rôle comme elle le devrait (à cause de trop de compromis), c’est là que la technostructure entre en jeu. Et c’est peut-être un peu ce qui s’est passé lors des dernières décennies.<br />Je vais conclure par une anecdote personnelle à ce sujet. Je n’avais jamais imaginé que je serais un jour commissaire européen, cela s’est décidé dans ma cuisine un soir d’octobre, lors d’un dîner avec mon épouse. Le lendemain, j’étais proposé, et c’est là que le parcours du combattant a commencé. Jean-Louis Bourlanges le sait mieux que personne, la procédure pour accepter un commissaire est une espèce de course d’obstacles. Il fallait donc que le Parlement m’accepte. J’arrive à Bruxelles, et tout de suite, on me dit qu’on va me « prendre en main » : me faire réciter, me coacher, me préparer. Etonné, je demande qui sont ceux qui vont décider pour moi. « Les députés » me répond-on. Pour moi il était hors de question de subir un « entraînement » en interne. Je suis donc allé voir les députés un par un, c’est comme cela que je me suis préparé.<br />Et le jour de mon audition, je prends un ascenseur et j’y rencontre un directeur que je ne connaissais pas, français. Il me dit : « Ah monsieur le commissaire ! Vous allez faire votre audition ? J’imagine que les directions vous ont entièrement préparé. Vous savez, moi, des commissaires, j’en ai fait dix ».<br />Je n’étais pas l’un d’eux.</p><p>Jean-Louis Bourlanges :<br />Thierry Breton sait peut-être que c’est moi qui suis l’auteur de son supplice, puisque j’ai fait voter cette procédure à l’époque de la Commission Barroso. Avant elle, une commission examinatrice se contentait d’envoyer une petite lettre sans aucune portée politique au président du Parlement, en disant « il est très bien sur ceci, un peu moins sur cela ». La nouvelle procédure, terrible pour les commissaires recalés comme Mme Goulard, est beaucoup plus légitimante pour ceux qui sont admis. J’ai suivi de très près votre investiture, et il est vrai qu’elle n’avait rien d’une promenade de santé. Mais c’est une procédure authentiquement politique, digne de celle observée au Congrès des Etats-Unis, dans des circonstances assez voisines.</p><p>Thierry Breton :<br />Cela n’avait rien d’un supplice. J’ai d’ailleurs conclu mon audition, qui a duré près de trois heures, en disant, très sincèrement, que même s’ils votaient contre moi, je repartirais fort d’une expérience humaine inoubliable. Voir tous les députés un par un lors de la semaine de préparation était très intense et extrêmement enrichissant.</p><p>Jean-Louis Bourlanges :<br />En tous cas la procédure est désormais politique. La Commission Européenne a été conçue par Jean Monnet pour être éloignée de la politique, et c’est devenu une institution assumant pleinement ses responsabilités politiques, devant deux chambres, l’une représentant les Etats (le Conseil européen) et une autre représentant les citoyens (le Parlement européen). C’est un système imparfait, mais auquel on ne saurait reprocher de ne pas être démocratique.</p>]]></description>
	<dc:creator>La loupe</dc:creator>		</item>
</channel>
</rss>
