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L’entente entre Poutine et Trump, sur le diesel, n’est-il qu’un fake ?

    Des "experts" convoqués par LCI prétendent que la Russie, après avoir subi maintes frappes ukrainiennes, n’a même pas  de diesel pour ses habitants, et que donc l’entente entre Poutine et Trump n’est qu’un fake.

    Qu’en est-il?

    Voici ce que dit Oleg Tsarov:

    «Vendre du carburant diesel excédentaire est une bonne chose. L'important est que ce carburant soit réellement excédentaire.

    Au lieu des "sanctions infernales", la loi Graham permet à Trump de lever les restrictions sur le diesel russe. Récemment, Washington menaçait de nous "anéantir", et maintenant, on nous demande de vendre du carburant diesel. C'est un succès politique indéniable de notre Président.

    Nos entrepôts sont actuellement remplis de carburant diesel d'été. Novak affirme que la Russie produit environ 80 % de diesel de plus qu'elle n'en consomme. En août, les livraisons au Kazakhstan, au Kirghizistan, au Tadjikistan et à la Mongolie ont plus que doublé, atteignant 370 000 tonnes par mois.

    L'hiver approche, qui a besoin de carburant diesel d'été ? Eh bien, nous allons le vendre aux États-Unis.

    Les volumes, cependant, sont minimes. Trump parle de 4,8 millions de tonnes. Une tonne de diesel coûte actuellement environ 1440 $ sur le marché. Même en vendant avec une remise et en déduisant les coûts de transport, cela représente environ 5 à 6 milliards de dollars. Pour notre économie, ce n'est pas négligeable, mais ce n'est pas non plus une fortune.

    Mais tout cela ne pourra être réalisé que si les attaques contre les raffineries cessent. Pour l'instant, comme nous le voyons, Zelensky ne s'arrête pas».

    L’analyse de Jacques Sapir:

    «Beaucoup de questions  sur l'accord USA-Russie sur le gasoil: la Russie pourra-t-elle fournir, est-ce un accord de dupes?

    L'Ukraine attaque systématiquement des raffineries russes depuis maintenant plusieurs mois et des photos spectaculaires des "dommages" circulent sur le net. Mais une raffinerie (celle de Moscou) dite "ravagée" avait repris sa production trois semaines après l'attaque.

    Donc, il convient de se méfier des images, souvent spectaculaires, qui circulent sur les comptes pro-Ukraine. L'analyse de la baisse de la production donne, en moyenne mensuelle, entre -10% et -15%. Significatif mais pas décisif.

    La Russie a arrêté l'export de gasoil début septembre car on entrait dans la saison des récoltes. Or, celle ci est en train de se terminer. Une reprise des exportations était prévue pour le 1er novembre. Des exportations limitées sont donc possibles dés le 15 octobre.

    La Russie utilisera certainement ses réserves stratégiques pour une partie de ces exportations. Le mois de novembre devrait donc voir les exportations au niveau prévu par l'accord USA-Russie. Le remplissement des réserves étant décalé sur décembre.

    L'accord USA-Russie aura surtout comme effet d'orienter la totalité (ou presque) de ces exportations vers les USA alors qu'avant il était prévu de les exporter vers de nombreux pays. C'est cela l'effet essentiel de l'accord.

    Une baisse de 15% de la production est parfaitement soutenable par la Russie car les raffineries étaient loin de travailler à plein rendement. Le retour à la capacité nominale d'une raffinerie gravement attaquée semble de l'ordre de 3 semaines, soit moins que prévu.

    Il semble que la Russie ait stocké du matériel de réparation à côté des raffineries, mais surtout les dommages infligés par les drones sont plus faibles que les dommages des missiles balistiques iraniens ou Houthis sur les raffineries saoudiennes.

    Globalement, la campagne d'attaques stratégiques des ukrainiens contre les raffineries a donné des succès tactiques et de propagande, mais s'avère un échec stratégique. ».